On le sait depuis ce jeudi 4 juillet, la mise en place de la ZLECAf va induire un réaménagement des structures de l’Union Africaine (UA). Moussa Faki, le président de la commission de l’UA l’a martelé à l’occasion des discussions portant sur le rapport des travaux du Comité des Représentants Permanents (COREP).

Comptable du fonctionnement de l’UA, le tchadien Moussa Mahamat Faki, président de la commission depuis janvier 2017, entend réformer la structure de l’UA grâce à l’aval du COREP. Et pour ce faire, l’ancien premier ministre du Tchad a procédé à un diagnostic sans ménagement de la situation de l’UA et de ses organes.

Au cours de son propos ce jeudi 4 juillet Moussa Faki a indiqué que l’UA en l’Etat actuel est un instrument inadapté et de facto incapable d’accompagner le continent dans la mise en place réussie de la ZLECAf. Le système comptable de l’institution panafricaine reste inacceptable, pourtant de nombreux rapports d’audit ont condamné ce dernier n fois. L’UA souffre d’une « impunité systémique » a précisé le président de la commission de l’UA, lequel évoque « un faible taux de mise en œuvre des constatations d’audit ». Globalement les constatations d’audit sont mises en œuvre à 78%. Cependant certaines institutions restent bien en deçà de ce chiffre. C’est le cas par exemple de la Commission de l’UA qui prend en compte seulement 40% de ces recommandations issues des audits.

Les problèmes de gouvernance ne sont pas en reste. Ceux-ci sont favorisés par une absence institutionnellement établie d’une véritable équipe de supervision. En effet même lorsque la commission effectue des missions de supervision, elle ne dispose d’aucun pouvoir de punir les fautifs éventuels. D’une certaine façon les personnes jugées fautives sont généralement au-dessus de toute forme de contrôle de la part de la présidence de la commission.

Vient ensuite le problème de la non transparence du processus de recrutement au sein de certains organes de l’UA. Le président de la Commission condamne ces enrôlements de personnes au-delà de l’âge requis par les textes de l’UA. Plus dur encore la lenteur dans le processus de recrutement a rendu certains postes vacants et entrave le travail de l’institution. Ce sont au moins cinq postes de direction qui sont vacants en ce moment.

L’urgence de reformer l’UA se fait aussi ressentir à cause d’une répartition peu claire des compétences telles qu’énoncé par Mahamat Faki. Le président de la commission préconise à cet effet l’élaboration d’un cadre de gouvernance. Des cas pendants d’abus de pouvoir, de conflit d’intérêt et de détournement des biens de l’UA viennent assombrir davantage le tableau. Ce sont donc autant d’irrégularités qui ont forcé le président de la commission à sortir de sa réserve et à œuvrer pour ainsi dire, au démantèlement de la vieille structure de l’UA.

Mahamat Faki engagé dans le réaménagement de l’UA

Dans l’optique de faciliter les rapports d’audit, Mahamat Faki a adressé depuis le 26 juin dernier une lettre sommant le personnel à s’expliquer sur quelques interpellations formulées à leur endroit. Pour des fautes constatées, le président de la commission indique avoir procédé à la suspension de certains contrevenants pour 30 jours. Dans la suite de cette procédure, l’ancien ministre tchadien des affaires étrangères entend consulter l’association du personnel pour de nouvelles mesures.

Des mesures validées par le COREP

A la suite de l’exposé des mesures à prendre pour rendre l’UA plus performant et donner une chance à la ZLECAf de porter les fruits escomptés, le Comité des Représentants Permanents a validé les orientations suggérées par le président de la commission. Il faut dire que Moussa Faki a reçu un véritable feu vert pour procéder à une refonte de l’UA.

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