Le Cameroun s’est lancé récemment dans un vaste programme de cacaoculture avec pour objectif d’atteindre une production de 600 000 tonnes au cours des trois prochaines années. Cette dynamique qui vise à doubler la production enregistrée courant 2019, est appuyée aujourd’hui par le Centre International de Commerce (CIC), lequel a organisé le 4 août dernier un webinaire sur le thème : Exporter le cacao camerounais sur le marché international.


Courant 2019 au Royaume Uni l’importation du cacao et de ses produits dérivés s’est présentée comme suit ; le beurre de cacao, 57 000 tonnes, soit un montant de 310 millions de livres sterling, 20 000 tonnes pour la pâte de cacao, soit 71 millions de livres, 22 000 tonnes de poudre de cacao, soit 57 millions de livres, 101 tonnes de fèves de cacao, soit 248 millions de livres et 448 000 tonnes de chocolat et de produits familiers, soit 2 milliards de livres. Omer Maledy, dans son intervention a rappelé à cet effet qu’en 2019, le Royaume Uni a assuré 2,8 milliards de dollars de transactions commerciales autour du cacao.


Eu égard aux produits importés par les britanniques, les exportateurs camerounais doivent désormais lorgner ce marché avec une offre abondante de produits transformés. Toutefois Martin Hiscox indique que la demande en produits chocolatiers propres aux vegans se fait importante de plus en plus. Il précise en plus que les Chocolats vegans en plus d’être des produits éthiques, ne doivent pas disposer de sucre. Quand ces conditions sont respectées certains consommateurs arrivent à débourser jusqu’à 3 ou 3,5 livres pour une tablette de chocolat, soit un peu plus de 2500 FCFA.

A noter que 40 pour cent des Britanniques ont leur alimentation basée principalement sur le chocolat. On note qu’en 2019 la moyenne de consommation de chocolat par individu s’établissait à 93 tablettes, 103 biscuits, 36 chocolats miniatures, 28 tranches de gâteau au chocolat. D’ici 2025 on estime à 25 pour cent la population britannique qui va consommer les chocolats vegans. Ils sont de plus en plus à la mode. Omer Maledy avance en plus que de nombreux consommateurs britanniques sont prêts à payer un surplus de 25 pour cent des prix actuels pour une offre de produits éthiques.


Plus de cacao dans les produits
Il convient de préciser que les consommateurs se montrent favorables pour les produits chocolatiers disposant d’une forte concentration de cacao et moins de produits alternatifs. Il ressort du propos de Martin Hiscox que les moins exigeants s’attendent à des produits avec plus ou moins 70 pour cent de cacao, tandis que les plus exigeants en demandent avec 99 pour cent de cacao.


Les exigences du marché britannique
De l’avis d’Éric-Bourgeois, les exportateurs désireux d’intégrer le marché britannique doivent respecter strictement les clauses du contrat entre eux, fournisseur d’une part et les sociétés au Royaume Uni, acquéreurs d’autre part. C’est ainsi que les délais et les procédés relatifs à la livraison et à la conservation du produit jusqu’à destination constituent une exigence souveraine. Éric-Bourgeois appelle les potentiels exportateurs camerounais à intégrer la labélisation, le standard, la certification, l’enregistrement et la documentation afin de s’imposer sur cet important marché. Pour sa part Martin Hiscox invite les exportateurs désireux d’intégrer le marché du Royaume Uni à se munir d’un communicateur indigène pour faciliter les échanges.


Vous l’aurez compris, un important marché s’ouvre pour l’exportation du cacao et de ses produits dérivés made in Cameroon. Ce marché britannique connaît une croissance soutenue en termes de produits importés de 19 pour cent depuis 2009. Cependant en raison des challenges liés à la production et à la transformation les entrepreneurs camerounais ont du pain sur la planche pour s’accommoder des exigences formulées par les consommateurs et prendre part au partage des prés de 3 milliards attendus de la commercialisation de ce produit courant 2020.
Onesiphore Nembe

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