Les 311 millions de dollars de l’ex-président nigérian Sani Abacha ne serviront pas pour la construction du barrage de Mambilla (3050MW) dans l’Etat de Tabara à l’Est du Nigeria. Nous apprenons de Garba Shehu, le porte-parole de la présidence, que cet argent servira dans des projets tels que la voie expresse Abuja-Kaduna-Kano.

Les 311 millions de dollars de l’ex-chef d’État du Nigeria, Sani Abacha, ont certes été restitués au régime du président Buhari, mais ils ne seront pas utilisés comme l’aurait souhaitées les autorités nigérianes. En cause, cette rétrocession a été assortie d’un ensemble de projets pour lesquels cet argent doit être investi. Un peu comme si en restituant cet argent volé et dissimulé dans ses banques, les États-Unis conservaient le droit de contrôle sur l’usage qui en sera fait.

Dans un communiqué publié la semaine dernière, le porte-parole de la présidence déclare que « bien que Mambilla et la route express Est-ouest soient considérés comme des projets prioritaires, j’ai vérifié et ils sont exclus des accords signés entre le Nigeria, les États-Unis et le Royaume-Uni. Selon ce document, seuls le Second pont du Niger, la voie express Abuja-Kaduna-Kano et la voie express Lagos-Ibadan bénéficieront des fonds rapatriés qui sont domiciliés à la NSIA. Je prie tous les médias imprimés et digitaux de prendre note de cette correction et de faire les corrections nécessaires à leurs précédentes publications sur le sujet ».

C’est dire que le projet du barrage de Mambilla qui lambine depuis de nombreuses années faute de pouvoir mobiliser les 5,72 milliards de dollars nécessaires pour sa mise en œuvre, n’a pas reçu le ok des autorités américaines. Et comment comprendre que le choix de ces derniers se soit porté sur des routes dans un pays comme le Nigeria où plus de 40% de la population vit sans éclairage électrique ?

Tout compte fait, le constat du début de la rétrocession aux Etats africains des sommes détournées par leurs dirigeants peut être fait. Mais à un moment où à un autre il faudra que ces derniers se montrent déterminés à reprendre tout cet argent soustrait malhonnêtement. Et même qu’ils aient la gnac d’imposer aux occidentaux leurs priorités dans l’investissement de ces sommes dans leurs projets structurants.

A propos du barrage de Mambilla.

Avec une capacité de 3050MW, le barrage de Mambilla sera le troisième plus important d’Afrique derrière le barrage Grand INGA (11 000 MW) au Congo RDC ou Grande Renaissance (6450MW) en Ethiopie.

Situé dans l’Etat de Tabara à l’Est du Nigeria, sa construction va induire une relocalisation de plus de 100 000 nigérians. Financé à hauteur de 85% par Exim Bank of China, soit la somme de 4,93 milliards de dollars, il est financé par le gouvernement fédéral du Nigeria à 15%.

Ce projet structurant permettra au Nigeria de passer à une capacité de plus de 7500MW.

Sa construction sera assurée par un consortium chinois, Synohydro et par China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC).

Onesiphore NEMBE, Afrique Progrès Magazine

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