Le coltan

Afrique : Paradis des métaux rares ?

économie


 Ils ont pour noms scandium, samarium, prométhium, lanthane, néodyme…. En général, on retrouve les métaux rares et les terres rares partout dans le monde. Cependant, ils sont davantage produits en Chine (95%) mais aussi sur le continent africain notamment dans les pays comme la RD Congo, l'Afrique du Sud, le Malawi, le Kenya...  Ces terres rares constituées de 17 minéraux sont devenues un enjeu stratégique, car entrant dans la fabrication de plusieurs technologies modernes (panneaux photovoltaïques, éoliennes, smartphones...). Selon Guillaume Pitron, journaliste et auteur du livre "La guerre des métaux rares", les métaux rares seront le " pétrole de demain".          

Quels sont ces métaux rares ? Quelle stratégie doivent adopter les pays africains producteurs de ces ressources afin qu'elles ne deviennent une nouvelle malédiction ?             

Les terres rares, qu'est-ce ?

Les terres rares sont un ensemble de 17 minéraux, des métaux rares que l'on retrouve dans la croûte terrestre. En effet, hormis les métaux les plus connus (aluminium, fer, cuivre, zinc...) présents dans l'écorce terrestre, il existe d’autres métaux en quantités plus infimes : ce sont les métaux rares. Ils ont pour noms, le gallium, l'indium, le prométhium, le néodyme, le lanthane, le cobalt, le coltan pour ne citer que ceux-là. Ils entrent dans la fabrication de nombreuses technologies. Par exemple, le néodyme est un composant essentiel des batteries des voitures électriques. Il en est de même pour le théodyme essentiel dans la fabrication des ampoules LED ou encore le coltan incontournable dans la fabrication de nos smartphones.         

Les métaux rares sont obtenus après extraction puis raffinage des roches issues de la croûte terrestre. Selon le journaliste, cette industrie engendre des dégâts écologiques aussi importants que celle des énergies fossiles. 

 Géopolitique des métaux rares                              

Les métaux rares sont essentiellement produits en Chine qui en contrôle 95% de la production mondiale. Mais l'Afrique n'est pas en reste. En effet, l'on retrouve par exemple 36% des réserves mondiales de coltan en RD Congo. Par ailleurs, l'Afrique du Sud reste le premier producteur (77%) au monde de platine. 

Les quantités de métaux rares produites s'estiment à 130.000 tonnes par an. Compte tenu du coût de leur extraction, leur coût est extrêmement élevé par rapport à celui des métaux ordinaires. Par exemple, un kilo de gallium s'échange contre 150 dollars sur les marchés internationaux soit près de 10.000 fois le prix du fer.                   

Le monde subit en réalité depuis les années 1980, le "diktat" de la Chine qui contrôle quasiment l'entièreté de la production mondiale. Selon, Guillaume Pitron et bien d'autres experts, les autres pays du monde gagneraient à mettre leurs mines en exploitation, car ces matières devenues vitales pour l'économie mondiale ne sauraient être l'apanage du géant chinois. Il faut dire que si les autres pays, notamment les pays occidentaux hésitent à se lancer eux aussi dans l'exploitation de leurs gisements c'est principalement à cause des dégâts écologiques engendrées par l'extraction de ces matières.                     

 Métaux rares et environnement : une nouvelle malédiction pour les pays africains ?    

 Il est évident que l'extraction de ces ressources engendre des dégâts écologiques colossaux. Loin de relever le défi de la transition écologique (énergies renouvelables) cette industrie pose au contraire bien d'autres problèmes. En effet, les produits chimiques utilisés dans le raffinage des métaux rares sont très toxiques. Ils sont généralement déversés dans la nature sans aucun traitement préalable polluant ainsi les nappes phréatiques, les plans d'eau, voire des villages entiers. Par exemple, 1200 tonnes de roches sont nécessaires à l'obtention d'un kilo de lutécium. Le lutécium à l'instar de la plupart des autres métaux rares est radioactif. Son extraction expose donc les populations environnantes à des nuages radioactifs vecteurs de plusieurs types de cancers. Pire, le nombre de mineurs qui perdent la vie dans les abysses des mines ne peut laisser indifférent. Ils sont des dizaines à trouver la mort chaque année dans les mines de coltan en RD Congo. Selon l'AFP, ce nombre augmente chaque année notamment dans les mines en RD Congo et en Afrique du Sud.      

Quelle stratégie doivent adopter les pays africains afin de conjurer la malédiction due à ces ressources ? L’exemple de la tribu Bafokeng                      

Il urge dans un premier temps que les codes miniers des pays africains accordent une plus grande importance à l'aspect écologique dans les contrats d'exploitation. Par ailleurs, les États africains doivent établir des tarifs équitables avec les compagnies étrangères impliquées dans l'exploitation de ces ressources afin que celles-ci profitent véritablement aux populations de ces pays. C'est ce qu'a fait en mars dernier la RD Congo à travers des réformes de son code minier taxant de 2% à 10% l'exploitation des minerais stratégiques tels que le cobalt.                 

Enfin, l'exemple de la tribu Bafokeng en matière d'exploitation des ressources minières devrait faire école sur le continent. Située au Nord-ouest de l'Afrique du Sud, cette tribu dont le sous-sol regorge de 75% des réserves de platines évaluées à 3 milliards d'euros a très tôt compris l'importance de diversifier ses activités. C'est la tribu la plus riche du continent. Son jeune roi, Lerno Moletlegi investit ainsi dans des activités très rentables telles que la téléphonie mobiles, les transports ou encore les assurances. Chez les Bafokeng, l'électricité est subventionnée, l'eau gratuite et les infrastructures modernes n'ont rien à envier à celles des pays riches.                                                                                                                                                                

DARE Michée

                                                               



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