Patrice Talon, le président du Bénin.

Droit et économie : La justice condamne les « Madoff béninois »

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Près d’une décennie après l’éclatement du scandale de placement d’argent dénommé Icc-services, la justice béninoise a livré son verdict le 06 février 2019. Les auteurs de cette Ponzi béninoise où 150 milliards Fcfa ont été engagés, ont été condamnés à de lourdes peines.

 

Après 32 jours de procès, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme du Bénin a condamné les auteurs du scandale à 10 ans de prison et à une amende de 12 millions de Fcfa. Guy Akplogan, Emile Tégbénou, Ludovic Dohou et Sohounou Clément ont été reconnus coupables d’exercice illégal d’activités bancaires  et d’escroquerie avec appels au public.

 

Les faits remontent à 2010, où après trois ans d’activités avec des taux mirobolants de 160%, soit 40% par trimestre, les responsables d’Icc-services se sont retrouvés dans l’incapacité de payer les épargnants. Malgré les alertes de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, l’Etat n’a pas pu réagir à temps. Les dégâts s’élèvent à plus de de 100 milliards de francs CFA selon le Fonds monétaire international. Les auteurs se disent coupables par ignorance. « J’ai créé Icc-services pas dans l’intention d’escroquer qui que ce soit, mais dans le seul but d’aider et de participer au développement de mon pays. Mais j’ai compris avec le débat de cette Cour que nous avons été induits en erreur. Je fais allusion à l’ancien régime, aux dirigeants d’alors. Ils auraient pu à un moment donné  nous situer mais nous avons été induits en erreur », a-t-il déclaré. Quant aux victimes, elles pourront espérer un dédommagement les prochains jours. La Cour a ordonné la vente des immeubles sous-mains de justice et que le produit  soit versé à la caisse des dépôts et consignations au profit des victimes d’Icc services, en plus des fonds issus de la vente des meubles.

 

Le Procureur Spécial de la Criet Ulrich Togbonon menace de poursuivre quelques personnalités, dont l’ancien Président béninois, Thomas Boni Yayi et qui a été aussi un ancien responsable de la Banque Ouest africaine de développement (Boad) pour avoir favorisé ce scandale. « L’exposition de la cause à la barre et les pièces ont révélé que votre chantier n’est pas fini et qu’il est nécessaire de poursuivre les travaux, que vous devez retourner dans les carrières car il y a encore des travaux.  Thomas Boni Yayi, Pascal Iréné Koupaki, Kogui N’douro, Armand Zinzindohoué, Grégoire Akofodji, sont des citoyens béninois qui, compte tenu de leur position politique  au moment des faits, ont rendu  fragile et vulnérable l’Etat Béninois »,  a-t-il observé dans sa plaidoirie. 

 

Fulbert ADJIMEHOSSOU 



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