L'Afrique peut faire mieux en matière d'économie bleue

Économie bleue: opportunités pour l'Afrique

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L'économie bleue fait référence à tout ce qui se rapporte aux activités économiques menées sur les plans d'eau (océans, lacs, fleuves, nappes souterraines...). Mais l'économie bleue inclue également le domaine des énergies renouvelables telles que l'électricité issue des barrages hydrauliques ou encore des océans et la biomasse.
 

Nantie de plusieurs atouts pouvant lui permettre d'occuper un rang de choix dans ce domaine, l'Afrique mise depuis plusieurs années sur cette nouvelle niche pourvoyeuse d'une manne financière non négligeable. En effet, selon une étude récente menée par l'agence mondiale de l'énergie (AIE), il ressort que les activités énergétiques liées aux ressources maritimes généreront près de 3 milliards d'euros d'ici 2020. Par ailleurs, cette même étude révèle que les énergies renouvelables issues des océans suffisent à elles seules à fournir plus  de 400% des besoins mondiaux actuels.


Le continent africain est en soi un don de la nature. Il représente 17% des s ressources mondiales en eau de surface. Avec 38 pays côtiers sur les 54 qu'il compte et 90% des échanges commerciaux qui s'effectuent par voie maritime, l'économie bleue s'impose tout naturellement comme un secteur dans lequel l'Afrique peut s'imposer dans le,concert des nations  au cours des décennies à venir à condition que les pays africains conjuguent leurs efforts afin de définir des stratégies communes. Selon un rapport de la FAO, la valeur brute du secteur de la pêche et de l'aquaculture serait évaluée à 25 milliards de dollars, soit 2% du PIB cumulé de l'ensemble des pays du continent. Ce même secteur pourvoie à lui seul près de 15 millions d'emplois directs et indirects même s'il reste encore largement sous-exploité.

Plusieurs initiatives sont depuis plusieurs années prises à l'échelle continentale par les dirigeants afin de  tirer profit de cette filière qui est un véritable enjeu géostratégique.
L'on pourrait citer en exemple l'agenda 2063 de l'Union Africaine, la stratégie AIM 2050 des orientations de Samoa ou encore le plan d'actions d'Addis-Abeba qui sont tant d'initiatives prises par les États africains afin de lutter efficacement contre la piraterie maritime et ainsi sécuriser les plans d'eaux du continent. Ces initiatives ont pour but commun de permettre aux pays de profiter véritablement de tous les atouts qu'offrent l'économie bleue tant aux plans sous-régionaux que sur le plan continental.

Mais les initiatives les plus convaincantes se retrouvent aux plans nationaux. Il convient ici de citer en exemples le Centre Songhaï de Porto-Novo au Bénin ainsi que l'Institut des sciences halieutiques de Yabassi à Douala au Cameroun.

Le Centre Songhaï

Plus qu'un laboratoire du développement durable, le Centre Songhaï est devenu aujourd'hui une véritable industrie d'économie bleue. Totalement autonome, le centre produit en effet depuis plusieurs années sa propre énergie mais ce n'est pas tout. Des processus de minéralisation y sont utilisés pour des phytoplanctons, des zooplanctons et des benthos nécessaires à l'alimentation et au développement des poissons de la pisciculture du centre. Mieux, des techniques d'impression en 3D sont utilisées et qui permettent au centre de produire sur le plan agricole ses propres machines et d'en assurer la maintenance. 
Le rayonnement du Centre Songhaï a largement dépassé les frontières du Bénin en 31 ans d'existence. Ils sont ainsi des milliers à venir chaque années des contrées du continent et même au-delà pour s'inspirer du modèle de réussite du Centre Songhaï. Ce modèle a été exporté dans plusieurs pays notamment au Nigeria voisin mais aussi au Libéria ou encore en Sierra Léone. Enfin, le Centre Songhaï a été largement cité dans le rapport 2010 du Club de Rome sur l'économie bleue. Il a été maintes fois récompensé à l'échelle internationale. 

L'Institut de sciences halieutiques de Yabassi

Situé au sein de l'Université de Douala, cet institut s'illustre également depuis quelques années sur le plan du développement durable. C'est à l'instar du Centre Songhaï un véritable modèle de réussite en la matière. Mais c'est plus précisément dans le domaine de la spiruline que cet institut mis à l'origine sur pied par le gouvernement camerounais s'illustre tout particulièrement. Plusieurs produits dérivés de la spiruline tels que des savons ou encore des produits alimentaires comme le yahourt sont fabriqués par cet institut qui lutte entre autres contre les carences alimentaires des enfants grâce à ce produit aux milles  vertus issu d'une algue, qu'est la spiruline.

L'économie bleue s'impose tout naturellement comme l'un des enjeux stratégiques majeurs du continent africain. Elle offre une infinité d'opportunités. Il urge que les décideurs accentuent les initiatives prises en faveur du développement de ce secteur en incluant les populations locales dans les divers projets mis en place. La lutte contre la réduction de la pauvreté passera inexorablement aussi par le développement de l'économie bleue.

Michée Daré



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