Réunion d'experts organisée à Rabat par le bureau de la CEA Afrique du Nord

Afrique du Nord : la CEA appelle à une transformation structurelle pour une meilleure croissance

économie


Réunis à Rabat ce mercredi 26 septembre sous l’égide de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), plusieurs experts de la Région nord d’Afrique ont échangé sur le thème « Qualité des institutions et transformation structurelle : distorsions et allocation des ressources en Afrique du Nord ».

Dans un contexte où les économies nord africaines restent exposées aux facteurs exogènes tels que la chute des prix des hydrocarbures, la réunion d’experts qui s’est tenue dans la capitale marocaine amorce ainsi la résolution d’un problème existant. En effet depuis 2010 les économies de cette région connaissent une croissance à minima. Entre autres causes la crise financière de 2008 et plus tard en 2014 la chute des prix des hydrocarbures, principales ressources dans l’assiette des exportations de plusieurs de ces pays. On note aussi la corruption, l’existence des privilèges, ou encore l’absence d’une véritable libéralisation, laquelle favorise les situations de monopole et diminue la création d’emplois. Il faut aussi palier aux problèmes de l’asymétrie de l’information qui biaise la concurrence et impacte sur la production.

La CEA engagée à l’élaboration de politiques nouvelles

Au cours de son propos inaugural Lilia Hachem Naas, la directrice de la CEA région nord Afrique a indiqué que son institution « porte une attention particulière à l’élaboration de politiques macroéconomiques qui permettent d’accélérer la transformation structurelle et la diversification économique ». Cette orientation relève d’une nécessité constatée ces dernières années et de la vocation de cette institution à appuyer la croissance économique durable et le développement social équitable du continent.

La CEA entend donc travailler à l’amélioration de la situation actuelle, laquelle fait état d’un chômage endémique avec un taux moyen de 12% dans cette région nord d’Afrique. A noter que les jeunes subissent le chômage à 30% et les femmes à 40%. L’autre cause de cette situation d’après Lilia Hachem Naas est « la mauvaise allocation des facteurs de production …Elle révèle les sources de ces distorsions en examinant le marché du travail, celui du crédit, et d’autres facteurs comme la bureaucratie, la corruption, l’existence de privilèges qui profitent davantage à certaines entreprises, qui ne sont pas forcément les plus productives ou les plus innovantes ».  Il suffit de regarder un pays comme l’Egypte pour se rendre compte de l’accaparement du monopole par les 2 000 entreprises publiques qui existent dans le pays.

Revoir le volume des investissements de chaque secteur

Ayache Khellaf, le directeur de la prévision et de la prospective au Haut-Commissariat au Plan du Maroc, appelle à revoir les secteurs à irriguer par les investissements. Certes les bailleurs de fonds sont favorables aux investissements dans le secteur infrastructurel où le Maroc a un retard à rattraper a-t-il reconnu, mais il demeure un secteur à faible croissance et donc un facteur qui tire l’économie vers le bas. Le Maroc dispose d’un taux d’investissement de 33%, l’un des plus importants au monde, par contre la rentabilité reste faible. Investir dans l’industrie et le secteur agricole sans pour autant s’arrêter à ces deux secteurs s’impose. Et de l’avis des experts, cette orientation va permettre la création d’emplois et faire reculer les chiffres du chômage qui touche la région.

Alors que des pays comme l’Algérie conservent une structure économique basée sur le pétrole, le rapport de la CEA présenté au cours de cette réunion indique qu’une diversification est indispensable. Mais pour arriver à diversifier et augmenter par conséquent les volumes exportés, les Etats doivent maintenir le niveau technologique. Ceci implique le relèvement du montant investi dans ce secteur. L’industrialisation doit cependant avoir plusieurs pôles question d’éviter de faire des villes réservoirs des populations en quête de travail et accroître ainsi l’exode rurale.

Une transformation structurelle en règle avec les exigences actuelles s’impose

De l’avis des experts, la transformation structurelle doit se faire avec rigueur et dans un temps relativement court. Toutes les dispositions doivent être prises pour permettre une hausse de la variété exportée et de son volume. Dans ce sens il faut aller vers la production de nouveaux produits tout en prenant en compte les exigences actuelles telles que l’usage du matériel biodégradable. En d’autres termes, les pays d’Afrique du nord doivent arriver non seulement à produire, mais à rentrer dans un cercle vertueux.

Pour ce faire les experts appellent les Etats à mettre en place des incitations, à réguler la demande et favoriser le cercle vertueux. Et in fine, à opter pour une meilleure allocation des sources de production avec au préalable un travail d’identification des réformes à faire.

Onésiphore NEMBE



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