Les cabosses de cacao vont bientôt servir à la production d'énergie au pays d'Alassane Ouattara

American Recast Energy LLC étudie la faisabilité du projet centrale électrique

énergie


La Côte d’Ivoire se met au rythme de la revalorisation de ses productions agricoles pour d’autres fins utiles. Premier producteur incontestable de cacao au monde, le pays va donc passer à la réutilisation des cabosses de cacao pour produire de l’énergie.

Si la conscience populaire a limité l’utilité du cacao à sa fève, cela n’est qu’une vue biaisée de tout ce à quoi il peut bien servir. Au-delà de ses fèves qui permettent d’obtenir le chocolat après transformation dans les règles de l’art, il est tout aussi possible de ne plus rejeter sa cabosse c’est-à-dire sa peau. Les fèves de cacao se trouvent à l’intérieur et le tout est protégé par une cabosse qui jusqu’hier ne servait pas à grand-chose sinon finissait au feu. Tendance sur le point d’être renversée, elle servira à produire de l’électricité pour les populations.

A partir de 2020, la Côte d’Ivoire devra se doter d’une centrale- considérée comme une première au monde à même de produire entre 60 et 70 mégawatts. L’idée a reçu l’aval des Etats-Unis d’Amérique qui à travers l’Agence américaine pour le commerce et le développement s’investit déjà à apporter son eau au moulin. Elle assure dans un premier temps les études de faisabilité et ce n’est qu’à partir de cette étape pas des moindres que les choses sérieuses pourront commencer. « L’Agence américaine pour le commerce et le développement financera une étude de faisabilité pour une centrale produisant jusqu’à 70 mégawatts de déchets de cacao », expliquent des responsables de ce projet à Abidjan (Côte d’Ivoire). Ces études de faisabilité prendront fin d’après les prévisions en avril 2019.

Ainsi, American Recast Energy LLC, basée à Richmond, en Virginie (USA) est chargée de mener les études de faisabilité. Lesquelles études sont financées à hauteur de 600 millions de F CFA par l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) qui vient à peine de se doter d’une nouvelle antenne en Côte d’Ivoire. Une étude pour le projet de la centrale électrique à biomasse de cacao a été menée sous la conduite de la Société ivoirienne des énergies nouvelles (SODEN). Il s’agira pour American Recast Energy LLC de s’appuyer là-dessus pour aller vite et bien dans ses recherches. C’est une économie annuelle de 250 000 tonnes de CO2 qui est annoncée au moment où l’enveloppe de la construction de la centrale tourne autour de 154 milliards de francs CFA.  D’ici 2030, la Côte d’Ivoire ambitionne de produire 434 mégawatts d’électricité à partir de la biomasse. 

1 645 MW par an en tout

Il n’y a pas que le cacao qui puisse permettre d’obtenir de la biomasse. Dans un contexte où la diversité énergétique est recommandée, Côte d'Ivoire Énergies, une entité publique en charge de la promotion des technologies efficientes en matière énergétique a fait un état des lieux de quelques déchets et de leurs apports en termes d’énergie.

Avec une production annuelle estimée à près de 2 millions de tonnes de cacao, 0,2 million pour le coton, 2,5 millions pour l’huile de palme et 1 million pour le caoutchouc, la puissance électrique pouvant en découler s’évalue à 1.645 MW et un rendement moyen de 25% pour un total de 16,7 millions de tonnes. 



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