De nombreux chefs d'Etat de pays développés absents à la COP22 qui s'est tenue à Marrakech, seul le président français de l'époque, François Hollande avait répondu présent

La COP de l'Afrique et son bilan en demi-teinte

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196 pays réunis à Marrakech à la Conférence des parties se sont mis d'accord vendredi 18 novembre 2016 pour mettre au point d'ici à décembre 2018 les règles d'application de l'accord sur le climat conclu à Paris en 2015. Entre déception et avancées, Afrique Progrès Magazine dresse le bilan de cette conférence sur le climat à l’issue de deux semaines de discussions sur le réchauffement climatique. L’optique étant de revenir sur le rôle de leader du Maroc dans ce dossier.

Il est bientôt minuit au quartier Bab Ighli ce vendredi 18 novembre 2016 lorsque se referme – par une nuit étoilée - à Marrakech la 22ème Conférence des Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques après douze jours de négociations. Une rencontre qui s’inscrivait dans la continuité de la COP21 de Paris, au cours de laquelle des avancées importantes ont été effectuées, notamment l’engagement des gouvernements à maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale en dessous de 2°C. La COP22 s’ouvrait donc sur une bonne nouvelle car quelques jours avant intervenait la ratification de l’Accord de Paris le 4 novembre 2016. Cette conférence était donc désignée comme étant la conférence de « l’action, de l’innovation et du partage de solutions ». Et c’était bien là l’enjeu phare de cette conférence qui devait initier ce travail de concrétisation. En droite ligne avec cet enjeu, la ministre de l’Environnement du Maroc Hakima El Haite déclarait : « Il va falloir rendre opérationnels les différents aspects de l'accord de Paris ».

Les objectifs de la COP 22

Les modalités d'application de l'accord sur le climat signé à Paris lors de la COP21 et l'agenda des négociations étaient à l'agenda de la COP22. Le Maroc a donc profité de la COP22 pour mettre en valeur ses engagements pour le climat. Selon la ministre déléguée chargée de l'Environnement, Hakima El Haite, cette conférence est « celle de l'innovation en matière d'adaptation et d'atténuation aux effets du changement climatique » ainsi que « l'occasion de développer des outils opérationnels dans le cadre du plan Paris-Lima puis Paris-Marrakech ». Le financement des pertes et préjudices, qui a été reconnu par l'Accord de Paris, ainsi que les règles de transparence sur les informations fournies par les Etats concernant leurs démarches pour diminuer leur émissions de gaz à effet de serre étaient également un sujet de débat durant la COP22. Il était également question au cours cette Conférence de repenser l’agriculture notamment avec l’initiative « Adaptation de l’Agriculture Africaine » (AAA) regroupant 28 pays et visant à aider les agriculteurs africains à faire face aux aléas climatiques à travers une meilleure gestion des sols, de l’eau et des risques.

COP22, un bilan en demi-teinte

A l’issue de la conférence des parties de Marrakech, le texte adopté par les délégations des 196 pays avance de deux ans l'adoption des modalités d'application de l'accord de Paris de 2015 su le climat, qui seront arrêtées en 2018 à la COP24, que la Pologne s'est proposée d'accueillir, au lieu de 2020. C’est l’une des contributions majeures de la Conférence des parties de Marrakech. Toutefois d’autres avancées ont été enregistrées au cours du rendez-vous de Marrakech. La présentation par des pays tels le Canada, l’Allemagne, le Mexique et les Etats-Unis, de leur plan stratégique pour atteindre le « zéro net émission » en 2050, date à laquelle ils prévoient de ne pas rejeter plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère qu’ils ne peuvent en compenser. Le Programme des Nations Unies pour l’Environnement a annoncé « l’initiative mondiale pour les tourbières » pour la protection des tourbières : le principal réservoir de carbone de matière organique au monde. 

La dimension africaine de la COP 22

En marge de la tenue de la COP22, un sommet a réuni « une trentaine de chefs d’état africains » le 16 novembre 2016 au Palais des Congrès de Marrakech, le Africa Action Summit. Ce sommet portait essentiellement sur les négociations sur le climat, le continent africain étant le plus menacé par le réchauffement climatique. C'est notamment à l'occasion de ce sommet qu'a été annoncée la prochaine signature de l'accord de création du Fonds bleu pour le Bassin du Congo.

Peu de financements

En 2009, les pays les plus pollueurs se sont engagés à verser 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 aux pays en développement, pour les aider à faire face aux impacts climatiques. Mais pour l’instant, il y a encore trop peu d’engagements : seulement 16% des financements climat sont consacrés à l’adaptation (même si l’Allemagne, la Suède, l’Italie, et la Belgique ont promis 81 millions de dollars de nouvelles contributions au Fond pour l’adaptation). Il faut quand même noter que les pays ont promis de verser plus de 23 millions de dollars au Centre et réseau des technologies climatiques, et qu’un fond d’investissement de Marrakech pour l’adaptation (MICA) a également été lancé à cette occasion.

En définitive, on s’attendait à une véritable « COP de l’action », mais au final peu de décisions ont été prises… hormis la fixation de l’agenda des prochaines années. Quand on sait que la température augmentera de 2,9 à 3,4°C d’ici 2100 si rien n’est fait très vite, et que Donald Trump, un climato-sceptique, a été élu président de la première puissance économique mondiale et 2ème émetteur de gaz à effet de serre, on ne peut qu’être pessimistes.

Carmel Bissoué 



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