Vue intérieure de Lilongwe, la capitale du Malawi

Aggrey Masi procède au lancement d'une centrale électrique de 195MW

énergie


L’infrastructure dont la mise en service est prévue pour 2021 permettra de résorber le déficit énergétique du pays.

19,5 mégawatts. C’est la capacité installée de la centrale électrique qui sera construite à Tedzani, région de Thyolo au Malawi. Le projet énergétique sera réalisé par l’entreprise japonaise Mitsubishi Corporation qui a obtenu l’accord de construction. Le ministre des Ressources naturelles, de l’Energie et des Mines, Aggrey Masi, a procédé au lancement officiel des travaux le 9 juillet dernier. Le chantier va durer 39 mois. Il sera supervisé par la Electicity Generation Company Limited (Egenco), compagnie nationale chargée de la fourniture d’énergie électrique. Pour les pouvoirs publics, la main-d’œuvre locale doit être priorisée dans la réalisation des travaux. « J’invite les entreprises en charge du projet à associer à leurs experts, la main-d’œuvre locale qui a l’avantage de ne pas être chère et d’être déjà disponible. Ce revenu supplémentaire permettra aux populations de la localité d’améliorer leur niveau de vie, participant ainsi au développement », a insisté le ministre Aggrey Masi. Pour Mitsubishi, une soixantaine de nationaux sont déjà en activité sur le terrain, avec une perspective d’augmentation du nombre en fonction de l’évolution du chantier.

En termes de retombées, la nouvelle centrale électrique contribuera à résorber le déficit énergétique actuel du pays. La capacité électrique installée du Malawi est de 351 mégawatts pour un taux d’électrification de 11%. Lors de la consolidation des dossiers techniques en juillet 2017, le projet avait reçu une subvention de 52 millions de dollars US du gouvernement japonais, à travers son agence de coopération internationale.


La réforme du secteur énergétique préoccupe la Banque mondiale

Depuis quelques années, la Banque mondiale soutient le Malawi dans le cadre du Projet de soutien du secteur de l’électricité. L’objectif est « d’augmenter la fiabilité et la qualité de la fourniture en électricité dans les principaux centres de distribution ». Ce projet est structuré en quatre composantes : le renforcement et l’extension du réseau électrique ; les études de faisabilité de production et de transport ; la gestion de la demande et des mesures d’efficacité énergétique et le renforcement des capacités et l’assistance technique du ministère des Ressources naturelles, de l’Energie et de l’Environnement et d’Escom afin de soutenir leurs efforts pour la poursuite du développement du secteur énergétique.

 

Des investisseurs privés aux abois

Malgré les programmes d’investissement engagés dans le domaine de l’énergie, les investisseurs privés semblent ne pas courir. La faute au faible prix de rachat d’électricité pratiqué par le gouvernement. En avril dernier, les compagnies électriques Egenco et Escom ont révélé que les investisseurs privés souhaitent que le prix de rachat de la production issue des centrales qu’ils exploitent passe de 73 kwachas malawiens (soit 0,1 dollar) à 250 kwachas, c’est-à-dire 0,34 dollar. L’un des opérateurs privés intéressés par l’activité, Nyasa Times, estime que « Egenco et Escom peuvent vendre l’électricité à un prix inférieur à celui de sa production parce qu’elles sont des entités publiques. En cas de déficit budgétaire, elles bénéficient d’un refinancement de la part du gouvernement. Ce n’est pas notre cas ».

Gibrile KENFACK TSABDO 



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