Quand les acteurs non étatiques tentent de sauver le climat

Climat : Les acteurs non étatiques s'engagent à leur tour

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Du 12 au 14 septembre dernier s’est tenu à San Francisco aux USA le premier sommet climatique des acteurs non étatiques. 

 

Ils étaient 4 500 délégués venus de tous les coins du globe. Leur objectif pendant les trois jours passés à San Francisco : Donner le signal de la prise en main du dossier environnemental par les grandes villes. Le compte rendu de ce rendez-vous, véritable pied de nez fait à Donald Trump, montre un engagement fort en faveur de la diminution des émissions de gaz à effet de serre.

 

A l’ouverture de ce sommet historique, le climatologue Johan Rockström, s’est dit inquiet quant à l’avenir de la planète. «La pression de l’homme sur le climat s’est accentuée au cours des 50 dernières années et nous avons atteint un point de non-retour. Nous devons comparer nos progrès tous les 10 ans et intensifier nos engagements au plus vite si l’on veut éviter le pire» a indiqué le directeur du Stockhom Resilience Center. D’autres acteurs du climat ont précisé qu’il est important que les résultats des politiques décidées antérieurement dans le cadre de cette lutte deviennent palpables à partir de 2020. Ce qui sera un signe avant-coureur de l’atteinte des objectifs.

 

Entre engagements et atteinte des objectifs

 

La célèbre chaîne américaine de cafés Starbucks a annoncé «10.000 magasins plus verts dans le monde d’ici à 2025». Dans le sillage de cette déclaration, 73 villes, pas n’importe lesquelles, se sont engagées à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

 

En 2015 Barack Obama s’était engagé à faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28% en 2025. Il n’en sera pas ainsi. Le mouvement America’s Pledge dans un rapport publié le 13 septembre a annoncé un recul significatif des rejets de gaz à effet de serre. «Les émissions américaines de gaz à effet de serre devraient baisser de 17% en 2025 par rapport à 2005, sans aucun appui de Washington » a déclaré l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg.  

 

En effet les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris ont été censurés par les Etats-Unis de Donald Trump qui sont sortis de l’accord le 1er juin 2017. Cette sortie du premier pays pollueur de la planète de l’accord de Paris a depuis lors mis à mal l’atteinte des objectifs décidés à cette COP21. Pour de nombreux patrons américains soucieux de laisser une planète vivable aux générations à venir, se désolidariser du gouvernement central était devenu indispensable pour permettre aux USA de participer à l’effort de diminution des émissions de Carbonne.

 

C’est empreint de nostalgie que JDLE Nick Nuttall, le porte-parole du Global Climate Action Summit (GCAS) et ancien porte-parole de la CCNUCC a indiqué que « nous avons voulu retrouver la même dynamique politique qu’à Paris en 2015, mais avec les collectivités et le secteur privé, pour appeler à une action climatique globale. Nous venons de dire : nous sommes prêts à aller plus loin. Maintenant, à vous, les gouvernements, de vous engager dans ce sens. C’est un signal important en vue de la COP de Katowize qui doit mettre en œuvre l’Accord de Paris, mais aussi dans la perspective de 2020, la date-butoir pour atteindre le pic des émissions mondiales».

 

Le sommet de San Francisco est la concrétisation d’une idée née en 2015, au cours de la COP 21 à Paris. C’est une idée de Christiana Figueres, ex-secrétaire exécutive de la CCNUCC, et de Jerry Brown, le gouverneur démocrate de Californie. A l’époque les deux hommes se sont rendus compte que les engagements pris par les Etats ne suffisaient pas pour ramener « le réchauffement sous la barre des 2 degrés Celsius», d’après Nick Nuttall.

 

Comme une nouvelle ère qui commence

Les engagements pris sur cette scène du Moscone center ont le mérite d’ouvrir la voie aujourd’hui à une nouvelle histoire dans la lutte contre les réchauffements climatiques. Ils marquent le jour où les acteurs non étatiques ont décidé de se positionner à côté des Etats pour combattre eux aussi un fléau qui menace l’humanité. Reste à savoir si ces promesses seront tenues d’autant plus qu’au niveau des grandes villes qui se sont engagées à réduire leurs émissions de nouveaux leaders pourraient arriver à leur tête et changer d’orientation en ce qui concerne les Etats-Unis par exemple.

 

La question des finances à résoudre

Désormais l’enveloppe de 100 milliards de dollars décidée à Paris doit être mobilisée en l’absence de Washington. Un enjeu crucial à en croire Damien Navizet. « La prochaine bataille est financière, et va commencer dans 10 jours à New York avec le One Planet Summit. C’est là où des annonces devront être faites, tout comme au conseil d’administration du Fonds vert, qui doit rapidement relancer des projets et remettre de l’argent sur la table. Sans quoi la tâche sera très très compliquée à Katowice», a indiqué le chef de la division Climat à l’Agence française de développement (AFD)

 

En attendant la COP 24 qui se tiendra du 3 au 14 décembre 2018 à Katowice (Pologne), au cours de laquelle les acteurs étatiques devraient passer à l’action, le rendez-vous de San Francisco a été un pas de plus dans la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Afrique Progrès Magazine



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