Avec le COVID 19 l’avenir du continent africain est plus que jamais incertain. L’arrêt de l’appareil de production et l’assignation à domicile des citoyens dans 42 pays ont causé une révision des prévisions de recettes pour cette année 2020. Pourtant contre toute attente certains y voient une opportunité pour l’Afrique. Ils l’ont exprimée au cours d’un webinar organisé par la commission économique pour l’Afrique (CEA) le 11 mai dernier à Addis-Abeba.


Le moins qu’on puisse dire c’est que le COVID 19 à mis en berne toutes les prévisions de recettes en Afrique. La chute des cours du pétrole et la régression des volumes exportés de toutes les matières premières confondues ont asséné un coup à l’économie du continent africain. Pour de nombreux experts l’avenir se dissimule derrière un épais nuage d’incertitudes. Et cet avis, Karingi ne le partage pas. Pour Le directeur de l’intégration régionale et du commerce à la CEA, la Zone de Libre échange du continent africain ( zlecaf) est un moyen pouvant sortir l’Afrique de la situation actuelle.


Au cours d’un webinar organisé par la CEA à Addis-Abeba le 11 mai dernier, David Luke suggérait aux Africains de «réfléchir de manière créative à la façon dont nos cadres de développement existants pourraient être adaptés aux nouvelles opportunités générées par cette crise». Or si la crise du COVID 19 peut être considéré comme une opportunité c’est en raison des freins au commerce avec d’autres continents qu’il a rendue apparents.


Désormais il est clair qu’en cas de crise d’envergure l’Afrique doit disposer de la capacité de survie en étant fermée sur elle-même. Et sur cette question les participants au webinar de la CEA ont mis en exergue la capacité du continent à s’adapter. La société sud-africaine U-Mask spécialisée dans les masques des miniers s’est tournée en quelques jours vers la production des masques respiratoires médicaux tandis que le Nigeria est entré dans la production des respirateurs. Cette ingéniosité de circonstance peut être mise à profit pour tout le continent.


Stephen Karingi est donc favorable à un lancement de la Zone de Libre échange du continent africain (zlecaf) dans le contexte actuel. Le directeur de l’intégration régionale et du commerce à la CEA est certain qu’avec le marché continental l’Afrique peut rapidement remettre son économie sur la voie de la croissance. Il conseille tout de même de mettre un accent sur le e.commerce qui s’est illustré au cours de cette crise sanitaire comme le seul commerce qui vaille dans un monde confiné.


Le lancement de la zlecaf se présente comme un atout pour une croissance rapide appuyée par la création d’emplois, la naissance d’une industrie africaine et l’amélioration des infrastructures de transport sous-régionales.


Certes le temps n’est pas aux larmes, mais Karingi regrette le retard accusé par le continent africain dans l’entrée en application de certains traités. C’est le cas entre autres de la zlecaf qui devait s’ouvrir le 1er juillet prochain et qui est renvoyé à janvier 2021, ou encore du plan de fabrication pharmaceutique pour l’Afrique, du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine et du plan de développement industriel accéléré pour l’Afrique.

En attendant le COVID 19 érode l’économie de nombreux pays africains.


Les pays tels que le Nigeria, l’Angola ou l’Algérie, respectivement premier, deuxième et troisième producteurs de pétrole en Afrique, sont dans une situation critique. Tandis que Abuja s’attend à une régression de son PIB de six points, Alger a annoncé une diminution significative de ces réserves de change qui vont tourner autour de 44 milliards de dollars fin 2020. Le nouveau président algérien est sur la voie de l’endettement auprès de sa propre population.


Ailleurs sur le continent la désolation est telle que le recours au fonds monétaire international (FMI) est indispensable. Ghana, Cameroun, Nigeria…la liste des pays qui sont retournés auprès du FMI ces dernières semaines s’allonge.


Le COVID 19 a certainement bouleversé le cours de l’histoire humaine. Désormais les hommes savent que la maladie comme la guerre peuvent les forcer à rester à domicile. Mais tandis que l’Occident et les orientaux affinent leurs stratégies pour faire face aux crises à venir, l’Afrique dispose là d’une opportunité unique pour accélérer son intégration et se constituer en un bloc unique capable de résister à toute éventualité.

Onesiphore NEMBE

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