Actualité en continu

Niger : 48 heures sans réseaux sociaux

23 janvier, 2015

Pour parer à une nouvelle flambée des manifestations anti-chrétiennes au Niger, le gouvernement a procédé au blocage des réseaux sociaux. Facebook, Twitter ou SMS, ne seront pas possibles jusqu’au samedi 24 janvier 2015.

Après les manifestations de la semaine dernière qui ont coûté la vie à plusieurs individus et conduit à la destruction de nombreuses chapelles dans à Zinder et à Niamey, le gouvernement nigérien a pris une mesure jugée indispensable pour maintenir le calme qui sévit actuellement. Depuis ce jeudi 22 janvier 2015, l’ensemble des réseaux sociaux ont été bloqués dans tout le pays. Le gouvernement estime que c’est à cause de la correspondance via les réseaux sociaux  que les violences de la semaine dernière ont été déclenchées. Pour donc éviter le retour à cette situation, le pays devra vivre jusqu’au samedi 24 janvier 2015 sans réseaux sociaux.

A la suite de cette annonce faite jeudi matin par  Massaoudou Hassoumi, ministre de l’intérieur, des explications ont été données. Le ministre déclare que « Nous avons décidé de bloquer les réseaux sociaux pour encadrer la journée de prière, vendredi, ajoutant que, C'est pour éviter de nouveaux débordements que nous avons pris cette décision ». « Il ne s'agit pas de censure » comme certains avancent. On s’interroge toutefois si le chef d’Etat n’a pas voulu éviter à son peuple de voir les menaces d’un certain Aboubacar Shekau, chef de la secte islamiste Boko Haram. Puisque ces derniers jours le caïd nigérian a défié le chef d’Etat nigérien dans une vidéo filmée dans son fief : « Tu vas voir, président du Niger, tu vas voir ! Tu fais partie de ceux qui sont allés compatir avec le président Hollande, le petit-fils de Charlie Hebdo. »

Au-delà des services que les réseaux sociaux rendent à l’univers ces dernières années, ils sont devenus une machine de déstabilisation sociale et nationale. Conscient de ce fait, le Niger semble bien se lancer dans le contrôle de ce pouvoir muet dans l’optique de maintenir la paix et la cohésion sociale si chère à tous. AFPmag. 

 

Le Nigeria ne veut pas de coalition internationale contre Boko Haram.

24 janvier, 2015

Soldats tchadiens déployés à la frontière du Cameroun avec le Nigeria

« Le Nigeria n'a pas besoin de l'aide de l'ONU ou des soldats de l'union africaine pour combattre Boko Haram », a déclaré Sambo Dasuki, le conseiller à la sécurité du président Goodluck Jonathan.

La lutte contre la secte islamiste Boko Haram et le "renforcement d'un soutien international" figurent pourtant à l'agenda du 24e sommet des chefs d'Etat de l'Union Africaine qui se tiendra dans la capitale éthiopienne les 30 et 31 janvier.

Mais le Nigeria estime inutile d'aller au-delà de l'engagement militaire de ses voisins. "Je crois qu'à l'état actuel c'est un problème que nous pouvons parfaitement gérer avec nos partenaires, le Niger, le Tchad et le Cameroun. Nous sommes capables de lutter contre Boko Haram. Il n'y a pas de doutes, c'est dans nos capacités", a ajouté le conseiller présidentiel du Nigeria.

Plusieurs pays menacés

Boko Haram, qui s'est emparé d'une grande partie du nord-est du Nigeria, multiplie les incursions au Cameroun voisin, et menace toute la région par sa proximité avec les frontières du Tchad et du Niger.

Sur cette image, on peut distinguer les soldats du Niger d'un coté, et les combattants de Boko Haram de l'autre coté de la rivière. Au loin, flotte un drapeau des jihadistes. Dans le cours d'eau, les enfants font leur lessive.

Une riposte militaire conjointe a été décidée fin 2014 entre les pays membres de la Commission du bassin du lac Tchad (Cameroun, Nigeria, Niger et Tchad). Mais cette force composée de 700 militaires de chaque pays, ainsi que du Bénin, peine à se matérialiser du fait de mésentente entre le Nigeria et ses voisins.

 

Réveil tardif de la communauté internationale

Hier, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé qu'il prévoyait de se rendre au Nigeria dans quelques jours.

John Kerry a fait cette annonce lors d'un discours sur la lutte contre "l'extrémisme violent" au Forum économique mondial de Davos.

Depuis que le gouvernement nigérian a déclaré l'état d'urgence dans trois États du nord-est, il y a 20 mois, pour faire face à l'insurrection, Boko Haram a renforcé et contrôle désormais plusieurs villes, où il a déclaré avoir créé un "Califat".

Infographie des attaques du Boko Haram au Nigéria

Les islamistes ont acquis une notoriété mondiale après l'enlèvement de plus de 200 lycéennes, en avril de l'année dernière, dans la ville de Chibok. Précisons que, à l'heure actuelle, ces filles restent toujours captives, la plupart ayant été par la suite mariées de force, ou revendues comme esclaves selon les dires du chef islamiste Abubakar Shekau.

Michelle Obama tenant une affiche réclamant la libération des filles kidnappées par Boko Haram.

Le leader islamiste Abubakar Shekau poste souvent des vidéos dans lesquelles il menace les dirigeants de la région et les insultes en les traitant de tous les noms.

Récemment, les combattants Boko Haram ont mené des raids dans le Cameroun voisin, et cette semaine, ils ont mené les attaques brutales sur la ville nigériane de Baga. Ils ont attaqué les bases militaires de Kolofata (Cameroun) et Baga (Nigéria) où ils ont pillé une grande quantité d'armes et munitions.

 

2000 morts en une semaine ou le bilan d'une armée nigériane incapable de protéger la population

Les rapports d'Amnesty International ont dit que pas moins de 2000 personnes sont mortes à Baga mais le gouvernement du Nigeria a contesté ce chiffre, en réduisant le nombre de victimes à 150.

Le Nigéria affirme avoir déployé près de 50% de son armée dans le nord-est. Toutefois, plusieurs soldats se sont plaints de ne pas être suffisamment armés. Beaucoup témoignent que Boko Haram possède des canons antiaériens alors que les soldats n'ont que des kalachnikovs avec 60 balles chacun. Critiques que les officiels nigérians rejettent, en disant qu'il y a des «lâches» au sein de leurs forces armées qui entravent la campagne contre les insurgés de Boko Haram. AFPmag

Quand Mahamadou Issoufou rompait le silence sur la crise libyenne.

29 décembre, 2014

 

Quatre années après son arrivée au pouvoir au Niger, celui qui a été sept mois seulement l’homologue du colonel Khadafi assassiné le 20 octobre 2011 dans les environs de Syrte, a livré enfin sa position sur l’intervention militaire des occidentaux en Libye.

 

Mahamadou Issoufou, chef d’Etat du Niger a déclaré lors de son interview accordée à nos confrères de Jeune Afrique, « les occidentaux ne nous ont pas demandé notre avis avant de renverser Kadhafi en 2011 ». Ce propos du chef de l’Etat nigérien qui subit de plein fouet les conséquences de la désagrégation de la Libye, montre combien le continent africain reste en marge des grandes décisions du monde. Il illustre une certaine permissivité pour les occidentaux en Afrique et remet en question la puissance de l’Union Africaine.  Face à tout ceci, l’homme appelle à une intervention dans la région sahélienne. «Mon opinion est claire : nous ne pouvons pas laisser la situation se dégrader indéfiniment. À trop hésiter, c'est tout le Sahel qui, dans quelques mois, risque de se transformer en chaudron », a-t-il lancé. Arrêter l’hémorragie libyenne s’impose de plus en plus comme la solution au ralentissement et même à l’éradication de l’envolée du djihadisme dans le région du sahel.

 

Pour aller plus loin.

Le professeur Driss Ajbali, membre dirigeant du conseil de la communauté marocaine résident à l’étranger (CCME), à l’occasion de la journée internationale des migrants à l’hôtel Chellah de Rabat, parlait de l’amorce de la somalisation de la Libye ; une façon d’interpeller le continent sur l’enfoncement de la Libye dans une crise civile sans issue. AFPmag

Afrique : Arriveront-ils à faire quelque chose quand les foyers de tension paralysent le continent ?

21 décembre, 2014

 

A travers le continent des foyers de tensions sont nés et commencent à enflammer des régions entières. La Libye se somalise de plus en plus, le Kenya fait face à la hargne des islamistes Shebab, la Centrafrique accentue ses divisions confessionnelles, tandis que le Nigeria, et le Cameroun voisin sont au prise avec la secte islamiste, Boko Haram.

 

L’Afrique est en train de sombrer dans une lutte pour une idéologie importée. Ici et là les luttes interconfessionnelles font rages, c’est à croire que ces hommes qu’on tue sont sacrifiés pour l’avènement du « vrai dieu ». Le Nigeria dans ce jour s’est illustré comme l’un des foyers majeurs de cette lutte islamiste. Au mois d’avril dernier, 270 écolières avaient été enlevées par Boko Haram au nord-est du Nigeria, dans l’Etat de Borno.  Depuis lors la secte fait parler d’elle et son chef, Abubacar Shekau, ne manque pas de narguer les autorités nigérianes et même la communauté internationale via des vidéos de ces actes terroristes « réussis ». Ces derniers jours la secte a réussi à plonger dans la psychose totale toute la région nord-est du pays. Avec sa prise de 180 femmes et enfants dans le village de Gumsuri le 13 décembre dernier, la secte qui vit dans les forêts de Sambisa, à quelques lieux des provinces nord du Cameroun fait croire à son autorité dans cette région du Nigeria. Le plus étonnant est dans cet acharnement contre des populations parfois musulmanes. "Ils ont tué 32 personnes, dont l'imam de la localité", a déclaré un des villageois à l’issue de l’attaque. Cette situation est de nature à alimenter un dialogue plus ouvert sur les intérêts qui se profilent dans cette mêlée terroriste. Dès lors il convient de s’interroger sur l’intérêt de ces attaques ? 

 

Les intrusions de Boko Haram dans l’Etat du Cameroun voisin ont permis de comprendre très rapidement sa visée sous-régionale. Après quelques massacres d’une quarantaine d’hommes en terre Camerounaise, les islamiste ont a réussi l’exploit de mettre en mouvement la machine sécuritaire camerounaise. Depuis lors, la réplique Camerounaise a mis en branle les bases du fief que la secte allait créer au Nord du pays. Mercredi dernier, l’armée Camerounaise a abattu 116 islamistes lors d’une attaque de la secte de la base militaire Camerounaise d’Amchidé, à la frontière avec le Nigéria. «Du côté des assaillants, l'on dénombre 116 morts en territoire camerounais et des dégâts non déterminés en territoire nigérian suite aux tirs de notre artillerie», a affirmé le ministère camerounais de la défense. Le jeu des attaques et de la défense commence à se faire ennuyeux, qu’une véritable guerre contre les islamistes s’impose de plus en plus. Certaines sources anonymes parlent aujourd’hui de la nécessité d’une attaque préventive de l’armée camerounaise au niveau des fiefs de la secte établis le long de leur immense frontière. Mais aussi une certaine nécessité d’harmonisation des stratégies entre le Cameroun et le Nigeria pourrait taire l’élan de Boko Haram. Mais l’armée Nigériane est-elle prête à travailler sur ce dossier avec le voisin Camerounais, et puis pourra-t-elle autoriser dans cette nécessité de prendre en tenaille Boko Haram, des actions militaires Camerounaises sur son territoire ?

 

Dans ces guerres la Libye n’est pas en reste. A côté du Kenya qui est aux prises avec les islamistes Shebab depuis quelques années, le cas Libyen, si proche de celui somalien, est de plus en plus inquiétant. Pour Boubacar Keita, le chef d’Etat malien, le cas libyen doit être prioritaire dans le calendrier africain d’arrangement des conflits. A côté de ces cas, tant écoeurants, la situation à l’Est du Congo est aussi une préoccupation pour la communauté africaine, tandis que celle centrafricaine ne fait rire personne. Tenu ces 29 et 30 novembre 2014 à Dakar, au Sénégal, le Forum sur la paix et la sécurité en Afrique a-t-il effectivement jeté les bases d’un retour prochain de la paix et de la stabilité en Afrique ? Nous le saurons bientôt !

Eric Mvondo Manga. AFPmag

 

Analyse - Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

15 février, 2015

Analyse

Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

Depuis une dizaine de jours, les islamistes de la secte nigériane attaquent sur plusieurs fronts, à croire qu’ils sont capables de tenir face à ces troupes Camerounaises, Tchadiennes, Nigériennes qui campent autour de leur périmètre aujourd’hui. Mais entre l’allusion que certains font de Boko Haram comme de la secte invincible et la réalité, qu’en est-il effectivement ?

Abubakar Shekau, chef de Boko Haram, dans une vidéo rendue publique en 2014, où il dément l'annonce de sa mort.

 

Boko Haram sur tous les fronts.

Beaucoup d’analystes sont certainement en train de revoir l’idée qu’ils se faisaient des islamistes de Boko Haram, sinon tous mais la plupart sont aujourd’hui impressionnés par les récentes activités de la secte qui mène des offensives sur plusieurs fronts. D’abord à Diffa, le 8 février dernier, les islamistes ont attaqué la base où les autorités militaires nigériennes, le ministre de la défense et le chef d’Etat major y compris se trouvaient. Revenus les jours d’après et repoussés par les forces armées tchadiennes et nigériennes,  ils se sont tournés vers Ngouboua sur les rives du Lac Tchad puis vers Gombe dans la matinée de ce samedi 14 février. Toutes ces attaques ont sécoué les habitants et mis quelques villageois tchadiens de cette région frontalière sur les routes, en direction des zones « calmes ». Forcé par ces démonstrations, Goodluck Jonathan,  s’est tourné vers les Etats-Unis. Le chef de l’Etat déclare dans son entretien au wall street journal « nos amis. Si le Nigeria a un problèmeeh bien j’attends des Etats-Unis qu’ils viennent nous aider ».

Le même schéma revient

A Diffa où les islamistes ont attaqué la base militaire le vendredi 6 février, ils ont perdu 109 combattants avant de repartir dans leurs repères du Nigeria. A Gombe où semble-t-il, ils ont pénétré de force la ville sans trouver de résistance à la hauteur, les islamistes qu’un avion de chasse nigérian aurait mis en déroute, sont repartis. Depuis l’après-midi de ce samedi 14 février, la ville de plus de 250 000 hommes vit sous un couvre-feu. Le même schéma de la secte qui attaque avant d’être repoussée, s’est produit à Gambaru la semaine dernière avant de se déporter finalement sur les rives du lac Tchad où, les islamistes ont attaqué le village de  Ngouboua ce vendredi 13 février 2015.

Des attaques dissuasives ou des menées d’une secte capable d’instaurer sa loi ?

A noter qu’aucune attaque des islamistes depuis l’entrée des troupes tchadiennes dans cette guerre n’a été une réussite. Acculée dans ses positions, la secte se débat pour garder le plus longtemps possible les forces Camerounaises, Tchadiennes et nigériennes sur les abords de son périmètre. On ne saurait tabler sur la capacité de cette force islamiste à combattre sur tous les fronts au même moment, puisque toutes ces attaques ont été perpétrées avec un minimum de 12 heures d’écart entre elles, soit le temps de quitter une position pour atteindre une autre et donner l’impression d’être partout. Leur technique néanmoins a réussi puisque certains  aujourd’hui on parle de la secte comme d’une pieuvre aux mille tentacules.

Et si Boko Haram était attaqué de toute part aujourd’hui ?

L’on ne pourra mesurer la force de la secte nigériane tant que les régiments des armées étrangères postés aux frontières n’auront pas attaqué simultanément les islamistes. Cette attaque harmonisées permettra de mesurer aussi la capacité des forces de la sous région à venir à bout de Boko Haram. On table dans ce cas sur un échec islamiste pour deux raisons : les islamistes sont incapables de tenir leur position, on l’a vu avec la chute de Gambaru que Boko haram contrôlait depuis plus de cinq mois. Cette chute a duré moins de 72 heures et l’autre raison est que Boko Haram n’a jamais pu tenir un front pendant plus de 12 heures sans reculer, un fait qui montre une certaine faiblesse liée au mental des combattants qui reculent face à l’intensité du combat ou lorsque les réserves sont épuisées.

« Nous vaincrons Boko Haram »

Au cours d’une allocution récente, le chef d’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou, déclarait : « Boko Haram n’a aucun avenir dans notre sous région, nous vaincrons Boko Haram ». Ce propos qui n’a rien d’un slogan de fanatique, dépend dans son accomplissement de la force armée nigériane qui a trahi souvent par son incapacité à tenir les islamistes en respect. Du coup vaincre Boko Haram tient à la possibilité pour les troupes en présence de prendre les islamistes en tenaille. Dans ce sens, les forces armées devront afficher une détermination sans faille et mener une campagne qui ne finira qu’avec la destruction des bases arrières de la secte. Onesiphore Nembe.

 

 

Cameroun: Rencontre des dirigeants de l’Afrique Centrale pour discuter sur Boko Haram.

16 février, 2015

 

Après la réunion du 5-7 février dernier entre les experts militaires des pays de la région du lac Tchad, les représentations des dix pays de l’Afrique  Centrale se retrouveront à Yaoundé ce lundi 16 février pour parler d’une voix unique et surtout affiner la stratégie à adopter face aux islamistes de Boko Haram.

L’Afrique a résolument mis le cap sur l’union. Depuis l’UA jusqu’aux organisations régionales, le mouvement d’union est le même. Sur la question de la secte islamiste nigériane, les pays de la région Afrique Centrale veulent mettre sur pied une stratégie unique, en vue d’éradiquer la menace. Ceci se fera au cours de la rencontre prévue à Yaoundé ce 16 février 2015. Après la décision de mobiliser une force de 8 700 hommes contre Boko Haram, ils devraient convenir aujourd’hui sur le mandat et le rôle de cette force régionale. Les experts militaires au cours de leur réunion à Yaoundé le 5 février dernier avaient établi une feuille de route, mais celle-ci doit être soumise au conseil de paix et de sécurité de l’union africaine et au conseil de sécurité des nations Unies.

Les autorités Camerounaises et Tchadiennes qui portent aujourd’hui le fardeau de cette guerre contre les islamistes mettront certainement à l’ordre du jour le financement de cette force multinationale. D’ailleurs un délégué à ce sommet de Yaoundé reconnaît aujourd’hui que : « Intervenir militairement a un coût ». Un autre souligne que « ce sont entre 6 000 et 7 000 soldats qu'il faut nourrir, soigner et équiper quotidiennement pour répondre à chaque agression du groupe islamiste ». Le défaut de moyen plombe encore l’avancement de l’union africaine et des unions régionales, mais face à l’impératif de réagir aux attaques islamistes, l’Afrique doit trouver ces moyens, tous le savent bien aujourd’hui. AFPmag.

Qu’apportera la France aux pays qui luttent contre Boko Haram?

21 février, 2015

 

Alors que Laurent Fabius vient d’effectuer un déplacement pour la capitale tchadienne afin d’affirmer aux autorités du pays le soutien de Paris dans la lutte contre les islamistes de Boko Haram, et qu’il devrait poursuivre son voyage au Cameroun et au Niger, on se demande bien ce que la France voudrait apporter à ces pays dans cette lutte ?

Pour sa tournée marathon, Laurent Fabius qui a fait sa première escale à N’djamena, au Tchad et qui devra poursuivre sa visite au Cameroun puis au Niger au courant des 24 prochaines heures, est venu affirmer le soutien de la France aux autres nations qui luttent contre les islamistes de Boko Haram. Ce soutien qui intervient moins de cinquante jours après les attentats qui ont secoué la France, prouve aujourd’hui la détermination de la nation française à combattre le terrorisme. Mais on se demande toutefois en quoi consiste ce soutien français ?

Récemment la France a envoyé une quinzaine d’éléments au Niger dans la région de Diffa pour le renseignement des troupes de la force multinationale. Elle se dit prête aujourd’hui à plaider au niveau des Nations Unies et du FMI, pour la création d’un fond destiné à la lutte contre Boko Haram. Dans le cadre de sa relation bilatérale avec le Tchad, la France pense pouvoir aider le pays à s’en sortir de la crise que la baisse historique des cours de pétrole a provoquée dans le pays. Précisons toutefois que la France ne tient pas à s’impliquer directement dans cette guerre comme au Mali, puisqu’un proche de Laurent Fabius a tenu à rappeler que les soldats français ne sont pas les « « tuniques bleues qui arrivent sabre au clair ».

Les Etats n’ayant jamais des amis mais des intérêts, on se demande bien si le ministre des affaires étrangères peut effectuer un voyage dans l’unique but d’assurer le soutien de son pays aux nations engagées dans le combat contre la secte islamiste nigériane. Certains pensent aujourd’hui qu’après l’Egypte, la France recherche des acheteurs de son matériel militaire parmi ces pays qui combattent Boko Haram, puisqu’il y a quelques semaines, l’annonce de Yaoundé de recevoir un important dispositif militaire en provenance de Russie, avait fait écho. De toute façon, Idriss Déby et le ministre français ont passé 45 minutes d’audience et 15 minutes dans un tête-à-tête où ils ont pu abordé de tels sujets. AFPmag.

 

Nigeria: Les combats continuent autour de Damasak.

12 mars, 2015

 

On croyait Damasak entre les mains des forces armées tchado-nigériennes, mais si les islamistes ont perdu le contrôle de la ville depuis ce lundi, les armées n’ont quant à elles pas encore investi complètement les lieux. Le ratissage continue et les échanges de tirs se poursuivent avec quelques islamistes embusqués.

Les échanges de tir continuent à Damasak, après l’annonce de la prise de la ville par les forces armées tchadienne et nigérienne. Ce mercredi, les islamistes tiraient encore à partir de leur position, sous les buissons ou cachés sous le branchage des arbres.  Mais ces combats qui devraient finir bientôt, ne sont plus rudes et ils ne poursuivent qu’un but : ratisser suffisamment les alentours de la ville pour éviter un revers islamiste. On se souvient qu’après la prise de Gambaru le 3 février dernier, le manque de ratissage avait eu pour conséquence la mort de dizaines de camerounais, tués par les islamistes infiltrés à Fotokol et venus de Gambaru dans la nuit.

Au cours de ces ratissages, un important matériel militaire a été récupéré. Un informateur anonyme parle « des kalachnikovs, des mitrailleuses et même un char que Boko Haram avait pris à l’armée nigériane ». L’avancée vers Borno devrait continuer sous l’égide du général tchadien qui mène ces opérations, mais avant, les forces armées nigérianes doivent prendre possession des lieux ravis à Boko Haram en vue de les sécuriser. AFPmag.

Boko Haram chassé finalement de Damasak

19 mars, 2015

Un convoi de l'armée tchadienne à Damasak le 18 mars 2015

Il aura fallu dix jours à la force armée tchado-nigérienne pour déloger les islamistes de Boko Haram de Damasak. Initié le 8 mars dernier, ce combat a connu finalement un terme mercredi 18 mars. Sur le terrain on parle de 300 morts.

Annoncé libéré le 8 mars dernier, soit quelques heures après que les forces armées tchadienne et nigérienne avaient traversé la rivière Komadougou Yobé, frontière entre le Niger et le voisin Nigérian, ce n’est que ce 18 mars que le staccato des mitraillettes a cessé dans la ville. Les islamistes qui ont perdu un vaste territoire de ce qui devait être leur califat, ont livré de rudes batailles pour conserver cette ville, l’une des rares encore sous son contrôle. Peine perdue malheureusement.

Ahmat Youssouf, colonel des forces armées tchadiennes, est revenu sur les détails de ce combat historique. « Nous avons livré un premier combat puis un second.  A l’entrée Est de Damasak, nous avons rencontré une petite résistance et ils ont laissé beaucoup de véhicules, de motos, calcinés, là-haut dans la brousse, là où il y a eu des combats », a-t-il lancé, pour dire combien la seule pénétration dans la ville aura demandé du temps et de la détermination. Toumba Mohamed, colonel dans l’armée Nigérienne, s’expliquant à RFI, mentionne des difficultés liées à un environnement boisé. L’homme déclare que : « Les difficultés étaient dues à un environnement boisé, parce que  quand quelqu’un est dans un environnement boisé, il est difficilement décelable. Il fallait vraiment aller pas à pas, avec minutie, pour trouver les poches de résistance et les réduire, avant de  passer avec sérénité sur les objectifs futurs ».

La détermination affichée par la force multinationale a asphyxié chaque jour les islamistes de Boko Haram. Aujourd’hui que la secte est pilonnée à l’Est et à l’Ouest de cette Etat de Borno et ce sans la possibilité de fuir vers le Cameroun voisin, où le bataillon d’intervention rapide (BIR) les attend de plein pied, on ne s’interroge plus sur le sort de la bande à Abubakar Shekau, mais plutôt sur le temps que sa neutralisation prendra. Puisque ce combat qui vient de connaître un terme et qui a fait 300 morts selon une source nigérienne, avait été annoncée fini le 8 mars dernier, avant que les démentis quelques heures plus tard interviennent.

Prévues le 14 février dernier, les présidentielles avaient été repoussées à cause de la situation sécuritaire fortement instable dans cette région nord-Est du pays. Goodluck Jonathan, candidat à sa propre succession et son gouvernement, se donnait alors six semaines pour éradiquer la menace islamiste. Depuis lors les menées contre la secte ont libéré plusieurs villes et localités de l’étau islamistes, mais on est encore loin des promesses faites, ce qui lève une question à 9 jours de la nouvelle date des présidentielles : le Nigeria va-t-il repousser une nouvelle fois les élections ? Onesiphore Nembe. AFPmag.

Niger : L’armée et Boko Haram se défient sur les rives du lac Tchad.

27 avril, 2015
Une mission d'assistance d'urgence du CICR apporte des sacs de riz aux réfugiés sur l’île de Karamga, Lac Tchad, Niger, le 5 mai 2014.
Une mission d'assistance d'urgence du CICR apporte des sacs de riz aux réfugiés sur l’île de Karamga (une île du Lac Tchad appartenant au Niger), le 5 mai 2014. Cette île abrite plusieurs déplacés ayant fui les exactions de Boko Haram. C'est cette même île que Boko Haram a attaqué ce samedi 25 avril 2015.

 

L’île de Karamga que cent vingt militaires nigériens étaient chargés de protéger d’une invasion des islamistes de Boko Haram, a été prise d’assaut par des centaines de combattants de la secte nigériane très tôt samedi dernier. Depuis lors les combats se poursuivent et selon quelques sources, l’armée nigérienne aurait perdu des dizaines d’éléments.

Pris d’assaut par surprise par les éléments de Boko Haram depuis samedi matin, les 120 militaires nigériens de l’île de Karamga, auraient été massacrés s’ils n’avaient pas opté pour un repli stratégique. Ils auraient quitté leur posté quelques temps avant de lancer un nouvel assaut contre les islamistes de Boko Haram.