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Actualité en continu

Contre Boko Haram la souveraineté du Nigeria crée-t-elle un rempart pour les islamistes ?

20 janvier, 2015

Militaires tchadiens

 

Incapable d’arrêter les islamistes de Boko Haram, une secte née et grandie sur son territoire, le Nigeria a mis en garde les Etats voisins où les incursions des islamistes créent une situation sécuritaire chaotique, contre toute poursuite sur son territoire. Cette interdiction qui se fonde sur le principe de la souveraineté des Etats risque d'entraver la campagne des forces armées Camerounaises et Tchadiennes. 

Après les forces armées Camerounaises parties au front contre Boko Haram depuis mai 2014, les forces armées Tchadiennes se sont déployées ces derniers jours. Cette force conjointe à qui on sait le mérite de pouvoir éteindre l’influence de Boko Haram risque pourtant de se heurter à un problème majeur : la souveraineté du géant voisin nigérian. Le pays de Goodluck Jonathan a mis en garde les forces de défense Camerounaises et toute nation désireuse d’apporter du soutien contre toute poursuite des islamistes à l’intérieur de ses frontières. Chris Olukolade, porte-parole de cette armée nigériane, prévenait en ces termes : «Tout soutien est bienvenu, mais il devra se conformer à nos opérations en cours, car il s'agit de notre territoire». Cette position oblige donc tous les pays qui participeront à cette mission à se plier au commandement des forces armées nigérianes.

Or les forces armées Nigérianes ont réputation de galoper à l’approche des islamistes. « Les soldats prennent leurs jambes à leur cou et abandonnent leur base, leurs armes, leurs munitions et tout leur équipement militaire à l'approche des insurgés », décriait l'organisation des musulmans du Nigeria (JNI) dans un communiqué. Les forces armées Camerounaises et Tchadiennes accepteront-elles de traquer Boko Haram sous le commandement d’une armée de frileux ? Et si elles se résignaient à laisser le Nigeria mené l’attaque contre les islamistes sur son territoire, cette guerre finira-t-elle un jour ?

 

Militaires camerounais

 

L’ambition affichée des forces armées tchadiennes de reprendre Baga, quartier général de la force conjointe créée en 1994 par le Nigeria, le Tchad et le Niger et bastion de l’armée nigériane à la suite du retrait du Tchad et du Niger tombé entre les mains des islamistes récemment, pourrait déclencher d’autres mesures en terre nigériane contre ces islamistes. On comprend que les autorités Nigérianes soient très préoccupées par l’image du Nigeria, première puissance économique du continent africain que par le retour de la paix. Mais il faudra bien qu’on bafoue sa souveraineté au nom de la légitime défense préventive et pour arrêter des malfrats que les tentatives d’incursion répétées fragilisent l’économie de ces régions riveraines du Nigeria.

Contre la souveraineté du Nigeria, le Cameroun et le Tchad n’auront pas le choix bientôt. Ils devront soit voir la secte accroître son influence au Nigeria et l’attendre éternellement à la frontière, soit lancer un raid contre ces islamistes dans les forêts de Sambissa et attendre les conséquences de cette action que toute la planète saluerait. AFPmag.

 

Le Nigeria ne veut pas de coalition internationale contre Boko Haram.

24 janvier, 2015

Soldats tchadiens déployés à la frontière du Cameroun avec le Nigeria

« Le Nigeria n'a pas besoin de l'aide de l'ONU ou des soldats de l'union africaine pour combattre Boko Haram », a déclaré Sambo Dasuki, le conseiller à la sécurité du président Goodluck Jonathan.

La lutte contre la secte islamiste Boko Haram et le "renforcement d'un soutien international" figurent pourtant à l'agenda du 24e sommet des chefs d'Etat de l'Union Africaine qui se tiendra dans la capitale éthiopienne les 30 et 31 janvier.

Mais le Nigeria estime inutile d'aller au-delà de l'engagement militaire de ses voisins. "Je crois qu'à l'état actuel c'est un problème que nous pouvons parfaitement gérer avec nos partenaires, le Niger, le Tchad et le Cameroun. Nous sommes capables de lutter contre Boko Haram. Il n'y a pas de doutes, c'est dans nos capacités", a ajouté le conseiller présidentiel du Nigeria.

Plusieurs pays menacés

Boko Haram, qui s'est emparé d'une grande partie du nord-est du Nigeria, multiplie les incursions au Cameroun voisin, et menace toute la région par sa proximité avec les frontières du Tchad et du Niger.

Sur cette image, on peut distinguer les soldats du Niger d'un coté, et les combattants de Boko Haram de l'autre coté de la rivière. Au loin, flotte un drapeau des jihadistes. Dans le cours d'eau, les enfants font leur lessive.

Une riposte militaire conjointe a été décidée fin 2014 entre les pays membres de la Commission du bassin du lac Tchad (Cameroun, Nigeria, Niger et Tchad). Mais cette force composée de 700 militaires de chaque pays, ainsi que du Bénin, peine à se matérialiser du fait de mésentente entre le Nigeria et ses voisins.

 

Réveil tardif de la communauté internationale

Hier, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé qu'il prévoyait de se rendre au Nigeria dans quelques jours.

John Kerry a fait cette annonce lors d'un discours sur la lutte contre "l'extrémisme violent" au Forum économique mondial de Davos.

Depuis que le gouvernement nigérian a déclaré l'état d'urgence dans trois États du nord-est, il y a 20 mois, pour faire face à l'insurrection, Boko Haram a renforcé et contrôle désormais plusieurs villes, où il a déclaré avoir créé un "Califat".

Infographie des attaques du Boko Haram au Nigéria

Les islamistes ont acquis une notoriété mondiale après l'enlèvement de plus de 200 lycéennes, en avril de l'année dernière, dans la ville de Chibok. Précisons que, à l'heure actuelle, ces filles restent toujours captives, la plupart ayant été par la suite mariées de force, ou revendues comme esclaves selon les dires du chef islamiste Abubakar Shekau.

Michelle Obama tenant une affiche réclamant la libération des filles kidnappées par Boko Haram.

Le leader islamiste Abubakar Shekau poste souvent des vidéos dans lesquelles il menace les dirigeants de la région et les insultes en les traitant de tous les noms.

Récemment, les combattants Boko Haram ont mené des raids dans le Cameroun voisin, et cette semaine, ils ont mené les attaques brutales sur la ville nigériane de Baga. Ils ont attaqué les bases militaires de Kolofata (Cameroun) et Baga (Nigéria) où ils ont pillé une grande quantité d'armes et munitions.

 

2000 morts en une semaine ou le bilan d'une armée nigériane incapable de protéger la population

Les rapports d'Amnesty International ont dit que pas moins de 2000 personnes sont mortes à Baga mais le gouvernement du Nigeria a contesté ce chiffre, en réduisant le nombre de victimes à 150.

Le Nigéria affirme avoir déployé près de 50% de son armée dans le nord-est. Toutefois, plusieurs soldats se sont plaints de ne pas être suffisamment armés. Beaucoup témoignent que Boko Haram possède des canons antiaériens alors que les soldats n'ont que des kalachnikovs avec 60 balles chacun. Critiques que les officiels nigérians rejettent, en disant qu'il y a des «lâches» au sein de leurs forces armées qui entravent la campagne contre les insurgés de Boko Haram. AFPmag

Une brigade de l’Armée Camerounaise replie face aux islamistes de Boko Haram.

29 décembre, 2014

 

Ashigashiya, village transfrontalier situé entre le Nigeria et le Cameroun est tombé aux mains des islamistes de Boko Haram ce dimanche après des affrontements avec l’armée Camerounaise. Présent dans le village, côté Nigeria depuis quelques temps, les islamistes sont arrivés à repousser les forces de sécurité Camerounaises à quelques distances à l’intérieur du pays.

La force militaire Camerounaise a-t-elle choisi de reculer face aux troupes islamistes en surnombre pour se préparer pour un assaut d’envergure ? Non à ce qu’il parait. On sait toutefois que les troupes Camerounaises ont cédé leur position à Ashigashiya, un village transfrontalier séparant le Cameroun et le Nigeria voisin. Les combats entre les éléments de la Brigade d’infanterie motorisée (BRIM) qui avaient érigé un camp dans ce village et les islamistes de la secte nigériane, commencé vers quatre heures du matin ce dimanche 28 décembre 2014, ont mal tourné pour les forces de défense Camerounaises. On apprend de nos confrères de RFI qu’ils auraient reculé à quelques distances dans l’arrière pays.

Les populations villageoises de cette localité, nigérianes pour la plupart a-t-on appris de nos sources sur place, ont pris les chemins de l’exil. Elles se sont enfoncées dans l’arrière pays du Cameroun, sur ces terres où la paix leur garanti de voir leurs vieux jours. Aux dires des témoins, les islamistes de la secte ont hissé leur drapeau dans ce village, en signe de victoire. Mais combien de temps cette joie durera t-elle puisque les forces de défense Camerounaises ont su ces derniers temps créer des failles dans les rangs de ces troupes islamistes suffisamment mal entraînées. Pour combattre la secte islamiste, toute les mesures sont en train d’être prises au niveau du Cameroun. Une vague de recrutement militaire, un renforcement du dispositif sécuritaire à la frontière avec le Nigeria, l’adoption d’un projet de loi le 8 décembre dernier, lequel propose « la peine de mort, pour quiconque à titre personnel, en complicité ou en coaction, commet un acte terroriste. ».

Bien que les conventions avec le Nigeria interdisent un droit de poursuite sur les terres Nigérianes par les forces de sécurité Camerounaises, et que le Cameroun se refuse encore de poursuivre les islamistes de Boko Haram dans leurs repères du Nigeria au nom de la légitime défense préventive, l’issue de cette crise est loin de se dessiner. Les derniers épisodes de cette série montrent bel et bien que les forces de défense Camerounaises n’ont cédé qu’une position et qu’elles reviennent à la charge sous peu. D’ailleurs un officier supérieur de l’armée Camerounaise a assuré que le retour en force est pour les jours à venir, puisque le matériel militaire disponible dans les casernes de Maroua est suffisant pour une réplique nourrie. AFPmag

 

L’aviation militaire Camerounaise renvoie Boko Haram dans ses repères du Nigeria.

29 décembre, 2014

Finalement la victoire de la secte islamiste Nigériane n’aura duré que trois heures à Ashigashiya. Entré en jeu après le repli de sa brigade militaire dans l’après midi du dimanche 28 décembre, l’aviation militaire Camerounaise a poussé à la désertion les assaillants islamistes.

Le drapeau des islamistes de la secte nigériane n’aura flotté que trois heures au total avant l’assaut de l’aviation Camerounaise et la reprise du camp militaire d’Ashigashiya. Les chasseurs bombardiers ont investi le ciel du village et forcé les islamistes à détaler à travers les champs d’où ils étaient venus. Le Bilan n’a pas encore été donné quant aux victimes de cette réplique, mais il pourrait être très lourd en raison de la puissance et de la précision des frappes qui ont submergé ces lieux en fin de journée de ce dimanche.

A la suite de cette réplique Camerounaise, le colonel Badjeck, porte-parole de l’armée Camerounaise s’est expliqué sur les raisons qui ont forcé l’armée Camerounaise à mettre enfin les moteurs de ses bombardiers en marche.  « Nous avons bien compris [que l'ennemi] voulait nous occuper sur tous les fronts. A partir de là, je pense que l’aviation est extrêmement importante pour nous permettre de gagner non seulement en mobilité, mais également en flexibilité, indique-t-il. On avait quelques appréhensions à utiliser l’arme aérienne à cause des pertes collatérales. Mais à partir du moment où l’ennemi est identifié sur un plan géographique, je pense qu’on va utiliser l’arme aérienne. C’est effectivement une montée en puissance dans nos moyens. C’est la preuve qu’on peut répondre à n’importe quelle gradation du conflit. », a-t-il déclaré. Le porte-parole laisse voir que finalement le Cameroun a pris la mesure de la menace et qu’il répliquera désormais vivement à toute attaque des islamistes, et cela avec tout le matériel militaire d’usage dans une guerre, puisqu’à bien y regarder, c’est ce dimanche 28 décembre 2014 que le Cameroun est officiellement entré en guerre contre la secte. Mais le silence du voisin nigérian, face à cette montée des islamistes sur son territoire et lorsqu’elle menace l’intégrité territoriale d’une nation souveraine est spectaculairement étonnant. C’est à croire que ces islamistes ont reçu la bénédiction des autorités Nigérianes.

Si les islamistes de Boko Haram ont multiplié les incursions sur tous les fronts ces derniers jours, c’est parce qu’une percée de cette muraille sécuritaire Camerounaise est le premier objectif dans ces démenés en vue de créer un Etat islamiste ou quelque chose comme çà. Par chance les musulmans du Nord Cameroun restent bien accrochés à un islamisme modéré, et négligent désormais les liens commerciaux qui auraient pu les pousser dans les bras de ces étrangers. Onesiphore Nembe. AFPmag

 

 

Cameroun : Des voix appellent le Nigeria à durcir le ton contre Boko Haram.

31 décembre, 2014

Quelques heures après le coup de force de l’aviation militaire camerounaise du dimanche 28 décembre à Ashigashiya, des voix s’élèvent au Cameroun pour rappeler sa responsabilité à l’Etat du Nigeria.

Après sa réplique aérienne du dimanche 28 décembre 2014, laquelle a contraint les assaillants de la secte islamiste nigériane à se retirer dans leurs forêts du Nigeria et coûté la vie à quarante de leurs éléments selon les chiffres communiqués par le ministère de la défense Camerounais, certaines voix camerounaises rappellent sa responsabilité à l’Etat du Nigeria. Hervé Emmanuel Nkom, acteur politique au sein de la mouvance au pouvoir, connu pour son franc-parler, n’est pas aller par quatre chemins. L’homme aurait déclaré, « un problème de sécurité intérieure nigérian devient un problème de sécurité Camerounaise dans la mesure où il déborde de leurs frontières. (…) et nos voisins doivent assumer leur responsabilité. »

Cette position que beaucoup de camerounais partagent aujourd’hui est dictée par une certaine inaction du voisin nigérian alors que la gangrène islamiste s’enfonce dans les nerfs de sa société et tente désespérément de s’infiltrer au Cameroun.  Puisque dans la vérité, une véritable menée de l’armée nigériane contre Boko Haram, au pire des cas, diminuerait la capacité de nuire de la secte. Onesiphore Nembe. AFPmag.

 

Après de lourdes défaites face à l’armée Camerounaise, Boko Haram change vainement de tactique.

06 janvier, 2015

Les défaites consécutives de la secte islamiste nigériane à la frontière avec le Cameroun ont forcé les leaders de Boko Haram a changé de tactique. Mais face à tout ceci le Cameroun est prêt aujourd’hui à répondre à toutes les attaques des islamistes. 

 

Après la riposte aérienne de l’armée Camerounaise dans la nuit du 28 décembre 2014, les islamistes de Boko Haram qui ont essuyé une autre perte de plusieurs dizaines d’hommes au début de cette année 2015, ont changé de tactique. « Ils ont changé de stratégie de guerre… maintenant ils posent des mines » a déclaré un militaire Camerounais à un représentant local d’Afrique Progrès Magazine. Cette vieille tactique hitlérienne qui vise à interdire à l’adversaire de pénétrer jusqu’au repère de l’ennemie affaibli, ne suffit pas pour arrêter les unités d’élites Camerounaises. Selon une source militaire « le Cameroun a dépêché sur le terrain des démineurs professionnels ». L’homme ajoute que « le moral des troupes Camerounaises est très haut aujourd’hui ».

 

Les troupes de Boko Haram sont-elles finalement aussi fortes que l’on croyait ? On ne dirait pas, puisqu’un haut gradé de cette armée Camerounaise pense aujourd’hui que « Si on (le Cameroun) était pas en position de riposte, il y a longtemps qu’on ne parlerait plus de Boko Haram ». AFPmag.

 

Touché : le chef de Boko Haram passe aux menaces contre Paul Biya.

09 janvier, 2015

A la suite des dernières échauffourées entre l’armée Camerounaise et les islamistes de Boko Haram à la fin de l’année 2014, Aboubakar Shekau, chef de Boko Haram, passe aux menaces contre Paul Biya.

Dans une vidéo postée sur youtube le 5 janvier 2015, Aboubakar Shekau, chef de la secte islamiste qui terrorise quelques villes Nigérianes, est passé aux menaces. Sa cible ; l’indomptable Paul Biya. L’homme déclare au chef d’Etat Camerounais,  « Tes soldats ne peuvent rien contre nous. Si tu ne mets pas fin à ton plan maléfique, tu vas avoir le même sort que le Nigeria ». Ces propos qui dénotent la position d’un homme acculé, n’ont pas suffi à intimider Paul Biya, encore moins le Cameroun où la vie suit son train train habituel. De  leur côté, les soldats Camerounais, qui ont promis depuis les dernières attaques de Boko Haram du 28 décembre 2014, de répondre  désormais aux assaillants de la secte comme aux ennemies de la nation Camerounaise, restent bien quiets sur leur position à la frontière avec le Nigeria.

Mais ce Paul Biya qui remporta beaucoup de combats contre d’impressionnants adversaires, face à des terroristes, voudra-t-il se repentir de veiller sur l’intégrité et la souveraineté de l’Etat du Cameroun ? C’est en tout cas une illusion que seul Aboubakar Shekau arriverait à s’imaginer. 

 AFPmag.

 

Cameroun : Le crédit qui peut booster enfin le secteur primaire.

13 décembre, 2014

Dans une nouvelle dynamique depuis le nouveau mandat de 2011, l’administration de Paul Biya est en passe de signer un accord de prêt de 925 milliards de Fcfa avec des banques locales, en vue de booster le secteur primaire.

Alors que l’année 2014 tire à sa fin, l’administration camerounaise est au four et au moulin pour mobiliser les fonds nécessaires au lancement de son plan triennal. Ce plan de financement d’un montant de 925 milliards de Fcfa, soit 1,4 milliards d’euros, vise à booster le secteur primaire et à mettre sur pied de nouvelles infrastructures.

A l’issue du conseil des ministres du 9 décembre dernier, lequel a validé l’idée d’un endettement de l’Etat camerounais, Paul Biya, le chef de l’Etat camerounais a délégué Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des finances, à contracter avec cinq banques locales. Il s’agit notamment de la Deutsche Bank, de la standard chatered Bank, d’Eco Bank, de la banque Atlantique et de la BGFI. Cette nouvelle forme d’emprunt, moins contraignant que l’endettement auprès des organismes internationaux tels que le FMI ou la banque mondiale, dénote une certaine maturité de l’Etat camerounais. Du coup le plus à redouter dans cette entreprise est la gestion des fonds qui devraient être alloués à l’administration. L’absence d’une véritable commission de contrôle de la gestion des fonds alloués aux projets de développement, continue d’handicaper l’avancement du Cameroun.

On sait au demeurant que les 925 milliards devraient servir pour la distribution des semences, la mise en place des abattoirs, des entrepôts frigorifiques, des hôpitaux, des logements sociaux, des routes secondaires, des postes de gendarmerie, des postes frontières, de 3 000 forages dans les zones rurales, et de l’éclairage public à Yaoundé et à Douala. C’est donc tout le Cameroun qui pourrait entrer en chantier dès l’année 2015. Trente-deux années plus tard, le père du renouveau s’est résolu à faire bouger les choses. AFPmag

 

Afrique : Arriveront-ils à faire quelque chose quand les foyers de tension paralysent le continent ?

21 décembre, 2014

 

A travers le continent des foyers de tensions sont nés et commencent à enflammer des régions entières. La Libye se somalise de plus en plus, le Kenya fait face à la hargne des islamistes Shebab, la Centrafrique accentue ses divisions confessionnelles, tandis que le Nigeria, et le Cameroun voisin sont au prise avec la secte islamiste, Boko Haram.

 

L’Afrique est en train de sombrer dans une lutte pour une idéologie importée. Ici et là les luttes interconfessionnelles font rages, c’est à croire que ces hommes qu’on tue sont sacrifiés pour l’avènement du « vrai dieu ». Le Nigeria dans ce jour s’est illustré comme l’un des foyers majeurs de cette lutte islamiste. Au mois d’avril dernier, 270 écolières avaient été enlevées par Boko Haram au nord-est du Nigeria, dans l’Etat de Borno.  Depuis lors la secte fait parler d’elle et son chef, Abubacar Shekau, ne manque pas de narguer les autorités nigérianes et même la communauté internationale via des vidéos de ces actes terroristes « réussis ». Ces derniers jours la secte a réussi à plonger dans la psychose totale toute la région nord-est du pays. Avec sa prise de 180 femmes et enfants dans le village de Gumsuri le 13 décembre dernier, la secte qui vit dans les forêts de Sambisa, à quelques lieux des provinces nord du Cameroun fait croire à son autorité dans cette région du Nigeria. Le plus étonnant est dans cet acharnement contre des populations parfois musulmanes. "Ils ont tué 32 personnes, dont l'imam de la localité", a déclaré un des villageois à l’issue de l’attaque. Cette situation est de nature à alimenter un dialogue plus ouvert sur les intérêts qui se profilent dans cette mêlée terroriste. Dès lors il convient de s’interroger sur l’intérêt de ces attaques ? 

 

Les intrusions de Boko Haram dans l’Etat du Cameroun voisin ont permis de comprendre très rapidement sa visée sous-régionale. Après quelques massacres d’une quarantaine d’hommes en terre Camerounaise, les islamiste ont a réussi l’exploit de mettre en mouvement la machine sécuritaire camerounaise. Depuis lors, la réplique Camerounaise a mis en branle les bases du fief que la secte allait créer au Nord du pays. Mercredi dernier, l’armée Camerounaise a abattu 116 islamistes lors d’une attaque de la secte de la base militaire Camerounaise d’Amchidé, à la frontière avec le Nigéria. «Du côté des assaillants, l'on dénombre 116 morts en territoire camerounais et des dégâts non déterminés en territoire nigérian suite aux tirs de notre artillerie», a affirmé le ministère camerounais de la défense. Le jeu des attaques et de la défense commence à se faire ennuyeux, qu’une véritable guerre contre les islamistes s’impose de plus en plus. Certaines sources anonymes parlent aujourd’hui de la nécessité d’une attaque préventive de l’armée camerounaise au niveau des fiefs de la secte établis le long de leur immense frontière. Mais aussi une certaine nécessité d’harmonisation des stratégies entre le Cameroun et le Nigeria pourrait taire l’élan de Boko Haram. Mais l’armée Nigériane est-elle prête à travailler sur ce dossier avec le voisin Camerounais, et puis pourra-t-elle autoriser dans cette nécessité de prendre en tenaille Boko Haram, des actions militaires Camerounaises sur son territoire ?

 

Dans ces guerres la Libye n’est pas en reste. A côté du Kenya qui est aux prises avec les islamistes Shebab depuis quelques années, le cas Libyen, si proche de celui somalien, est de plus en plus inquiétant. Pour Boubacar Keita, le chef d’Etat malien, le cas libyen doit être prioritaire dans le calendrier africain d’arrangement des conflits. A côté de ces cas, tant écoeurants, la situation à l’Est du Congo est aussi une préoccupation pour la communauté africaine, tandis que celle centrafricaine ne fait rire personne. Tenu ces 29 et 30 novembre 2014 à Dakar, au Sénégal, le Forum sur la paix et la sécurité en Afrique a-t-il effectivement jeté les bases d’un retour prochain de la paix et de la stabilité en Afrique ? Nous le saurons bientôt !

Eric Mvondo Manga. AFPmag

 

Analyse - Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

15 février, 2015

Analyse

Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

Depuis une dizaine de jours, les islamistes de la secte nigériane attaquent sur plusieurs fronts, à croire qu’ils sont capables de tenir face à ces troupes Camerounaises, Tchadiennes, Nigériennes qui campent autour de leur périmètre aujourd’hui. Mais entre l’allusion que certains font de Boko Haram comme de la secte invincible et la réalité, qu’en est-il effectivement ?

Abubakar Shekau, chef de Boko Haram, dans une vidéo rendue publique en 2014, où il dément l'annonce de sa mort.

 

Boko Haram sur tous les fronts.

Beaucoup d’analystes sont certainement en train de revoir l’idée qu’ils se faisaient des islamistes de Boko Haram, sinon tous mais la plupart sont aujourd’hui impressionnés par les récentes activités de la secte qui mène des offensives sur plusieurs fronts. D’abord à Diffa, le 8 février dernier, les islamistes ont attaqué la base où les autorités militaires nigériennes, le ministre de la défense et le chef d’Etat major y compris se trouvaient. Revenus les jours d’après et repoussés par les forces armées tchadiennes et nigériennes,  ils se sont tournés vers Ngouboua sur les rives du Lac Tchad puis vers Gombe dans la matinée de ce samedi 14 février. Toutes ces attaques ont sécoué les habitants et mis quelques villageois tchadiens de cette région frontalière sur les routes, en direction des zones « calmes ». Forcé par ces démonstrations, Goodluck Jonathan,  s’est tourné vers les Etats-Unis. Le chef de l’Etat déclare dans son entretien au wall street journal « nos amis. Si le Nigeria a un problèmeeh bien j’attends des Etats-Unis qu’ils viennent nous aider ».

Le même schéma revient

A Diffa où les islamistes ont attaqué la base militaire le vendredi 6 février, ils ont perdu 109 combattants avant de repartir dans leurs repères du Nigeria. A Gombe où semble-t-il, ils ont pénétré de force la ville sans trouver de résistance à la hauteur, les islamistes qu’un avion de chasse nigérian aurait mis en déroute, sont repartis. Depuis l’après-midi de ce samedi 14 février, la ville de plus de 250 000 hommes vit sous un couvre-feu. Le même schéma de la secte qui attaque avant d’être repoussée, s’est produit à Gambaru la semaine dernière avant de se déporter finalement sur les rives du lac Tchad où, les islamistes ont attaqué le village de  Ngouboua ce vendredi 13 février 2015.

Des attaques dissuasives ou des menées d’une secte capable d’instaurer sa loi ?

A noter qu’aucune attaque des islamistes depuis l’entrée des troupes tchadiennes dans cette guerre n’a été une réussite. Acculée dans ses positions, la secte se débat pour garder le plus longtemps possible les forces Camerounaises, Tchadiennes et nigériennes sur les abords de son périmètre. On ne saurait tabler sur la capacité de cette force islamiste à combattre sur tous les fronts au même moment, puisque toutes ces attaques ont été perpétrées avec un minimum de 12 heures d’écart entre elles, soit le temps de quitter une position pour atteindre une autre et donner l’impression d’être partout. Leur technique néanmoins a réussi puisque certains  aujourd’hui on parle de la secte comme d’une pieuvre aux mille tentacules.

Et si Boko Haram était attaqué de toute part aujourd’hui ?

L’on ne pourra mesurer la force de la secte nigériane tant que les régiments des armées étrangères postés aux frontières n’auront pas attaqué simultanément les islamistes. Cette attaque harmonisées permettra de mesurer aussi la capacité des forces de la sous région à venir à bout de Boko Haram. On table dans ce cas sur un échec islamiste pour deux raisons : les islamistes sont incapables de tenir leur position, on l’a vu avec la chute de Gambaru que Boko haram contrôlait depuis plus de cinq mois. Cette chute a duré moins de 72 heures et l’autre raison est que Boko Haram n’a jamais pu tenir un front pendant plus de 12 heures sans reculer, un fait qui montre une certaine faiblesse liée au mental des combattants qui reculent face à l’intensité du combat ou lorsque les réserves sont épuisées.

« Nous vaincrons Boko Haram »

Au cours d’une allocution récente, le chef d’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou, déclarait : « Boko Haram n’a aucun avenir dans notre sous région, nous vaincrons Boko Haram ». Ce propos qui n’a rien d’un slogan de fanatique, dépend dans son accomplissement de la force armée nigériane qui a trahi souvent par son incapacité à tenir les islamistes en respect. Du coup vaincre Boko Haram tient à la possibilité pour les troupes en présence de prendre les islamistes en tenaille. Dans ce sens, les forces armées devront afficher une détermination sans faille et mener une campagne qui ne finira qu’avec la destruction des bases arrières de la secte. Onesiphore Nembe.