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Analyse - Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

15 février, 2015

Analyse

Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

Depuis une dizaine de jours, les islamistes de la secte nigériane attaquent sur plusieurs fronts, à croire qu’ils sont capables de tenir face à ces troupes Camerounaises, Tchadiennes, Nigériennes qui campent autour de leur périmètre aujourd’hui. Mais entre l’allusion que certains font de Boko Haram comme de la secte invincible et la réalité, qu’en est-il effectivement ?

Abubakar Shekau, chef de Boko Haram, dans une vidéo rendue publique en 2014, où il dément l'annonce de sa mort.

 

Boko Haram sur tous les fronts.

Beaucoup d’analystes sont certainement en train de revoir l’idée qu’ils se faisaient des islamistes de Boko Haram, sinon tous mais la plupart sont aujourd’hui impressionnés par les récentes activités de la secte qui mène des offensives sur plusieurs fronts. D’abord à Diffa, le 8 février dernier, les islamistes ont attaqué la base où les autorités militaires nigériennes, le ministre de la défense et le chef d’Etat major y compris se trouvaient. Revenus les jours d’après et repoussés par les forces armées tchadiennes et nigériennes,  ils se sont tournés vers Ngouboua sur les rives du Lac Tchad puis vers Gombe dans la matinée de ce samedi 14 février. Toutes ces attaques ont sécoué les habitants et mis quelques villageois tchadiens de cette région frontalière sur les routes, en direction des zones « calmes ». Forcé par ces démonstrations, Goodluck Jonathan,  s’est tourné vers les Etats-Unis. Le chef de l’Etat déclare dans son entretien au wall street journal « nos amis. Si le Nigeria a un problèmeeh bien j’attends des Etats-Unis qu’ils viennent nous aider ».

Le même schéma revient

A Diffa où les islamistes ont attaqué la base militaire le vendredi 6 février, ils ont perdu 109 combattants avant de repartir dans leurs repères du Nigeria. A Gombe où semble-t-il, ils ont pénétré de force la ville sans trouver de résistance à la hauteur, les islamistes qu’un avion de chasse nigérian aurait mis en déroute, sont repartis. Depuis l’après-midi de ce samedi 14 février, la ville de plus de 250 000 hommes vit sous un couvre-feu. Le même schéma de la secte qui attaque avant d’être repoussée, s’est produit à Gambaru la semaine dernière avant de se déporter finalement sur les rives du lac Tchad où, les islamistes ont attaqué le village de  Ngouboua ce vendredi 13 février 2015.

Des attaques dissuasives ou des menées d’une secte capable d’instaurer sa loi ?

A noter qu’aucune attaque des islamistes depuis l’entrée des troupes tchadiennes dans cette guerre n’a été une réussite. Acculée dans ses positions, la secte se débat pour garder le plus longtemps possible les forces Camerounaises, Tchadiennes et nigériennes sur les abords de son périmètre. On ne saurait tabler sur la capacité de cette force islamiste à combattre sur tous les fronts au même moment, puisque toutes ces attaques ont été perpétrées avec un minimum de 12 heures d’écart entre elles, soit le temps de quitter une position pour atteindre une autre et donner l’impression d’être partout. Leur technique néanmoins a réussi puisque certains  aujourd’hui on parle de la secte comme d’une pieuvre aux mille tentacules.

Et si Boko Haram était attaqué de toute part aujourd’hui ?

L’on ne pourra mesurer la force de la secte nigériane tant que les régiments des armées étrangères postés aux frontières n’auront pas attaqué simultanément les islamistes. Cette attaque harmonisées permettra de mesurer aussi la capacité des forces de la sous région à venir à bout de Boko Haram. On table dans ce cas sur un échec islamiste pour deux raisons : les islamistes sont incapables de tenir leur position, on l’a vu avec la chute de Gambaru que Boko haram contrôlait depuis plus de cinq mois. Cette chute a duré moins de 72 heures et l’autre raison est que Boko Haram n’a jamais pu tenir un front pendant plus de 12 heures sans reculer, un fait qui montre une certaine faiblesse liée au mental des combattants qui reculent face à l’intensité du combat ou lorsque les réserves sont épuisées.

« Nous vaincrons Boko Haram »

Au cours d’une allocution récente, le chef d’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou, déclarait : « Boko Haram n’a aucun avenir dans notre sous région, nous vaincrons Boko Haram ». Ce propos qui n’a rien d’un slogan de fanatique, dépend dans son accomplissement de la force armée nigériane qui a trahi souvent par son incapacité à tenir les islamistes en respect. Du coup vaincre Boko Haram tient à la possibilité pour les troupes en présence de prendre les islamistes en tenaille. Dans ce sens, les forces armées devront afficher une détermination sans faille et mener une campagne qui ne finira qu’avec la destruction des bases arrières de la secte. Onesiphore Nembe.

 

 

Cameroun: Rencontre des dirigeants de l’Afrique Centrale pour discuter sur Boko Haram.

16 février, 2015

 

Après la réunion du 5-7 février dernier entre les experts militaires des pays de la région du lac Tchad, les représentations des dix pays de l’Afrique  Centrale se retrouveront à Yaoundé ce lundi 16 février pour parler d’une voix unique et surtout affiner la stratégie à adopter face aux islamistes de Boko Haram.

L’Afrique a résolument mis le cap sur l’union. Depuis l’UA jusqu’aux organisations régionales, le mouvement d’union est le même. Sur la question de la secte islamiste nigériane, les pays de la région Afrique Centrale veulent mettre sur pied une stratégie unique, en vue d’éradiquer la menace. Ceci se fera au cours de la rencontre prévue à Yaoundé ce 16 février 2015. Après la décision de mobiliser une force de 8 700 hommes contre Boko Haram, ils devraient convenir aujourd’hui sur le mandat et le rôle de cette force régionale. Les experts militaires au cours de leur réunion à Yaoundé le 5 février dernier avaient établi une feuille de route, mais celle-ci doit être soumise au conseil de paix et de sécurité de l’union africaine et au conseil de sécurité des nations Unies.

Les autorités Camerounaises et Tchadiennes qui portent aujourd’hui le fardeau de cette guerre contre les islamistes mettront certainement à l’ordre du jour le financement de cette force multinationale. D’ailleurs un délégué à ce sommet de Yaoundé reconnaît aujourd’hui que : « Intervenir militairement a un coût ». Un autre souligne que « ce sont entre 6 000 et 7 000 soldats qu'il faut nourrir, soigner et équiper quotidiennement pour répondre à chaque agression du groupe islamiste ». Le défaut de moyen plombe encore l’avancement de l’union africaine et des unions régionales, mais face à l’impératif de réagir aux attaques islamistes, l’Afrique doit trouver ces moyens, tous le savent bien aujourd’hui. AFPmag.

Au sommet de la CEEAC : 50 milliards de francs CFA mobilisés contre Boko Haram

17 février, 2015

De g.à d. : Samba Panza, Paul Biya, Sassou Nguesso, Idriss Déby et Ali Bongo Ondimba

A l’issue du sommet de Yaoundé de ce lundi 16 février, les chefs d'Etat d'Afrique centrale qui élaboraient une stratégie commune contre les islamistes de Boko Haram, ont décidé de reverser au Cameroun et au Tchad un fonds d’urgence de 50 milliards de FCFA, conformément au pacte d’assistance et de solidarité qui lie les pays de la CEEAC.

Ils étaient au total six chefs d’Etats au sommet de Yaoundé de ce lundi 16 février 2015. Leur objectif : établir une stratégie commune pour lutter et anéantir la menace islamiste aux frontières Camerouno-tchadiennes. Au cours de ce sommet que présidait Idriss Déby, président en exercice de la CEEAC, la décision de reverser au Cameroun et au Tchad la somme de 50 milliards de Fcfa a été prise. Cette somme est accordée aujourd’hui au nom du pacte d’assistance et de solidarité qui lie les pays de la région Afrique Centrale. La décision d’affecter des équipements militaires et logistiques aux deux pays a aussi été prise. Les populations de la région des combats n’ont pas été oubliées au cours de cette rencontre. Elles pourraient donc bénéficier d’actions sociales au cours des jours à venir.

Pour Paul Biya, président du Cameroun et hôte de ce sommet, aucune négociation n’est possible avec les islamistes de Boko Haram vue leur immoralité, d’où sa conclusion de combattre la secte jusqu’au dernier retranchement. Mais pour Idriss Déby, à l’issue de ce sommet, le Cameroun et le Tchad doivent passer à l’action désormais. AFPmag.

 

Qu’apportera la France aux pays qui luttent contre Boko Haram?

21 février, 2015

 

Alors que Laurent Fabius vient d’effectuer un déplacement pour la capitale tchadienne afin d’affirmer aux autorités du pays le soutien de Paris dans la lutte contre les islamistes de Boko Haram, et qu’il devrait poursuivre son voyage au Cameroun et au Niger, on se demande bien ce que la France voudrait apporter à ces pays dans cette lutte ?

Pour sa tournée marathon, Laurent Fabius qui a fait sa première escale à N’djamena, au Tchad et qui devra poursuivre sa visite au Cameroun puis au Niger au courant des 24 prochaines heures, est venu affirmer le soutien de la France aux autres nations qui luttent contre les islamistes de Boko Haram. Ce soutien qui intervient moins de cinquante jours après les attentats qui ont secoué la France, prouve aujourd’hui la détermination de la nation française à combattre le terrorisme. Mais on se demande toutefois en quoi consiste ce soutien français ?

Récemment la France a envoyé une quinzaine d’éléments au Niger dans la région de Diffa pour le renseignement des troupes de la force multinationale. Elle se dit prête aujourd’hui à plaider au niveau des Nations Unies et du FMI, pour la création d’un fond destiné à la lutte contre Boko Haram. Dans le cadre de sa relation bilatérale avec le Tchad, la France pense pouvoir aider le pays à s’en sortir de la crise que la baisse historique des cours de pétrole a provoquée dans le pays. Précisons toutefois que la France ne tient pas à s’impliquer directement dans cette guerre comme au Mali, puisqu’un proche de Laurent Fabius a tenu à rappeler que les soldats français ne sont pas les « « tuniques bleues qui arrivent sabre au clair ».

Les Etats n’ayant jamais des amis mais des intérêts, on se demande bien si le ministre des affaires étrangères peut effectuer un voyage dans l’unique but d’assurer le soutien de son pays aux nations engagées dans le combat contre la secte islamiste nigériane. Certains pensent aujourd’hui qu’après l’Egypte, la France recherche des acheteurs de son matériel militaire parmi ces pays qui combattent Boko Haram, puisqu’il y a quelques semaines, l’annonce de Yaoundé de recevoir un important dispositif militaire en provenance de Russie, avait fait écho. De toute façon, Idriss Déby et le ministre français ont passé 45 minutes d’audience et 15 minutes dans un tête-à-tête où ils ont pu abordé de tels sujets. AFPmag.

 

Boko Haram: Après la mission d’Obiang Nguema et Sassou Nguesso, place au compte rendu

26 février, 2015

 

Délégués par leurs homologues de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale lors du dernier sommet tenu à Yaoundé, Sassou Nguesso et Obiang Nguema, de retour de leur mission de sensibilisation des chefs d’Etat de la région Ouest Afrique, se sont rendus au Tchad ce mercredi 25 février, pour faire un compte rendu à leur homologue tchadien, Idriss Déby.

Téodoro Nguema Obiang le président équato-guinéen et son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso, étaient au Tchad ce mercredi 25 février 2015. Dans le cadre de leur mission de sensibilisation des chefs d’Etat de l’Ouest Afrique, mission qui leur a été assignée au dernier sommet de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, les deux hommes se sont rendus au Tchad pour faire un compte rendu à leur homologue Idriss Déby Itno. Au Nigeria et au Ghana, A Goodluck Jonathan ou à John Dramani Mahama, leur message était le même : « se mettre ensemble pour contrer la menace de la secte islamiste ». Mais la bonne nouvelle est que cet appel à l’union des deux régions pour contrer l’avancée de Boko Haram a été accepté.

Avec l’accord de cette région ouest Afrique de travailler ensemble sur cette question si préoccupante, les délégations d’experts des deux régions se rencontreront à Yaoundé vendredi et samedi prochain, en vue de mettre en commun les efforts. Après cette première rencontre, une réunion des ministres et éventuellement un sommet des chefs d’Etats des deux régions devrait se tenir, en vue d’accorder définitivement les violons et d’ouvrir la marche vers l’éradication des islamistes de Boko Haram.  AFPmag.

 

Tchad: Idriss Déby « Nous allons détruire Boko Haram ».

05 mars, 2015

Après les sommations rigolotes du chef de Boko Haram, Idriss Déby, militaire rôdé à l’art de la guerre, a lancé un ultimatum à Abubakar Shekau ce mercredi 4 mars. Le président Tchadien au cours de sa conférence de presse à N’djamena avec son homologue nigérien, a assuré savoir où se cache le leader de la secte avant de le sommer à se rendre afin de s’éviter le sort de ses larbins décimés depuis le lancement des offensives contre les positions de la secte.   

Bien qu’une série de victoires ait ponctué ces derniers jours  les offensives des forces armées multinationales qui opèrent contre Boko Haram, l’objectif reste la neutralisation du leader de la secte nigériane et de tout le mouvement. Au cours de sa conférence de presse à N’djamena aux côtés de Mahamadou Issoufou, chef d’Etat du Niger, Idriss Déby Itno, est passé à l’offensive contre Boko Haram. Le chef d’Etat Tchadien a lancé un ultimatum à Abubakar Shekau que la cachette est connue aujourd’hui. « Il a intérêt à se rendre, nous savons là où il est. S'il refuse de se rendre, il va subir le même sort que ses camarades » a-t-il déclaré. Par la suite Idriss Déby Itno, oubliant son statut de chef d’Etat, s’est exprimé en chef de guerre : « Nous allons défaire Boko Haram. Nous allons détruire Boko Haram. Nous allons gagner, non pas la bataille, mais nous allons gagner la guerre totale contre Boko Haram, il n’y a pas de doute ».

Mais arriveront-ils à détruire Boko Haram avant la tenue des présidentielles nigérianes le 28 mars prochain ? On se souvient que ces élections avaient été repoussées le 13 février dernier, à la veille de leur date initiale, afin d’éviter d’exposer les populations civiles à la menace islamiste. Le porte-parole du gouvernement nigérian avait demandé alors un délai de 6 semaines pour neutraliser la secte. Depuis, les islamistes ont perdu de nombreuses localités et des villes, mais sur le terrain de la terreur, ils se sont manifestés comme jamais par le passé. La semaine dernière, de nombreuses explosions avaient coûté la vie à quatre vingt dix innocents dans la région Nord-Est du pays. AFPmag. 

Nigeria: Les combats continuent autour de Damasak.

12 mars, 2015

 

On croyait Damasak entre les mains des forces armées tchado-nigériennes, mais si les islamistes ont perdu le contrôle de la ville depuis ce lundi, les armées n’ont quant à elles pas encore investi complètement les lieux. Le ratissage continue et les échanges de tirs se poursuivent avec quelques islamistes embusqués.

Les échanges de tir continuent à Damasak, après l’annonce de la prise de la ville par les forces armées tchadienne et nigérienne. Ce mercredi, les islamistes tiraient encore à partir de leur position, sous les buissons ou cachés sous le branchage des arbres.  Mais ces combats qui devraient finir bientôt, ne sont plus rudes et ils ne poursuivent qu’un but : ratisser suffisamment les alentours de la ville pour éviter un revers islamiste. On se souvient qu’après la prise de Gambaru le 3 février dernier, le manque de ratissage avait eu pour conséquence la mort de dizaines de camerounais, tués par les islamistes infiltrés à Fotokol et venus de Gambaru dans la nuit.

Au cours de ces ratissages, un important matériel militaire a été récupéré. Un informateur anonyme parle « des kalachnikovs, des mitrailleuses et même un char que Boko Haram avait pris à l’armée nigériane ». L’avancée vers Borno devrait continuer sous l’égide du général tchadien qui mène ces opérations, mais avant, les forces armées nigérianes doivent prendre possession des lieux ravis à Boko Haram en vue de les sécuriser. AFPmag.

Boko Haram chassé finalement de Damasak

19 mars, 2015

Un convoi de l'armée tchadienne à Damasak le 18 mars 2015

Il aura fallu dix jours à la force armée tchado-nigérienne pour déloger les islamistes de Boko Haram de Damasak. Initié le 8 mars dernier, ce combat a connu finalement un terme mercredi 18 mars. Sur le terrain on parle de 300 morts.

Annoncé libéré le 8 mars dernier, soit quelques heures après que les forces armées tchadienne et nigérienne avaient traversé la rivière Komadougou Yobé, frontière entre le Niger et le voisin Nigérian, ce n’est que ce 18 mars que le staccato des mitraillettes a cessé dans la ville. Les islamistes qui ont perdu un vaste territoire de ce qui devait être leur califat, ont livré de rudes batailles pour conserver cette ville, l’une des rares encore sous son contrôle. Peine perdue malheureusement.

Ahmat Youssouf, colonel des forces armées tchadiennes, est revenu sur les détails de ce combat historique. « Nous avons livré un premier combat puis un second.  A l’entrée Est de Damasak, nous avons rencontré une petite résistance et ils ont laissé beaucoup de véhicules, de motos, calcinés, là-haut dans la brousse, là où il y a eu des combats », a-t-il lancé, pour dire combien la seule pénétration dans la ville aura demandé du temps et de la détermination. Toumba Mohamed, colonel dans l’armée Nigérienne, s’expliquant à RFI, mentionne des difficultés liées à un environnement boisé. L’homme déclare que : « Les difficultés étaient dues à un environnement boisé, parce que  quand quelqu’un est dans un environnement boisé, il est difficilement décelable. Il fallait vraiment aller pas à pas, avec minutie, pour trouver les poches de résistance et les réduire, avant de  passer avec sérénité sur les objectifs futurs ».

La détermination affichée par la force multinationale a asphyxié chaque jour les islamistes de Boko Haram. Aujourd’hui que la secte est pilonnée à l’Est et à l’Ouest de cette Etat de Borno et ce sans la possibilité de fuir vers le Cameroun voisin, où le bataillon d’intervention rapide (BIR) les attend de plein pied, on ne s’interroge plus sur le sort de la bande à Abubakar Shekau, mais plutôt sur le temps que sa neutralisation prendra. Puisque ce combat qui vient de connaître un terme et qui a fait 300 morts selon une source nigérienne, avait été annoncée fini le 8 mars dernier, avant que les démentis quelques heures plus tard interviennent.

Prévues le 14 février dernier, les présidentielles avaient été repoussées à cause de la situation sécuritaire fortement instable dans cette région nord-Est du pays. Goodluck Jonathan, candidat à sa propre succession et son gouvernement, se donnait alors six semaines pour éradiquer la menace islamiste. Depuis lors les menées contre la secte ont libéré plusieurs villes et localités de l’étau islamistes, mais on est encore loin des promesses faites, ce qui lève une question à 9 jours de la nouvelle date des présidentielles : le Nigeria va-t-il repousser une nouvelle fois les élections ? Onesiphore Nembe. AFPmag.

Niger : L’armée et Boko Haram se défient sur les rives du lac Tchad.

27 avril, 2015
Une mission d'assistance d'urgence du CICR apporte des sacs de riz aux réfugiés sur l’île de Karamga, Lac Tchad, Niger, le 5 mai 2014.
Une mission d'assistance d'urgence du CICR apporte des sacs de riz aux réfugiés sur l’île de Karamga (une île du Lac Tchad appartenant au Niger), le 5 mai 2014. Cette île abrite plusieurs déplacés ayant fui les exactions de Boko Haram. C'est cette même île que Boko Haram a attaqué ce samedi 25 avril 2015.

 

L’île de Karamga que cent vingt militaires nigériens étaient chargés de protéger d’une invasion des islamistes de Boko Haram, a été prise d’assaut par des centaines de combattants de la secte nigériane très tôt samedi dernier. Depuis lors les combats se poursuivent et selon quelques sources, l’armée nigérienne aurait perdu des dizaines d’éléments.

Pris d’assaut par surprise par les éléments de Boko Haram depuis samedi matin, les 120 militaires nigériens de l’île de Karamga, auraient été massacrés s’ils n’avaient pas opté pour un repli stratégique. Ils auraient quitté leur posté quelques temps avant de lancer un nouvel assaut contre les islamistes de Boko Haram.

Lutte contre Boko Haram : Muhammadu Buhari repositionne le Nigeria

05 juin, 2015
Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari avec son homologue tchadien Idriss Déby, le 4 juin 2015 à N'djamena
Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari avec son homologue tchadien Idriss Déby, le 4 juin 2015 à N'djamena

 

Moins de 72 heures après son investiture à la présidence nigériane, Muhammadu Buhari a effectué sa première visite au Niger et au Tchad, deux pays qui luttent aux côtés du Cameroun contre Boko Haram. Cette attitude de rassembleur vise à replacer le Nigeria dans le rôle de leader du combat contre Boko Haram. Avec la convocation prochaine d’un sommet de la commission du Lac Tchad à Abuja, le Nigeria devrait reprendre la main dans cette lutte.

Après le transfert de l’Etat Major d’Abuja, capital de l’Etat fédéral à Maiduguri, ville proche du front et le voyage de Muhammadu Buhari au Niger et au Tchad, le Nigeria est en train de se repositionner dans la lutte contre Boko Haram. Le nouveau chef d’Etat prévoit la tenue prochaine d’un sommet des pays de la commission du Lac Tchad en vue de régler les détails de cette lutte. Le Cameroun, le Tchad, le Niger, le Bénin et le Nigeria vont pouvoir peaufiner ensemble une stratégie ou adouber celle du chef d’Etat nigérian qui se donne un mois aujourd’hui pour éradiquer la secte islamiste.