Actualité en continu

Contre Boko Haram la souveraineté du Nigeria crée-t-elle un rempart pour les islamistes ?

20 janvier, 2015

Militaires tchadiens

 

Incapable d’arrêter les islamistes de Boko Haram, une secte née et grandie sur son territoire, le Nigeria a mis en garde les Etats voisins où les incursions des islamistes créent une situation sécuritaire chaotique, contre toute poursuite sur son territoire. Cette interdiction qui se fonde sur le principe de la souveraineté des Etats risque d'entraver la campagne des forces armées Camerounaises et Tchadiennes. 

Après les forces armées Camerounaises parties au front contre Boko Haram depuis mai 2014, les forces armées Tchadiennes se sont déployées ces derniers jours. Cette force conjointe à qui on sait le mérite de pouvoir éteindre l’influence de Boko Haram risque pourtant de se heurter à un problème majeur : la souveraineté du géant voisin nigérian. Le pays de Goodluck Jonathan a mis en garde les forces de défense Camerounaises et toute nation désireuse d’apporter du soutien contre toute poursuite des islamistes à l’intérieur de ses frontières. Chris Olukolade, porte-parole de cette armée nigériane, prévenait en ces termes : «Tout soutien est bienvenu, mais il devra se conformer à nos opérations en cours, car il s'agit de notre territoire». Cette position oblige donc tous les pays qui participeront à cette mission à se plier au commandement des forces armées nigérianes.

Or les forces armées Nigérianes ont réputation de galoper à l’approche des islamistes. « Les soldats prennent leurs jambes à leur cou et abandonnent leur base, leurs armes, leurs munitions et tout leur équipement militaire à l'approche des insurgés », décriait l'organisation des musulmans du Nigeria (JNI) dans un communiqué. Les forces armées Camerounaises et Tchadiennes accepteront-elles de traquer Boko Haram sous le commandement d’une armée de frileux ? Et si elles se résignaient à laisser le Nigeria mené l’attaque contre les islamistes sur son territoire, cette guerre finira-t-elle un jour ?

 

Militaires camerounais

 

L’ambition affichée des forces armées tchadiennes de reprendre Baga, quartier général de la force conjointe créée en 1994 par le Nigeria, le Tchad et le Niger et bastion de l’armée nigériane à la suite du retrait du Tchad et du Niger tombé entre les mains des islamistes récemment, pourrait déclencher d’autres mesures en terre nigériane contre ces islamistes. On comprend que les autorités Nigérianes soient très préoccupées par l’image du Nigeria, première puissance économique du continent africain que par le retour de la paix. Mais il faudra bien qu’on bafoue sa souveraineté au nom de la légitime défense préventive et pour arrêter des malfrats que les tentatives d’incursion répétées fragilisent l’économie de ces régions riveraines du Nigeria.

Contre la souveraineté du Nigeria, le Cameroun et le Tchad n’auront pas le choix bientôt. Ils devront soit voir la secte accroître son influence au Nigeria et l’attendre éternellement à la frontière, soit lancer un raid contre ces islamistes dans les forêts de Sambissa et attendre les conséquences de cette action que toute la planète saluerait. AFPmag.

 

Le Nigeria ne veut pas de coalition internationale contre Boko Haram.

24 janvier, 2015

Soldats tchadiens déployés à la frontière du Cameroun avec le Nigeria

« Le Nigeria n'a pas besoin de l'aide de l'ONU ou des soldats de l'union africaine pour combattre Boko Haram », a déclaré Sambo Dasuki, le conseiller à la sécurité du président Goodluck Jonathan.

La lutte contre la secte islamiste Boko Haram et le "renforcement d'un soutien international" figurent pourtant à l'agenda du 24e sommet des chefs d'Etat de l'Union Africaine qui se tiendra dans la capitale éthiopienne les 30 et 31 janvier.

Mais le Nigeria estime inutile d'aller au-delà de l'engagement militaire de ses voisins. "Je crois qu'à l'état actuel c'est un problème que nous pouvons parfaitement gérer avec nos partenaires, le Niger, le Tchad et le Cameroun. Nous sommes capables de lutter contre Boko Haram. Il n'y a pas de doutes, c'est dans nos capacités", a ajouté le conseiller présidentiel du Nigeria.

Plusieurs pays menacés

Boko Haram, qui s'est emparé d'une grande partie du nord-est du Nigeria, multiplie les incursions au Cameroun voisin, et menace toute la région par sa proximité avec les frontières du Tchad et du Niger.

Sur cette image, on peut distinguer les soldats du Niger d'un coté, et les combattants de Boko Haram de l'autre coté de la rivière. Au loin, flotte un drapeau des jihadistes. Dans le cours d'eau, les enfants font leur lessive.

Une riposte militaire conjointe a été décidée fin 2014 entre les pays membres de la Commission du bassin du lac Tchad (Cameroun, Nigeria, Niger et Tchad). Mais cette force composée de 700 militaires de chaque pays, ainsi que du Bénin, peine à se matérialiser du fait de mésentente entre le Nigeria et ses voisins.

 

Réveil tardif de la communauté internationale

Hier, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé qu'il prévoyait de se rendre au Nigeria dans quelques jours.

John Kerry a fait cette annonce lors d'un discours sur la lutte contre "l'extrémisme violent" au Forum économique mondial de Davos.

Depuis que le gouvernement nigérian a déclaré l'état d'urgence dans trois États du nord-est, il y a 20 mois, pour faire face à l'insurrection, Boko Haram a renforcé et contrôle désormais plusieurs villes, où il a déclaré avoir créé un "Califat".

Infographie des attaques du Boko Haram au Nigéria

Les islamistes ont acquis une notoriété mondiale après l'enlèvement de plus de 200 lycéennes, en avril de l'année dernière, dans la ville de Chibok. Précisons que, à l'heure actuelle, ces filles restent toujours captives, la plupart ayant été par la suite mariées de force, ou revendues comme esclaves selon les dires du chef islamiste Abubakar Shekau.

Michelle Obama tenant une affiche réclamant la libération des filles kidnappées par Boko Haram.

Le leader islamiste Abubakar Shekau poste souvent des vidéos dans lesquelles il menace les dirigeants de la région et les insultes en les traitant de tous les noms.

Récemment, les combattants Boko Haram ont mené des raids dans le Cameroun voisin, et cette semaine, ils ont mené les attaques brutales sur la ville nigériane de Baga. Ils ont attaqué les bases militaires de Kolofata (Cameroun) et Baga (Nigéria) où ils ont pillé une grande quantité d'armes et munitions.

 

2000 morts en une semaine ou le bilan d'une armée nigériane incapable de protéger la population

Les rapports d'Amnesty International ont dit que pas moins de 2000 personnes sont mortes à Baga mais le gouvernement du Nigeria a contesté ce chiffre, en réduisant le nombre de victimes à 150.

Le Nigéria affirme avoir déployé près de 50% de son armée dans le nord-est. Toutefois, plusieurs soldats se sont plaints de ne pas être suffisamment armés. Beaucoup témoignent que Boko Haram possède des canons antiaériens alors que les soldats n'ont que des kalachnikovs avec 60 balles chacun. Critiques que les officiels nigérians rejettent, en disant qu'il y a des «lâches» au sein de leurs forces armées qui entravent la campagne contre les insurgés de Boko Haram. AFPmag

Quand la présence de Boko Haram commence à peser sur l’économie des villes tchadiennes.

26 janvier, 2015

Habitués à traverser le lac Tchad, à voyager à travers les petites localités qui séparent le Tchad des premières villes Nigérianes, afin de vendre ou d’acheter, les citoyens tchadiens des villes limitrophes au Nigeria, connaissent d’énormes difficultés depuis que l’ombre des islamistes plane sur cette région nord-est du Nigeria. Cessation des échanges, augmentation des prix, longs périples vers le Nigeria si proche par le passé, ce sont autant de souffrances qui ponctuent le quotidien des tchadiens de Bagassola et justifient l’intervention des forces armées Tchadiennes en territoire nigérian contre les islamistes de Boko Haram.  

Il faudra bien qu’on le dise, les villes tchadiennes frontalières au Nigeria dépendaient jusque-là du géant voisin. Depuis que Boko Haram s’est rendu maître des localités nigérianes situées dans cette région nord-est du pays, certaines régions tchadiennes comme le port de Bagassola sur la rive nord du lac Tchad, sont dans le rouge. Par le passé, ce port voyait l’arrivée quasi-quotidienne de marchandises en provenance du Nigeria, aujourd’hui le calme est revenu sur le port et les pirogues sont toutes amarrées devant des commerçants consternés.  El Hadj Cherif, président du syndicat des commerçants de Bagassola avoue que « Bagassola est mort, notre économie ne tient plus. 90% de nos échanges se sont arrêtés ».

Cette confession d’un homme qui a vu sa ville florissante et qui la voit sombrant, ne suffit pourtant pas à montrer l’ampleur des dégâts que la présence de Boko Haram cause à cette économie de Bagassola. El hadj Kery Moussa se souvient qu’avant l’insurrection des islamistes de Boko Haram, « on exportait du poisson, du nacrons, du bétail et on revenait au Tchad avec des produits manufacturés. Mais depuis que les boko haram sont là, ils nous arrachent nos marchandises et nous tuent ».

Lac Tchad

Alors que les habitants de cette ville dépendent des échanges avec le voisin nigérian, ils sont aujourd’hui contraints de passer par le Niger pour rallier le Nigeria, afin de vendre ou d’acheter. La distance qu’ils faisaient en une semaine par le passé s’est allongée aujourd’hui. Ils doivent couvrir près de 1650 Km de route pour rallier la grande ville de Kano.

Cette situation, ajoutée à l’impératif pour le Tchad de préserver ces pipelines qui passent par le Cameroun, a forcé le président Idriss Déby Itno, à envoyer ses troupes au front. Postées à la frontière Camerounaise avec les unités spéciales Camerounaises, ces troupes n’attendent aujourd’hui que les ordres de N’djamena pour lancer une attaque sur le sol nigérian. Cette campagne de l’armée tchadienne que le Nigeria n’a pas approuvée, devrait commencer par Baga, la ville nigériane tombée aux mains des islamistes au début de cette année.

Bagassola, ville florissante il n’y a pas longtemps, où les sandales coûtaient 250 fcfa connaît une forte augmentation de prix aujourd’hui avec ces mêmes sandales à 500 fcfa. Bientôt c’est tout le Tchad qui pourrait connaître les revers de cette présence islamiste qu’il n’est que juste d’éradiquer. AFPmag.

 

Tchad: Des zones d’ombre dans l’affaire Baba Laddé.

05 janvier, 2015

 

Ancien Chef rebelle en Centrafrique, Abdelkader Baba Laddé a été pourtant nommé préfet de la Grande Sido par Idriss Deby en juillet 2014 avant d’être révoqué quatre mois plus tard. S’étant enfui en Centrafrique au début du mois de décembre 2014, l’homme a été arrêté et vient d’être extradé au Tchad où il sera entendu par les services de la police judiciaire ce lundi 5 janvier 2015.

La décision de nommer Abdelkader Baba Laddé, ancien rebelle Tchadien en Centrafrique, était-elle mauvaise au point de le révoquer quatre mois plus tard et de chercher à le capturer ? On en sait rien encore, puisque les autorités Tchadiennes gardent le silence sur cette question si préoccupante pourtant. On sait en tout cas que l’homme a été nommé préfet de la Grande Sido, une région tchadienne proche de la frontière Centrafricaine, en juillet 2014 par le chef d’Etat en personne. Quatre mois après sa nomination, en novembre 2014 précisément, Baba Laddé est révoqué de son poste, et se retrouve au cœur des poursuites judiciaires pour des motifs non élucidés encore. S’étant enfui en Centrafrique au début du mois de décembre dernier, il a été arrêté par les forces internationales et remis aux autorités centrafricaines. A la demande du Tchad, Baba laddé a été extradé dans la nuit du vendredi au samedi 3 janvier.

Attendu ce lundi 5 janvier 2015 au bureau de la police judiciaire pour l’ouverture des enquêtes sur son affaire, l’homme qui est retenu dans une prison tchadienne en ce moment, pourrait enfin nous permettre de comprendre ce que son affaire cache. L’espoir en l’espèce est qu’on ne nous dise pas qu’il est poursuivi pour crime contre l’humanité, puisqu’en le nommant à la préfecture de la Grande Sido, on ignorait aucun de ses crimes. Affaire à suivre sur AFPmag.

Analyse - Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

15 février, 2015

Analyse

Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

Depuis une dizaine de jours, les islamistes de la secte nigériane attaquent sur plusieurs fronts, à croire qu’ils sont capables de tenir face à ces troupes Camerounaises, Tchadiennes, Nigériennes qui campent autour de leur périmètre aujourd’hui. Mais entre l’allusion que certains font de Boko Haram comme de la secte invincible et la réalité, qu’en est-il effectivement ?

Abubakar Shekau, chef de Boko Haram, dans une vidéo rendue publique en 2014, où il dément l'annonce de sa mort.

 

Boko Haram sur tous les fronts.

Beaucoup d’analystes sont certainement en train de revoir l’idée qu’ils se faisaient des islamistes de Boko Haram, sinon tous mais la plupart sont aujourd’hui impressionnés par les récentes activités de la secte qui mène des offensives sur plusieurs fronts. D’abord à Diffa, le 8 février dernier, les islamistes ont attaqué la base où les autorités militaires nigériennes, le ministre de la défense et le chef d’Etat major y compris se trouvaient. Revenus les jours d’après et repoussés par les forces armées tchadiennes et nigériennes,  ils se sont tournés vers Ngouboua sur les rives du Lac Tchad puis vers Gombe dans la matinée de ce samedi 14 février. Toutes ces attaques ont sécoué les habitants et mis quelques villageois tchadiens de cette région frontalière sur les routes, en direction des zones « calmes ». Forcé par ces démonstrations, Goodluck Jonathan,  s’est tourné vers les Etats-Unis. Le chef de l’Etat déclare dans son entretien au wall street journal « nos amis. Si le Nigeria a un problèmeeh bien j’attends des Etats-Unis qu’ils viennent nous aider ».

Le même schéma revient

A Diffa où les islamistes ont attaqué la base militaire le vendredi 6 février, ils ont perdu 109 combattants avant de repartir dans leurs repères du Nigeria. A Gombe où semble-t-il, ils ont pénétré de force la ville sans trouver de résistance à la hauteur, les islamistes qu’un avion de chasse nigérian aurait mis en déroute, sont repartis. Depuis l’après-midi de ce samedi 14 février, la ville de plus de 250 000 hommes vit sous un couvre-feu. Le même schéma de la secte qui attaque avant d’être repoussée, s’est produit à Gambaru la semaine dernière avant de se déporter finalement sur les rives du lac Tchad où, les islamistes ont attaqué le village de  Ngouboua ce vendredi 13 février 2015.

Des attaques dissuasives ou des menées d’une secte capable d’instaurer sa loi ?

A noter qu’aucune attaque des islamistes depuis l’entrée des troupes tchadiennes dans cette guerre n’a été une réussite. Acculée dans ses positions, la secte se débat pour garder le plus longtemps possible les forces Camerounaises, Tchadiennes et nigériennes sur les abords de son périmètre. On ne saurait tabler sur la capacité de cette force islamiste à combattre sur tous les fronts au même moment, puisque toutes ces attaques ont été perpétrées avec un minimum de 12 heures d’écart entre elles, soit le temps de quitter une position pour atteindre une autre et donner l’impression d’être partout. Leur technique néanmoins a réussi puisque certains  aujourd’hui on parle de la secte comme d’une pieuvre aux mille tentacules.

Et si Boko Haram était attaqué de toute part aujourd’hui ?

L’on ne pourra mesurer la force de la secte nigériane tant que les régiments des armées étrangères postés aux frontières n’auront pas attaqué simultanément les islamistes. Cette attaque harmonisées permettra de mesurer aussi la capacité des forces de la sous région à venir à bout de Boko Haram. On table dans ce cas sur un échec islamiste pour deux raisons : les islamistes sont incapables de tenir leur position, on l’a vu avec la chute de Gambaru que Boko haram contrôlait depuis plus de cinq mois. Cette chute a duré moins de 72 heures et l’autre raison est que Boko Haram n’a jamais pu tenir un front pendant plus de 12 heures sans reculer, un fait qui montre une certaine faiblesse liée au mental des combattants qui reculent face à l’intensité du combat ou lorsque les réserves sont épuisées.

« Nous vaincrons Boko Haram »

Au cours d’une allocution récente, le chef d’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou, déclarait : « Boko Haram n’a aucun avenir dans notre sous région, nous vaincrons Boko Haram ». Ce propos qui n’a rien d’un slogan de fanatique, dépend dans son accomplissement de la force armée nigériane qui a trahi souvent par son incapacité à tenir les islamistes en respect. Du coup vaincre Boko Haram tient à la possibilité pour les troupes en présence de prendre les islamistes en tenaille. Dans ce sens, les forces armées devront afficher une détermination sans faille et mener une campagne qui ne finira qu’avec la destruction des bases arrières de la secte. Onesiphore Nembe.

 

 

Cameroun: Rencontre des dirigeants de l’Afrique Centrale pour discuter sur Boko Haram.

16 février, 2015

 

Après la réunion du 5-7 février dernier entre les experts militaires des pays de la région du lac Tchad, les représentations des dix pays de l’Afrique  Centrale se retrouveront à Yaoundé ce lundi 16 février pour parler d’une voix unique et surtout affiner la stratégie à adopter face aux islamistes de Boko Haram.

L’Afrique a résolument mis le cap sur l’union. Depuis l’UA jusqu’aux organisations régionales, le mouvement d’union est le même. Sur la question de la secte islamiste nigériane, les pays de la région Afrique Centrale veulent mettre sur pied une stratégie unique, en vue d’éradiquer la menace. Ceci se fera au cours de la rencontre prévue à Yaoundé ce 16 février 2015. Après la décision de mobiliser une force de 8 700 hommes contre Boko Haram, ils devraient convenir aujourd’hui sur le mandat et le rôle de cette force régionale. Les experts militaires au cours de leur réunion à Yaoundé le 5 février dernier avaient établi une feuille de route, mais celle-ci doit être soumise au conseil de paix et de sécurité de l’union africaine et au conseil de sécurité des nations Unies.

Les autorités Camerounaises et Tchadiennes qui portent aujourd’hui le fardeau de cette guerre contre les islamistes mettront certainement à l’ordre du jour le financement de cette force multinationale. D’ailleurs un délégué à ce sommet de Yaoundé reconnaît aujourd’hui que : « Intervenir militairement a un coût ». Un autre souligne que « ce sont entre 6 000 et 7 000 soldats qu'il faut nourrir, soigner et équiper quotidiennement pour répondre à chaque agression du groupe islamiste ». Le défaut de moyen plombe encore l’avancement de l’union africaine et des unions régionales, mais face à l’impératif de réagir aux attaques islamistes, l’Afrique doit trouver ces moyens, tous le savent bien aujourd’hui. AFPmag.

Au sommet de la CEEAC : 50 milliards de francs CFA mobilisés contre Boko Haram

17 février, 2015

De g.à d. : Samba Panza, Paul Biya, Sassou Nguesso, Idriss Déby et Ali Bongo Ondimba

A l’issue du sommet de Yaoundé de ce lundi 16 février, les chefs d'Etat d'Afrique centrale qui élaboraient une stratégie commune contre les islamistes de Boko Haram, ont décidé de reverser au Cameroun et au Tchad un fonds d’urgence de 50 milliards de FCFA, conformément au pacte d’assistance et de solidarité qui lie les pays de la CEEAC.

Ils étaient au total six chefs d’Etats au sommet de Yaoundé de ce lundi 16 février 2015. Leur objectif : établir une stratégie commune pour lutter et anéantir la menace islamiste aux frontières Camerouno-tchadiennes. Au cours de ce sommet que présidait Idriss Déby, président en exercice de la CEEAC, la décision de reverser au Cameroun et au Tchad la somme de 50 milliards de Fcfa a été prise. Cette somme est accordée aujourd’hui au nom du pacte d’assistance et de solidarité qui lie les pays de la région Afrique Centrale. La décision d’affecter des équipements militaires et logistiques aux deux pays a aussi été prise. Les populations de la région des combats n’ont pas été oubliées au cours de cette rencontre. Elles pourraient donc bénéficier d’actions sociales au cours des jours à venir.

Pour Paul Biya, président du Cameroun et hôte de ce sommet, aucune négociation n’est possible avec les islamistes de Boko Haram vue leur immoralité, d’où sa conclusion de combattre la secte jusqu’au dernier retranchement. Mais pour Idriss Déby, à l’issue de ce sommet, le Cameroun et le Tchad doivent passer à l’action désormais. AFPmag.

 

Qu’apportera la France aux pays qui luttent contre Boko Haram?

21 février, 2015

 

Alors que Laurent Fabius vient d’effectuer un déplacement pour la capitale tchadienne afin d’affirmer aux autorités du pays le soutien de Paris dans la lutte contre les islamistes de Boko Haram, et qu’il devrait poursuivre son voyage au Cameroun et au Niger, on se demande bien ce que la France voudrait apporter à ces pays dans cette lutte ?

Pour sa tournée marathon, Laurent Fabius qui a fait sa première escale à N’djamena, au Tchad et qui devra poursuivre sa visite au Cameroun puis au Niger au courant des 24 prochaines heures, est venu affirmer le soutien de la France aux autres nations qui luttent contre les islamistes de Boko Haram. Ce soutien qui intervient moins de cinquante jours après les attentats qui ont secoué la France, prouve aujourd’hui la détermination de la nation française à combattre le terrorisme. Mais on se demande toutefois en quoi consiste ce soutien français ?

Récemment la France a envoyé une quinzaine d’éléments au Niger dans la région de Diffa pour le renseignement des troupes de la force multinationale. Elle se dit prête aujourd’hui à plaider au niveau des Nations Unies et du FMI, pour la création d’un fond destiné à la lutte contre Boko Haram. Dans le cadre de sa relation bilatérale avec le Tchad, la France pense pouvoir aider le pays à s’en sortir de la crise que la baisse historique des cours de pétrole a provoquée dans le pays. Précisons toutefois que la France ne tient pas à s’impliquer directement dans cette guerre comme au Mali, puisqu’un proche de Laurent Fabius a tenu à rappeler que les soldats français ne sont pas les « « tuniques bleues qui arrivent sabre au clair ».

Les Etats n’ayant jamais des amis mais des intérêts, on se demande bien si le ministre des affaires étrangères peut effectuer un voyage dans l’unique but d’assurer le soutien de son pays aux nations engagées dans le combat contre la secte islamiste nigériane. Certains pensent aujourd’hui qu’après l’Egypte, la France recherche des acheteurs de son matériel militaire parmi ces pays qui combattent Boko Haram, puisqu’il y a quelques semaines, l’annonce de Yaoundé de recevoir un important dispositif militaire en provenance de Russie, avait fait écho. De toute façon, Idriss Déby et le ministre français ont passé 45 minutes d’audience et 15 minutes dans un tête-à-tête où ils ont pu abordé de tels sujets. AFPmag.

 

Boko Haram: Après la mission d’Obiang Nguema et Sassou Nguesso, place au compte rendu

26 février, 2015

 

Délégués par leurs homologues de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale lors du dernier sommet tenu à Yaoundé, Sassou Nguesso et Obiang Nguema, de retour de leur mission de sensibilisation des chefs d’Etat de la région Ouest Afrique, se sont rendus au Tchad ce mercredi 25 février, pour faire un compte rendu à leur homologue tchadien, Idriss Déby.

Téodoro Nguema Obiang le président équato-guinéen et son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso, étaient au Tchad ce mercredi 25 février 2015. Dans le cadre de leur mission de sensibilisation des chefs d’Etat de l’Ouest Afrique, mission qui leur a été assignée au dernier sommet de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, les deux hommes se sont rendus au Tchad pour faire un compte rendu à leur homologue Idriss Déby Itno. Au Nigeria et au Ghana, A Goodluck Jonathan ou à John Dramani Mahama, leur message était le même : « se mettre ensemble pour contrer la menace de la secte islamiste ». Mais la bonne nouvelle est que cet appel à l’union des deux régions pour contrer l’avancée de Boko Haram a été accepté.

Avec l’accord de cette région ouest Afrique de travailler ensemble sur cette question si préoccupante, les délégations d’experts des deux régions se rencontreront à Yaoundé vendredi et samedi prochain, en vue de mettre en commun les efforts. Après cette première rencontre, une réunion des ministres et éventuellement un sommet des chefs d’Etats des deux régions devrait se tenir, en vue d’accorder définitivement les violons et d’ouvrir la marche vers l’éradication des islamistes de Boko Haram.  AFPmag.

 

Tchad: Idriss Déby « Nous allons détruire Boko Haram ».

05 mars, 2015

Après les sommations rigolotes du chef de Boko Haram, Idriss Déby, militaire rôdé à l’art de la guerre, a lancé un ultimatum à Abubakar Shekau ce mercredi 4 mars. Le président Tchadien au cours de sa conférence de presse à N’djamena avec son homologue nigérien, a assuré savoir où se cache le leader de la secte avant de le sommer à se rendre afin de s’éviter le sort de ses larbins décimés depuis le lancement des offensives contre les positions de la secte.   

Bien qu’une série de victoires ait ponctué ces derniers jours  les offensives des forces armées multinationales qui opèrent contre Boko Haram, l’objectif reste la neutralisation du leader de la secte nigériane et de tout le mouvement. Au cours de sa conférence de presse à N’djamena aux côtés de Mahamadou Issoufou, chef d’Etat du Niger, Idriss Déby Itno, est passé à l’offensive contre Boko Haram. Le chef d’Etat Tchadien a lancé un ultimatum à Abubakar Shekau que la cachette est connue aujourd’hui. « Il a intérêt à se rendre, nous savons là où il est. S'il refuse de se rendre, il va subir le même sort que ses camarades » a-t-il déclaré. Par la suite Idriss Déby Itno, oubliant son statut de chef d’Etat, s’est exprimé en chef de guerre : « Nous allons défaire Boko Haram. Nous allons détruire Boko Haram. Nous allons gagner, non pas la bataille, mais nous allons gagner la guerre totale contre Boko Haram, il n’y a pas de doute ».

Mais arriveront-ils à détruire Boko Haram avant la tenue des présidentielles nigérianes le 28 mars prochain ? On se souvient que ces élections avaient été repoussées le 13 février dernier, à la veille de leur date initiale, afin d’éviter d’exposer les populations civiles à la menace islamiste. Le porte-parole du gouvernement nigérian avait demandé alors un délai de 6 semaines pour neutraliser la secte. Depuis, les islamistes ont perdu de nombreuses localités et des villes, mais sur le terrain de la terreur, ils se sont manifestés comme jamais par le passé. La semaine dernière, de nombreuses explosions avaient coûté la vie à quatre vingt dix innocents dans la région Nord-Est du pays. AFPmag.