Actualité en continu

RDC: Les bailleurs de fonds internationaux ne financeront pas les sept élections en vue.

11 mars, 2015

En République Démocratique du Congo où le calendrier électoral est toujours l’objet d’une vive polémique, les bailleurs de fonds internationaux à qui la Céni vient de présenter l’ensemble des exigences financières de ces élections, se disent prêts à financer les législatives et les présidentielles seulement.

L’opposition congolaise critique depuis de longues semaines le calendrier électoral proposé par les autorités gouvernementales, pourtant aucune disposition n’a été prise pour le réaménager. Avec l’opposition que les bailleurs de fonds viennent de mettre quant au financement des sept élections prévues d’ici deux ans, on se demande bien si Kinshasa ne sera pas tenu de revoir son calendrier et d’interpeller de nouveaux bailleurs de fonds.

Saisi par la Ceni, organe en charge de l’organisation des élections au Congo RDC, les bailleurs de fonds internationaux à qui l’on demande aujourd’hui la somme saillante de 1,147 milliard de dollars pour financer tous ces scrutins à venir, ne sont prêts à payer que pour les présidentielles et les législatives.

Cette annonce intervient alors que le gouvernement vient de transmettre au Céni la liste des entités territoriales décentralisées du pays. De 169 entités territoriales que le pays comptait en 2 000, on dénombre après le redécoupage de ces dernières années, 1 400 entités territoriales. Tandis que le gouvernement s’active à faire respecter les délais qu’il s’est enjoint, devra-t-il désormais se tourner vers d’autres bailleurs de fonds et cela d’autant plus qu’aucune garantit n’est donnée par ces bailleurs e fonds internationaux quant au fait qu’ils financeraient toutes ces élections à l’issue d’une révision de ce calendrier électoral. AFPmag.

RDC: Vers un procès contre les étrangers qui travaillent à déstabiliser le pays

17 mars, 2015

 

Les activistes africains arrêtés dimanche dernier à Kinshasa. De g. à d. le congolais Fred Bauma de Lucha, les sénégalais Barro Fadel et Aliou Sané de Y'en a marre, le burkinabé Sidro Sibiri Ouédraogo alias Oscibi du Balai citoyen et le rappeur sénégalais Malal Talla alias Fou malade.

 

L’arrestation en République Démocratique du Congo des leaders burkinabé du Balai citoyen et de celui sénégalais de Y’en a marre et d’autres acteurs internationaux, médias y compris, était motivée par des raisons de sécurité intérieure. Si Lambert Mende, porte-parole de ce régime congolais, ne dénonce pas ces raisons pour le moment, il promet toutefois que les services de police les enverront auprès des juridictions compétentes, à croire qu’on va vers un procès.

Après les déclarations de Lambert Mende au sujet de l’arrestation dimanche dernier des leaders des mouvements burkinabé, Balai Citoyen et sénégalais, Y’en a marre, on voit se dessiner contre les deux étrangers et les autres, un procès pour tentative de déstabilisation d’une nation souveraine. Les deux hommes, venus sous l’invitation du mouvement citoyen Filimbi, avaient été arrêtés alors qu’ils venaient d’achever une conférence de presse et attendaient le moment de se rendre à un concert. Avec eux se trouvait un diplomate américain qui travaille dans les questions de démocratie à l’USAID, des journalistes de BBC, AFP et RTBF.

Pour Lambert Mende, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement congolais,  « La police estime avoir des raisons de croire qu’il y a une manœuvre de déstabilisation et d’atteinte à la sûreté de l’Etat derrière cette activité de personnes qui se réclament de Y'en a marre et du Balai du Burkina Faso, dans la mesure où le voyage a été entaché de pas mal d’irrégularités, d’une sorte de manipulation même de nos services d’immigration. Donc, ils ont été plus ou moins sous surveillance et on est tombé sur des choses que la police se réserve de mettre à la disposition de la justice ». A en croire les propos du ministre, Oscibi Johann du Balai Citoyen et le Sénégalais Fadel Barro, ne seraient pas des mouvements dont ils se réclament et le fait que ce voyage soit entaché d’irrégularités, n’est pas anodin. Ils pourraient donc faire l’objet d’un procès dans les jours qui viennent.

L’affaire rallie déjà les masses

Des réactions pleuvent depuis cette arrestation. Au Burkina Faso, Smockey, l’un des fondateurs du Balai Citoyen assure que « Plus longtemps ils retiendront nos camarades, plus il y aura d’actions allant dans le sens de leur libération, mais surtout aussi allant dans le sens de la dénonciation de cette mafia politique qui a pour but simplement de préserver des intérêts individuels ». Dakar aussi a réagi contre cette arrestation qu’il juge insultant. Mais tout ceci semble ne pas pouvoir arrêter le régime de Kinshasa, qui étant passé à côté du courroux populaire entre le 19 et le 21 janvier dernier, veut s’éviter un retour à cette situation qui a causé pour certains 27 morts et pour d’autres 40. L’ambassade américaine au Congo a aussi réagi pour confirmer à la fois l’arrestation et la libération de son national, responsable du programme sur la démocratie de la coopération américaine USAID. AFPmag. 

RDC: l'armée congolaise est partie seule «anéantir les FDLR»

30 janvier, 2015

Alors qu’on s’attendait à une campagne militaire menée par les soldats congolais, la force de la Monusco et des troupes venues des pays de la SADC et de la CIRGL, le général Kassonga, porte-parole de l’armée congolaise, vient d’annoncer ce jeudi 29 janvier qu’ils avaient attaqué seuls ces rebelles des forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), sans donner d’explications supplémentaires.

C’est une bien étrange décision que les autorités militaires congolaises viennent de prendre ce jeudi 29 janvier en attaquant seules les FDLR. Depuis l’expiration de l’ultimatum lancé l’année dernière par les pays de la SADC et la CIRGL le 02 janvier dernier, on s’attendait à une rencontre entre les pays de la sous région en vue de décider du calendrier des opérations militaires contre les rebelles des forces démocratiques. La rencontre n’a pas eu lieu le 15 janvier comme prévu, et comble de l’étonnement, l’armée congolaise a lancé les opérations. On se demande bien pourquoi la Monusco et ses 20 000 hommes n’ont pas été sollicités dans ce combat contre les 3000 rebelles des FDLR. Sommes-nous aujourd’hui en présence d’unités de l’ONU en qui on ne peut plus faire confiance ? Puisque le général Kassonga, porte-parole de cette armée congolaise, n’a apporté aucune précision sur ces opérations en cours.  

Cette campagne que Kinshasa dont on attendait la décision depuis des semaines a lancée seule, pourrait-elle comme aux propos du porte-parole de l’armée « anéantir les rebelles des FDLR ? ». De toute façon le régime de Joseph Kabila veut montrer à la face du monde aujourd’hui qu’il n’est pas complice des rebelles comme l’estiment les autorités onusiennes. L’autre enjeu qui aurait forcé Kinshasa à aller en guerre seule est la reconquête de la souveraineté nationale biaisée après ces décennies d’incapacité à sécuriser les frontières du pays. Le général Kassonga qui n’exclut pas l’hypothèse d’un appui de la Monusco au cours des opérations a tenu a rappelé que « Les FDLR avaient jusqu'au 2 janvier pour déposer les armes », ajoutant que pour ces raisons, ils ont « le devoir de les éradiquer totalement. »

De son côté Martin Kobler, chef des troupes de la Monusco, qui tenait à mettre fin à la menace des FDLR, a salué l’initiative et promis le soutien logistique à cette armée congolaise. Après les FDLR, cette armée congolaise devra continuer la pacification de cette région Est du pays, où on dénombre une quarantaine de groupes armés. AFPmag.

 

RDC: une réunion de l’opposition interdite par les autorités à Kinshasa.

23 décembre, 2014

L’UDPS, parti d’opposition du Congo RDC a été forcé d’annuler sa réunion de ce dimanche dernier, au motif que la demande adressée aux pouvoirs publics, acte traditionnel précédant toute tenue de réunion, n’avait pas été signée par la personne compétente. La police a procédé à l’arrestation d’un journaliste et de quelques membres du parti.

 

L’opposition congolaise ne se laissera pas flattée cette fois-ci. Déterminée à plier le régime en place, elle multiplie les appels à l’union et dénonce celui qu’elle considère comme le fils illégitime, Joseph Kabila. Mais tant sa bravoure est mise au service de la cause qu’elle s’est assignée, tant les autorités usent d’arguties pour l’affaiblir. Cette fois c’est une réunion de l’UDPS, union pour la démocratie et le progrès social, qui a été interdite ce dimanche 21 décembre au motif que la demande d’autorisation n’avait pas été signée par la personne compétente. La personne compétente en question, un certain Bruno Mavungu est en ce moment à Bruxelles.

 

La police a procédé à l’arrestation d’un journaliste et de quelques membres du parti venus à ce rassemblement au terrain Kamina de Yolo, à Kinshasa. Par la suite les initiateurs de ce mouvement sont montés au créneau, pour dénoncer ces interpellations arbitraires. Ils évoquent l’inconstitutionnalité de l’action administrative et dénoncent une tentative de l’administration Kabila, de fragiliser l’UDPS et toute l’opposition congolaise. Sans préciser quelles dispositions de la loi fondamentale le stipulent, les cadres du parti déclarent que « La loi fondamentale, reconnaît à tout citoyen le droit d’organiser une réunion publique ».

 

 

Signalons toutefois que depuis quelques temps, le camp présidentiel joue son va-tout pour que Joseph Kabila brigue un troisième mandat à la tête de l’Etat. Des projets de loi ont été détournés de leur visée initiale, des cadres de partis politiques bien organisés ont été nommés au gouvernement sans l’aval préalable de leur parti, et aujourd’hui ce sont des réunions qui sont interdites. Mais tout ceci suffira-t-il à calmer l’allure d’un peuple révolté contre son dirigeant ? Onesiphore Nembe AFPmag.    

 

FDLR en RDC : On en parlera plus bientôt !

02 janvier, 2015

Alors que l’ultimatum lancé conjointement par la CIRGL et la SADC aux rebelles hutus du FDLR expire aujourd’hui, moins de 400 combattants sur 1500/3000 se sont rendus dans les centres de transit mis en place par la Monusco. C’est donc un fait qui confirme l’hypothèse d’une guerre contre ces rebelles.

L’ultimatum lancé le jeudi 14 août par les chefs d’Etat de la région des grands lacs lors de leur conférence à Luanda a expiré ce jeudi 02 janvier. Désormais, à en croire les hypothèses sur la table lors de cette conférence, une intervention militaire contre les rebelles hutus du FDLR est possible. Ces cinq mois avaient été laissés en vue d’accorder à ces rebelles la possibilité de se rendre. On se souvient que Hervé Ladsous, chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU,  avertissait que la patience de la communauté internationale avait des limites. A l’époque déjà, l’homme déclarait, « Tous les pays de la région, la CIRGL, la SADC, le gouvernement congolais lui-même nous demandent de surseoir à une intervention militaire et de laisser des chances à la négociation politique. Et ceci, jusqu’à la fin de l’année. Et il était évident que si à la fin de l’année la question ne s’est pas réglée par la politique, il faudra qu’elle se règle par la voie militaire ».

Cette échéance est la deuxième et certainement la dernière. Puisque le 31 mai 2014, un premier ultimatum avait expiré, et cela, le ministre angolais  des affaires étrangères, George Chikoti, le rappelait tantôt « Les FDLR avaient promis de conclure le processus de reddition avant le 31 mai, mais depuis cette date, rien n'a bougé ». Une déclaration des envoyés spéciaux pour les grands lacs, Etats-Unis, Union Européenne, Union Africaine, doit être publiée dans les heures qui viennent. Elle précisera qu’une opération conjointe de l’armée congolaise et la brigade d’intervention de la Monusco sera menée dans les jours qui viennent. Les opérations devraient donc en principe commencer avant la mi-janvier. Mais pendant que tout le dispositif se met en place, et que l’opération militaire se dessine les rebelles continuent de plaider pour un dialogue avec les politiques ; une position que, ni les Etats-Unis, ni l’Angola et même le Rwanda n’accepte plus.  Onesiphore Nembe AFPmag

 

 

Avec l’annulation du sommet de Luanda sur la RDC: Le sort du FDLR est incertain.

12 janvier, 2015

Les chefs d’Etat de la CIRGL et de la SADC ne se réuniront plus à Luanda le 15 janvier 2015 en vue de décider du sort des rébellions qui minent l’est du Congo. En annulant ce sommet qui aurait pu déterminer le rôle des uns et des autres dans la campagne militaire contre les rebelles, le sort du FDLR est incertain aujourd’hui.

Le sommet de Luanda annoncé récemment par le ministre des affaires étrangères Angolais et confirmé par Jacob Zuma, chef d’Etat sud-africain, vient d’être annulé. Pour cause, le Rwanda, pense que cette rencontre n’est pas utile. Louise Mushikiwabo, le chef de la diplomatie Rwandaise a déclaré au New Times que le sommet de Luanda était une « perte de temps et d’argent ». La ministre via son compte twitter salue tout de même les efforts de José Eduardo Dos Santos sur ce dossier. « Le président Dos Santos se soucie vraiment et comprend la valeur de la stabilité régionale », a-t-elle écrit. Elle préconise donc une campagne militaire contre les rebelles du FDLR.

Cette annulation reste improbable, et cela même si Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais l’a évoquée dans sa conférence de presse de vendredi dernier. D’ailleurs Martin Kobler, le chef de la Monusco répondant aux questions des journalistes hier à Kigali n’a pas mentionné cette annulation. L’homme disait n’attendre que le feu vert de Kinshasa avant de lancer l’assaut contre les FDLR. Mais Kinshasa est-il prêt à autoriser cette menée contre des groupes armés qui ont favorisé la chute du régime du Maréchal Mobutu et la montée de la dynastie Kabila ?

Quoiqu’on dise, cette annulation que Pretoria essaye de comprendre auprès de Luanda, est une brouille qui risque mettre en péril la campagne militaire contre le FDLR et les quarante groupes armés qui sévissent encore à l’Est du Congo. Combien de Congolais seront encore déplacés, combien seront encore tués, combien de temps encore cautionneront-ils l’anarchie ? AFPmag.

 

Congo RDC : Manipulations au sommet de l’Etat

14 décembre, 2014

  

 

Finalement ce 12 décembre 2014, forcé par sa moralité probe même en cette jungle politicienne congolaise, Delly Sesanga s’est résolu à retirer sa proposition de loi sur la modification de l’actuelle loi électorale. L’homme accuse ses confrères du parlement d’avoir modifié le texte initial, un fait qui vise à prolonger jusqu’à une date inconnue, le mandat de Joseph Kabila.

Delly Sesanga, président du parti politique « envol » a jeté les armes. Il a retiré vendredi dernier son projet de loi visant modification de la loi électorale actuelle. Avec les changements effectués sur son texte sans son consentement, l’homme n’a pas caché sa profonde déception. « La supposée proposition, telle qu’elle est distribuée par le bureau, comporte notamment l’abrogation de l’obligation de pouvoir procéder à l’enrôlement des électeurs avant d’organiser les cycles électoraux, et entraîne de ce fait le glissement du calendrier électoral de 2016 jusqu’à des années où ils auront achevé le recensement des électeurs. » a-t-il déclaré, une façon pour lui de mépriser son texte, qui modifié par des députés de la mouvance présidentielle probablement, ouvre la voie à la prolongation du mandat de Kabila. En ne retirant point son projet de loi, le risque était de rentrer dans un jeu qui ne finira jamais, celui de recenser la masse des électeurs congolais avant d’aller aux urnes.

On sait que le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis le 16 janvier 2001, devrait en principe quitter la présidence l’année 2016. Ses velléités pour une révision constitutionnelle qui  lui permettrait de briguer un nouveau mandat, ont été blâmées ces derniers temps par une société civile congolaise de plus en plus en alerte. Depuis lors, le camp du chef de l’Etat  semble avoir changé de tactique, ce qui nuit à la vie politique nationale. Delly Sesanga affirme que « la situation est très grave pour notre démocratie ». Mais le député ne propose toutefois aucune solution pour soigner cette démocratie, un fait pouvant prouver le déni de représentativité de la part des députés, et justifier le retour du peuple sur la scène politique nationale, au moyen des réclamations citoyennes intransigeantes. AFPmag

 

 

RDC: Des arrestations qui traduisent la peur des autorités de Kinshasa.

16 mars, 2015

 

Les congolais de mouvement citoyen Filimbi, bien décidés à faire changer d’avis au régime en place, ont fait appel à l’expertise du burkinabé de Balai citoyen et à celle du sénégalais de Y’en a marre. Depuis quelques heures les deux hommes qui étaient dans la capitale congolaise depuis des jours, ont été arrêtés et amenés avec d’autres congolais dans les locaux de l’agence nationale de renseignement.  

Afrique du Sud: Un congolais brûlé vif.

17 mars, 2015

 

Violences xénophobes de mai 2013 à Orange Farm, un township du nord de Johannesburg. De nombreux Sud-Africains accusent les immigrés de prendre leurs emplois (Photo Paul Botes, M&G)

 

Durban, la vaste cité portuaire sud-africaine, a connu très tôt ce lundi une scène des plus inédite. Un originaire de la République Démocratique du Congo, agent de sécurité d’une boîte de nuit a été brûlé vif. L’homme a succombé quelques heures plus tard à l’hôpital.

Y’en a marre a rejoint Dakar : retour sur un incident qui prévient une nouvelle époque en Afrique.

20 mars, 2015

 

A Kinshasa ils ont été taxés de fauteurs de trouble, à Dakar, on a salué en héro leur retour, les militants de Y’en a marre s’inscrivent plus que jamais dans la logique Guévariste. A l’issue de leur arrestation, des soulèvements au sein de cette population dakaroise avaient mis en alerte le gouvernement de Kinshasa. Le procès qui allait s’enclencher contre eux avait finalement été oublié. Ils avaient été sommés de libérer le territoire congolais. Mais en partant, ils ont planté le décor d’une nouvelle dynamique africaine.

Si les militants de Y’en a marre, ont été reçus en héro sur le tarmac de l’aéroport de Dakar, à Kinshasa d’où ils reviennent, épuisés par des jours de détention, ils ne sont ni plus ni moins que des fauteurs de trouble.  Les trois activistes et leurs confrères burkinabé du Balai Citoyen s’étaient rendus au Congo RDC depuis une dizaine de jours bientôt, pour des échanges d’expérience sur les moyens citoyens de mener une révolution, de faire plier un régime et même d’effacer une époque.

Cette logique guévariste, pour les autorités de Kinshasa atteintes du virus du pouvoir, n’était pas la bienvenue. Dans la nuit du dimanche au lundi dernier, les forces de sécurité congolaises avaient mis le grappin sur ces leaders, sur des journalistes et d’éminentes figures internationales des droits de l’homme. Le motif argué pour justifier cette arrestation d’hommes qui venaient de finir une conférence de presse et attendaient l’heure d’un concert, était qu’ils oeuvraient à mettre à mal la stabilité nationale congolaise. La réaction des populations civiles de cette ville de Dakar ne s’était pas fait attendre. Finalement, les activistes ont été libérés après les journalistes et les personnalités étrangères. Déclarés personna non-grata, ils ont rejoint le bercail entre regret et joie.

Pour ces congolais restés dans une situation sans issue, Aliou Sané a eu une parole touchante. « Mais comme vous le voyez aujourd’hui, il y a de l’amertume parce qu’il y a des frères qui sont restés là-bas, au Congo, et qui sont en prison. Ce n’est pas la joie aujourd’hui » a-t-il lancé à son arrivée à Dakar. Cette déclaration d’un sénégalais qui pleure sur des congolais qui sont martyrisés, ouvre la voie à une nouvelle dynamique africaine ; une dynamique où le frère ne sera plus forcement un membre de la famille clanique, ethnique ou nationale, mais un homme avec qui on partage un même idéal. L’évocation du mot frère aujourd’hui montre aussi que des pas ont été franchis dans le processus de l’unité africaine et que plus que jamais, l’Afrique est prête à se recomposer. AFPmag.