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Analyse - Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

15 février, 2015

Analyse

Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

Depuis une dizaine de jours, les islamistes de la secte nigériane attaquent sur plusieurs fronts, à croire qu’ils sont capables de tenir face à ces troupes Camerounaises, Tchadiennes, Nigériennes qui campent autour de leur périmètre aujourd’hui. Mais entre l’allusion que certains font de Boko Haram comme de la secte invincible et la réalité, qu’en est-il effectivement ?

Abubakar Shekau, chef de Boko Haram, dans une vidéo rendue publique en 2014, où il dément l'annonce de sa mort.

 

Boko Haram sur tous les fronts.

Beaucoup d’analystes sont certainement en train de revoir l’idée qu’ils se faisaient des islamistes de Boko Haram, sinon tous mais la plupart sont aujourd’hui impressionnés par les récentes activités de la secte qui mène des offensives sur plusieurs fronts. D’abord à Diffa, le 8 février dernier, les islamistes ont attaqué la base où les autorités militaires nigériennes, le ministre de la défense et le chef d’Etat major y compris se trouvaient. Revenus les jours d’après et repoussés par les forces armées tchadiennes et nigériennes,  ils se sont tournés vers Ngouboua sur les rives du Lac Tchad puis vers Gombe dans la matinée de ce samedi 14 février. Toutes ces attaques ont sécoué les habitants et mis quelques villageois tchadiens de cette région frontalière sur les routes, en direction des zones « calmes ». Forcé par ces démonstrations, Goodluck Jonathan,  s’est tourné vers les Etats-Unis. Le chef de l’Etat déclare dans son entretien au wall street journal « nos amis. Si le Nigeria a un problèmeeh bien j’attends des Etats-Unis qu’ils viennent nous aider ».

Le même schéma revient

A Diffa où les islamistes ont attaqué la base militaire le vendredi 6 février, ils ont perdu 109 combattants avant de repartir dans leurs repères du Nigeria. A Gombe où semble-t-il, ils ont pénétré de force la ville sans trouver de résistance à la hauteur, les islamistes qu’un avion de chasse nigérian aurait mis en déroute, sont repartis. Depuis l’après-midi de ce samedi 14 février, la ville de plus de 250 000 hommes vit sous un couvre-feu. Le même schéma de la secte qui attaque avant d’être repoussée, s’est produit à Gambaru la semaine dernière avant de se déporter finalement sur les rives du lac Tchad où, les islamistes ont attaqué le village de  Ngouboua ce vendredi 13 février 2015.

Des attaques dissuasives ou des menées d’une secte capable d’instaurer sa loi ?

A noter qu’aucune attaque des islamistes depuis l’entrée des troupes tchadiennes dans cette guerre n’a été une réussite. Acculée dans ses positions, la secte se débat pour garder le plus longtemps possible les forces Camerounaises, Tchadiennes et nigériennes sur les abords de son périmètre. On ne saurait tabler sur la capacité de cette force islamiste à combattre sur tous les fronts au même moment, puisque toutes ces attaques ont été perpétrées avec un minimum de 12 heures d’écart entre elles, soit le temps de quitter une position pour atteindre une autre et donner l’impression d’être partout. Leur technique néanmoins a réussi puisque certains  aujourd’hui on parle de la secte comme d’une pieuvre aux mille tentacules.

Et si Boko Haram était attaqué de toute part aujourd’hui ?

L’on ne pourra mesurer la force de la secte nigériane tant que les régiments des armées étrangères postés aux frontières n’auront pas attaqué simultanément les islamistes. Cette attaque harmonisées permettra de mesurer aussi la capacité des forces de la sous région à venir à bout de Boko Haram. On table dans ce cas sur un échec islamiste pour deux raisons : les islamistes sont incapables de tenir leur position, on l’a vu avec la chute de Gambaru que Boko haram contrôlait depuis plus de cinq mois. Cette chute a duré moins de 72 heures et l’autre raison est que Boko Haram n’a jamais pu tenir un front pendant plus de 12 heures sans reculer, un fait qui montre une certaine faiblesse liée au mental des combattants qui reculent face à l’intensité du combat ou lorsque les réserves sont épuisées.

« Nous vaincrons Boko Haram »

Au cours d’une allocution récente, le chef d’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou, déclarait : « Boko Haram n’a aucun avenir dans notre sous région, nous vaincrons Boko Haram ». Ce propos qui n’a rien d’un slogan de fanatique, dépend dans son accomplissement de la force armée nigériane qui a trahi souvent par son incapacité à tenir les islamistes en respect. Du coup vaincre Boko Haram tient à la possibilité pour les troupes en présence de prendre les islamistes en tenaille. Dans ce sens, les forces armées devront afficher une détermination sans faille et mener une campagne qui ne finira qu’avec la destruction des bases arrières de la secte. Onesiphore Nembe.

 

 

Cameroun: Rencontre des dirigeants de l’Afrique Centrale pour discuter sur Boko Haram.

16 février, 2015

 

Après la réunion du 5-7 février dernier entre les experts militaires des pays de la région du lac Tchad, les représentations des dix pays de l’Afrique  Centrale se retrouveront à Yaoundé ce lundi 16 février pour parler d’une voix unique et surtout affiner la stratégie à adopter face aux islamistes de Boko Haram.

L’Afrique a résolument mis le cap sur l’union. Depuis l’UA jusqu’aux organisations régionales, le mouvement d’union est le même. Sur la question de la secte islamiste nigériane, les pays de la région Afrique Centrale veulent mettre sur pied une stratégie unique, en vue d’éradiquer la menace. Ceci se fera au cours de la rencontre prévue à Yaoundé ce 16 février 2015. Après la décision de mobiliser une force de 8 700 hommes contre Boko Haram, ils devraient convenir aujourd’hui sur le mandat et le rôle de cette force régionale. Les experts militaires au cours de leur réunion à Yaoundé le 5 février dernier avaient établi une feuille de route, mais celle-ci doit être soumise au conseil de paix et de sécurité de l’union africaine et au conseil de sécurité des nations Unies.

Les autorités Camerounaises et Tchadiennes qui portent aujourd’hui le fardeau de cette guerre contre les islamistes mettront certainement à l’ordre du jour le financement de cette force multinationale. D’ailleurs un délégué à ce sommet de Yaoundé reconnaît aujourd’hui que : « Intervenir militairement a un coût ». Un autre souligne que « ce sont entre 6 000 et 7 000 soldats qu'il faut nourrir, soigner et équiper quotidiennement pour répondre à chaque agression du groupe islamiste ». Le défaut de moyen plombe encore l’avancement de l’union africaine et des unions régionales, mais face à l’impératif de réagir aux attaques islamistes, l’Afrique doit trouver ces moyens, tous le savent bien aujourd’hui. AFPmag.

Au sommet de la CEEAC : 50 milliards de francs CFA mobilisés contre Boko Haram

17 février, 2015

De g.à d. : Samba Panza, Paul Biya, Sassou Nguesso, Idriss Déby et Ali Bongo Ondimba

A l’issue du sommet de Yaoundé de ce lundi 16 février, les chefs d'Etat d'Afrique centrale qui élaboraient une stratégie commune contre les islamistes de Boko Haram, ont décidé de reverser au Cameroun et au Tchad un fonds d’urgence de 50 milliards de FCFA, conformément au pacte d’assistance et de solidarité qui lie les pays de la CEEAC.

Ils étaient au total six chefs d’Etats au sommet de Yaoundé de ce lundi 16 février 2015. Leur objectif : établir une stratégie commune pour lutter et anéantir la menace islamiste aux frontières Camerouno-tchadiennes. Au cours de ce sommet que présidait Idriss Déby, président en exercice de la CEEAC, la décision de reverser au Cameroun et au Tchad la somme de 50 milliards de Fcfa a été prise. Cette somme est accordée aujourd’hui au nom du pacte d’assistance et de solidarité qui lie les pays de la région Afrique Centrale. La décision d’affecter des équipements militaires et logistiques aux deux pays a aussi été prise. Les populations de la région des combats n’ont pas été oubliées au cours de cette rencontre. Elles pourraient donc bénéficier d’actions sociales au cours des jours à venir.

Pour Paul Biya, président du Cameroun et hôte de ce sommet, aucune négociation n’est possible avec les islamistes de Boko Haram vue leur immoralité, d’où sa conclusion de combattre la secte jusqu’au dernier retranchement. Mais pour Idriss Déby, à l’issue de ce sommet, le Cameroun et le Tchad doivent passer à l’action désormais. AFPmag.

 

Boko Haram: L’armée Nigériane reprend la ville stratégique de Baga.

22 février, 2015

 

La ville stratégique de Baga, tombée aux mains des islamistes après un massacre systématique de centaines de civiles le 3 janvier, vient d’être reprise par l’armée nigériane. Le ministère de la défense a annoncé que la ville était sous contrôle et que de nombreux islamistes étaient morts noyés en voulant s’échapper du théâtre des combats.

 La reprise de Baga a été bien préparée.

C’est une autre victoire que les forces armées Nigérianes viennent d’enregistrer dans le combat contre les islamistes de Boko Haram. Après les villes de Marte et de Monguno, arrachées au courant de la semaine dernière, le ministère de la défense Nigérian a annoncé que la ville de Baga avait été reprise aux rebelles ce 21 février 2015. Samedi soir, l’armée procédait encore aux ratissages en vue de mettre la main sur les armes tombées pendant le combat et sur les fuyards islamistes. Chris Olukolade, porte parole du ministère de la défense a annoncé aussi que plus de 1 500 mines posées par les islamistes de Boko Haram avaient été neutralisées.

Mais le triomphe d’aujourd’hui a été préparé par les victoires de ces derniers jours, puisque pour atteindre Baga, l’armée devait reprendre sa garnison de Monguno. Chris Olukolade explique donc que  « L'entrée dans Baga et ses environs a été le fruit d'une série d'opérations qui étaient en cours depuis un certain temps à Monguno et ses environs. Nos troupes sont venues à bout des terroristes après des combats difficiles. Les affrontements se sont déroulés dans la ville et à l'extérieur. Nous avons maintenant le contrôle total de Baga. L'armée est en train de prospecter dans les moindres recoins pour débusquer d'éventuelles personnes qui se cachent. Nous voulons nous assurer que l'endroit a été totalement ratissé. Nous sommes en train de vérifier qu'il n'y a plus d'armes et aussi de faire le point sur d'éventuels décès ».

Flash Back sur les derniers évènements.

On se souvient encore que Baga avait été le théâtre du plus important massacre de Boko Haram. Après la prise de la base militaire nigériane dans cette ville située sur les rives du Lac Tchad le 3 janvier 2015, les islamistes avaient procédé à un massacre systématique de la population. Des centaines de civiles étaient passés au fil de l’épée. La presse internationale avait fait son bilan : 2 000 morts. Un chiffre qui avait provoqué un tollé général au sein de l’opinion publique internationale et diminué la considération de la grande nation Nigériane. La première puissance économique du continent noir était descendue au point de passer pour la moins puissante des nations africaines.

Le premier, le Tchad, avait réagi à la demande du voisin Camerounais qui combattait avec détermination les islamistes depuis de longs mois, mais restait coincé à sa frontière à cause du droit de poursuite que le Nigeria rechignait à lui accorder. A l’issue des bombardements aériens des deux forces armées, ils avaient ouvert le premier corridor au sein des combattants islamistes. Le Tchad s’était donc engouffré dans le pont puis dans la ville de Gambaru. Le premier bastion de Boko Haram venait de tomber ce 3 février 2015. Dans les jours qui suivaient, les islamistes avaient lancé une attaque à Fotokol et tué des dizaines de Camerounais contre une perte de 50 hommes dans leur rang. Diffa, frontière nigérienne où l’armée Tchadienne est présente avec plus de 2000 hommes auprès des forces armées nigériennes, avait à son tour été la cible d’attaques répétés des islamistes qui venaient sur des motos, mais ceci n’avait pas un grand impact. Les écrous avaient sauté dans les rangs de la secte, et quoique certains s’employaient à la redouter, une analyse plus certaine de la situation présageait une fin imminente.

La fin de Boko Haram n’est pas encore là.

Avec la prise de Gambaru, de Monguno, Marte, et de Baga, ce sont quatre bastions importants que ces islamistes viennent de perdre. Désormais la force multinationale et le Nigeria pourraient se tourner vers les forêts de Sambissa, où les jeunes filles enlevées le 14 avril 2014 ont été conduites. C’est là que le dernier combat contre les islamistes pourrait tenir lieu. Mais au milieu de ces centaines de personnes qui ont été enlevés depuis le début de cette lutte terroriste, les islamistes pourraient se couvrir d’un important bouclier humain, ce qui impose une sérieuse réflexion stratégique.

Boko Haram : Un motif de campagne pour Goodluck Jonathan ?

Le cynisme des hommes politiques n’est plus à démontrer aujourd’hui. La récupération des plus pires situations à des fins politiques est devenue un rituel. Du coup tout porte à croire que Goodluck Jonathan, aurait pu mettre un terme à la menace islamiste avant cette date mais qu’il a fait le choix de faire la démonstration au dernier moment pour s’attirer la sympathie de plusieurs reste à savoir si cette stratégie passera avec ce peuple qui ne cache plus sa colère même après ces victoires de la force armée nationale. Avec l’appui de la force multinationale, le Nigeria peut venir à bout de Boko Haram avant le 28 mars, prochaine date des élections mais la réélection l’éradication de Boko Haram risque ne pas être un motif suffisant pour le chef d’Etat sortant, puisqu’ils sont nombreux dans les rues des villes pacifiées à se demander : « Si les autorités font ce travail en six semaines, pourquoi n'ont-elles pas fait cela dans les cinq ou six dernières années ? AFPmag

Boko Haram: Après la mission d’Obiang Nguema et Sassou Nguesso, place au compte rendu

26 février, 2015

 

Délégués par leurs homologues de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale lors du dernier sommet tenu à Yaoundé, Sassou Nguesso et Obiang Nguema, de retour de leur mission de sensibilisation des chefs d’Etat de la région Ouest Afrique, se sont rendus au Tchad ce mercredi 25 février, pour faire un compte rendu à leur homologue tchadien, Idriss Déby.

Téodoro Nguema Obiang le président équato-guinéen et son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso, étaient au Tchad ce mercredi 25 février 2015. Dans le cadre de leur mission de sensibilisation des chefs d’Etat de l’Ouest Afrique, mission qui leur a été assignée au dernier sommet de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, les deux hommes se sont rendus au Tchad pour faire un compte rendu à leur homologue Idriss Déby Itno. Au Nigeria et au Ghana, A Goodluck Jonathan ou à John Dramani Mahama, leur message était le même : « se mettre ensemble pour contrer la menace de la secte islamiste ». Mais la bonne nouvelle est que cet appel à l’union des deux régions pour contrer l’avancée de Boko Haram a été accepté.

Avec l’accord de cette région ouest Afrique de travailler ensemble sur cette question si préoccupante, les délégations d’experts des deux régions se rencontreront à Yaoundé vendredi et samedi prochain, en vue de mettre en commun les efforts. Après cette première rencontre, une réunion des ministres et éventuellement un sommet des chefs d’Etats des deux régions devrait se tenir, en vue d’accorder définitivement les violons et d’ouvrir la marche vers l’éradication des islamistes de Boko Haram.  AFPmag.

 

En perdant de l’altitude, Boko Haram change d’attitude.

01 mars, 2015

Zahra'u Babangida, 13 ans, arrêtée en décembre 2014 à Kano avec une ceinture d'explosifs autour du corps.

Ces dernières semaines ont été très difficiles pour les islamistes de Boko Haram. Alors qu’ils ont perdu, hommes, villes et localités, les islamistes sont passés à l’attaque avec la multiplication des attentats dans cette région Nord-Est du pays. Après Biu et Jos, touchées le 26 février par des attentats qui ont causé la mort d’une trentaine de personnes, c’était au tour de Ngamdu samedi dernier de vivre un acte terroriste.

La dernière victoire des forces armées tchadiennes le mardi 24 février a causé la perte de 207 islamistes de Boko Haram. C’est donc une autre perte forte pour la secte que le Nigeria a délogé d’une trentaine de localités en quelques jours. Mais Abubakar Shekau, que personne ne connaît les intentions aujourd’hui, a choisi de s’exprimer autrement désormais. Sa nouvelle campagne de terreur est menée par les femmes et les enfants, ces kamikazes d’un genre nouveau. A Biu et à Jos, deux villes situées dans la région Nord-Est du Nigeria, une trentaine d’individus ont perdu la vie dans des attentats le 26 février dernier. Quoique ces attaques n’aient été revendiquées, les soupçons se portent sur Boko Haram, d’autant plus qu’à Jos, les explosifs ont été largués dans la foule par des assaillants à bord d’une voiture qui passait à vive allure, un procédé d’attaque éclair  que les islamistes expérimentent depuis quelques temps.

A Ngamdu, village situé dans cette même région nord-est du Nigeria, une femme kamikaze s’est fait exploser ce samedi 28 février. Une source proche de l’armée affirme que « La mission-suicide a eu lieu vers 11 h 30 quand deux femmes vêtues de hijabs ont tenté de monter à bord d'un véhicule commercial mais le chauffeur, vigilant, a résisté ». Etant restée sur place, l’une d’elle a explosé, tuant sa complice  et deux passants. Ces quatre décès portent à  90 personnes le nombre de victimes des attentats de cette semaine. C’est assez pour comprendre que l’accès dans les centres urbains reste possible aux islamistes et que plus que jamais, la secte pourrait exploiter cette faille sécuritaire pour démontrer sa survivance aux menées de la force multinationale. AFPmag

 

Nouvelle victoire de l’armée tchadienne dans la lutte contre Boko Haram.

03 mars, 2015

C’est une nouvelle ville tenue par les islamistes de Boko Haram depuis plusieurs semaines que l’Armée tchadienne vient d’arracher. Venu de Gambaru, les soldats tchadiens ont pris d’assaut ce 02 mars 2015 la ville de Dikwa dans le Nord-Est du Nigeria, à une cinquantaine de kilomètres des frontières camerounaises. Au bout d’une heure d’un combat intense, ils ont pénétré dans la ville avant de forcer les islamistes à déloger.

Après Gambaru, arraché au début du mois février dernier grâce aux frappes aériennes conjointes avec la force armée Camerounaise, l’armée tchadienne a lancé un assaut d’envergure ce 02 mars contre la position islamiste dans la ville de Dikwa. Au bout d’une heure de combats intenses, elle a réussi à ouvrir un corridor vers la ville.  « Nous nous sommes rendu compte que les islamistes défendaient leur poste de commandement, une grande villa située à l'entrée de la ville. La bataille a été intense, il nous a fallu près d'une heure pour entrer dans Dikwa », affirment les officiers de cette armée tchadienne qui ont participé à cet assaut.

Un important matériel militaire a été arraché aux islamistes et plusieurs d’entre eux ont été tués dans la rue où ils tentaient de fuir et même dans la villa, siège de l’ « Emirat de Dikwa ». L’Etat major tchadien déplore la perte d’un homme au cours de ce combat et 34 autres ont été blessés.  Avec cette victoire, l’armée tchadienne a avancé de 50 kilomètres en territoire nigérian. C’est dire que les exactions islamistes devraient diminuer dans la région frontalière avec le Cameroun où, l’absence d’une autorisation de faire campagne contre Boko Haram a fait de cette armée, une force de riposte. 

Dans cette ville que l’armée tchadienne contrôle totalement selon le porte-parole de l’armée, colonel Azem Bermandoua, « Nous contrôlons totalement la ville (de Dikwa) », la population devra désormais reconstruire les murs que les balles ont transpercé ou éventré. Mais l’armée Tchadienne qui s’est retirée dans une plaine non loin de la ville, attendra probablement l’arrivée des fuyards islamistes que les forces armées nigérianes pressent dans la région de Maiduguri. Finalement Idriss Déby avait vu juste en déclarant récemment que « Boko Haram fuit , il n’est plus le même qu’en janvier ». AFPmag.

Tchad: Idriss Déby « Nous allons détruire Boko Haram ».

05 mars, 2015

Après les sommations rigolotes du chef de Boko Haram, Idriss Déby, militaire rôdé à l’art de la guerre, a lancé un ultimatum à Abubakar Shekau ce mercredi 4 mars. Le président Tchadien au cours de sa conférence de presse à N’djamena avec son homologue nigérien, a assuré savoir où se cache le leader de la secte avant de le sommer à se rendre afin de s’éviter le sort de ses larbins décimés depuis le lancement des offensives contre les positions de la secte.   

Bien qu’une série de victoires ait ponctué ces derniers jours  les offensives des forces armées multinationales qui opèrent contre Boko Haram, l’objectif reste la neutralisation du leader de la secte nigériane et de tout le mouvement. Au cours de sa conférence de presse à N’djamena aux côtés de Mahamadou Issoufou, chef d’Etat du Niger, Idriss Déby Itno, est passé à l’offensive contre Boko Haram. Le chef d’Etat Tchadien a lancé un ultimatum à Abubakar Shekau que la cachette est connue aujourd’hui. « Il a intérêt à se rendre, nous savons là où il est. S'il refuse de se rendre, il va subir le même sort que ses camarades » a-t-il déclaré. Par la suite Idriss Déby Itno, oubliant son statut de chef d’Etat, s’est exprimé en chef de guerre : « Nous allons défaire Boko Haram. Nous allons détruire Boko Haram. Nous allons gagner, non pas la bataille, mais nous allons gagner la guerre totale contre Boko Haram, il n’y a pas de doute ».

Mais arriveront-ils à détruire Boko Haram avant la tenue des présidentielles nigérianes le 28 mars prochain ? On se souvient que ces élections avaient été repoussées le 13 février dernier, à la veille de leur date initiale, afin d’éviter d’exposer les populations civiles à la menace islamiste. Le porte-parole du gouvernement nigérian avait demandé alors un délai de 6 semaines pour neutraliser la secte. Depuis, les islamistes ont perdu de nombreuses localités et des villes, mais sur le terrain de la terreur, ils se sont manifestés comme jamais par le passé. La semaine dernière, de nombreuses explosions avaient coûté la vie à quatre vingt dix innocents dans la région Nord-Est du pays. AFPmag. 

Diffa et Bosso lancent un assaut d’envergure contre Boko Haram.

09 mars, 2015

Stationnées depuis de longues semaines à Diffa et à Bosso, les unités tchadiennes et celles nigériennes ont finalement traversé la frontière dimanche matin. Depuis, le staccato de leur mitraillette et l’éclat des chars d’assaut en disent long sur cette attaque que des raids aériens de samedi et de ce dimanche matin avaient suffisamment préparée.

Après les forces armées camerounaise et tchadienne entrées à Gambaru au début du mois de février dernier, le Nigeria qui se déploie de l’intérieur dans les régions proches de Maiduguri, ce sont les forces armées tchadienne et nigérienne stationnées à Diffa et à Bosso, qui ont franchi la frontière nigériane. Leur direction : les camps de retraites des islamistes de Boko Haram. Ce sont des milliers de militaires qui ont donc franchi le pont de Doutchi ce dimanche 8 mars.

Attaqués de façon intempestive depuis le début du mois de février, leur riposte est en marche. Samedi et dimanche, la force Tchado-nigérienne avait opéré des raids ciblés dans cette région nigériane limitrophe au Niger. Ce matin du dimanche, ils effectuaient une percée des lignes si minces des islamistes, puisque, depuis l’attaque de la garnison de Diffa, attaque menée alors que les officiels nigériens et l’Etat major, venus honorés la mémoire des premières victimes nigériennes étaient encore sur les lieux, les islamistes avaient replié ne laissant que quelques centaines d’hommes à cette frontière. Si jusqu’au soir de ce dimanche aucun bilan officiel n’a été donné, certains témoins affirment cependant que les déflagrations s’entendaient de près au début, mais qu’elles ont finies par s’entendre de loin. Un fait qui ferait penser à une avancée puissante de cette force multinationale sur ce troisième front.

Plus de deux cent véhicules, des pick-up, des chars d’assaut, des milliers d’hommes rôdés au combat contre les islamistes, avancent désormais à la rencontre d’Abubakar Shekau et de sa bande.  L’Etat Major du Nigeria a reconnu pour sa part que cette force comme les autres, restent fortement salutaire pour l’issue de ce combat. « Tout effort fait par une force étrangère serait au mieux complémentaire des opérations de l'armée nigériane », a-t-il lancé. AFPmag.

Nigeria : Reprise spectaculaire de la ville de Damasak par les armées tchado-nigérienne.

10 mars, 2015

Militaires tchadiens et nigériens au cours d'un exercice de combat

Tombée aux mains des islamistes de Boko Haram le 24 novembre dernier, Damasak, ville située à une centaine de kilomètres de la rive ouest du lac Tchad, vient d’être repris à Boko Haram. Neuf militaires tchadiens auraient perdu la vie au cours de cette menée. Côté Boko Haram, ce sont 200 hommes au moins qui y sont restés.

Moins de 48 heures après le début de la campagne lancée par les forces Tchadienne et nigérienne, la détermination affichée rappelle les percées américaines du mur « Bagdadi » pendant l’inoubliable guerre du Golfe. Parties de Diffa et Bosso, les armées tchadienne et nigérienne ont atteint Damasak, une ville située à une centaine de kilomètres à l’ouest du lac Tchad et à 27 kilomètres à l’intérieur du Nigeria en provenance du Niger par Diffa. Dégageant sur leur route tous les obstacles, elles ont repris la ville de Damasak aux islamistes de Boko Haram. Cette victoire que le commandement militaire des deux pays s’est refusée de commenter, aura néanmoins coûté neuf militaires au Tchad et une vingtaine de blessés. Côté Boko Haram, on dénombre plus de 200 combattants tués. Pourtant la machine militaire continue son avancée à la rencontre d’Abubakar Shekau que la cachette, selon Idriss Déby, serait connue de cette force.

On se souvient que les islamistes selon le haut commissariat des nations Unies, avaient infiltré la ville en Novembre dernier. Se faisant passer pour des commerçants, ils avaient fait entrer leurs armes dans des cartons, avant de prendre la ville par surprise le 24 novembre. Depuis lors, Damasak était sous leur contrôle, ce qui avait poussé plusieurs hommes à fuir la  ville. On parle de près de 3 000 hommes ayant quitté la ville pour trouver refuge au Niger.

La reprise de cette autre ville moins de 24 heures après le lancement de ce troisième front dimanche dernier, montre sans ambages les faiblesses de Boko Haram à tenir ses positions. A chaque assaut donné par les forces multinationales, la secte a perdu du terrain et n’occupe aujourd’hui qu’un maigre espace dans l’Etat de Borno, son fief de toujours. Si l’on ne doute plus aujourd’hui de son éradication prochaine, on se demande néanmoins si la secte sera neutralisée avant les présidentielles prévues le 28 mars prochain, puisque cette promesse faite au peuple nigérian par Goodluck Jonathan, reste un vrai challenge pour le président sortant qui vise une nouvelle élection. AFPmag.