Actualité en continu

L’aviation militaire Camerounaise renvoie Boko Haram dans ses repères du Nigeria.

29 décembre, 2014

Finalement la victoire de la secte islamiste Nigériane n’aura duré que trois heures à Ashigashiya. Entré en jeu après le repli de sa brigade militaire dans l’après midi du dimanche 28 décembre, l’aviation militaire Camerounaise a poussé à la désertion les assaillants islamistes.

Le drapeau des islamistes de la secte nigériane n’aura flotté que trois heures au total avant l’assaut de l’aviation Camerounaise et la reprise du camp militaire d’Ashigashiya. Les chasseurs bombardiers ont investi le ciel du village et forcé les islamistes à détaler à travers les champs d’où ils étaient venus. Le Bilan n’a pas encore été donné quant aux victimes de cette réplique, mais il pourrait être très lourd en raison de la puissance et de la précision des frappes qui ont submergé ces lieux en fin de journée de ce dimanche.

A la suite de cette réplique Camerounaise, le colonel Badjeck, porte-parole de l’armée Camerounaise s’est expliqué sur les raisons qui ont forcé l’armée Camerounaise à mettre enfin les moteurs de ses bombardiers en marche.  « Nous avons bien compris [que l'ennemi] voulait nous occuper sur tous les fronts. A partir de là, je pense que l’aviation est extrêmement importante pour nous permettre de gagner non seulement en mobilité, mais également en flexibilité, indique-t-il. On avait quelques appréhensions à utiliser l’arme aérienne à cause des pertes collatérales. Mais à partir du moment où l’ennemi est identifié sur un plan géographique, je pense qu’on va utiliser l’arme aérienne. C’est effectivement une montée en puissance dans nos moyens. C’est la preuve qu’on peut répondre à n’importe quelle gradation du conflit. », a-t-il déclaré. Le porte-parole laisse voir que finalement le Cameroun a pris la mesure de la menace et qu’il répliquera désormais vivement à toute attaque des islamistes, et cela avec tout le matériel militaire d’usage dans une guerre, puisqu’à bien y regarder, c’est ce dimanche 28 décembre 2014 que le Cameroun est officiellement entré en guerre contre la secte. Mais le silence du voisin nigérian, face à cette montée des islamistes sur son territoire et lorsqu’elle menace l’intégrité territoriale d’une nation souveraine est spectaculairement étonnant. C’est à croire que ces islamistes ont reçu la bénédiction des autorités Nigérianes.

Si les islamistes de Boko Haram ont multiplié les incursions sur tous les fronts ces derniers jours, c’est parce qu’une percée de cette muraille sécuritaire Camerounaise est le premier objectif dans ces démenés en vue de créer un Etat islamiste ou quelque chose comme çà. Par chance les musulmans du Nord Cameroun restent bien accrochés à un islamisme modéré, et négligent désormais les liens commerciaux qui auraient pu les pousser dans les bras de ces étrangers. Onesiphore Nembe. AFPmag

 

 

Cameroun : Des voix appellent le Nigeria à durcir le ton contre Boko Haram.

31 décembre, 2014

Quelques heures après le coup de force de l’aviation militaire camerounaise du dimanche 28 décembre à Ashigashiya, des voix s’élèvent au Cameroun pour rappeler sa responsabilité à l’Etat du Nigeria.

Après sa réplique aérienne du dimanche 28 décembre 2014, laquelle a contraint les assaillants de la secte islamiste nigériane à se retirer dans leurs forêts du Nigeria et coûté la vie à quarante de leurs éléments selon les chiffres communiqués par le ministère de la défense Camerounais, certaines voix camerounaises rappellent sa responsabilité à l’Etat du Nigeria. Hervé Emmanuel Nkom, acteur politique au sein de la mouvance au pouvoir, connu pour son franc-parler, n’est pas aller par quatre chemins. L’homme aurait déclaré, « un problème de sécurité intérieure nigérian devient un problème de sécurité Camerounaise dans la mesure où il déborde de leurs frontières. (…) et nos voisins doivent assumer leur responsabilité. »

Cette position que beaucoup de camerounais partagent aujourd’hui est dictée par une certaine inaction du voisin nigérian alors que la gangrène islamiste s’enfonce dans les nerfs de sa société et tente désespérément de s’infiltrer au Cameroun.  Puisque dans la vérité, une véritable menée de l’armée nigériane contre Boko Haram, au pire des cas, diminuerait la capacité de nuire de la secte. Onesiphore Nembe. AFPmag.

 

Sénégal : deux jours pour trouver des solutions aux crises sécuritaires africaines.

16 décembre, 2014

 

 

Depuis ce lundi 15 décembre, Dakar abrite le forum sur la paix et la sécurité en Afrique. L’évènement est pour les 300 invités attendus, le moment d’évoquer les questions liées à la sécurité du continent et notamment aux moyens pouvant permettre d’arrêter la progression de la secte islamiste nigériane Boko Haram.

 

La sécurité au cœur des discussions

 

Après la première édition du forum sur la paix et la sécurité en Afrique tenue à l’Elysée le 7 et 8 décembre 2013, la France et le Sénégal co-organisent l’évènement à Dakar ces 15 et 16 décembre 2014. Chefs d’Etats et autres invités, soit un total de 300 personnes sont attendues pour ces discussions sur les crises qui minent le continent noir. Les discussions devraient porter prioritairement sur le terrorisme. En cela la secte nigériane Boko Haram qui compte plus de 10 000 victimes à son actif depuis l’année 2009 sera au cœur des débats.

 

Dakar : la plateforme des évènements d’envergure

 

En accueillant le forum sur la paix et la sécurité en Afrique, deux semaines après le sommet de la francophonie des 29 et 30 novembre dernier, le Sénégal laisse éclater son ambition de devenir le site de réflexion du continent. Et cela, MackySall, le chef d’Etat sénégalais l’affirme comme une priorité de son équipe « Notre ambition est de faire de Dakar un lieu inédit d’échanges autour des questions de sécurité sur le continent en réunissant responsables politiques, militaires, industriels et centres de recherches ».

 

Une France très active dans ce dossier

 

Représenté à ce sommet par son ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, Paris  s’est proposé de faciliter les échanges entre les différents pays de la sous-région dans l’optique d’aider le Nigéria à mettre un terme aux attaques intempestives de Boko Haram. Cette proposition française ne laisse sans réfléchir sur les intérêts qui sous-tendent cette offre. Serait-ce encore un stratagème qui vise à reconquérir le «paradis perdu » ? Puisqu’avec la perte la décennie dernière de la moitié de son marché africain, la France a multiplié les actions en vue d’un retour sur le continent noir. 

 

Un forum relativement important

 

 

L’importance des échanges et de la collaboration entre les acteurs internationaux sur de tels dossiers est devenue indispensable pour arrêter ces ennemis embusqués. Mais avec les rapports récents  qui font état de pays qui collaborent avec les groupes armés rebelles pour déstabiliser et imposer un nouvel ordre aux nations, on se demande bien si une sérieuse coopération sous régionale ne vaut pas mieux que ces solutions qu’on transmet à l’ennemie le soir d’après ? AFPmag

 

Les hommes à la peau claire qui combattent avec Boko Haram ne sont pas des touaregs.

12 février, 2015

Capture d'écran d'une vidéo des otages français enlevés par Boko Haram en 2013

 

Dans la guerre que les islamistes de Boko Haram mènent contre le Nigeria et les pays de cette région du lac Tchad, beaucoup de questions n’ont toujours pas trouvé des réponses certaines. Si l’on se demande bien ce qui a consolidé la force de cette petite secte née il y’a six ans, on se demande aussi d’où viennent ces hommes à la peau claire que les militaires camerounais ont abattu souvent pendant les attaques de Boko Haram ?

Depuis les sources de financement de Boko Haram, jusqu’aux hommes qui constituent ses troupes, une file de questions restent en suspend aujourd’hui pour les nombreux observateurs de cette secte. On sait que quelques ressortissants des pays ayant combattu la secte nigériane ont rejoint le mouvement islamiste, mais pour ce qui est des hommes à la peau claire qui luttent aux côtés des islamistes, on n’en est toujours à de vagues suppositions. Le capitaine Djankou qui dirige un bataillon à Kolofata et qui a réussi l’exploit de neutraliser 150 islamistes le 12 janvier dernier en ne perdant qu’un seul homme, aurait évoqué le fait que certaines victimes de la secte étaient des hommes à la peau claire.  

Depuis lors, les soupçons se portent sur les touaregs maliens. Mais on sait que ces derniers temps les touaregs et le gouvernement malien ont relancé les discussions au sujet du retour de la paix au nord Mali. Occupés à se contrôler au Nord du Mali ou à rechercher la paix, ont-ils rejoint les rangs d’Abubakar Shekau que même les islamistes peinent aujourd’hui à cerner les objectifs ? Depuis que le chef de la secte nigériane passe au fil de l’épée, musulmans et chrétiens, on lui prête plus le costume d’un dégénéré mental que celui d’un islamiste. On voit donc mal les touaregs qui ont revu à la baisse leurs aspirations islamistes, rejoindre un mouvement que mène un dégénéré. On sait du reste que de nombreux peuples nigérians ont la peau claire. C’est le cas des Ibo ou des Foulani. Mais les Ibo qui sont majoritairement chrétiens et juifs n’ont pas pu rallier un mouvement islamiste. Du coup on pourrait penser aux Foulani qui sont musulmans et originaires du nord où la secte sévit actuellement.

On comprend que les Touaregs maliens soient confondus à ces hommes à la peau claire qui combattent aux côtés de Boko Haram, mais dans la réalité ceci est difficilement démontrable. Ces fameux hommes à la peau claire peuvent être des Foulani, ou issus de l’un quelconque des nombreux peuples qu’on retrouve au Nigeria. AFPmag.

 

Analyse - Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

15 février, 2015

Analyse

Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

Depuis une dizaine de jours, les islamistes de la secte nigériane attaquent sur plusieurs fronts, à croire qu’ils sont capables de tenir face à ces troupes Camerounaises, Tchadiennes, Nigériennes qui campent autour de leur périmètre aujourd’hui. Mais entre l’allusion que certains font de Boko Haram comme de la secte invincible et la réalité, qu’en est-il effectivement ?

Abubakar Shekau, chef de Boko Haram, dans une vidéo rendue publique en 2014, où il dément l'annonce de sa mort.

 

Boko Haram sur tous les fronts.

Beaucoup d’analystes sont certainement en train de revoir l’idée qu’ils se faisaient des islamistes de Boko Haram, sinon tous mais la plupart sont aujourd’hui impressionnés par les récentes activités de la secte qui mène des offensives sur plusieurs fronts. D’abord à Diffa, le 8 février dernier, les islamistes ont attaqué la base où les autorités militaires nigériennes, le ministre de la défense et le chef d’Etat major y compris se trouvaient. Revenus les jours d’après et repoussés par les forces armées tchadiennes et nigériennes,  ils se sont tournés vers Ngouboua sur les rives du Lac Tchad puis vers Gombe dans la matinée de ce samedi 14 février. Toutes ces attaques ont sécoué les habitants et mis quelques villageois tchadiens de cette région frontalière sur les routes, en direction des zones « calmes ». Forcé par ces démonstrations, Goodluck Jonathan,  s’est tourné vers les Etats-Unis. Le chef de l’Etat déclare dans son entretien au wall street journal « nos amis. Si le Nigeria a un problèmeeh bien j’attends des Etats-Unis qu’ils viennent nous aider ».

Le même schéma revient

A Diffa où les islamistes ont attaqué la base militaire le vendredi 6 février, ils ont perdu 109 combattants avant de repartir dans leurs repères du Nigeria. A Gombe où semble-t-il, ils ont pénétré de force la ville sans trouver de résistance à la hauteur, les islamistes qu’un avion de chasse nigérian aurait mis en déroute, sont repartis. Depuis l’après-midi de ce samedi 14 février, la ville de plus de 250 000 hommes vit sous un couvre-feu. Le même schéma de la secte qui attaque avant d’être repoussée, s’est produit à Gambaru la semaine dernière avant de se déporter finalement sur les rives du lac Tchad où, les islamistes ont attaqué le village de  Ngouboua ce vendredi 13 février 2015.

Des attaques dissuasives ou des menées d’une secte capable d’instaurer sa loi ?

A noter qu’aucune attaque des islamistes depuis l’entrée des troupes tchadiennes dans cette guerre n’a été une réussite. Acculée dans ses positions, la secte se débat pour garder le plus longtemps possible les forces Camerounaises, Tchadiennes et nigériennes sur les abords de son périmètre. On ne saurait tabler sur la capacité de cette force islamiste à combattre sur tous les fronts au même moment, puisque toutes ces attaques ont été perpétrées avec un minimum de 12 heures d’écart entre elles, soit le temps de quitter une position pour atteindre une autre et donner l’impression d’être partout. Leur technique néanmoins a réussi puisque certains  aujourd’hui on parle de la secte comme d’une pieuvre aux mille tentacules.

Et si Boko Haram était attaqué de toute part aujourd’hui ?

L’on ne pourra mesurer la force de la secte nigériane tant que les régiments des armées étrangères postés aux frontières n’auront pas attaqué simultanément les islamistes. Cette attaque harmonisées permettra de mesurer aussi la capacité des forces de la sous région à venir à bout de Boko Haram. On table dans ce cas sur un échec islamiste pour deux raisons : les islamistes sont incapables de tenir leur position, on l’a vu avec la chute de Gambaru que Boko haram contrôlait depuis plus de cinq mois. Cette chute a duré moins de 72 heures et l’autre raison est que Boko Haram n’a jamais pu tenir un front pendant plus de 12 heures sans reculer, un fait qui montre une certaine faiblesse liée au mental des combattants qui reculent face à l’intensité du combat ou lorsque les réserves sont épuisées.

« Nous vaincrons Boko Haram »

Au cours d’une allocution récente, le chef d’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou, déclarait : « Boko Haram n’a aucun avenir dans notre sous région, nous vaincrons Boko Haram ». Ce propos qui n’a rien d’un slogan de fanatique, dépend dans son accomplissement de la force armée nigériane qui a trahi souvent par son incapacité à tenir les islamistes en respect. Du coup vaincre Boko Haram tient à la possibilité pour les troupes en présence de prendre les islamistes en tenaille. Dans ce sens, les forces armées devront afficher une détermination sans faille et mener une campagne qui ne finira qu’avec la destruction des bases arrières de la secte. Onesiphore Nembe.

 

 

Cameroun: Rencontre des dirigeants de l’Afrique Centrale pour discuter sur Boko Haram.

16 février, 2015

 

Après la réunion du 5-7 février dernier entre les experts militaires des pays de la région du lac Tchad, les représentations des dix pays de l’Afrique  Centrale se retrouveront à Yaoundé ce lundi 16 février pour parler d’une voix unique et surtout affiner la stratégie à adopter face aux islamistes de Boko Haram.

L’Afrique a résolument mis le cap sur l’union. Depuis l’UA jusqu’aux organisations régionales, le mouvement d’union est le même. Sur la question de la secte islamiste nigériane, les pays de la région Afrique Centrale veulent mettre sur pied une stratégie unique, en vue d’éradiquer la menace. Ceci se fera au cours de la rencontre prévue à Yaoundé ce 16 février 2015. Après la décision de mobiliser une force de 8 700 hommes contre Boko Haram, ils devraient convenir aujourd’hui sur le mandat et le rôle de cette force régionale. Les experts militaires au cours de leur réunion à Yaoundé le 5 février dernier avaient établi une feuille de route, mais celle-ci doit être soumise au conseil de paix et de sécurité de l’union africaine et au conseil de sécurité des nations Unies.

Les autorités Camerounaises et Tchadiennes qui portent aujourd’hui le fardeau de cette guerre contre les islamistes mettront certainement à l’ordre du jour le financement de cette force multinationale. D’ailleurs un délégué à ce sommet de Yaoundé reconnaît aujourd’hui que : « Intervenir militairement a un coût ». Un autre souligne que « ce sont entre 6 000 et 7 000 soldats qu'il faut nourrir, soigner et équiper quotidiennement pour répondre à chaque agression du groupe islamiste ». Le défaut de moyen plombe encore l’avancement de l’union africaine et des unions régionales, mais face à l’impératif de réagir aux attaques islamistes, l’Afrique doit trouver ces moyens, tous le savent bien aujourd’hui. AFPmag.

Au sommet de la CEEAC : 50 milliards de francs CFA mobilisés contre Boko Haram

17 février, 2015

De g.à d. : Samba Panza, Paul Biya, Sassou Nguesso, Idriss Déby et Ali Bongo Ondimba

A l’issue du sommet de Yaoundé de ce lundi 16 février, les chefs d'Etat d'Afrique centrale qui élaboraient une stratégie commune contre les islamistes de Boko Haram, ont décidé de reverser au Cameroun et au Tchad un fonds d’urgence de 50 milliards de FCFA, conformément au pacte d’assistance et de solidarité qui lie les pays de la CEEAC.

Ils étaient au total six chefs d’Etats au sommet de Yaoundé de ce lundi 16 février 2015. Leur objectif : établir une stratégie commune pour lutter et anéantir la menace islamiste aux frontières Camerouno-tchadiennes. Au cours de ce sommet que présidait Idriss Déby, président en exercice de la CEEAC, la décision de reverser au Cameroun et au Tchad la somme de 50 milliards de Fcfa a été prise. Cette somme est accordée aujourd’hui au nom du pacte d’assistance et de solidarité qui lie les pays de la région Afrique Centrale. La décision d’affecter des équipements militaires et logistiques aux deux pays a aussi été prise. Les populations de la région des combats n’ont pas été oubliées au cours de cette rencontre. Elles pourraient donc bénéficier d’actions sociales au cours des jours à venir.

Pour Paul Biya, président du Cameroun et hôte de ce sommet, aucune négociation n’est possible avec les islamistes de Boko Haram vue leur immoralité, d’où sa conclusion de combattre la secte jusqu’au dernier retranchement. Mais pour Idriss Déby, à l’issue de ce sommet, le Cameroun et le Tchad doivent passer à l’action désormais. AFPmag.

 

Boko Haram: L’armée Nigériane reprend la ville stratégique de Baga.

22 février, 2015

 

La ville stratégique de Baga, tombée aux mains des islamistes après un massacre systématique de centaines de civiles le 3 janvier, vient d’être reprise par l’armée nigériane. Le ministère de la défense a annoncé que la ville était sous contrôle et que de nombreux islamistes étaient morts noyés en voulant s’échapper du théâtre des combats.

 La reprise de Baga a été bien préparée.

C’est une autre victoire que les forces armées Nigérianes viennent d’enregistrer dans le combat contre les islamistes de Boko Haram. Après les villes de Marte et de Monguno, arrachées au courant de la semaine dernière, le ministère de la défense Nigérian a annoncé que la ville de Baga avait été reprise aux rebelles ce 21 février 2015. Samedi soir, l’armée procédait encore aux ratissages en vue de mettre la main sur les armes tombées pendant le combat et sur les fuyards islamistes. Chris Olukolade, porte parole du ministère de la défense a annoncé aussi que plus de 1 500 mines posées par les islamistes de Boko Haram avaient été neutralisées.

Mais le triomphe d’aujourd’hui a été préparé par les victoires de ces derniers jours, puisque pour atteindre Baga, l’armée devait reprendre sa garnison de Monguno. Chris Olukolade explique donc que  « L'entrée dans Baga et ses environs a été le fruit d'une série d'opérations qui étaient en cours depuis un certain temps à Monguno et ses environs. Nos troupes sont venues à bout des terroristes après des combats difficiles. Les affrontements se sont déroulés dans la ville et à l'extérieur. Nous avons maintenant le contrôle total de Baga. L'armée est en train de prospecter dans les moindres recoins pour débusquer d'éventuelles personnes qui se cachent. Nous voulons nous assurer que l'endroit a été totalement ratissé. Nous sommes en train de vérifier qu'il n'y a plus d'armes et aussi de faire le point sur d'éventuels décès ».

Flash Back sur les derniers évènements.

On se souvient encore que Baga avait été le théâtre du plus important massacre de Boko Haram. Après la prise de la base militaire nigériane dans cette ville située sur les rives du Lac Tchad le 3 janvier 2015, les islamistes avaient procédé à un massacre systématique de la population. Des centaines de civiles étaient passés au fil de l’épée. La presse internationale avait fait son bilan : 2 000 morts. Un chiffre qui avait provoqué un tollé général au sein de l’opinion publique internationale et diminué la considération de la grande nation Nigériane. La première puissance économique du continent noir était descendue au point de passer pour la moins puissante des nations africaines.

Le premier, le Tchad, avait réagi à la demande du voisin Camerounais qui combattait avec détermination les islamistes depuis de longs mois, mais restait coincé à sa frontière à cause du droit de poursuite que le Nigeria rechignait à lui accorder. A l’issue des bombardements aériens des deux forces armées, ils avaient ouvert le premier corridor au sein des combattants islamistes. Le Tchad s’était donc engouffré dans le pont puis dans la ville de Gambaru. Le premier bastion de Boko Haram venait de tomber ce 3 février 2015. Dans les jours qui suivaient, les islamistes avaient lancé une attaque à Fotokol et tué des dizaines de Camerounais contre une perte de 50 hommes dans leur rang. Diffa, frontière nigérienne où l’armée Tchadienne est présente avec plus de 2000 hommes auprès des forces armées nigériennes, avait à son tour été la cible d’attaques répétés des islamistes qui venaient sur des motos, mais ceci n’avait pas un grand impact. Les écrous avaient sauté dans les rangs de la secte, et quoique certains s’employaient à la redouter, une analyse plus certaine de la situation présageait une fin imminente.

La fin de Boko Haram n’est pas encore là.

Avec la prise de Gambaru, de Monguno, Marte, et de Baga, ce sont quatre bastions importants que ces islamistes viennent de perdre. Désormais la force multinationale et le Nigeria pourraient se tourner vers les forêts de Sambissa, où les jeunes filles enlevées le 14 avril 2014 ont été conduites. C’est là que le dernier combat contre les islamistes pourrait tenir lieu. Mais au milieu de ces centaines de personnes qui ont été enlevés depuis le début de cette lutte terroriste, les islamistes pourraient se couvrir d’un important bouclier humain, ce qui impose une sérieuse réflexion stratégique.

Boko Haram : Un motif de campagne pour Goodluck Jonathan ?

Le cynisme des hommes politiques n’est plus à démontrer aujourd’hui. La récupération des plus pires situations à des fins politiques est devenue un rituel. Du coup tout porte à croire que Goodluck Jonathan, aurait pu mettre un terme à la menace islamiste avant cette date mais qu’il a fait le choix de faire la démonstration au dernier moment pour s’attirer la sympathie de plusieurs reste à savoir si cette stratégie passera avec ce peuple qui ne cache plus sa colère même après ces victoires de la force armée nationale. Avec l’appui de la force multinationale, le Nigeria peut venir à bout de Boko Haram avant le 28 mars, prochaine date des élections mais la réélection l’éradication de Boko Haram risque ne pas être un motif suffisant pour le chef d’Etat sortant, puisqu’ils sont nombreux dans les rues des villes pacifiées à se demander : « Si les autorités font ce travail en six semaines, pourquoi n'ont-elles pas fait cela dans les cinq ou six dernières années ? AFPmag

Boko Haram: Après la mission d’Obiang Nguema et Sassou Nguesso, place au compte rendu

26 février, 2015

 

Délégués par leurs homologues de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale lors du dernier sommet tenu à Yaoundé, Sassou Nguesso et Obiang Nguema, de retour de leur mission de sensibilisation des chefs d’Etat de la région Ouest Afrique, se sont rendus au Tchad ce mercredi 25 février, pour faire un compte rendu à leur homologue tchadien, Idriss Déby.

Téodoro Nguema Obiang le président équato-guinéen et son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso, étaient au Tchad ce mercredi 25 février 2015. Dans le cadre de leur mission de sensibilisation des chefs d’Etat de l’Ouest Afrique, mission qui leur a été assignée au dernier sommet de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, les deux hommes se sont rendus au Tchad pour faire un compte rendu à leur homologue Idriss Déby Itno. Au Nigeria et au Ghana, A Goodluck Jonathan ou à John Dramani Mahama, leur message était le même : « se mettre ensemble pour contrer la menace de la secte islamiste ». Mais la bonne nouvelle est que cet appel à l’union des deux régions pour contrer l’avancée de Boko Haram a été accepté.

Avec l’accord de cette région ouest Afrique de travailler ensemble sur cette question si préoccupante, les délégations d’experts des deux régions se rencontreront à Yaoundé vendredi et samedi prochain, en vue de mettre en commun les efforts. Après cette première rencontre, une réunion des ministres et éventuellement un sommet des chefs d’Etats des deux régions devrait se tenir, en vue d’accorder définitivement les violons et d’ouvrir la marche vers l’éradication des islamistes de Boko Haram.  AFPmag.

 

En perdant de l’altitude, Boko Haram change d’attitude.

01 mars, 2015

Zahra'u Babangida, 13 ans, arrêtée en décembre 2014 à Kano avec une ceinture d'explosifs autour du corps.

Ces dernières semaines ont été très difficiles pour les islamistes de Boko Haram. Alors qu’ils ont perdu, hommes, villes et localités, les islamistes sont passés à l’attaque avec la multiplication des attentats dans cette région Nord-Est du pays. Après Biu et Jos, touchées le 26 février par des attentats qui ont causé la mort d’une trentaine de personnes, c’était au tour de Ngamdu samedi dernier de vivre un acte terroriste.

La dernière victoire des forces armées tchadiennes le mardi 24 février a causé la perte de 207 islamistes de Boko Haram. C’est donc une autre perte forte pour la secte que le Nigeria a délogé d’une trentaine de localités en quelques jours. Mais Abubakar Shekau, que personne ne connaît les intentions aujourd’hui, a choisi de s’exprimer autrement désormais. Sa nouvelle campagne de terreur est menée par les femmes et les enfants, ces kamikazes d’un genre nouveau. A Biu et à Jos, deux villes situées dans la région Nord-Est du Nigeria, une trentaine d’individus ont perdu la vie dans des attentats le 26 février dernier. Quoique ces attaques n’aient été revendiquées, les soupçons se portent sur Boko Haram, d’autant plus qu’à Jos, les explosifs ont été largués dans la foule par des assaillants à bord d’une voiture qui passait à vive allure, un procédé d’attaque éclair  que les islamistes expérimentent depuis quelques temps.

A Ngamdu, village situé dans cette même région nord-est du Nigeria, une femme kamikaze s’est fait exploser ce samedi 28 février. Une source proche de l’armée affirme que « La mission-suicide a eu lieu vers 11 h 30 quand deux femmes vêtues de hijabs ont tenté de monter à bord d'un véhicule commercial mais le chauffeur, vigilant, a résisté ». Etant restée sur place, l’une d’elle a explosé, tuant sa complice  et deux passants. Ces quatre décès portent à  90 personnes le nombre de victimes des attentats de cette semaine. C’est assez pour comprendre que l’accès dans les centres urbains reste possible aux islamistes et que plus que jamais, la secte pourrait exploiter cette faille sécuritaire pour démontrer sa survivance aux menées de la force multinationale. AFPmag