Actualité en continu

Sénégal : deux jours pour trouver des solutions aux crises sécuritaires africaines.

16 décembre, 2014

 

 

Depuis ce lundi 15 décembre, Dakar abrite le forum sur la paix et la sécurité en Afrique. L’évènement est pour les 300 invités attendus, le moment d’évoquer les questions liées à la sécurité du continent et notamment aux moyens pouvant permettre d’arrêter la progression de la secte islamiste nigériane Boko Haram.

 

La sécurité au cœur des discussions

 

Après la première édition du forum sur la paix et la sécurité en Afrique tenue à l’Elysée le 7 et 8 décembre 2013, la France et le Sénégal co-organisent l’évènement à Dakar ces 15 et 16 décembre 2014. Chefs d’Etats et autres invités, soit un total de 300 personnes sont attendues pour ces discussions sur les crises qui minent le continent noir. Les discussions devraient porter prioritairement sur le terrorisme. En cela la secte nigériane Boko Haram qui compte plus de 10 000 victimes à son actif depuis l’année 2009 sera au cœur des débats.

 

Dakar : la plateforme des évènements d’envergure

 

En accueillant le forum sur la paix et la sécurité en Afrique, deux semaines après le sommet de la francophonie des 29 et 30 novembre dernier, le Sénégal laisse éclater son ambition de devenir le site de réflexion du continent. Et cela, MackySall, le chef d’Etat sénégalais l’affirme comme une priorité de son équipe « Notre ambition est de faire de Dakar un lieu inédit d’échanges autour des questions de sécurité sur le continent en réunissant responsables politiques, militaires, industriels et centres de recherches ».

 

Une France très active dans ce dossier

 

Représenté à ce sommet par son ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, Paris  s’est proposé de faciliter les échanges entre les différents pays de la sous-région dans l’optique d’aider le Nigéria à mettre un terme aux attaques intempestives de Boko Haram. Cette proposition française ne laisse sans réfléchir sur les intérêts qui sous-tendent cette offre. Serait-ce encore un stratagème qui vise à reconquérir le «paradis perdu » ? Puisqu’avec la perte la décennie dernière de la moitié de son marché africain, la France a multiplié les actions en vue d’un retour sur le continent noir. 

 

Un forum relativement important

 

 

L’importance des échanges et de la collaboration entre les acteurs internationaux sur de tels dossiers est devenue indispensable pour arrêter ces ennemis embusqués. Mais avec les rapports récents  qui font état de pays qui collaborent avec les groupes armés rebelles pour déstabiliser et imposer un nouvel ordre aux nations, on se demande bien si une sérieuse coopération sous régionale ne vaut pas mieux que ces solutions qu’on transmet à l’ennemie le soir d’après ? AFPmag

 

Afrique : Arriveront-ils à faire quelque chose quand les foyers de tension paralysent le continent ?

21 décembre, 2014

 

A travers le continent des foyers de tensions sont nés et commencent à enflammer des régions entières. La Libye se somalise de plus en plus, le Kenya fait face à la hargne des islamistes Shebab, la Centrafrique accentue ses divisions confessionnelles, tandis que le Nigeria, et le Cameroun voisin sont au prise avec la secte islamiste, Boko Haram.

 

L’Afrique est en train de sombrer dans une lutte pour une idéologie importée. Ici et là les luttes interconfessionnelles font rages, c’est à croire que ces hommes qu’on tue sont sacrifiés pour l’avènement du « vrai dieu ». Le Nigeria dans ce jour s’est illustré comme l’un des foyers majeurs de cette lutte islamiste. Au mois d’avril dernier, 270 écolières avaient été enlevées par Boko Haram au nord-est du Nigeria, dans l’Etat de Borno.  Depuis lors la secte fait parler d’elle et son chef, Abubacar Shekau, ne manque pas de narguer les autorités nigérianes et même la communauté internationale via des vidéos de ces actes terroristes « réussis ». Ces derniers jours la secte a réussi à plonger dans la psychose totale toute la région nord-est du pays. Avec sa prise de 180 femmes et enfants dans le village de Gumsuri le 13 décembre dernier, la secte qui vit dans les forêts de Sambisa, à quelques lieux des provinces nord du Cameroun fait croire à son autorité dans cette région du Nigeria. Le plus étonnant est dans cet acharnement contre des populations parfois musulmanes. "Ils ont tué 32 personnes, dont l'imam de la localité", a déclaré un des villageois à l’issue de l’attaque. Cette situation est de nature à alimenter un dialogue plus ouvert sur les intérêts qui se profilent dans cette mêlée terroriste. Dès lors il convient de s’interroger sur l’intérêt de ces attaques ? 

 

Les intrusions de Boko Haram dans l’Etat du Cameroun voisin ont permis de comprendre très rapidement sa visée sous-régionale. Après quelques massacres d’une quarantaine d’hommes en terre Camerounaise, les islamiste ont a réussi l’exploit de mettre en mouvement la machine sécuritaire camerounaise. Depuis lors, la réplique Camerounaise a mis en branle les bases du fief que la secte allait créer au Nord du pays. Mercredi dernier, l’armée Camerounaise a abattu 116 islamistes lors d’une attaque de la secte de la base militaire Camerounaise d’Amchidé, à la frontière avec le Nigéria. «Du côté des assaillants, l'on dénombre 116 morts en territoire camerounais et des dégâts non déterminés en territoire nigérian suite aux tirs de notre artillerie», a affirmé le ministère camerounais de la défense. Le jeu des attaques et de la défense commence à se faire ennuyeux, qu’une véritable guerre contre les islamistes s’impose de plus en plus. Certaines sources anonymes parlent aujourd’hui de la nécessité d’une attaque préventive de l’armée camerounaise au niveau des fiefs de la secte établis le long de leur immense frontière. Mais aussi une certaine nécessité d’harmonisation des stratégies entre le Cameroun et le Nigeria pourrait taire l’élan de Boko Haram. Mais l’armée Nigériane est-elle prête à travailler sur ce dossier avec le voisin Camerounais, et puis pourra-t-elle autoriser dans cette nécessité de prendre en tenaille Boko Haram, des actions militaires Camerounaises sur son territoire ?

 

Dans ces guerres la Libye n’est pas en reste. A côté du Kenya qui est aux prises avec les islamistes Shebab depuis quelques années, le cas Libyen, si proche de celui somalien, est de plus en plus inquiétant. Pour Boubacar Keita, le chef d’Etat malien, le cas libyen doit être prioritaire dans le calendrier africain d’arrangement des conflits. A côté de ces cas, tant écoeurants, la situation à l’Est du Congo est aussi une préoccupation pour la communauté africaine, tandis que celle centrafricaine ne fait rire personne. Tenu ces 29 et 30 novembre 2014 à Dakar, au Sénégal, le Forum sur la paix et la sécurité en Afrique a-t-il effectivement jeté les bases d’un retour prochain de la paix et de la stabilité en Afrique ? Nous le saurons bientôt !

Eric Mvondo Manga. AFPmag

 

Les hommes à la peau claire qui combattent avec Boko Haram ne sont pas des touaregs.

12 février, 2015

Capture d'écran d'une vidéo des otages français enlevés par Boko Haram en 2013

 

Dans la guerre que les islamistes de Boko Haram mènent contre le Nigeria et les pays de cette région du lac Tchad, beaucoup de questions n’ont toujours pas trouvé des réponses certaines. Si l’on se demande bien ce qui a consolidé la force de cette petite secte née il y’a six ans, on se demande aussi d’où viennent ces hommes à la peau claire que les militaires camerounais ont abattu souvent pendant les attaques de Boko Haram ?

Depuis les sources de financement de Boko Haram, jusqu’aux hommes qui constituent ses troupes, une file de questions restent en suspend aujourd’hui pour les nombreux observateurs de cette secte. On sait que quelques ressortissants des pays ayant combattu la secte nigériane ont rejoint le mouvement islamiste, mais pour ce qui est des hommes à la peau claire qui luttent aux côtés des islamistes, on n’en est toujours à de vagues suppositions. Le capitaine Djankou qui dirige un bataillon à Kolofata et qui a réussi l’exploit de neutraliser 150 islamistes le 12 janvier dernier en ne perdant qu’un seul homme, aurait évoqué le fait que certaines victimes de la secte étaient des hommes à la peau claire.  

Depuis lors, les soupçons se portent sur les touaregs maliens. Mais on sait que ces derniers temps les touaregs et le gouvernement malien ont relancé les discussions au sujet du retour de la paix au nord Mali. Occupés à se contrôler au Nord du Mali ou à rechercher la paix, ont-ils rejoint les rangs d’Abubakar Shekau que même les islamistes peinent aujourd’hui à cerner les objectifs ? Depuis que le chef de la secte nigériane passe au fil de l’épée, musulmans et chrétiens, on lui prête plus le costume d’un dégénéré mental que celui d’un islamiste. On voit donc mal les touaregs qui ont revu à la baisse leurs aspirations islamistes, rejoindre un mouvement que mène un dégénéré. On sait du reste que de nombreux peuples nigérians ont la peau claire. C’est le cas des Ibo ou des Foulani. Mais les Ibo qui sont majoritairement chrétiens et juifs n’ont pas pu rallier un mouvement islamiste. Du coup on pourrait penser aux Foulani qui sont musulmans et originaires du nord où la secte sévit actuellement.

On comprend que les Touaregs maliens soient confondus à ces hommes à la peau claire qui combattent aux côtés de Boko Haram, mais dans la réalité ceci est difficilement démontrable. Ces fameux hommes à la peau claire peuvent être des Foulani, ou issus de l’un quelconque des nombreux peuples qu’on retrouve au Nigeria. AFPmag.

 

Analyse - Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

15 février, 2015

Analyse

Boko Haram : une pieuvre aux mille tentacules ?

Depuis une dizaine de jours, les islamistes de la secte nigériane attaquent sur plusieurs fronts, à croire qu’ils sont capables de tenir face à ces troupes Camerounaises, Tchadiennes, Nigériennes qui campent autour de leur périmètre aujourd’hui. Mais entre l’allusion que certains font de Boko Haram comme de la secte invincible et la réalité, qu’en est-il effectivement ?

Abubakar Shekau, chef de Boko Haram, dans une vidéo rendue publique en 2014, où il dément l'annonce de sa mort.

 

Boko Haram sur tous les fronts.

Beaucoup d’analystes sont certainement en train de revoir l’idée qu’ils se faisaient des islamistes de Boko Haram, sinon tous mais la plupart sont aujourd’hui impressionnés par les récentes activités de la secte qui mène des offensives sur plusieurs fronts. D’abord à Diffa, le 8 février dernier, les islamistes ont attaqué la base où les autorités militaires nigériennes, le ministre de la défense et le chef d’Etat major y compris se trouvaient. Revenus les jours d’après et repoussés par les forces armées tchadiennes et nigériennes,  ils se sont tournés vers Ngouboua sur les rives du Lac Tchad puis vers Gombe dans la matinée de ce samedi 14 février. Toutes ces attaques ont sécoué les habitants et mis quelques villageois tchadiens de cette région frontalière sur les routes, en direction des zones « calmes ». Forcé par ces démonstrations, Goodluck Jonathan,  s’est tourné vers les Etats-Unis. Le chef de l’Etat déclare dans son entretien au wall street journal « nos amis. Si le Nigeria a un problèmeeh bien j’attends des Etats-Unis qu’ils viennent nous aider ».

Le même schéma revient

A Diffa où les islamistes ont attaqué la base militaire le vendredi 6 février, ils ont perdu 109 combattants avant de repartir dans leurs repères du Nigeria. A Gombe où semble-t-il, ils ont pénétré de force la ville sans trouver de résistance à la hauteur, les islamistes qu’un avion de chasse nigérian aurait mis en déroute, sont repartis. Depuis l’après-midi de ce samedi 14 février, la ville de plus de 250 000 hommes vit sous un couvre-feu. Le même schéma de la secte qui attaque avant d’être repoussée, s’est produit à Gambaru la semaine dernière avant de se déporter finalement sur les rives du lac Tchad où, les islamistes ont attaqué le village de  Ngouboua ce vendredi 13 février 2015.

Des attaques dissuasives ou des menées d’une secte capable d’instaurer sa loi ?

A noter qu’aucune attaque des islamistes depuis l’entrée des troupes tchadiennes dans cette guerre n’a été une réussite. Acculée dans ses positions, la secte se débat pour garder le plus longtemps possible les forces Camerounaises, Tchadiennes et nigériennes sur les abords de son périmètre. On ne saurait tabler sur la capacité de cette force islamiste à combattre sur tous les fronts au même moment, puisque toutes ces attaques ont été perpétrées avec un minimum de 12 heures d’écart entre elles, soit le temps de quitter une position pour atteindre une autre et donner l’impression d’être partout. Leur technique néanmoins a réussi puisque certains  aujourd’hui on parle de la secte comme d’une pieuvre aux mille tentacules.

Et si Boko Haram était attaqué de toute part aujourd’hui ?

L’on ne pourra mesurer la force de la secte nigériane tant que les régiments des armées étrangères postés aux frontières n’auront pas attaqué simultanément les islamistes. Cette attaque harmonisées permettra de mesurer aussi la capacité des forces de la sous région à venir à bout de Boko Haram. On table dans ce cas sur un échec islamiste pour deux raisons : les islamistes sont incapables de tenir leur position, on l’a vu avec la chute de Gambaru que Boko haram contrôlait depuis plus de cinq mois. Cette chute a duré moins de 72 heures et l’autre raison est que Boko Haram n’a jamais pu tenir un front pendant plus de 12 heures sans reculer, un fait qui montre une certaine faiblesse liée au mental des combattants qui reculent face à l’intensité du combat ou lorsque les réserves sont épuisées.

« Nous vaincrons Boko Haram »

Au cours d’une allocution récente, le chef d’Etat nigérien, Mahamadou Issoufou, déclarait : « Boko Haram n’a aucun avenir dans notre sous région, nous vaincrons Boko Haram ». Ce propos qui n’a rien d’un slogan de fanatique, dépend dans son accomplissement de la force armée nigériane qui a trahi souvent par son incapacité à tenir les islamistes en respect. Du coup vaincre Boko Haram tient à la possibilité pour les troupes en présence de prendre les islamistes en tenaille. Dans ce sens, les forces armées devront afficher une détermination sans faille et mener une campagne qui ne finira qu’avec la destruction des bases arrières de la secte. Onesiphore Nembe.

 

 

Cameroun: Rencontre des dirigeants de l’Afrique Centrale pour discuter sur Boko Haram.

16 février, 2015

 

Après la réunion du 5-7 février dernier entre les experts militaires des pays de la région du lac Tchad, les représentations des dix pays de l’Afrique  Centrale se retrouveront à Yaoundé ce lundi 16 février pour parler d’une voix unique et surtout affiner la stratégie à adopter face aux islamistes de Boko Haram.

L’Afrique a résolument mis le cap sur l’union. Depuis l’UA jusqu’aux organisations régionales, le mouvement d’union est le même. Sur la question de la secte islamiste nigériane, les pays de la région Afrique Centrale veulent mettre sur pied une stratégie unique, en vue d’éradiquer la menace. Ceci se fera au cours de la rencontre prévue à Yaoundé ce 16 février 2015. Après la décision de mobiliser une force de 8 700 hommes contre Boko Haram, ils devraient convenir aujourd’hui sur le mandat et le rôle de cette force régionale. Les experts militaires au cours de leur réunion à Yaoundé le 5 février dernier avaient établi une feuille de route, mais celle-ci doit être soumise au conseil de paix et de sécurité de l’union africaine et au conseil de sécurité des nations Unies.

Les autorités Camerounaises et Tchadiennes qui portent aujourd’hui le fardeau de cette guerre contre les islamistes mettront certainement à l’ordre du jour le financement de cette force multinationale. D’ailleurs un délégué à ce sommet de Yaoundé reconnaît aujourd’hui que : « Intervenir militairement a un coût ». Un autre souligne que « ce sont entre 6 000 et 7 000 soldats qu'il faut nourrir, soigner et équiper quotidiennement pour répondre à chaque agression du groupe islamiste ». Le défaut de moyen plombe encore l’avancement de l’union africaine et des unions régionales, mais face à l’impératif de réagir aux attaques islamistes, l’Afrique doit trouver ces moyens, tous le savent bien aujourd’hui. AFPmag.

Boko Haram perd 86 assaillants face au Cameroun et deux villes reprises par l’armée Nigériane.

17 février, 2015

 

Patrouille des forces spéciales du BIR à Waza

 

Dans des accrochages avec l’armée Camerounaise ce lundi 16 février,  les islamistes ont perdu 86 hommes, un blindé et beaucoup d’armes abandonnées sur le champ de bataille. Dans le même temps, ils ont perdu Mungono et Marte, à la suite des bombardements de l’aviation nigériane.

La matinée de ce lundi 16 février a été mouvementée pour les forces armées Camerounaises postées à Waza, dans la région de l’extrême nord. Alors que ces militaires camerounais effectuaient des patrouilles, ils sont tombés sur des combattants de Boko Haram. Une source anonyme précise qu’ « Il y a alors eu plusieurs accrochages. Des combats de forte intensité ». Ces accrochages ont duré jusqu’à l’après-midi et fait 86 morts dans le camp des islamistes. De leur côté les forces armées Camerounaises déplorent une perte de cinq hommes et sept blessés.  Comme dans toutes les croisades, cette force armée camerounaise est entrée en possession d’un butin considérable. On parle d’un blindé récupéré, et de plusieurs armes. 

Ce lundi décidément aura été très dur pour ces islamistes. Ils ont aussi perdu deux villes, reprises par l’armée Nigériane. Il s’agit de Mungono et de Marte dans le nord-Est du Nigeria. La force armée Nigériane s’est déroulée sur le terrain, appuyée par son aviation, elle a reprise ces deux villes, tombées aux mains des islamistes en janvier dernier. Aucune précision n’a été donnée concernant le nombre de victimes. Mais on sait de propos du général Chris Olukolade, porte-parole de l’armée nigériane, que désormais la reconquête des zones occupées par Boko Haram est lancée. « L’opération aérienne et terrestre se poursuit et nous progressons résolument vers d’autres localités qui doivent être reprises dans le cadre de l’offensive en cours contre les terroristes », a-t-il déclaré à l’issue de cette première victoire de l’armée.

Avec l’ouverture de plusieurs fronts ces derniers jours, les islamistes pensaient faire l’effet d’une force capable de tenir plusieurs positions à la fois. Il semble bien qu’ils se soient trop dispersés et qu’ils aient diminué leur puissance de nuire. Le sommet des chefs d’Etat de  la CEEAC étant finie ce lundi, l’Opération Alpha que pilote le colonel Camerounais Joseph Nouma, l’armée Tchadienne et l’armée nigérienne, pourraient resserrer à leur tour l’étau sur la bande à Abubakar Shekau. AFPmag.

 

Qu’apportera la France aux pays qui luttent contre Boko Haram?

21 février, 2015

 

Alors que Laurent Fabius vient d’effectuer un déplacement pour la capitale tchadienne afin d’affirmer aux autorités du pays le soutien de Paris dans la lutte contre les islamistes de Boko Haram, et qu’il devrait poursuivre son voyage au Cameroun et au Niger, on se demande bien ce que la France voudrait apporter à ces pays dans cette lutte ?

Pour sa tournée marathon, Laurent Fabius qui a fait sa première escale à N’djamena, au Tchad et qui devra poursuivre sa visite au Cameroun puis au Niger au courant des 24 prochaines heures, est venu affirmer le soutien de la France aux autres nations qui luttent contre les islamistes de Boko Haram. Ce soutien qui intervient moins de cinquante jours après les attentats qui ont secoué la France, prouve aujourd’hui la détermination de la nation française à combattre le terrorisme. Mais on se demande toutefois en quoi consiste ce soutien français ?

Récemment la France a envoyé une quinzaine d’éléments au Niger dans la région de Diffa pour le renseignement des troupes de la force multinationale. Elle se dit prête aujourd’hui à plaider au niveau des Nations Unies et du FMI, pour la création d’un fond destiné à la lutte contre Boko Haram. Dans le cadre de sa relation bilatérale avec le Tchad, la France pense pouvoir aider le pays à s’en sortir de la crise que la baisse historique des cours de pétrole a provoquée dans le pays. Précisons toutefois que la France ne tient pas à s’impliquer directement dans cette guerre comme au Mali, puisqu’un proche de Laurent Fabius a tenu à rappeler que les soldats français ne sont pas les « « tuniques bleues qui arrivent sabre au clair ».

Les Etats n’ayant jamais des amis mais des intérêts, on se demande bien si le ministre des affaires étrangères peut effectuer un voyage dans l’unique but d’assurer le soutien de son pays aux nations engagées dans le combat contre la secte islamiste nigériane. Certains pensent aujourd’hui qu’après l’Egypte, la France recherche des acheteurs de son matériel militaire parmi ces pays qui combattent Boko Haram, puisqu’il y a quelques semaines, l’annonce de Yaoundé de recevoir un important dispositif militaire en provenance de Russie, avait fait écho. De toute façon, Idriss Déby et le ministre français ont passé 45 minutes d’audience et 15 minutes dans un tête-à-tête où ils ont pu abordé de tels sujets. AFPmag.

 

Boko Haram: L’armée Nigériane reprend la ville stratégique de Baga.

22 février, 2015

 

La ville stratégique de Baga, tombée aux mains des islamistes après un massacre systématique de centaines de civiles le 3 janvier, vient d’être reprise par l’armée nigériane. Le ministère de la défense a annoncé que la ville était sous contrôle et que de nombreux islamistes étaient morts noyés en voulant s’échapper du théâtre des combats.

 La reprise de Baga a été bien préparée.

C’est une autre victoire que les forces armées Nigérianes viennent d’enregistrer dans le combat contre les islamistes de Boko Haram. Après les villes de Marte et de Monguno, arrachées au courant de la semaine dernière, le ministère de la défense Nigérian a annoncé que la ville de Baga avait été reprise aux rebelles ce 21 février 2015. Samedi soir, l’armée procédait encore aux ratissages en vue de mettre la main sur les armes tombées pendant le combat et sur les fuyards islamistes. Chris Olukolade, porte parole du ministère de la défense a annoncé aussi que plus de 1 500 mines posées par les islamistes de Boko Haram avaient été neutralisées.

Mais le triomphe d’aujourd’hui a été préparé par les victoires de ces derniers jours, puisque pour atteindre Baga, l’armée devait reprendre sa garnison de Monguno. Chris Olukolade explique donc que  « L'entrée dans Baga et ses environs a été le fruit d'une série d'opérations qui étaient en cours depuis un certain temps à Monguno et ses environs. Nos troupes sont venues à bout des terroristes après des combats difficiles. Les affrontements se sont déroulés dans la ville et à l'extérieur. Nous avons maintenant le contrôle total de Baga. L'armée est en train de prospecter dans les moindres recoins pour débusquer d'éventuelles personnes qui se cachent. Nous voulons nous assurer que l'endroit a été totalement ratissé. Nous sommes en train de vérifier qu'il n'y a plus d'armes et aussi de faire le point sur d'éventuels décès ».

Flash Back sur les derniers évènements.

On se souvient encore que Baga avait été le théâtre du plus important massacre de Boko Haram. Après la prise de la base militaire nigériane dans cette ville située sur les rives du Lac Tchad le 3 janvier 2015, les islamistes avaient procédé à un massacre systématique de la population. Des centaines de civiles étaient passés au fil de l’épée. La presse internationale avait fait son bilan : 2 000 morts. Un chiffre qui avait provoqué un tollé général au sein de l’opinion publique internationale et diminué la considération de la grande nation Nigériane. La première puissance économique du continent noir était descendue au point de passer pour la moins puissante des nations africaines.

Le premier, le Tchad, avait réagi à la demande du voisin Camerounais qui combattait avec détermination les islamistes depuis de longs mois, mais restait coincé à sa frontière à cause du droit de poursuite que le Nigeria rechignait à lui accorder. A l’issue des bombardements aériens des deux forces armées, ils avaient ouvert le premier corridor au sein des combattants islamistes. Le Tchad s’était donc engouffré dans le pont puis dans la ville de Gambaru. Le premier bastion de Boko Haram venait de tomber ce 3 février 2015. Dans les jours qui suivaient, les islamistes avaient lancé une attaque à Fotokol et tué des dizaines de Camerounais contre une perte de 50 hommes dans leur rang. Diffa, frontière nigérienne où l’armée Tchadienne est présente avec plus de 2000 hommes auprès des forces armées nigériennes, avait à son tour été la cible d’attaques répétés des islamistes qui venaient sur des motos, mais ceci n’avait pas un grand impact. Les écrous avaient sauté dans les rangs de la secte, et quoique certains s’employaient à la redouter, une analyse plus certaine de la situation présageait une fin imminente.

La fin de Boko Haram n’est pas encore là.

Avec la prise de Gambaru, de Monguno, Marte, et de Baga, ce sont quatre bastions importants que ces islamistes viennent de perdre. Désormais la force multinationale et le Nigeria pourraient se tourner vers les forêts de Sambissa, où les jeunes filles enlevées le 14 avril 2014 ont été conduites. C’est là que le dernier combat contre les islamistes pourrait tenir lieu. Mais au milieu de ces centaines de personnes qui ont été enlevés depuis le début de cette lutte terroriste, les islamistes pourraient se couvrir d’un important bouclier humain, ce qui impose une sérieuse réflexion stratégique.

Boko Haram : Un motif de campagne pour Goodluck Jonathan ?

Le cynisme des hommes politiques n’est plus à démontrer aujourd’hui. La récupération des plus pires situations à des fins politiques est devenue un rituel. Du coup tout porte à croire que Goodluck Jonathan, aurait pu mettre un terme à la menace islamiste avant cette date mais qu’il a fait le choix de faire la démonstration au dernier moment pour s’attirer la sympathie de plusieurs reste à savoir si cette stratégie passera avec ce peuple qui ne cache plus sa colère même après ces victoires de la force armée nationale. Avec l’appui de la force multinationale, le Nigeria peut venir à bout de Boko Haram avant le 28 mars, prochaine date des élections mais la réélection l’éradication de Boko Haram risque ne pas être un motif suffisant pour le chef d’Etat sortant, puisqu’ils sont nombreux dans les rues des villes pacifiées à se demander : « Si les autorités font ce travail en six semaines, pourquoi n'ont-elles pas fait cela dans les cinq ou six dernières années ? AFPmag

Boko Haram: Après la mission d’Obiang Nguema et Sassou Nguesso, place au compte rendu

26 février, 2015

 

Délégués par leurs homologues de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale lors du dernier sommet tenu à Yaoundé, Sassou Nguesso et Obiang Nguema, de retour de leur mission de sensibilisation des chefs d’Etat de la région Ouest Afrique, se sont rendus au Tchad ce mercredi 25 février, pour faire un compte rendu à leur homologue tchadien, Idriss Déby.

Téodoro Nguema Obiang le président équato-guinéen et son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso, étaient au Tchad ce mercredi 25 février 2015. Dans le cadre de leur mission de sensibilisation des chefs d’Etat de l’Ouest Afrique, mission qui leur a été assignée au dernier sommet de la communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, les deux hommes se sont rendus au Tchad pour faire un compte rendu à leur homologue Idriss Déby Itno. Au Nigeria et au Ghana, A Goodluck Jonathan ou à John Dramani Mahama, leur message était le même : « se mettre ensemble pour contrer la menace de la secte islamiste ». Mais la bonne nouvelle est que cet appel à l’union des deux régions pour contrer l’avancée de Boko Haram a été accepté.

Avec l’accord de cette région ouest Afrique de travailler ensemble sur cette question si préoccupante, les délégations d’experts des deux régions se rencontreront à Yaoundé vendredi et samedi prochain, en vue de mettre en commun les efforts. Après cette première rencontre, une réunion des ministres et éventuellement un sommet des chefs d’Etats des deux régions devrait se tenir, en vue d’accorder définitivement les violons et d’ouvrir la marche vers l’éradication des islamistes de Boko Haram.  AFPmag.

 

En perdant de l’altitude, Boko Haram change d’attitude.

01 mars, 2015

Zahra'u Babangida, 13 ans, arrêtée en décembre 2014 à Kano avec une ceinture d'explosifs autour du corps.

Ces dernières semaines ont été très difficiles pour les islamistes de Boko Haram. Alors qu’ils ont perdu, hommes, villes et localités, les islamistes sont passés à l’attaque avec la multiplication des attentats dans cette région Nord-Est du pays. Après Biu et Jos, touchées le 26 février par des attentats qui ont causé la mort d’une trentaine de personnes, c’était au tour de Ngamdu samedi dernier de vivre un acte terroriste.

La dernière victoire des forces armées tchadiennes le mardi 24 février a causé la perte de 207 islamistes de Boko Haram. C’est donc une autre perte forte pour la secte que le Nigeria a délogé d’une trentaine de localités en quelques jours. Mais Abubakar Shekau, que personne ne connaît les intentions aujourd’hui, a choisi de s’exprimer autrement désormais. Sa nouvelle campagne de terreur est menée par les femmes et les enfants, ces kamikazes d’un genre nouveau. A Biu et à Jos, deux villes situées dans la région Nord-Est du Nigeria, une trentaine d’individus ont perdu la vie dans des attentats le 26 février dernier. Quoique ces attaques n’aient été revendiquées, les soupçons se portent sur Boko Haram, d’autant plus qu’à Jos, les explosifs ont été largués dans la foule par des assaillants à bord d’une voiture qui passait à vive allure, un procédé d’attaque éclair  que les islamistes expérimentent depuis quelques temps.

A Ngamdu, village situé dans cette même région nord-est du Nigeria, une femme kamikaze s’est fait exploser ce samedi 28 février. Une source proche de l’armée affirme que « La mission-suicide a eu lieu vers 11 h 30 quand deux femmes vêtues de hijabs ont tenté de monter à bord d'un véhicule commercial mais le chauffeur, vigilant, a résisté ». Etant restée sur place, l’une d’elle a explosé, tuant sa complice  et deux passants. Ces quatre décès portent à  90 personnes le nombre de victimes des attentats de cette semaine. C’est assez pour comprendre que l’accès dans les centres urbains reste possible aux islamistes et que plus que jamais, la secte pourrait exploiter cette faille sécuritaire pour démontrer sa survivance aux menées de la force multinationale. AFPmag