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Réalisation des ODD : Rosa Haenseler demande une part importante pour les femmes (Interview) Spécial

Le travail accompli par les femmes reste mal rémunéré. C’est une certitude hélas ! Dans un document attribué au bureau international du travail et publié fin 2016 (Les femmes au travail : Tendances) les experts avancent que « les inégalités entre hommes et femmes perdurent sur le marché mondial du travail, cela en termes d’égalité des chances, de traitement et de résultats ». Du coup la réalisation des objectifs de développement durables à l’horizon 2030 se fait de moins en moins certaine.

Dans ce chantier certaines avancées ont été enregistrées. Cas notamment de L’Afrique du Sud où l’initiative "système d'achats préférentiels", a contribué d’après les termes d’un rapport de l’OIT, « à offrir des possibilités accrues aux entreprises détenues par des Noirs ou des femmes en leur donnant la préférence lors de l'attribution d'appels d'offres publics ». Dans ce pays où la seule année 2004 « l’Etat et les entreprises publiques ont dépensé plus de 123 milliards de dollars en biens et services », l’incidence de cette initiative est importante pour les femmes entrepreneurs. Pareille initiative a été reproduite en Namibie où les femmes noires et blanches restent à la traîne dans l’organigramme des sociétés. Il faut donc aujourd’hui aller plus loin, dans l’attribution des postes de responsabilités, dans l’attribution des chances de réussite sans considération de genre. Mais face à la détermination affichée aujourd’hui, le cadre normatif de nombreux pays n’est pas encore en faveur d’un renouveau dans la participation des femmes dans la création de la richesse.

C’est donc partant de cette idée que l’African Network for an Equitable World (AFNEW), a mis en place le Forum des Femmes Actives pour les ODD et l’Emergence (FAODE) afin de plaider pour une meilleure prise en compte des femmes dans l’univers de l’emploi et par ricochet dans la création de la fortune. Afrique Progrès Magazine s’est rendu auprès Rosa Abaa Haenseler, l’initiatrice de ce forum qui se tiendra à Genève vers la mi-novembre pour recueillir les objectifs et enjeux de ce rendez-vous inédit. Dans cette interview exclusive Mme Haenseler dévoile son penchant en faveur d’un monde égalitaire, se positionnant comme un acteur sur qui l’on peut compter dans la réalisation des ODD. 

 

Madame Rosa Abaa Haenseler

Ce forum qui se réalise aujourd'hui est le résultat d'un travail qui aura duré combien de temps ?

Le Forum des Femmes Actives pour les ODD et l’Emergence, dénommé FAODE est un projet de African Network for an Equitable World (AFNEW), un réseau engagé pour la justice sociale, pour un monde paisible, juste et équitable. Le FAODE est le résultat de deux années de réflexion et de travail assidu. Le FAODE a vu le jour en 3 étapes :

• Une constatation des faits de notre société que j’aurai l’occasion de décrire
• Une suggestion d’action que j’ai démontrée lors de la conférence des ONG à Genève, ODD = E + AF + 4CPB. La réalisation des ODD passe par l’Entreprenariat qui demande l’Accès au Financement et des personnes équilibrées dotées d’un capital culturel, économique, social et symbolique selon la théorie de Pierre Bourdieu sur la condition humaine.
• Le passage de la théorie à l’action, (Walk the Talk)

Le FAODE s’est inspiré des conférences internationales notamment UNTACD14 au Kenya et UN Women 2017 à New York. 

 

Le thème « AKTIV PLUS vers un Monde Meilleur avec les Femmes et les Entreprises » semble vous inscrire comme une femme engagée dans le travail de mise en valeur des femmes, est-ce bien cela, qu'est votre vision de la femme au sein de la société mondiale telle qu'elle est aujourd'hui ?

Le thème choisi met en exergue mon engagement pour la mise en valeur du travail des femmes. Les femmes travaillent plus dans le secteur informel invisible.

Les femmes par leur créativité, leur courage et leur engagement sont des actrices de développement incontournables. Malgré leur position de force, elles souffrent de l’exclusion au regard de leur concentration dans le secteur primaire et tertiaire où elles pratiquent un commerce de survie et des tâches sans qualification et donc mal payées. L’exclusion est remarquable dans le système foncier, d’octroi de crédit, et le système éducatif et enfin elles vivent dans la précarité. 

 

Quels sont aujourd'hui les objectifs de ce premier forum ?

Ce premier forum comme je l’ai déjà dit est une contribution au problème des femmes dans les entreprises et l’entreprenariat. Le forum a pour objectif de :

• Sensibiliser les communautés sur l’aspect holistique de l’autonomisation des Femmes et l’interconnectivité des ODD. Caravane d’information internationale de proximité
• Recenser les Bonnes Pratiques, les multiplier– Coopération Nord – Sud et Sud– Sud.
• Motiver les entreprises et les ONG à travailler ensemble pour la réalisation des ODD.

Je tiens à souligner que le FAODE est une contribution à la réalisation des ODD à cet effet sa durabilité est conforme à celle des ODD. Pour les Nations Unies, les ODD devront être évalués en 2030. 

 

A quels défis avez-vous fait face dans l'organisation de cet événement ?

J’ai fait face à trois défis majeurs, le premier c’est l’acquisition de la crédibilité, la compréhension du concept du Forum. C’est faire comprendre aux autres l’importance et l’impact du forum. Le deuxième est de trouver les partenaires thématiques qui s’engagent par l’action ou qui vous encouragent par la mise en réseau. Dans tout forum il faut un réseau élargi qui est constitué des supporteurs du Forum. Par la Grâce de Dieu, j’ai eu des responsables de la CNUCED, de l’Université de Zurich, de Genève, les ONG, les amis et ma famille, particulièrement ma fille Claire Grâce qui m’ont encouragé.

Enfin je me suis heurtée au manque de financement, j’ai négocié avec les prestataires de service et j’ai des factures non payées. Comme pour toute action, le début est difficile, et je crois du fond de mon cœur que ce défi financier ne jaillira plus afin de permettre à ce forum de devenir un rendez-vous annuel international pour les femmes, un moment pendant lequel elles tablent sur leur action dans la réalisation des ODD. Propos recueillis par Ange D.

 

Informations clés pour cerner la situation du travail des femmes dans le monde

Recul du taux d’activités des femmes sur le marché du travail entre 1995 et 2015, de 52,4 à 49,6 %.
Un recul similaire pour les hommes 79,9 et 76,1, le fait pourrait être lié à l’explosion démographique qui ne rime pas forcément avec la création d’emplois
Une différence en termes de points de pourcentage de l’ordre de 27, d’où plus de chances pour les hommes

En termes de risque de chômage les hommes courent le risque à 5,5 % tandis que les femmes sont à 6,2 %femmes
Dans les pays arabes le taux de chômage des jeunes femmes est le double de celui des jeunes hommes. Il tourne autour de 44,3 et 44,1 %
En Amérique du nord c’est l’inverse, les jeunes femmes sont plus admises à un emploi que les jeunes hommes, c’est aussi le cas en Asie de l’Est et en Europe du Nord

On note une augmentation de 3,5% de la part des femmes dans les emplois non agricoles ces dix dernières années
Les femmes sont plus actives dans les sociétés familiales comme le souligne le rapport du bureau international du travail de Genève : L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, affichent des proportions de respectivement 34,9 et 31,8 % 42,5 et 47,7 % en Afrique subsaharienne et dans l’Asie du Sud travaillent à leur propre compte
Surreprésentées dans les entreprises familiales, les femmes sont en passe de revenir au niveau des hommes. Elles ont perdu 10 points de pourcentage entre 1995 et 2015. Aujourd’hui l’écart entre les sexes est de 10,6% contre 19,5 % il y’a vingt ans.
Les femmes dans les pays à revenu intermédiaire travaillent à 33,9% dans les services de commerce et 12,4% dans le secteur manufacturé
Elles sont plus actives dans la santé et l’éducation dans les pays à haut revenu, plus de 30%
Dans les pays à faible revenu elles sont actives dans l’agriculture avec plus de 60% en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud
L’Afrique subsaharienne reste à la traîne en termes de postes occupés par les femmes dans les administrations, au parlement et autres, soit 24,8% contre 28% au niveau mondial.

A noter que les progrès réalisés au cours des deux dernières décennies par les africaines sont de loin au-dessus de ceux de nombreuses femmes dans d’autres régions du monde.
L’Europe affiche des notes inférieures à celle du continent africain. En termes de taux de chômage, soit 9,1% et 7,6% respectivement pour l’un et l’autre. Afrique Progrès Magazine

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