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Maroc : Plusieurs experts venus du monde appellent à professionnaliser les RH des collectivités territoriales pour un meilleur rendement Spécial

Réunis depuis le lundi 18 septembre à l’université international de Rabat sur une invitation de Cités et Gouvernements locaux Unis d’Afrique (CGLU Afrique), plusieurs centaines d’experts venus de cinquante-cinq pays, dont quarante-cinq pays africains, débattent sur la question des ressources humaines dans les collectivités territoriales.

Ce forum des collectivités territoriales, premier du genre en Afrique, a permis de mettre en évidence les difficultés qui altèrent la performance des collectivités territoriales. Alors que plusieurs facteurs biaisent aujourd’hui l’action des acteurs territoriaux, cas des salaires qui sont petits et qui ne permettent pas l’arrivée des ressources humaines compétentes. Absence d’un plan de carrière et non préparation des acteurs à la fonction. Au cours des échanges force a été de constater que les attributs des acteurs territoriaux sont mal connus, pas connus, ou ignorés au niveau du gouvernement central.

A cette liste non exhaustive des handicaps vient s’ajouter le défaut de ressources financières. De nombreuses administrations locales font face à cette difficulté provoquée par une absence d’une bonne règlementation permettant à la collectivité de disposer des ressources générées par les activités économiques reparties sur son territoire. Un fait qui met en doute la volonté politique de s’engager dans une réelle politique de décentralisation. Par ailleurs on y voit aussi l’acte de pays qui ont attelé la charrue avant les bœufs en mettant en place le régime de décentralisation sans une initiation des autorités à la perte de tout ou partie de leur autorité au profit des collectivités. Selon toute vraisemblance la formation des acteurs territoriaux devait suivre la mise en place du régime de décentralisation ou la précéder tout simplement. 

 

Un défaut criant de compétences

Alors que de nombreux pays africains ont avancé dans le processus de décentralisation et que la place des acteurs des collectivités territoriales est importante pour un développement efficient, l’on déplore le défaut de compétences des ressources humaines. De nombreux acteurs territoriaux sont dans la réalité des spectateurs d’un processus dont ils ne maitrisent ni les tenant encore moins les aboutissants. Résultat : le service rendu aux populations est de basse qualité et ne permet pas l’essor de la collectivité.

De nombreux appels ont donc été lancés en vue de mettre un accent sur la formation des ressources humaines. Ahmed Said Ould BAH, directeur des relations extérieures et de la coopération à l’ISESCO va plus loin en appelant à « professionnaliser » les acteurs territoriaux. Ceci dans l’optique d’améliorer le rendement des collectivités et surtout d’ouvrir la voie à un service de meilleure qualité pour les populations.

Face à ces multiples difficultés liées au manque de compétences le Royaume du Maroc a opté pour sa part pour un développement intégré, avec un modèle qui prend en compte les différences régionales. D’après Mohamed Ben Abdelkader, ministre délégué auprès du gouvernement chargé de la réforme de l’administration et de la fonction publique au Royaume du Maroc, la décentralisation au Maroc s’appuie sur les TIC avec une priorité sur la formation du personnel. Dans ce sens le Royaume a mis sur pied des programmes de formation continue. Au cours de son discours inaugurale M. Ben Abdelkader a d’ailleurs rappelé que « la valorisation des ressources humaines est le moyen pour arriver à un bon développement ». Un propos qui suppose que le bon développement est pensé et réalisé par des ressources humaines de qualifiées.

De l’avis de plusieurs acteurs territoriaux, les fonctionnaires doivent donc être formés pour faire face aux nombreux défis à venir, ceci compte tenu du fait que la population africaine devrait doubler dans les quarante prochaines années. Dans ce sens de nombreuses voix ont appelé à un partage d’expérience ainsi qu’à la mise en place de réseaux de partage où les acteurs territoriaux africains peuvent malgré la distance, collaborer dans la résolution des situations auxquelles ils font face dans l’exécution de leur mission.

Précisons in fine qu’un renforcement des capacités est aujourd’hui indispensable pour un meilleur rendement en termes de service. Mais il faut aussi que les autorités centrales clarifient la politique de décentralisation, en reconnaissant les attributs des uns et des autres mais aussi en consentant à laisser les pouvoirs dévolus aux collectivités à ces acteurs territoriaux sans qui la construction de la société est plus ou moins anarchique. Onésiphore NEMBE/Afrique Progrès Magazine

Onésiphore NEMBE

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