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Corruption : L'Afrique de l'Ouest doit revoir sa copie! Spécial

  • 19 septembre, 2017
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En termes de lutte contre la corruption, le score n'est point reluisant en Afrique de l'Ouest. Sur 100 points, les États de cette région n'affichent que de minables notes variant entre 28 et 30; des scores en deçà donc de la moyenne à l'exception du Cap Vert, Sénégal et Ghana considérés comme des modèles ou bons élèves dans l'assainissement et la bonne gestion des finances publiques.

Il faut systématiquement améliorer le score, et cela passe non seulement par l'adoption des textes de lois et la mise en place des institutions de lutte, mais aussi et surtout par l'efficacité des organes de contrôle et l'application effective des lois.

'C'est une lutte qui doit se faire en sorte que la volonté politique soit exprimée et que son expression se traduise par des actes concrets. Nous avons loué le fait que les lois soient adoptées, ainsi que la création des organes de contrôle. Il faut maintenant que ces institutions aient des coudées franches pour travailler dans le sens des résultats, avoir des ressources et aussi permettre à la société civile y compris les médias d'apporter leurs contributions dans ce combat contre les crimes financiers', a laissé entendre mercredi, Kaninda (le coordonnateur régional de Transparency International en Afrique de l'Ouest), à l'ouverture d'un atelier de planification de plaidoyer anticipées corruption dans cette sous-région.

L'objectif de la réunion est de doter les pays ouest africains d'outils susceptibles de favoriser la bonne gouvernance financière et économique dans cette partie du continent noir.

Transparency International représenté au Togo par l'Alliance nationale des consommateurs et de l'environnement (ANCE-TOGO) apporte son expertise aux États en vue de l'atteinte de cet objectif.

Fabrice EBEH le directeur exécutif de cette ONG, souhaite de son côté l'étroitesse de liens entre les forces de contrôle et la justice, aux fins de poursuites judiciaires contre d'éventuels criminels financiers qui sabotent le développement socio-économique des Etats.

C'est en substance ce qu'il explique dans l'entretien qui suit : 

 

L'Afrique de l'Ouest semble être dominée et affaiblie par la corruption; et dans la foulée, vous et vos partenaires organisez une réunion à l'intention des sections nationales de Transparency International. C'est quoi le but?

Le but de la réunion est d'outiller les sections nationales de Transparency International sur les outils de plaidoyer, afin que chaque section nationale travaille avec les États pour promouvoir la bonne gouvernance; puisque si nous avons les outils, nous allons nous en servir pour faire des plaidoyers, appuyer et établir des partenariats dynamiques avec les institutions de lutte, avec les plus hautes autorités du pays, appuyer les efforts faits dans le pays pour que d'ici 1an ou 2ans, nos États puissent faire des avancées et battre ainsi de meilleurs scores dans le classement mondial que ce soit au niveau de l'indice de perception de la corruption ou de baromètre mondial de la corruption. 

 

Au Togo comme dans d'autres pays ouest africains, des lois existent mais aussi des institutions de lutte sont créées; ces actions ne suffisent-elles pas pour bouter la corruption hors du Togo et de la sous-région?

Le Togo comme l'ensemble des pays de l'Afrique de l'ouest a adopté des lois, créé des institutions de lutte contre la corruption, mais il manque l'efficacité de ces organes de contrôle et l'application effective des lois. Il faut systématiquement réduire le taux lié aux crimes financiers, et mettre en place des systèmes de gestion et de bonne gouvernance. Nos États doivent faire des sursauts pour s'assurer que les lois instituées sont appliquées. Les crimes financiers doivent être sanctionnés et réprimés non seulement pour améliorer les scores, mais favoriser des retombées au niveau des citoyens puisque l'Etat aura assez de ressources pour investir dans le social, l’agriculture, l’éducation, la santé… 

 

Vous parlez de sanctions et de répression des crimes financiers; qu'elle est votre contribution en tant que société civile pour y arriver?

Notre rôle est d'appuyer l'Etat. Nous travaillons avec des partenaires notamment L'Union Européenne, l'Organisation des Nations Unies de lutte contre la drogue et le crime (ONUDC) et nous sommes membres de Transparency International. Nous n'avons pas pour mandat de culpabiliser. Et je pense que cela constitue une protection. Nous voulons aider l'Etat à avancer et c'est la logique dans laquelle nous nous situons. 

 

L' ANCE-TOGO assure la représentation locale de Transparency International depuis le 17 mai dernier; quel sentiment et quel intérêt pour le Togo?

ANCE-TOGO est fière aujourd'hui de devenir le contact de Transparency International, ce qui nous permet de bénéficier de l'expertise de cette organisation la plus crédible au monde en question de lutte contre la corruption. Nous aurons l'expertise non seulement de Transparency International mais aussi de l'ONUDC, d'apporter cette expertise aux institutions togolaises qui en ont besoin. 

 

A votre avis, en définitive, que faut-il pour que le Togo combatte efficacement la corruption?

Le Togo dispose d'une bonne législation en matière de lutte contre la corruption. Les forces de contrôle sont à pied d'œuvre mais il manque un pont entre les forces de contrôle qui existent et la justice. Les rapports ne doivent pas être isolés. Il faut arriver à transmettre les rapports d'audit des forces de contrôle aux autorités judiciaires pour que les coupables des crimes financiers soient traduits en justice et que l'Etat récupère les créances. C'est le but le plus important, celui de lutter efficacement contre les crimes financiers.

Karbonn

Journaliste, correspondant d'Afrique Progrès Magazine au Togo

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