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Une station de traitement des eaux usées (station d'épuration) à Marrakech, Maroc. Une station de traitement des eaux usées (station d'épuration) à Marrakech, Maroc.

Stress hydrique : Comment le Maroc évite d’être touché Spécial

Un rapport du think thank américain World Ressources Institute (WRI) datant de 2015 présageait un stress hydrique fort au Maroc à l’horizon 2040 avec une baisse de 80% des ressources en eau disponibles dans le pays. La même année Rabat a pris des dispositions similaires à celles prises par Singapour pour contrer ce qui semblait une fatalité. Traitement des eaux usées, dessalement, ce sont autant de mesures préventives adoptées pour éviter le pire.

Classant le Maroc aux côtés de plusieurs pays de la région MENA (Middle East North Africa), notamment la Palestine, le Koweït, Israël, l’Arabie Saoudite, le Qatar, les Émirats Arabes Unis, Oman ou encore le Liban, le rapport « Palmarès des pays manquants le plus d’eau en 2040 » publié en 2015 annonçait une époque difficile pour le Royaume Chérifien. D’après cette publication du think thank américain WRI, à l’horizon 2040 le Royaume du Maroc devait perdre 80% de ses ressources en eau. En cause, l’appareil économique marocain tourne avec des secteurs fortement consommateur d’eau, parmi lesquels l’agriculture et l’industrie. Cas de l’OCP où le seul site de Jorf Lasfar, témoignage de son Directeur, Brahim Ramdani à l’appui, « consommait 30 millions de m3 par an jusqu’à 2008 ». Les prévisions du Groupe leader mondial dans le domaine des phosphates donnaient une augmentation de la consommation à 66 millions de m3 d’eau en 2010 et 160 millions de m3 en 2025, soit plus du double en seulement 15 ans. 

 

Un plan national de l’eau fortement ambitieux

Depuis 2015, le Maroc est passé à la vitesse supérieure dans la lutte contre le stress hydrique à venir. Les mesures appliquées au Singapour ont été reprises dans ce cadre. En s’appuyant sur les 90 stations d’épuration existantes, Rabat s’est établit des objectifs pour le moins ambitieux avec une priorité sur le traitement des eaux usées et le dessalement des eaux. Pour Mme Charafat Afilal, ministre chargée de l’eau, auteure du plan national de l’eau, le but de cette initiative est de réduire « l’augmentation prévue du déficit hydrique estimée entre trois et cinq milliards de mètres cube à l’horizon 2030 », de sorte à faire bénéficier à chaque Marocain 700 mètres cube d’eau chaque année. Mis en pratique dans les termes de son élaboration, ce plan permet au Maroc de gagner 5 milliards de mètres cube d’eau d’ici 2030 d’après les propos de la ministre.

D’après toujours ce plan, certaines cultures devaient être encouragées au détriment d’autres jugées hydrophages. Là aussi Mme Charafat Afilal précisait que « le plan de l’eau a été élaboré en collaboration avec le ministère de l’Agriculture qui représente entre 80-90% de la consommation totale d’eau au Maroc. Nous sommes d’accord sur le fait que nous devrions avoir des cultures moins hydrophages ».

Compte tenu de toutes ces mesures prises et exécutées depuis au niveau national, le stress hydrique annoncé pour 2040 est-il évité ? Aucune certitude sur cette question. Mais l’option de lutte préventive du Royaume, qui s’appuie aussi sur des barrages de retenue d’eau, présage de bons résultats. Comparé au silence qui entoure la question du stress hydrique dans la région du Sahel, l’un des territoires de notre planète les plus touché par ce phénomène, le Royaume du Maroc est sur la bonne voie. Afrique Progrès Magazine

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