All for Joomla All for Webmasters
 

RCA (1) : Vue panoramique de la République Centrafricaine Spécial

Retrouvez la situation détaillée (économique, sociale, politique, sécuritaire) des pays africains tous les jours sur Afrique Progrès Magazine, www.afriqueprogres.com . Dans la série : COMPRENDRE LES PAYS AFRICAINS

Alors que la RCA sort d’une crise sécuritaire de trois années, le pays a connu une nette régression de son activité économique. Plusieurs secteurs d’activités sont touchés, ce qui complique le relèvement amorcé par les nouvelles autorités.

L’inflation annuelle en 2015 tournait autour de 2% tandis qu’une année avant, en 2014, elle s’était établie à 17,8 % en raison de la crise sécuritaire. En 2016 l’inflation devrait se situer aux alentours de 2%. D’après les données que nous avons à notre disposition, cette baisse de l’inflation est due à la progression de l’offre des denrées alimentaires combinée à la baisse des cours mondiaux du pétrole.

Le recul des exportations, causé par la crise sécuritaire, a impacté sur la balance commerciale. Résultat : un déficit de la balance. En 2015 le déficit s’était établi à 9,1 % du PIB contre 7,6 % en 2014. En 2016 il a connu une nouvelle hausse, s’établissant à 12% tandis que le déficit courant lui tournait autour de 11,5% au cours de la même année 2016. 

 

3 millions de dollars d’investissement directs en 2015

Les investissements étrangers ont aussi connu un recul abyssal. On parle de 3 millions de dollars en 2014 et en 2015, une somme négligeable au regard de certains pays africains qui voient l’arrivée d’investissements directs annuels dépassant le milliard de dollars. Ces investissements en tout cas sont aussi négligeables par rapport aux volumes qui arrivaient dans le pays avant le début de la crise le 24 mars 2013, date à laquelle le président François Bozizé avait été chassé du pouvoir par une milice conduite par Michel Djotodia. C’est dire combien le climat des affaires s’est détérioré dans le pays.

Précisons toutefois que les nouvelles autorités centrafricaines ont multiplié les efforts ces derniers mois pour ramener la cohésion sociale, question de mettre en place un climat des affaires propice à l’arrivée d’investissements étrangers. Lors de son voyage en Belgique fin 2016, le Président Faustin Archange Touadéra était parvenu à lever 2,2 milliards de dollars, de l’argent devant servir à la mise en place des infrastructures permettant le redémarrage de l’appareil économique. Au cours d’un autre voyage au Burkina Faso, le chef d’Etat centrafricain avait reconnu la survivance de quelques poches d'insécurité dans son pays, mais avait évoqué les efforts de désarmement, de démobilisation et de réinsertion qui sont menés en vue d’un retour de la sécurité sur tout le territoire de la RCA.

On note toutefois d’après le rapport Profil de pays 2016 de la CEA, que le pays occupe le 185e rang sur 189 pays en 2016 pour son climat des affaires. De nombreux défis minent cette économie centrafricaine, avec le relèvement du niveau de vie de la société. Le rapport de la CEA note que 70% de la population vit dans la pauvreté et l’espérance de vie est descendue à 49 ans. Dans un monde où certains pays tels que le Japon frôlent une espérance de vie de 80 ans, cette situation est inadmissible. Le pays ne disposant pas d’une sortie en mer, et par conséquent ne disposant pas de port, l’amélioration du corridor Douala-Bangui, avec la mise en place d’une infrastructure routière pouvant réduire la durée du voyage est indispensable pour permettre une accélération du développement économique. Pour rappel le corridor Douala-Bangui est long de 1500 km et nécessite parfois deux semaines pour rallier les deux métropoles en raison de l’état des routes.

Les autorités centrafricaines tablent depuis sur l’acheminement via d’autres moyens pour diminuer le coût final pour le consommateur. Un haut responsable centrafricain affirme que « le corridor Bangui-Douala est opérationnel et fonctionne quasi normalement ». Problème : « l’acheminement des produits par la voie terrestre coûte très cher pour le consommateur. Il est plutôt important, voire urgent, de relancer le projet de la CEMAC sur financement de l'UE du dragage du fleuve Oubangui afin d'augmenter la capacité d'exportation et d'importation des produits par le port de Pointe Noir au Congo et le Port Matadi en RDC ce qui réduirait inéluctablement les coûts des biens pour les consommateurs finaux).

Toujours dans la quête de diversification des voies d'approvisionnement du pays, le projet de partenariat pour l'acheminement par le port de Nyala au Soudan est aussi envisagé. La RCA dispose donc de plusieurs flèches à son arc. 

 

Quelques chiffres clés pour comprendre la RCA :

Indice de développement humain : 187 sur 188 en 2015 selon un rapport du PNUD.

Taux de croissance en 0,7% en 2014, 4,9 en 2015 et 5,4 en 2016

Population nationale : 4,9 millions d’habitants en 2015

Taux d’accroissement de 2,0 %

7,9 habitants au km².

60% de la population vivent en milieu rural. Afrique Progrès Magazine

Éléments similaires (par tag)

Laissez un commentaire