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Victoire Tomegah-Dogbé Victoire Tomegah-Dogbé

Togo : 6ème revue du ministère du développement à la base/ Victoire TOMEGAH-DOGBE: 'Notre mission c'est d'apporter des accompagnements efficaces et novateurs' Spécial

Le ministère du développement à la base a récemment publié sa sixième revue annuelle, histoire de passer au peigne fin l'ensemble de ses actions au titre de l'année, de tirer des conclusions et de dégager des perspectives. Cet exercice auquel se livre le département ministériel, témoigne de la volonté des responsables à s'inscrire dans la dynamique de la bonne gouvernance, très indispensable au décollage du Togo sur tous les plans. Cela mérite des encouragements à la locataire de ce département ministériel, Mme Victoire Sidemeho TOMEGAH-DOGBE. C'est également l'occasion d'exhorter l'ensemble des autres démembrements du gouvernement à emboîter le pas, en faisant en sorte que des comptes soient périodiquement rendus sur la gestion de la chose publique.

Que peut-on retenir de cette revue ? Comment se présente le bilan et quelles sont les nouvelles orientations pour le futur ? Autant de questions posées à Mme TOMEGAH-DOGBE, lors de l’entretien ci-dessous :

Afrique Progrès : Quel importance revêt la publication d'une revue annuelle à laquelle votre département s'attelle depuis 6 ans déjà ?

Victoire Tomegah-Dogbe: Pour nous au ministère du développement à la base, cette revue annuelle est un exercice naturel, qui permet d'analyser l'action du ministère du développement à la base, d'apprécier les progrès réalisés, les résultats en rapport les différentes cibles fixées, d'entrevoir les perspectives en tenant compte des orientations nationales, des nouveaux défis à relever, et des opportunités nouvelles qui s'offrent au pays, et également de faire la programmation pour l'année nouvelle en mettant l'accent sur la coordination, la collaboration, la recherche de synergie et surtout, en mettant en place des systèmes de gestion efficace et efficients.

Notre pays depuis quelques années sous l'impulsion du Chef de l' État, s'est lancé dans une nouvelle dynamique de développement à la base, cette dynamique qui donne priorité à l' être humain, et qui fait de l' homme l' acteur principal de son propre développement. Et cela met en place une dynamique de mobilisation, d'organisation, faire-faire beaucoup de personnes, faire travailler les populations ou les personnes pour leurs communautés; ça les responsabilise davantage et c'est une dynamique qui assure une certaine responsabilisation et une autonomisation des populations à la base. Et donc le ministère du développement à la base dans sa lettre de mission, est appelé à travailler dans cette dynamique là et plus précisément pour l'année 2016 nous avons eu quatre missions essentielles.

Afrique Progrès: Pouvez-vous nous parler de chacune de ces missions et des résultats obtenus?

Victoire Tomegah-Dogbe: La première mission consiste à œuvrer à l' amélioration du cadre de vie et des conditions de vie des populations à la base. La deuxième mission c'est de contribuer à assurer l'inclusion sociale et financière. La troisième mission c'est d'assurer la promotion de la jeunesse et l'autonomisation des jeunes à travers des mécanismes d'entreprenariat, et la quatrième mission porte sur le développement de l'artisanat.

Pour ce qui concerne la première mission, en termes de résultats il y a eu plus de 400 infrastructures qui ont été installées notamment les bâtiments scolaires, les unités de soins périphériques, les forages d'eau, les hangars de marché, mais ce qui compte pour nous à ce niveau c'est beaucoup plus le renforcement des capacités des populations à se prendre en charge. Donc nous mettons l'accent sur les formations, les sensibilisations. Beaucoup de groupements ont été accompagnés, les comités de développement à la base ont été restructurés, ont bénéficié d'accompagnement et donc, ce qui a fait qu'à ce niveau nous avons quand même eu de très beaux résultats. Des plateformes multifonctionnels ont été installés, des filets de protection sociaux développés notamment les cantines scolaires qui ont permis à 80 000 enfants de bénéficier d'un repas chaud, un peu plus de 20 000 femmes qui ont bénéficié du programme de transfert monétaire.

S'agissant de l' inclusion financière, le mécanisme phare que le gouvernement a mis en place, c'est le Fonds national de la finance inclusive qui a permis de toucher de nouveaux bénéficiaires un peu plus de 100 000 qui porte à 500 000 le nombre de bénéficiaires touchés, il y a eu un peu plus de 200 000 personnes qui ont eu à renouveler leurs crédits, et un produit assurance a été lancé. Donc au niveau du FNFI en dehors de l'APSEF, l'AGRISEF, l'AJSEF, il y a ce produit assurance que le Chef de l'Etat a lancé au mois d'Avril dernier.

Au niveau de l'emploi des jeunes, il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites notamment les mécanismes du FAIEJ et du PRADEB qui ont permis d'accompagner des jeunes, de renforcer les capacités des jeunes en entreprenariat, et donc nous avons plus de 2000 jeunes qui ont pu bénéficier de micro crédits, qui se sont installés et qui ont créé de l'emploi. Aujourd'hui en faisant le point, nous avons plus de 8 000 jeunes qui ont eu des emplois directs à travers des mécanismes comme le FAIEJ et du PRADEB. Ceci se fait en partenariat avec les institutions de micro finance, avec les banques de la place notamment Orabank, Utb et également l'appui de la Boad.

Au niveau de l'artisanat, nous avons continué nos actions en renforçant les capacités des maîtres artisans, en facilitant leur accès à des micro-crédits, et également en facilitant leur accès à des foires parce que nous les amenons à participer à des foires commerciales. Également nous avons des centres de ressources artisanales dont plus d'une quinzaine installées dans notre pays. Voilà ce que nous avons fait grâce aux moyens mis à notre disposition par l'État. Nous avons mobilisé également des dizaines de milliards avec les microfinances, avec les banques, avec le secteur privé et aujourd'hui nous sommes à plus de 40 milliards de ressources qui sont mis en jeu pour atteindre ces objectifs.

Afrique Progrès: Apparemment vous n'auriez pas pu atteindre ces résultats sans l'impressionnant dispositif financier que vous venez d'évoquer

Victoire Tomegah-Dogbe:Il n'y a pas que les ressources financières. On peut relever aussi les moyens logistiques mais aussi et surtout la qualité des ressources humaines. Ce que nous faisons au ministère, c'est que le maximum de ressources qui est mis à notre disposition puisse aller vraiment aux populations à la base. Nous fonctionnons avec des structures assez légères, des agences qui font assez de projets et qui font que nous arrivons à toucher les populations à la base. Ce qu'il faut retenir c'est que pour nous, il y a un certain nombre de leviers sur lesquels nous devons travailler pour améliorer notre efficacité et notre efficience. Le premier levier pour nous c'est le suivi de nos actions. C'est ce qui justifie nos multiples déplacements sur le terrain pour nous rendre compte de l'effectivité de nos actions, pour écouter les bénéficiaires et prendre en compte leurs besoins prioritaires.

Le deuxième levier important pour nous c'est l'innovation. Nous devons continuer par innover ; nous ne pouvons pas rester dans des schémas classiques si nous voulons vraiment trouver des solutions justes adaptées à des préoccupations. Donc nous innovons et en termes d'innovation, je donne comme exemple le programme d'appui à l’employabilité et à l'insertion des jeunes soutenu par la BAD, qui permet aux jeunes de se retrouver autour des chaînes de valeur de production agricole pour pouvoir créer de la richesse. Nous avons également le produit-assurance FNFI qui est aussi pour nous une innovation complémentaire aux différents produits du FNFI.

Le troisième levier, c'est la proximité des populations. On ne peut pas vouloir travailler pour les populations, apporter des réponses justes à leur préoccupation si on n'est pas avec ces populations. Donc nous avons essayé de déconcentrer, de délocaliser nos actions à travers l'ANADEB. Nous avons dans notre pays des antennes régionales de l'ANADEB qui sont entrain de se mettre en place pour organiser des actions au niveau de chaque région.

Un autre levier important, la recherche de synergies. Le ministère à lui seul ne peut pas faire face à tous les besoins. Donc nous recherchons des synergies à l'interne au niveau de nos différents projets mais aussi avec les différents ministères et avec les partenaires (le secteur privé, la société civile). Ce que nous ne pouvons pas faire comme suivi sur le terrain, nous allons vers les ONG qui ont la capacité de faire. Donc, recherche de synergies pour avoir plus d'efficacités et d'efficiences.

Et enfin, nous mettons l'accent sur le niveau d'engagement. Nous recherchons l'autonomisation des jeunes et pour cela, il faut du personnel engagé et pouvoir transmettre le niveau d'engagement aux populations, s'engager pour faire plus et mieux. C'est important pour nous d'avoir de bonnes personnes, des ressources de qualité, de bons profils pour pouvoir arriver à faire ce que nous faisons.

Afrique Progrès: L'année 2016 semble bien remplie d'actions d'envergure, mais y a-t-il des perspectives pour 2017?

Victoire Tomegah-Dogbe : Pour 2017, nous allons mettre l’accent sur ces différents leviers, le suivi, la proximité, l'innovation, la recherche de synergies, la mobilisation des ressources et le niveau d'engagement du personnel et des différents acteurs. Nous allons continuer avec la mise en place des infrastructures socio collectives parce que les besoins sont énormes. Il est vrai que nous avons le PUDC mais en recherchant les synergies avec le PUDC, nous pouvons intensifier et accélérer les réponses par rapport à l’emploi des jeunes, parce que le taux de chômage et de sous-emploi dans notre pays reste élevé malgré les efforts qui ont été faits. Donc nous allons mettre l' accent sur le renforcement de l' employabilité des jeunes à travers l'ANVT (le volontariat), le FAIEJ, le PRADEB pour l' entreprenariat, nous allons continuer par chercher des synergies avec les institutions de microfinance et les banques pour toucher le maximum de jeunes et donner les moyens aux jeunes de pouvoir créer leur propre entreprise et recruter d'autres jeunes. Nous allons également continuer par renforcer l'inclusion financière avec le FNFI et assurer la promotion de l' artisanat avec le besoin de renforcer les capacités des artisans et leur donner le moyen de pouvoir s'installer, leur faciliter l'accès à des micro crédits, et surtout mobiliser, mutualiser les ressources artisanales à travers la mise en place des systèmes de ressources artisanales.

Afrique Progrès: Le volontariat semble avoir du plomb dans l'aile; certains jeunes après plusieurs années de volontariat se retrouvent désœuvrés et sans-emploi; quel message avez-vous pour eux?

Victoire Tomegah-Dogbe: Notre mission c'est d'apporter des accompagnements efficaces et novateurs et je voudrais insister là-dessus. Pour les jeunes nous avons deux mécanismes qui existent et qui renforcent l'employabilité et l'auto employabilité des jeunes. Pour l'employabilité des jeunes, nous avons des mécanismes de l'ANVT et le volontariat. Avec ce dispositif, nous avons mobilisé plus de 10 000 jeunes. Mais nous savons qu'il y a 40 000 autres jeunes sont en attente à la recherche de cette première expérience pour se faire valoir sur le marché. Donc renforcement de l'employabilité avec l' ANVT; mais au moment où nous renforçons l' employabilité des jeunes, nous leur donnons les moyens de pouvoir entreprendre; parce que nous sommes convaincus d'une chose, la meilleure façon de trouver du travail c'est d'entreprendre et créer son propre emploi. A travers les mécanismes comme le FAIEJ et le PRADEB, nous renforçons les capacités des jeunes à entreprendre et créer leur propre emploi. Un élément très important pour nous, il faut que le climat de notre pays soit propice aux investisseurs, et donc les conditions de paix, de sécurité, les conditions pour créer un environnement favorable à faire fructifier les investissements. Tout ceci devra être mis en relief de sorte que le gouvernement puisse créer le maximum d'emploi, et susciter l'implantation des sociétés dans le pays pour offrir des emplois aux jeunes. Il est vrai que la question de l'emploi est primordiale, et nous allons renforcer nos interventions en 2017, renforcer les mécanismes d'accompagnement mais ce que je demande, c'est que les jeunes aient une démarche volontaire et responsable. Ils doivent jouer leurs partitions et pour qu’ensemble nous bâtissions une coalition dans notre pays pour affronter la question du chômage dans notre pays.

Propos recueillis par Karbonn

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