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Clôture du dialogue national inclusif Clôture du dialogue national inclusif

RDC : Un accord signé, mais le désaccord reste ! Spécial

+++ Les travaux du dialogue national inclusif en République Démocratique de Congo (RDC) coordonné par le Facilitateur de l’Union Africaine (UA), Edem KODJO ont pris fin le 18 octobre 2016 à la Cité de l’UA par une signature d’un accord politique.

Dans cet accord, les participants se sont mis d’accord que le président actuel Joseph KABILA continuera à exercer ses fonctions après le 19 décembre 2016, fin de son mandat, jusqu’à l’installation effective d’un nouveau président élu. A partir de ce 19 décembre, un Premier ministre sera issu de l’opposition. Les élections présidentielles se tiendront dans un délai de six mois dès la convocation des scrutins le 30 octobre 2017. Soit en …2018

Edem KODJO trouve que « c’est un compromis des Congolais ! ». Vital KAMERHE, au nom de l’opposition a été le premier à signer cet accord, mais il ne faut pas oublier qu’une bonne partie de l’opposition et de la société civile ont claqué la porte dès que le départ de Joseph KABILA après la fin de son mandat n’a pas été acquis. C’est dire que le dialogue national est loin d’être inclusif comme sa dénomination officielle.

Le Représentant spécial Adjoint du SG des Nations Unies en RDC, David GRESSLY espère que l’accord « ouvrira la voie à un processus politique plus inclusif au cours des semaines à venir » et exhorte le pouvoir « à continuer à prendre des mesures visant un climat de confiance au sein de la classe politique » lors de sa prise de parole. En d’autres termes, il rappelle qu’il y a encore de désaccord.

De PARIS, sur RTL et RFI le ministre français des Affaires Etrangères Jean Marc AYRAULT trouve que ne pas tenir des élections avant fin 2016 n’est pas la bonne solution : « Nous (ndlr : la France) nous voulons éviter tout affrontement ou risque d'affrontements, de violence, dans le pays. Cela passe par un respect scrupuleux de la Constitution et la Constitution prévoit que le président Kabila ne peut pas se représenter. Son mandat s'arrête avant la fin de 2016 et il faut prévoir les prochaines élections présidentielles. Aujourd'hui, il y a un semblant d'accord qui, s'il est accepté par une petite partie de l'opposition, ne fait pas consensus »

Dès le lendemain, le 19 octobre 2016, le Rassemblement des forces politiques et sociales contre l’accord a décrété une ville morte suivie par la population. Jean-Marc KABUND –A-KABUND, un des responsables qualifie cette journée morte d’un double avertissement : « Le premier message, le peuple dit à Monsieur KABILA, faites attention, le 19 décembre tu dois quitter le pouvoir. Le deuxième message, c’est le rejet total de tout ce qui s’est fait à la cité de l’Union africaine »

De son côté, à travers un communiqué de KINSHASA (RDC) mais pas d’ADDIS-ABEBA, le président en exercice de l’UA, Idriss DEBY se félicite de la tenue du dialogue et salue le Facilitateur de l’UA Edem KODJO. Il adresse ainsi « des félicitations au gouvernement ainsi qu’aux autres acteurs politiques ayant participé au processus pour leur sens du compromis qui a permis, à travers cet accord, de jeter les bases de l’organisation d’élections libres, démocratiques et transparentes en RDC ».

Mais le communiqué de M. DEBY ne s’arrête pas là avec des piques à l’opposition congolaise, lançant « un appel aux composantes de l’opposition qui n’ont pas pris part au Dialogue, à rejoindre le consensus qui en est issu, de façon à éloigner durablement le spectre d’une crise à leur pays ». En passant de tel message, le président en exercice de l’UA ne va-t-il pas envenimer l’atmosphère ?

James RAMAROSAONA (Paris, 20/10/2016)

James RAMAROSAONA

Journaliste Indépendant Spécialiste de l'Afrique
Ancien Président de l'Ordre des Journalistes de Madagascar
jramarosaona@hotmail.com
FRANCE

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