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S.E.M Abdu Razzaq, ambassadeur du Gabon au Royaume du Maroc, lors de la conférence de presse de ce vendredi 16 septembre 2016. S.E.M Abdu Razzaq, ambassadeur du Gabon au Royaume du Maroc, lors de la conférence de presse de ce vendredi 16 septembre 2016. © Copyright Afrique Progrès Magazine

Crise post-électorale: Abdu Razzaq, l’ambassadeur gabonais au Maroc, apporte des précisions pour stopper la désinformation Spécial

Alors que la crise post-électorale gabonaise est en cours de résolution, Abdu Razzaq Kambogo, l’ambassadeur du Gabon au Maroc, a tenu à apporter les précisions, question de mettre un terme à la désinformation. Au cours de sa conférence de presse organisée dans les locaux de la représentation diplomatique à Rabat, ce vendredi 16 septembre, il a été aussi question de la situation actuelle du Gabon.

La vie reprend au Gabon après quelques jours de tension. Les commerces ont rouvert, de nombreuses entreprises aussi. Même si de nombreux médias restent scotchés sur la situation tendue qui avait suivi l’annonce des résultats de la présidentielle du 27 août dernier, Abdu Razzaq a assuré au cours de son propos qu’« Aujourd’hui les choses sont à la normale au Gabon ». Le diplomate reconnait que « les activités tournent encore au ralenti » mais le calme est revenu, et l’ensemble du territoire est sécurisé.

Abdu Razzaq, soutient de ce fait que « le Gabon est un petit pays qui a amorcé son développement », ceci dit de telles situations ne participent qu’à suspendre les chantiers de développement lancés depuis l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo Ondimba. L’ambassadeur a exhorté ses compatriotes à « respecter les lois » nationales, ajoutant que toute conduite arbitraire sera punie. Selon M. Razzaq qui précise au sujet des ressortissants français retenus dont les médias ont parlé longuement ces derniers jours, « la loi gabonaise s’applique à eux ». Le diplomate gabonais précise qu’il s’agit de six (6) individus, binationaux et non 15 tels que certains médias et responsables politiques français l’ont mentionné.

 

Abdu Razzaq condamne les « déclarations dommageables » de certains hauts responsables

Au début de son propos l’ambassadeur gabonais a condamné « les déclarations dommageables » de certains hauts responsables qui auraient critiqué à tort le déroulement de cette présidentielle. M. Abdu Razzaq affirme que cette élection a été « organisée avec doigtée par la Cénap », un fait que de nombreux scrutateurs ont reconnu d’après lui.

La présidentielle du 27 août dernier s’est tenue dans « les meilleures conditions », contrairement à tout ce qu’on a pu servir à l’opinion publique par la suite a déclaré M. Razzaq. Rappelons toutefois qu’à l’issue de cette présidentielle, de nombreux individus, plus voyous que militants, avaient pris d’assaut les biens publics et privés, causant des dégâts notables. Le diplomate gabonais parle « des actes de vandalisme » qui ont consisté à « casser, brûler et piller ». Pour Abdu Razzaq, « les organisateurs de ces mouvements qui manifestaient soi-disant, étaient de l’opposition, ce qui montre que les appels à la violence ont été entendus et appliqués ». Pourtant là aussi le silence est resté totale, tant sur le plan médiatique que sur le plan politique.

Toutefois M. Razzaq pense que ce refus de dénoncer les actes du candidat Jean Ping n’est pas le fait d’un acharnement contre le candidat Ali Bongo au pouvoir depuis 2009. Le chef de la mission diplomatique gabonaise au Maroc indique qu’au cours des derniers jours « nous avons plus assisté à un conflit de personne » et pas à une éviction organisée de la famille Bongo. Puisque d’après M. Abdu Razzaq, « les Bongo Ondimba sont gabonais…je ne pense pas qu’on puisse se débarrasser d’un gabonais ».

 

Une communauté internationale critiquée pour sa position partiale

Nonobstant le désir affiché par la communauté internationale de voir un retour à la normale de la situation au sommet de l’Etat gabonais, certaines vérités ont été occultées, à en croire les déclarations de M. Abdu Razzaq. Parlant du taux de participation à cette élection, l’ambassadeur n’a pas hésité à dénoncer l’acharnement médiatico-politique autour de la province du Haut Ogooue. La région qui a eu un taux de participation de 99%, ne serait pas la seule unité administrative à avoir connu ce taux extraordinaire. Dans certaines régions où le candidat Jean Ping a remporté haut les mains le scrutin, le taux de participation a atteint « 100% et parfois 103% ».

Toutefois le diplomate gabonais précise que, « la mobilisation [lors de la campagne du candidat Ali Bongo] a été aussi extraordinaires que les résultats » dans cette province du Haut Ogooué. C’est donc à tort que la question a fait l’objet d’une grave polémique et cela d’autant plus que l’ambassadeur assure qu’une procédure de recomptage est prévue avec la saisine de la « cour constitutionnelle ».

Le 23 septembre prochain la cour constitutionnelle rendra son verdict à l’issue de l’examen des procès-verbaux en cours en ce moment. Mais en attendant, Abdu Razzaq a tenu à inviter les nations occidentales à reconnaître que « L’Afrique est un continent libre ». Ceci dit il appartient aux peuples d’Afrique de décider de leurs orientations, un fait que l’Union Africaine semble avoir compris depuis la crise burundaise. Onésiphore Nembe/Afrique Progrès Magazine

Onésiphore NEMBE

Directeur de publication

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