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TCHAD : le verdict après la présidentielle et des jeunes violemment dispersés ! Spécial

+++ Arrêtés le 22 mars 2016, alors qu’ils organisaient une marche pacifique contre la candidature du président Idriss DEBY à la prochaine présidentielle, le procès des quatre dirigeants de la société civile a lieu le 7 avril 2016 dans une atmosphère tendue.

Mahamat Nour IBEDOU, porte-parole de la plate forme «ça suffit», et Nadjo Kaina PALMER, coordinateur du « Iyina » (on est fatigué, en arabe), Younous MAHADJIR et Céline NARMADJI, porte-parole de la coalition « Trop, c’est trop » sont reprochés à une résistance à l’action des autorités et une tentative de troubles à l’ordre publique. Le 31 mars 2016 a lieu une première apparition au tribunal vite annulé par le juge, après que le public saluait par une salve d’applaudissements la réponse à l’accusation d’un des inculpés.

La séance des plaidoiries se succède. Le procureur réclame une condamnation des leaders de la société à six mois de prison ferme. Tandis que les avocats, au nombre d’une vingtaine, démontrent avec pertinence qu’aucune infraction n’est constituée et demandent la simple annulation de la poursuite. Pour eux, « manifester contre une cinquième candidature de M. Déby au pouvoir depuis 26 ans relève d’une manifestation d’opinion, et la liberté d’expression est reconnue par la Constitution tchadienne ».

Le procureur n’a plus repris la parole. Le juge refuse de délibérer au siège en renvoyant la délibération pour le 14 avril 2016. Soit après la présidentielle du 10 avril 2016 !

L’audience dure deux heures de temps mais la presse n’a pas été autorisée. L’ambiance devant le Palais de la justice est tendue avec la présence des centaines de jeunes réclamant la libération des leaders de la société civile, avec des slogans. Après l’audience, ces jeunes expriment leur mécontentement en empêchant le cortège ramenant les détenus en prison. Les forces de l’ordre ont tiré à balle réelle en l’air et lancé de lacrymogène sur les manifestants.

Il y a eu des jeunes évanouis que les forces de l’ordre ont refusé d’évacuer à l’hôpital. Avec une telle attitude, les éléments des forces tchadiennes semblent dépasser les bornes et confirment l’accusation de l’opposition d’être à la solde entière du régime Deby en mal de popularité à quelques jours des élections.

James RAMAROSAONA
(Paris, 08/04/2016)

James RAMAROSAONA

Journaliste Indépendant Spécialiste de l'Afrique
Ancien Président de l'Ordre des Journalistes de Madagascar
jramarosaona@hotmail.com
FRANCE

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