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Mohamed Bazoum, récemment promu ministre d’État auprès de la présidence nigérienne. Mohamed Bazoum, récemment promu ministre d’État auprès de la présidence nigérienne.

Niger : nouvelle frasque entre le corps des magistrats et les ministres du régime Issoufou Spécial

Les magistrats nigériens ne tiennent plus à garder le silence face aux maladresses de certaines figures du régime. Alors que quelques personnalités essayent encore d’influencer les décisions de justice, le syndicat autonome des magistrats du Niger (SAMAN) dénonce dans un communiqué le « silence du président nigérien (Mahamadou Issoufou) devant les immixtions de ses ministres dans le traitement des affaires judiciaires ».

Dans un communiqué publié ce dimanche 29 novembre, les magistrats nigériens ont tenu à dénoncer « le silence (…) du président nigérien (Mahamadou Issoufou) devant les immixtions de ses ministres dans le traitement des affaires judiciaires ». L’un des ministres auteurs de ces gaucheries regrettables, Bazoum Mohamed, ministre d’Etat à la Présidence et chef du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir). Selon le communiqué, ce dernier aurait tenu des « propos injurieux » à l’encontre du « corps de la magistrature » dans une interview publiée dans les colonnes de l’hebdomadaire Jeune Afrique, paru cette semaine.

Dans cette interview le ministre s’insurge contre le fait que Hama Amadou, candidat à la présidence, depuis deux semaines incarcéré pour une affaire de trafic de bébés, puisse « échapper à une condamnation ». Le fait en lui-même montre quelque part la position favorable du régime quant à cette incarcération qui pourrait viser à éliminer de la course le principal rival du chef d’Etat sortant lors de la présidentielle du 21 février 2016. Mais pour les magistrats, ceci est aussi une invitation qui leur est faite, de trouver le moyen de condamner Hama Amadou. Sauf que le corps des magistrats à réagi autrement, préférant passer à l’attaque avant ce qui s’annonce comme une libération inconditionnelle du candidat au poste de président.

Le pire est que le ministre avance l’idée de complices au sein du corps des magistrats, « Cela a pris du temps car il a pu bénéficier de complicités au sein de la justice au début de l’affaire ». Ces derniers préserveraient le candidat à la présidence d’une condamnation contre un détournement de la vérité, une contrevérité très fustigée au sein des magistrats.

Hormis la survenance d’un fait nouveau dans cette affaire, les dés sont jetés désormais pour une remise en liberté du candidat à la présidence de la république, une raison qui a pu forcer les magistrats à dénoncer une immixtion des autorités dans leur fonction et à exiger que personne ne se permette plus de mépriser « la présomption d’innocence, de spéculer et d’imaginer la nature de la décision que rendra le juge en charge d’une affaire (ndlr: trafic de bébés) pendante devant les juridictions »

Pour rappel, c’est Hassoumi Massaoudou, ministre de l’Intérieur, qui a reçu la plainte de la SAMAN à la fin du mois d’avril dernier, après qu’il ait qualifié un juge d’« incompétent », suite à une décision de justice qui semblait ne pas le satisfaire. AFPmag

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