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Dr Nikabou Gmakagni Dr Nikabou Gmakagni

Litterature/Dr Nikabou Gmakagni: 'Toutes les religions se valent' Spécial

  • 31 mai, 2017
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  • Publié dans LA TRIBUNE
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Combien de fois n'avons-nous pas assisté aux conflits entre des adeptes de différentes religions dans le monde? Que ce soit au Mali, au Burkina Faso, au Nigeria voire en France, le phénomène des guerres inter-religieuses défraie la chronique tant dans les actualités nationales et internationales. Pour un même Dieu, omnipotent et omniprésent, le monde se déchire. C'est cette problématique qui est abordée dans 'Ces fous de la religion', un livre paru aux Editions du Panthéon en France le 28 octobre 2016.

Dr Nikabou Gmakagni, l'auteur de cette œuvre romanesque de 72 pages simule une fiction à travers laquelle il interroge les fondements religieux et idéologiques qui servent d'étendards aux extrémistes africains.

Selon lui, les africains ont la possibilité d'échapper aux conflits inter-religieux ainsi qu'à leurs corollaires, 'à condition qu'ils changent de paradigmes et qu'ils se laissent traverser par la lumière'.

L'écrivain de nationalité togolaise, encore faut-il le souligner, s'est immédiatement après la dédicace de son second ouvrage, confié à la rédaction d'Afriqueprogres

 

Propos recueillis par Likibani Bararmna, journaliste correspondant d'Afrique Progrès Magazine au Togo.

 

Afriqueprogres: Vous publiez un ouvrage titré 'Ces fous de la religion'. A quoi voulez-vous faire allusion?

Nikabou Gmakagni: Ce titre confirme la bêtise qui consiste à parler des fous de Dieu. Dieu n'a pas de fous. Mon inspiration est parti de certains problèmes qui sont nés des observations quotidiennes actuellement. Voyez-vous, lorsque les djihadistes sont arrivés à Gao ou Tombouctou, ils ont procédé à la destruction des mausolées. Et cette destruction des mausolées m'a interpelé. Comment se fait-il que les musulmans viennent détruire des endroits saints d'autres musulmans? Autre interrogation, en parcourant les carrefours de Lomé, on rencontre des gens qui ont des mégaphones en pleine circulation aux feux tricolores, qui racontent des histoires aux passants, je ne sais pas si les gens prêtent attention aux litanies et aux inepties, tout cela devant tout le monde. Autre chose, nous sommes souvent réveillés par les gens qui élucubrent et qui font ce qu'on appelle la pollution sonore dans les quartiers à l'aube...tout ça au nom de Dieu. Mon interrogation a consisté à inviter tout le monde, à réfléchir. ..où est-ce que nous les africains nous allons? Avons-nous un référentiel? Devons-nous toujours suivre les référentiels que les autres conçoivent pour nous? ...L'arabe a construit l'Islam pour nous, le Juif a construit le Christianisme pour nous, mais nous construisons quoi pour l'humanité? 

 

Afriqueprogres : l'Afrique semble être victime collatérale d'une guerre à laquelle elle n'a pas participé: l'intolérance religieuse avec ses corollaires comme le djihadisme, les croisades etc... et vous évoquez la religion première. Y-a-t-il des solutions que vous proposez à cette situation dans cette publication? Le retour aux sources ancestrales pour les africains est-il meilleur selon vous?

Nikabou Gmakagni: Si vous avez bien lu mon livre, je ne condamne pas les religions mais je condamne la façon dont on les utilise; et pour moi toutes les religions se valent. Mais dans cette bataille religieuse, dans ces combats religieux, que l'Africain retrouve une place considérable, une place de dignité, une place de valeur; tout simplement parce que nous tous nous considérons que nous sommes envahis de toutes les parts par des religions que je qualifie "d'importés". Et nous sommes les premiers, les seuls d'ailleurs à jeter l'anathème sur nos propres religions notamment la religion première qui est l'animisme, qui est une religion de tolérance comme toutes les religions. Que ce soit l'Islam, le Christianisme, l'animisme pour qui nous tous nous sifflons, c'est Dieu...Dieu qui aime tous ses enfants au même titre, qui ne les distingue pas. 

 

Afriqueprogres : Au-delà d'une guerre religieuse à laquelle on assiste sur le continent et partout dans le monde, on a l'impression d'un conflit à caractère idéologique voire politique. L'Afrique pourra-t-elle échapper à cette spirale de violences?

Nikabou Gmakagni: L'Afrique a la possibilité d'échapper à cette guerre religieuse que nous observons de par le monde, mais à condition que nous soyons traversés par la lumière, les idées nouvelles, changer les paradigmes. Les idées nouvelles, c'est que nous considérons d'abord que la religion c'est une invention humaine. Dieu n'a pas inventé la religion et à ce titre, voilà pourquoi d'ailleurs elles sont toutes faillibles, imparfaites. Voilà ce qui explique même la problématique de la contradiction. Tout ce que Dieu fait n'est pas contradictoire mais tout ce qui est de l'émanation de l'homme, est sujette à des controverses. Si tout le monde comprend que la religion n'est que l'invention humaine, et que Dieu transcende nous tous, Dieu est au-dessus de tous, nous invitons ainsi tout le monde à la tolérance, la considération de la religion de l'autre; aucune religion n'est supérieure à l'autre. Toutes les religions se valent au même titre et Dieu aime tout le monde. Musulmans, chrétiens, animistes, bouddhistes etc...Dieu aime au même titre; pourquoi nous entre-déchirer?

Karbonn

Journaliste, correspondant d'Afrique Progrès Magazine au Togo

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