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L'ex-chef d'état-major des armées françaises, Pierre de Villiers L'ex-chef d'état-major des armées françaises, Pierre de Villiers

Géostratégie : Quand le général Pierre de Villiers donnait des leçons à la France Spécial

Cher lecteur, le texte ci-dessous du général Pierre de Villiers, chef des forces armées françaises qui a remis sa démission au président Emmanuel Macron le 19 juillet dernier, a été repris intégralement, sans une analyse de la part de votre presse internationale, Afrique Progrès Magazine.

Ces propos d’une parfaite lucidité présentent le monde comme un espace où les luttes de positionnement vont croissantes et les budgets affectés aux forces armées soutiennent ces opérations clair-obscures des Etats. Dans ce contexte, la diminution du budget des forces armées se solde par un recul de la puissance nationale sur la scène internationale, tant sur le plan économique que sur le plan géostratégique.

Le général Pierre de Villiers rappelle que les dépenses militaires depuis 2015 ont rebondi pour atteindre leur niveau de la fin de la guerre froide, soit 1700 milliards de dollars par an. Tout porte à croire que le monde est en train de basculer dans une nouvelle guerre qui hélas ne trouve pas encore de nom. Malheureusement notre Afrique reste face à cette vague montante, un spectateur inerte. Quel destin pour l’Afrique quand le monde basculerait dans une nouvelle guerre ?

Pierre de Villiers : « Nous sommes entrés dans des temps difficiles et incertains »

"Je rappelle pour terminer que la souveraineté économique ne s'oppose pas à la souveraineté de défense, bien au contraire. Reste qu'il faut trouver entre les deux une voie juste et équilibrée. Le coût du renoncement serait potentiellement très élevé. Comme chef d'état-major des armées, je ne vois pas d'autre alternative que celle du désengagement opérationnel inéluctable, par manque de moyens. Se résoudre à l'option du désengagement ne se résume pas à la seule décision de quitter un théâtre d'opération. Se désengager, c'est choisir en réalité quel dispositif, intérieur ou extérieur, alléger. C'est décider quel théâtre quitter alors que les opérations qui y sont conduites contribuent à notre sécurité. C'est accepter de peser de façon moins déterminante sur la protection des Français. C'est laisser à d'autres le soin d'influer sur les grands équilibres internationaux. En un mot, ce serait revoir nos ambitions à la baisse, au moment même où de très nombreux États, déraisonnables pour certains, aspirent à faire entendre leur voix dans le concert des nations. Une telle décision serait respectable, mais il faut que, politiquement, les choses soient claires".

"Choisir le désengagement, c'est aussi prendre le risque d'une profonde incompréhension chez ceux - dont je suis le porte-parole - et qui, au quotidien, dans nos armées, cherchent avec constance et volonté à surmonter les difficultés pour assurer le succès de la mission qui leur a été confiée. Ils le font parfois au péril de leur vie. Imaginez le poids qui pèse sur les familles quand le père, le mari, l'épouse partent sans savoir s'ils reviendront, ni dans quel état. C'est là une nouveauté depuis trois ans qu'il faut prendre en compte. L'état d'esprit des militaires a changé. Nous pouvons être fiers de ce qu'ils font - je le suis - et de ce qu'ils sont. Comme le disait Clemenceau : « Ils ont des droits sur nous ».

"Nous sommes entrés dans des temps difficiles et incertains ; nous sommes entrés dans le temps de la décision et du courage où se jouent ensemble la sécurité et l'avenir du pays. Chaque époque a ses difficultés. L'esprit de défense, « premier fondement de la sécurité nationale », selon les termes du Livre blanc de 2013, nous est nécessaire. Dans deux jours, lors de la fête nationale, nous aurons l'occasion, une fois de plus, de constater que cet esprit est bien vivant et partagé par la très grande majorité de nos concitoyens. Dans les temps qui sont les nôtres, il est important qu'il se manifeste tous les autres jours de l'année par un soutien sans faille. Votre commission jouera, je le sais, un rôle déterminant en la matière. Vous pouvez compter sur mon engagement personnel, ma totale loyauté et ma détermination, que je pense que vous avez mesurés. Je nous sais tous ici habités par une seule ambition : le succès des armes de la France, au service d'une paix d'avance !"

Contexte sécuritaire européen et mondiale vue par Pierre De Villiers

"Depuis 2015, la France, et, plus largement, notre continent européen ont été douloureusement frappés par des actes terroristes particulièrement odieux. Il ne se passe plus un mois, désormais, sans qu'une attaque ne soit perpétrée dans l'un ou l'autre des pays européens. Ce contexte particulier vient soudainement nous rappeler que la paix et la sécurité de notre espace commun, que nous tenions plus ou moins pour acquises, restent sous la menace permanente d'une remise en cause. Ma conviction est que les temps à venir seront difficiles. Nous avons le devoir de regarder la réalité en face, sans la noircir, certes, mais avec le souci d'appréhender le monde tel qu'il est. Notre époque est marquée par une complexité grandissante. Nous devons faire face à une infinité d'interactions entre de nombreux compétiteurs, dans tous les champs".

"J'observe en second lieu que le monde réarme. Après des décennies de stagnation ou de baisse, le cycle s'est inversé en 2015 : les ventes d'armes dans le monde ont même retrouvé cette année leur niveau de la fin de la guerre froide ! Les dépenses militaires représentent environ 1 700 milliards de dollars, soit 2,3 % du PIB mondial, même si certains États persistent encore à considérer que l'OTAN et les États-Unis continueront à pourvoir, dans les mêmes proportions, à la défense de l'Europe. Pris dans leur ensemble, les pays européens ne consacrent que 1,2 % de leur PIB à la défense, quand les États-Unis y consacrent 3,3 % et la Russie, 3,7 %. Ce désarmement relatif des Européens entraîne un moindre investissement de leur part dans le champ de la préparation de l'avenir - celui qui assure la « paix d'avance ». J'en fournirai un exemple parmi d'autres : si, en 2000, les Européens alignaient 4.000 avions de combat, ils n'en totalisent aujourd'hui qu'environ 2.000 et les projections laissent craindre que nous passions sous la barre des 1.500, à l'horizon 2030".

"En France, nos armées sont …Vous venez de lire 40% de cet article. Article réservé aux abonnés. Retrouvez le numéro 007 d’Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. en vente dans les kiosques.

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