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Barrage Grande Renaissance : les travaux se poursuivent, les désaccords aussi

03 mars, 2018

Le barrage Grande Renaissance a dépassé un niveau de réalisation de 65%. Son entrée en fonction prévue en 2019 pose un problème d’approvisionnement en eau potable au voisin égyptien. Depuis, les deux pays auxquels il faut ajouter le Soudan, entre autres pays traversé par les eaux du Nil, tente une résolution diplomatique de la mésentente.

L’Ethiopie et l’Egypte peuvent souffler enfin.

24 mars, 2015

 

Omar el-Béchir (Soudan), Abdel Fattah al-Sissi (Egypte) et Hailemariam Desalegn (Ethiopie) saluent l'accord sur la construction du grand barrage éthiopien Renaissance et le partage des eaux du Nil
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, son homologue soudanais Omar el-Béchir, et le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, à Khartoum lundi 23 mars 2015

 

Le vieil accord de 1929 qui accordait à l’Egypte un droit de décider sur le sort des eaux du Nil, ne régira bientôt plus les pays desservis par le plus long fleuve d’Afrique. Après de longs mois de polémique au sujet de la construction par l’Ethiopie du mégabarrage la Renaissance, un accord vient d’être signé par Abdel-Fattah al-Sissi, Omar el-Béchir et Hailemariam Desalegn ce lundi 23 mars 2015.

Bientôt l’accord de 1929 ne sera plus valable. Cet accord reconnaissait à l’Egypte où seulement 20% des eaux du Nil passent, un droit de regard sur les eaux du plus long fleuve d’Afrique, de sorte que tous les projets menés sur le Nil devait recevoir l’aval du Caire ; une situation fort rigide pour l’Ethiopie par où passent 80% de ces eaux.

Alors que l’Ethiopie est à la recherche de sa gloire perdue et que les leaders politiques ne cachent plus leur ambition de devenir une puissance continentale, pareille décision était à revoir. Avec le lancement de la construction du mégabarrage de la Renaissance, la situation entre les deux pays était explosive. Les menaces du Caire qui voyait dans ce projet qu’il n’avait pas autorisé un risque de perdre les précieuses eaux du Nil, avaient fait croire à l’imminence d’une guerre. Mais contre toute attente, l’Ethiopie poursuivait les travaux de construction de ce barrage qui sera en 2017, à sa livraison, sera le plus important sur tout le continent africain.  

Le combat mené par l’Ethiopie, vient de connaître un terme ce lundi 23 mars. Après leurs ministres de affaires étrangères qui s’étaient retrouvés à Khartoum le 6 mars dernier, Abdel-Fattah al-Sissi le président égytien, Omar el-Béchir, le président soudanais et Hailemariam Desalegn, le premier ministre éthiopien, se sont retrouvés au Soudan pour signer l’accord de principe qui autorise l’Ethiopie à poursuivre les travaux de construction du mégabarrage. A l’issue de cette signature, le premier ministre éthiopien a tenu à rassurer ces deux voisins. L’homme déclare : « Je confirme que la construction du barrage Grande renaissance ne nuira pas à nos trois États, et en particulier au peuple égyptien ».

Ce propos est d’autant plus important en ceci que le remplissage du bassin nécessitera 70 milliards de mètres cube d’eaux, de quoi nourrir les craintes du Caire. Mais Abdel Fatah al-Sissi, précise pour sa part qu’ « il s’agit d’un accord de principe qui doit être complété ». Aucune date n’a été donnée pour compléter cet accord ce qui laisse croire qu’après la livraison de l’ouvrage en 2017, ils verront ce que deviendra le Nil avant de revenir sur ce dossier. Toutefois le président égyptien affirme en définitive  « Nous avons choisi de coopérer, et de nous faire confiance mutuellement dans l'intérêt du développement ».

Le barrage dont la réalisation coûte 3,2 milliards d’euros à l’Ethiopie sera livré en 2017. Sa production de 6 000 mégawatts d’électricité, mettra définitivement l’Ethiopie à l’abri des soucis liés au manque d’énergie, ce qui constituant un atout pour l’arrivée des investisseurs, est un moyen de puissance sur cette région de la  corne d’Afrique où les besoins en terme d’énergie électrique sont l’apanage de beaucoup de pays. AFPmag.