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Valoriser les tourbières dans les deux Congo est devenue une préoccupation tant au sommet  des deux pays qu'au niveau international Valoriser les tourbières dans les deux Congo est devenue une préoccupation tant au sommet des deux pays qu'au niveau international

Tourbières : Le plaidoyer de Brazzaville pour une gestion durable de la ressource Spécial

  • 23 mai, 2018
  • Écrit par  Emile ETOUNDI
  • Publié dans ECONOMIE
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Avec une capacité de stockage de 500 milliards de tonnes de carbone, les tourbières assurent l’adaptation des communautés locales aux changements climatiques.

Du 21 au 23 mars dernier, l’avenir des tourbières s’est joué à Brazzaville, la capitale du Congo. Durant trois jours, les experts venus des pays tropicaux couverts par les tourbières, de l’ONU-Environnement et représentants de la société civile ont engagé des réflexions pour la protection, la conservation, la restauration et la gestion durable de ces ressources. Les travaux de la 3ème réunion de l’Initiative mondiale sur les tourbières portaient sur le thème « Valoriser les tourbières pour la population et la planète ». Les experts ont reconnu que l’intégrité écologique des tourbières est menacée. Selon Adamou Bouhari, Task Manager UN-environnement, « les tourbières sont menacées par le drainage pour l’agriculture, la foresterie, les infrastructures et d’autres utilisations liées au développement ».

Les experts ont martelé l’importance des tourbières en tant que trésors naturels pour la planète. Ce sont d’importantes réserves de carbone. Leur biodiversité garantit des moyens de subsistance pour les populations locales et contribue à l’atténuation et à l’adaptation aux changements climatiques à travers la capture et le stockage du carbone et la régulation du régime et de la qualité des eaux. Elles stockent plus de 500 milliards de tonnes de carbone, soit le carbone contenu dans toute la biomasse terrestre et deux fois plus que toute la biomasse forestière mondiale. D’après de récents travaux scientifiques, les seules tourbières des Lac Télé au Congo et Lac Tumba en République Démocratique du Congo retiennent 30 milliards de tonnes de carbone. Toutefois, il y a un paradoxe : malgré que les tourbières sont présentes dans 180 pays au monde, elles couvrent à peine 3% de la surface terrestre mondiale.

L’urgence d’une mobilisation internationale

Les travaux de Brazzaville ont abouti à une approche commune dénommée « La déclaration de Brazzaville » signée par trois ministres de l’environnement, Arlette Soudan-Nonault du Congo, Amy Ambatobe Nyongolo de la RDC et Siti Nurbaya Bakar de l’Indonésie. La déclaration privilégie la gestion durable des tourbières entre les différents pays abritant les tourbières, notamment le Pérou, l’Indonésie, le Congo et la RDC présents aux assises de Brazzaville. La déclaration s’inscrit en droite ligne de l’atteinte des objectifs d’Aichi sur la diversité biologique adoptées en 2010. A travers la déclaration, les signataires ont manifesté leur engagement à mettre en œuvre des mécanismes de coopération et de coordination des activités entre acteurs gouvernementaux et entre les gouvernements et le secteur privé pour mutualiser les efforts de protection des écosystèmes des tourbières.

Le Congo et la RDC en particulier s’engagent à mettre en place des cadres nationaux multisectoriels et multidisciplinaires pour la gestion des tourbières de la cuvette centrale du Bassin du Congo. Une priorité sera accordée à la finalisation des plans d’affectation des terres favorisant la conservation et la protection des tourbières, la prévention de leur drainage et de leur assèchement. Comme action concrète, les deux pays ont annoncé la mise en place d’un accord de collaboration transfrontalier afin de préserver l’avenir des tourbières naturelles et leurs services écosystémiques, avec la participation et l’implication des communautés locales. Un appel a été lancé en direction des bailleurs de fonds pour la mise à disposition des ressources financière, matérielle, humaine et logistique adéquates au bénéfice des pays concernés, pour une action climatique solide visant à préserver les intérêts des générations présentes et à venir.

Emile ETOUNDI

La survie des tourbières dépend d’une prise de conscience collective.

 

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