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Léon Juste Ibombo lors du lancement du réseau à fibre optique à Mbinda, au sud ouest du Congo Brazzaville Léon Juste Ibombo lors du lancement du réseau à fibre optique à Mbinda, au sud ouest du Congo Brazzaville

Fibre optique : Le Congo et le Gabon interconnectés désormais Spécial

  • 14 mai, 2018
  • Écrit par  Emile ETOUNDI
  • Publié dans ECONOMIE
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Suite à la récente inauguration de 1604 km de fibre optique, les deux pays seront interconnectés et vont considérablement réduire leur fracture numérique.

La fracture numérique subie par le Congo et le Gabon jusqu’à présent ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. Avec l’inauguration officielle le 6 avril dernier de l’interconnexion entre les deux pays à travers les projets de fibre optique Central African Backbone CAB 3 (Congo) et CAB 4 (Gabon), c’est une promesse d’Internet haut débit qui se profile à l’horizon. 1604 km de fibre optique ont ainsi été déployés sur une distance d’environ 504 km côté congolais et 1100 km côté gabonais.

Le Congo envisage déjà la construction d’un Data Center à Brazzaville. En termes d’effets induits, l’on annonce la transformation du paysage des télécommunications dans les deux pays, la transmission de données d’un pays de la sous-région à un autre sans transiter par les câbles sous-marins internationaux et l’augmentation du taux de pénétration d’Internet dans les Etats concernés. L’activité économique devra également connaître sa vitesse de croisière. Avec l’augmentation de l’offre de services à large bande, le coût des services de télécommunications sera réduit et les échanges de biens et services dans la sous-région seront facilités.

Les travaux débutés au premier trimestre 2015 ont duré un peu plus de deux ans pour s’achever en décembre 2017. Le projet aura coûté 15 milliards de Fcfa. Les deux parties ont convenu de la répartition des quotas à part égale, soit 50% des capacités pour chaque Etat lors de l’activation de l’interconnexion, garantissant la portée des cartes installées dans les outils de transmission de chaque côté de la frontière.

D’après le ministre congolais des Postes, des télécommunications et de l’économie numérique, Léon Juste Ibombo, l’ouvrage d’envergure « permettra à nos entreprises qu’elles soient nationales ou internationales de collaborer plus efficacement, plus vite et de créer de la valeur ajoutée pour tous. A partir d’aujourd’hui, nous n’aurons plus besoin d’emprunter des routes numériques internationales pour collaborer entre Etats frères. Les échanges digitaux vont fortement augmenter. La fracture numérique entre nos zones frontalières sera réduite et les populations profiteront d’un accès plus aisé au monde numérique, plus performant et moins cher ».

Le Gabon à travers son ministre en charge de la Communication et de l’économie numérique, Alain-Claude Bilie-By-Nze, voit en ce projet une occasion d’avoir un troisième point de connectivité à l’international (en plus des câbles sous-marins ACE et SAT 3) pour renforcer la connectivité du pays. « Dorénavant, les échanges de trafic entre le Gabon et le Congo se feront de plus en plus via le réseau CAB et non plus à travers les câbles internationaux avec pour effet immédiat de favoriser la réduction continue du coût de connectivité entre nos deux Etats, et de permettre ainsi aux entreprises et aux populations d’accéder à un plus grand volume de données et de capacités », précise le ministre gabonais.

Une intégration régionale renforcée

Avec cette fibre optique, l’intégration sous-régionale en zone CEMAC va connaître un coup d’accélérateur. La pose d’infrastructures terrestres de haut débit va quant à elle réduire la fracture numérique entre les pays concernés tout en augmentant la capacité de liaison numérique entre les 11 pays de la Communauté économiques des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). « Les deux pays viennent de franchir une étape décisive dans la réalisation de l’intégration régionale numérique. À terme, cela permettra de diversifier leur économie, de créer des emplois et de démocratiser   l’utilisation des technologies et services de l’information et de la communication dans la sous-région », explique Elisabeth Huybens, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Cameroun, le Gabon, l’Angola, la Guinée Équatoriale et Sao Tomé & Principe et responsable du Programme d’intégration régionale de la Banque mondiale pour l’Afrique centrale.

Emile ETOUNDI

 

Encadré

Que retenir du CAB ?

Le salut numérique de la CEEAC passe par le Central African Backbone (CAB)

Le Central African Backbone (CAB) est un projet dont l’objectif est d’interconnecter toutes les capitales de la sous-région Afrique centrale par fibre optique, tout en dotant les pays d’un réseau de fibre optique optimal et capable d’amorcer la transition énergétique en cours sur l’ensemble du monde. Encore appelé projet de dorsale d’Afrique centrale en fibre optique, le CAB est soutenu par les partenaires financiers comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement avec le concours des pays concernés. Dans son déploiement, le projet se subdivise en cinq composantes : Cameroun, Tchad et République centrafricaine (CAB 1), Sao-Tomé et Principe (CAB 2), Congo (CAB 3), Gabon (CAB 4) et République démocratique du Congo (CAB 5). Grâce à la réalisation de ces projets, les pays de la CEMAC en particulier vont devenir des hubs régionaux en matière de technologies de l’information et de la communication.

Emile ETOUNDI

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