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Emmanuel, le bateau 100% congolais Emmanuel, le bateau 100% congolais

RDC : Des bateaux « Made in Africa » dans le Nord-Kivu Spécial

  • 04 mai, 2018
  • Écrit par  Emile ETOUNDI
  • Publié dans ECONOMIE
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Après les bateaux Emmanuel 1, 2 et 3, des experts congolais formés en RDC réalisent en ce moment la construction d’Emmanuel 4 qui sera très bientôt opérationnel. Et ce bateau n’a rien à envier à ceux construits ailleurs dans le monde.

Sur les berges du lac Kivu en République démocratique du Congo (RDC), plusieurs techniciens s’activent à donner forme à un bateau dénommé Emmanuel 4. D’une dimension de 30 mètres de long sur 10 mètres de large, le bateau est réalisé dans les chantiers navals de Bukavu (chef-lieu du Sud-Kivu), plus précisément au km 4 sur la route de l’aéroport de Kavumu.

Les travaux ont la particularité d’être réalisés à 100% par des soudeurs et des ouvriers de nationalité congolaise. Seul le matériel utilisé provient de l’Occident. « Du sommet à la base, tout le monde est Congolais. Les idées sont congolaises. Nous n’avons jamais été en Europe pour nous inspirer de leur expérience dans la construction des bateaux. Nous avons été formés au Congo par des Congolais », explique Ponyo Baruti, ingénieur et chef de chantier du projet naval, dans un reportage réalisé récemment par TV5 Monde.

« Du sommet à la base, tout le monde est Congolais. Les idées sont congolaises. »

L’ingénieur ajoute que ces bateaux « Made in Congo » sont solides, rapides, confortables et permettent d’améliorer la navigation sur le lac Kivu. La paternité d’Emmanuel 1, 2 et 3 lui est également attribuée. Ces bateaux ont été conçus respectivement en 2009, 2010-2011 et 2013-2014. Les travaux sont financés à hauteur de 5 milliards de francs congolais par la société Ets Silimu spécialisée dans le transport lacustre, c’est-à-dire le transport des personnes et des biens par bateau. Les Ets Silimu opèrent dans ce secteur d’activité depuis plus d’une dizaine d’années. Leur objectif est de saisir cette opportunité pour renouveler la flotte navale laissée par la Belgique tout en créant des emplois décents et durables pour les populations congolaises. Les bateaux sont réalisés uniquement sur commande.

Honneur au génie créateur des Africains

Les bateaux Emmanuel ne sont pas l’unique expérience de la RDC en matière de construction navale. En 2001, Gaby Owanga, promoteur des Ets d’El-May et Frères avait déjà construit en fonds propres les premiers bateaux Rafiki. Ils mesuraient 36 mètres de long sur 8 mètres de large et pouvaient transporter au total 300 tonnes de marchandises et au moins 250 passagers. Emmanuel 1 par exemple peut embarquer plus de 500 personnes et des marchandises comme du haricot, ciment, le maïs, le matériel de construction, les véhicules… Il faut également citer les modèles haut de gamme comme M/V Miss Rafiki, Akonkwa 1 et 2, Chasi, Salama, Biega, Felekeni, etc. qui sont la démonstration de force du sens de l’innovation des Kivutiens dans le domaine de la construction navale. En 2013, l’on dénombrait quatre ateliers navals fonctionnels à Bukavu.  

Confort et sécurité

Les bateaux fabriqués en RDC ont fait leur preuve. Ils sont prisés par les Ets Silimu pour qui ils sont plus attractifs et plus fréquentés compte tenu de leur confort, de leur sécurité et de leur rapidité. Jusqu’à une époque récente, quitter Bukavu pour rallier Goma était un parcours du combattant car il fallait franchir le lac Kivu long de 100 km. Mais grâce à l’ingéniosité des Congolais, cette distance est désormais réduite. Ils viennent ainsi remplacer les vieux bateaux de la Société nationale de chemin de fer du Congo (SNCC) qui n’étaient plus adaptés aux normes de navigation maritime et aux exigences de confort des passagers. Les embarcations sont segmentées en classes (première, deuxième et troisième classes selon les gabarits) et dotées de connexion Internet sans fil. Qui des distances qui sont réduites car quatre heures de navigation suffisent pour traverser le lac Kivu plutôt que les journées entières qu’il fallait parcourir dans les années 1990. Comme effets induits, les coûts du transport sont raisonnables et tournent autour de 5 et 25 dollars en fonction des classes. En outre, les opérateurs du secteur saisissent ce filon pour développer un tourisme de plaisance leur permettant de capter d’importantes recettes.

Emile ETOUNDI

Des fleurons d’émergence pour la RDC.

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