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Un fort potentiel hydraulique au Cameroun Un fort potentiel hydraulique au Cameroun

Cameroun : Vers une production d’énergie électrique de 6000 MW à l’horizon 2030 Spécial

  • 26 mars, 2018
  • Écrit par  Emile ETOUNDI
  • Publié dans ECONOMIE
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Objectif : réduire le déficit estimé à environ 300 MW, relever le défi d’une énergie abondante, à moindre coût et de qualité et équilibrer la balance commerciale. 

D’ici 2030, le Cameroun vise une capacité de production d’énergie électrique de 6000 MW. Pour réaliser ces projections dévoilées le 30 janvier dernier par le ministre de l’Eau et de l’Energie (MINEE), Dr Basile Atangana Kouna, le pays compte valoriser son riche potentiel hydraulique. D’après la Banque africaine de développement (BAD), le Cameroun dispose d’une capacité hydroélectrique estimée à 23 000 MW. Ce qui en fait le deuxième plus gros producteur potentiel du continent, derrière la République démocratique du Congo. Pourtant, seulement 4% de ce potentiel hydroélectrique est utilisé, soit 920 MW. Disposant d’une capacité installée d’à peine 1500 MW, pour une demande annuelle évoluant entre 6 et 8%, les entreprises et ménages paient le lourd tribut. Résultat des courses : les coupures d’électricité font perdre, de sources officielles, un demi-point de croissance à l’économie nationale chaque année. Le fait affecte quelque part les investissements directs étrangers (IDE) qui sont plus regardant sur les questions relatives à la disponibilité énergétique.

Pour combler le déficit énergétique évalué à environ 300 MW durant la saison sèche (avec une demande qui devrait augmenter de plus 8% par an jusqu’en 2035), de grands projets ont été réalisés ces dernières années tandis que d’autres sont en cours. Il s’agit notamment d’une centrale thermique à gaz naturel à Kribi, d’un barrage de retenue d’eau à Lom Pangar à l’Est-Cameroun, d’un barrage hydroélectrique à Memve’ele et d’un barrage hydroélectrique à Mekin au Sud-Cameroun. Des projets d’études ont été faits pour l’aménagement hydroélectrique de 75 MW à Warak sur le fleuve Birni dans la région de l’Adamaoua, la centrale hydroélectrique de Menchum (au Nord-Ouest du pays) d’une capacité de 72 MW, l’aménagement hydroélectrique de 280 MW sur le fleuve Sanaga à Song Dong, la réhabilitation, la modernisation et l’extension du barrage hydroélectrique de Lagdo (région du Nord) mis en service il y a 35 ans, etc. Pour ce dernier ouvrage, le Cameroun veut mobiliser en ce moment une enveloppe de 100 milliards de Fcfa pour renouveler les équipements existants et faire passer la capacité de l’infrastructure de 75 à 80 Mégawatts.

A travers ces réalisations et projets d’envergure, les pouvoirs publics, de concert avec les partenaires au développement et le secteur privé, veulent donner un coup d’accélérateur à la Vision 2035 qui ambitionne de transformer le pays en une économie industrialisée émergente, en augmentant, notamment, la capacité, l’efficience et la durabilité en matière de production d’énergie. L’amélioration de la capacité d’offre énergétique pourrait ainsi contribuer à l’équilibre de la balance commerciale et à la promotion d’une économie prospère et durable. La BAD va plus loin en précisant que « le développement à grande échelle de la production hydroélectrique et le renforcement des infrastructures de transport permettront de combler les besoins internes et ouvriraient des perspectives d’exportation d’énergie vers les pays voisins, dans le cadre des projets d’interconnections régionales ».

Emile ETOUNDI (E.E.)

 

Encadré

Energies renouvelables au Cameroun

Un potentiel faiblement exploité

En plus des grandes centrales hydroélectriques, les sources d'énergie renouvelables sont déterminantes dans le mix énergétique du Cameroun. Le pays bénéficie d’un potentiel énorme dans le domaine. Qu’il s’agisse de l’énergie solaire avec un potentiel variant de 4KWh/m²/j dans la partie sud du pays à 6KWh/m²/j dans la partie septentrionale, de l’énergie éolienne (avec des vitesses de vent favorables, supérieures à 2m/s dans les zones de Kaélé et du Lac Tchad, et atteignant 6,6m/s sur le mont Bamboutos), l’énergie hydraulique (provenant des innombrables cours d’eau et ruisseaux), de l’énergie géothermique avec un fort potentiel dans les localités  de Nwa, Ekondo Titi, Meiganga et Tignèré, situées entre le 7e et le 8e méridien, la biomasse (issue des résidus forestiers agricoles, des déchets alimentaires, des matières organiques issues des déchets industriels et municipaux) ou encore l’énergie marine provenant des courants marins avec une côte atlantique de 402km. Malheureusement, la mise en valeur de ce gisement dans le bilan énergétique reste encore marginale.

Le Cameroun gagnerait pourtant à valoriser le créneau des énergies renouvelables jugées moins chères et non polluantes. Il y va de l’économie des ressources gazières et pétrolières dans les centrales à fioul comme celle de Yassa, dans la province du Littoral. Avec ses 86 MW, cette centrale au fioul lourd, qui fait à peine un tiers de la taille de celle de Kribi, 216 MW, consomme d’importantes quantités de gaz.

E.E.  

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