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Barrage Grande Renaissance, l'espoir d'un retour en gloire de l'Ethiopie Barrage Grande Renaissance, l'espoir d'un retour en gloire de l'Ethiopie

Barrage Grande Renaissance : les travaux se poursuivent, les désaccords aussi Spécial

Le barrage Grande Renaissance a dépassé un niveau de réalisation de 65%. Son entrée en fonction prévue en 2019 pose un problème d’approvisionnement en eau potable au voisin égyptien. Depuis, les deux pays auxquels il faut ajouter le Soudan, entre autres pays traversé par les eaux du Nil, tente une résolution diplomatique de la mésentente.

Deux mille ans en arrière, Hérodote le grec déclarait « l’Egypte est un don du Nil », un propos qui mettait en évidence la totale dépendance de ce pays vis-à-vis des eaux du plus long fleuve au monde [6 700Km].  Cet aphorisme pourrait perdre son sens avec la mise en place en cours du barrage Grande Renaissance. 

Alors que les travaux de construction du méga barrage Grande Renaissance se poursuivent, le Caire vient d’émettre une proposition à son voisin éthiopien. Pour l’Egypte il est question d’exclure le Soudan de la négociation et de le remplacer par la banque mondiale, une institution qu’il juge impartial. Sameh Shoukry, le ministre égyptien des affaires étrangères a indiqué récemment que « L’Egypte croit que la Banque mondiale est neutre et déterminante et qu’elle pourrait faciliter les discussions entre les deux parties, tout en évitant les interprétations et manipulations politiques.»

L’Ethiopie opposée à l’arrivée de la Banque Mondiale dans les négociations

Pas question d’introduire l’institution de Breton Wood dans cette négociation encore moins d’exclure le Soudan. Addis-Abeba n’a pas fait attendre longtemps sa réponse. « L’Ethiopie reste ferme sur sa conviction que les trois pays [Egypte, Ethiopie, Soudan] sont capables de résoudre tous les désagréments d’ordre technique relatifs au barrage, sans l’intervention d’une partie tierce.», a déclaré le ministre éthiopien des affaires étrangères. Worqneh Gebeyehu, laisse entrevoir là la confiance de son pays quant à la possibilité que les trois pays puissent parvenir à une entente. Par contre Addis-Abeba ne croit pas à l’impartialité de la Banque Mondiale dans ce dossier.

Alors que l’approvisionnement en eau potable de l’Egypte dépend étroitement de la survie des eaux du Nil, l’Ethiopie semble bien décidée à gagner du temps dans les négociations. Récemment Addis-Abeba et Khartoum ont refusé de valider le premier jet du rapport d’enquête de la BRL et Artelia. En cause : l’entreprise française, choisie par les trois pays pour évaluer l’impact du barrage Grande Renaissance, n’a pas respecté les termes de référence mis en place pour le projet. Ce refus de l’Ethiopie et du Soudan d’admettre ce rapport a fait monter la tension d’un cran. Or il n’y a pas fort à espérer que cette position change dans les mois à venir.

A terme le barrage Grande Renaissance devrait permettre à l’Ethiopie d’entrer dans une ère d’indépendance énergétique. Avec une production de 6450 MW, cette infrastructure qui coute 4,8 milliards de dollars, sera le plus grand barrage jamais construit en Afrique. Sur le plan Géopolitique, cette infrastructure devrait permettre à la nation éthiopienne de s’imposer dans cette région Est-africaine. D’où le nom même attribué à ce barrage : Grande Renaissance. Onésiphore NEMBE

Onésiphore NEMBE

Directeur de publication

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