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Etablissement des Comptes régionaux : une mesure utile pour cerner la croissance des collectivités territoriales © Copyright Afrique Progrès Magazine

Etablissement des Comptes régionaux : une mesure utile pour cerner la croissance des collectivités territoriales Spécial

Engagées dans le développement de leur circonscription administrative, les collectivités territoriales entendent désormais maîtriser les comptes régionaux. Ce chantier qui a été entamé au Maroc dans la ville de Chefchaouen courant 2010, se poursuivait le 2 novembre dernier à l’hôtel Sofitel de Rabat où se tenait un atelier national organisé par Cités et gouvernements locaux unis d’Afrique.

La question des comptes régionaux est indispensable si les collectivités territoriales veulent avoir une vue générale de leur activité, cerner les points forts et les points faibles. Au cours de l’atelier national sur la mise en œuvre de la dimension économique de la décentralisation au Maroc, qui s’est tenu au Sofitel de Rabat le 2 novembre dernier, Yattou Ait Khellou, s’est arrêté sur les principaux objectifs et même l’intérêt de tenir des comptes régionaux. Selon le chef de division de la méthodologie et des études direction de la comptabilité nationale au Haut-Commissariat au Plan, il s’agit entre autres d’aider à distinguer les secteurs d’activités de chaque région, leur poids dans l’économie régionale ainsi que d’évaluer la réalisation des objectifs fixés au préalable.

Grâce à ces comptes chaque région peut voir clairement son apport dans le PIB national. Dans ce sens un aperçu des détails existants des comptes régionaux permet d’établir que la seule ville de Casablanca en 2015 participait à 32% dans la création de la richesse nationale marocaine. Toujours grâce à ces détails contenus dans les comptes régionaux, on s’aperçoit que la ville de Dakhla enregistre 75 000 Dh de PIB par habitant, loin devant la moyenne nationale qui tourne autour de 26 000 Dh. Plus loin il apparait au regard des comptes régionaux, que certains secteurs de l’économie sont à la traîne et contribuent soit peu soit pas dans la création de la richesse nationale.

S’agissant de la ville de Chefchaouen qui a été la région pilote pour l’établissement des comptes régionaux depuis 2010, Mostapha Afkir indique que l’apport par secteur dans cette circonscription est inégalitaire, mais révèle toutefois les détails à prendre en compte pour redresser la barre. D'après cet expert auprès de la commune de Chefchaouen, « le secteur tertiaire participe à 78%, le secondaire à 8% tandis que le primaire est à 1,5% contrairement au niveau national où le secteur primaire est de 14%.» Ce sont donc autant de détails qui peuvent servir à encourager les acteurs économiques à investir dans certains secteurs jugés délaissés au niveau régional. 

 

Un établissement de comptes régionaux difficile

L’établissement des comptes régionaux s’est avéré utile pour voir dans les détails l’Etat général de l’économie de chaque circonscription. Il pose toutefois des problèmes en pratique. De l’avis des experts ayant pris part à l’atelier national, les informations disponibles sont assez infimes pour établir des comptes très fournis. De plus la part du secteur informel est importante dans l’économie des régions. Certains ont appelé de ce fait à mettre à la disposition des uns et des autres les chiffres relatifs au secteur informel mais aussi à ouvrir une collaboration plus forte entre les différents bureaux du HCP sur le territoire national.

Du coup on note que l’établissement des comptes reste lié à un certain nombre d’agrégats pouvant être produits. Les comptes régionaux sont donc établis selon le modèle retenu pour les comptes nationaux, avec une prise en compte de 14 secteurs d’activités. Cette élaboration des comptes régionaux s’appuie sur les données du HCP, les enquêtes statistiques, les enquêtes sur la consommation pour citer seulement ces trois sources d’informations.

Vous l’aurez compris, les comptes régionaux ont commencé à être établis. Leur utilité est certaine, même si le véritable challenge réside encore dans le défaut de toute l’information relative aux investissements par région mais aussi à celle relative à l’import-export qui reste difficile à mesurer au niveau régional. D’après le HCP, le chalenge est aussi lié au manque de statistiques.

Nonobstant tout ceci, Jean-Pierre Elong Mbassi, le secrétaire Général de CGLU Afrique reste confiant sur la capacité du Royaume à pallier à ces quelques difficultés qui entravent encore l’établissement des comptes régionaux. M. Elong Mbassi voit dans la constitution marocaine de 2011, un instrument de qualité sur lequel les collectivités territoriales marocaines peuvent s’appuyer pour poursuivre leur développement. Afrique Progrès Magazine

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