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Cameroun : le Groupe français Castel mis à mal par la concurrence Spécial

Chiffre d’affaire en baisse de 5%, bénéfice de l’entreprise en chute libre avec un recul de 46% en deux ans, Castel, le géant français qui régnait dans le secteur des brasseries au Cameroun est en difficulté. Pour se remettre en selle le géant français table sur un investissement de 30 milliards de Fcfa.

L’époque où Castel, le géant français des brasseries régnait en maître sur le secteur des brasseries au Cameroun, se fait lointaine. Face à l’arrivée de la concurrence la société camerounaise des brasseries (SABC) a fait un recul important. Entre 2014 et 2016 le bénéfice net de l’entreprise s’est établi à 13,3 milliards de F CFA, soit un recul de 46%. Dans le même temps signalons que les brasseries du Cameroun ont vu leur chiffre d’affaires baissé de 5%, ce qui tourne aujourd’hui autour de 334,7 milliards de fcfa. Une situation inimaginable trois années auparavant. 

 

La cause à l’augmentation de salaire ?

L’augmentation des salaires courant avril 2016 sur fond de grève des salariés de l’entreprise a été en outre une cause de la chute des recettes. Il a accentué le déficit qui tourne autour de 45 milliards de Fcfa à l’heure actuelle, un fait qui diminue l’optimisme du directeur général de la filiale camerounaise de Castel.

Selon Emmanuel de Tailly, directeur général de la SABC « Il faudra plusieurs années pour le [déficit] réduire à un niveau raisonnable, mais nous engageons toutes les actions possibles en ce sens. Nous nous sommes ainsi séparés de la filiale équato-guinéenne Soeguibe.» Ladite filiale qui vivait en majorité de l’importation n’a jamais généré de profit d’après nos sources. La chute des recettes du pétrole dans le petit émirat pétrolier équato-guinéen n’a pas arrangé les choses, causant un recul sensible de la consommation.

Dans ce contexte, les recettes aujourd’hui sont issues pour la plupart de la vente de la bière, 58,8% du chiffre d’affaire, 32,3% pour les boissons gazeuses, 4,6% pour l’eau et 4,2% pour les boissons spiritueux. Des chiffres qui remontent à l’exercice 2016.

Depuis quelque temps, on pense à investir à nouveau. D’après Emmanuel de Tailly, un investissement de 30 milliards de fcfa devrait être injecté dans l’entreprise au courant des mois à venir. Il s’agit d’un argent « destiné à renforcer nos capacités industrielles [dans la fabrication des canettes ainsi que l’embouteillage plastique] » a souligné le directeur général, lequel ajoute que « Nous consacrerons aussi 30 % de cette somme à consolider la logistique » 

 

L’arrivée d’un concurrent privilégié par un régime favorable

Courant 2014, l’installation au Cameroun de Nana Bouba Beverage Company, entreprise bénéficiant d’un régime d’exonérations fiscales accordées aux entreprises qui investissent nouvellement dans ce secteur a été désastreux pour la SABC. La nouvelle société s’est lancée dans de multiples campagnes de promotion, obligeant la SABC à maintenir ses « promotions capsules », une perte importante sur le long terme. Résultat, la trésorerie a soutenu d’importantes dépenses « marketing au détriment d’investissements structurants, notamment pour la logistique », d’après toujours les propos de la direction. Tout ceci alors que les recettes stagnaient ou diminuaient carrément. 

 

Rachat de la concurrence ou départ de Castel du Cameroun

Face à ces difficultés, Raymond Abanda préconise la tentative de rachat du concurrent par la SABC. « Je ne serais pas surpris qu’en plus de ce plan il y ait dans les prochains mois des tentatives de rachat pour freiner l’ardeur de la concurrence » a indiqué le consultant en marketing et ancien dirigeant à Guinness. D’après Raymond Abanda « Chez Castel, on n’aime pas jouer les seconds rôles dans un pays africain », un fait qui pourrait pousser le groupe français à envisager son départ du Cameroun.

A en croire les propos d’Emmanuel de Tailly « le secteur des boissons est fortement concurrentiel et sa rentabilité ne cesse de se dégrader au Cameroun en raison de la baisse du pouvoir d’achat, du fait du contexte économique régional difficile en Afrique centrale, mais également d’une pression fiscale sur notre activité qui a doublé en trois ans, pour atteindre 55 % du chiffre d’affaires hors taxes ». A noter que la hausse des taxes a été résorbée par une hausse de plus de 20% des prix des différents produits de la SABC.

Vous l’aurez compris en tout cas, la SABC partagera désormais la manne issue du secteur des brasseries avec les nouveaux venus sinon elle pliera bagage à croire que le leadership dans le milieu des affaires n’est jamais acquis. Afrique Progrès Magazine

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