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Ahmat Jidoud Ahmat Jidoud

Niger : Interview avec le Ministre Délégué auprès du Ministre des Finances chargé du Budget Spécial

Dans l'optique de mettre en évidence les actions engagées au sommet de l'Etat du Niger, Afrique Progrès Magazine, votre mensuel est allé à la rencontre des différentes personnalités, acteurs de premier plan de ce chantier initié par le président Issoufou.

Interviews, publireportages, tout a été fait pour permettre une lecture assez profonde de l'avenir du Niger. 

 

Entretien avec Monsieur AHMAT JIDOUD, Ministre Délégué auprès du Ministre des Finances chargé du Budget

• Monsieur le Ministre, vous êtes en charge du budget de l'Etat nigérien. Tout d’abord, pouvez-vous nous donner le taux de croissance économique enregistré en 2016 et nous parler du niveau de croissance attendu en 2017 ?

La croissance est restée forte et soutenue ces dernières années autour de 6 pour cent en moyenne. La croissance est estimée à 4,6 pour cent en 2016 et projetée à 5,2 pour cent en 2017, tandis que le niveau de l’inflation reste maitrisé en dessous de 3 pour cent. Ces chiffres traduisent la stabilité du cadre macroéconomique. Ce cadre sera d’ailleurs davantage renforcé grâce à la mise en œuvre des reformes macro budgétaires et fiscales fortes et ambitieuses sous l’ancrage d’un nouveau programme économique et financier avec le FMI sur la période 2017-2019.

• Malgré une conjoncture internationale et régionale difficile, on note une certaine amélioration de la situation économique au Niger. Quelle est votre réaction par rapport à ce point ?

Nous sommes effectivement à la confluence d’une panoplie de chocs structurels multiformes avec des effets réels profonds et persistants, notamment la baisse prolongée des prix des matières premières (le pétrole, l’or et l’uranium) mais aussi le choc sécuritaire et la situation économique au Nigeria qui impacte sérieusement notre activité économique en particulier les PMEs. Mais, en dépit de ces vents contraires, l’économie nigérienne a fait preuve d’une résilience hors du commun, fruit des choix économiques du gouvernement pour créer un cadre macroéconomique stable et soutenable, notamment à travers les différents investissements structurants — qu’il s’agisse des infrastructures routières et agricoles, scolaires, des infrastructures en matière de la santé, des recrutements dans le domaine de la santé, etc. Par ailleurs, nous sommes engagés dans un ambitieux programme de réformes pour davantage renforcer les fondements d’une croissance forte et durable dans le sens de diversifier l’activité économique, de renforcer le capital humain et aussi de promouvoir la création d’emplois, surtout pour les jeunes qui constituent l’essentiel de notre population.

• Le financement des chantiers du programme du président de la République nécessite la mobilisation de beaucoup de ressources. Le Niger a-t-il aujourd’hui l’appui des partenaires étrangers pour financer ces différents projets ?

Effectivement quand vous regardez le programme de renaissance acte 2 de SEM le Président de la République Issoufou Mahamadou, il prévoit un niveau de financement de l’ordre environ de 8200 milliards de FCFA sur les 5 années à venir, dont deux tiers en termes de financement par les ressources internes, donc c’est 5378 milliards et un tiers pour le financement ressources extérieures. Ce programme sera financé du fait de tous les efforts et reformes que le gouvernement met en œuvre pour accroitre la mobilisation des ressources internes. D’autre part ce programme reçoit un soutien important des partenaires techniques et financiers qui reconnaissent les efforts et progrès réalisés par le Niger dans la lutte contre la pauvreté et la mise en œuvre des réformes économiques et financières depuis quelques années.

• La mobilisation des ressources internes est également un enjeu important pour financer l’économie nationale. Quelle est la situation à ce niveau ?

Effectivement c’est un enjeu parce que dès le début on parlait de la conjoncture internationale, qui est devenue, une conjoncture structurelle dans le sens où la baisse des prix des matières premières était censée devenir une fluctuation de court terme, mais aujourd’hui cela fait trois ans que cette dynamique continue, et cela affecte sans nul doute la mobilisation des ressources internes. Mais, il faut reconnaitre aussi que l’on dispose de niches fiscales importantes, d’un potentiel fiscal important et nous sommes dans la dynamique de mise en œuvre d’un certain nombre de réformes qui vont non seulement permettre d’élargir notre assiette fiscale, mais aussi de nous permettre d’améliorer la productivité de certains impôts et taxes. Et c’est le cas aujourd’hui au niveau de la direction générale des impôts, où il a été prévu un certain nombre de réformes, notamment le renforcement de la direction générale des grandes entreprises qui s’occupent des grands contribuables, le maillage fiscal qui va consister en la création de recettes décentralisées. C’est aussi le cas au niveau de l’amélioration de la productivité et de l’efficacité du service des impôts, notamment à travers un système d’information adéquat, et il est prévu aujourd’hui un système qui est en train d’être mis en œuvre notamment que l’on appelle le système intégré du suivi des impôts et des contribuables physiques. Il est aussi prévu d’autres réformes au niveau de la douane, notamment l’interconnexion des différentes unités douanières nationales, ce qui va permettre un échange rapide et efficace de l’information. Aussi cette interconnexion intervient entre les différents services de douanes régionaux, notamment le Bénin, le Burkina et le Togo et ça va permettre aussi de suivre intégralement les différentes déclarations douanières depuis l’origine. Il y a aussi le tracking system, le système de géolocalisation qui va permettre un meilleur suivi des différents mouvements de marchandises. L’autre réforme importante, c’est la création du guichet unique pour l’automobile au Niger,ce qui va permettre de contrôler surtout l’entrée des voitures au Niger, et améliorer un système qui souffre beaucoup de ces manques d’informations, de ces manques de coordination au niveau de l’administration douanière. Donc c’est dire qu’il y a un certain nombre de mesures qui sont mises en œuvre, sans oublier les opérations ordinaires qui sont les opérations de contrôle qui vont être intensifiées, parce que tout simplement on sait que le contexte conjoncturel que l’on vit est propice à l’incivisme fiscal. Donc c’est vraiment le contexte qui justifie le contrôle régulier des différents services ou en tout cas des entreprises par les différents services des impôts et de la douane.

• Le président nigérien veut renforcer la bonne gouvernance, ce qui implique une meilleure gestion des dépenses publiques. Quelles sont les mesures prises pour réduire le gaspillage des ressources de l’Etat?

Oui vous avez raison de poser la question parce que l’un des axes de la renaissance est la promotion de la bonne gouvernance. Si vous prenez le budget 2017, les deux principaux objectifs, c’est la forte mobilisation des ressources (notamment à travers, comme je le disais, l’élargissement de l’assiette fiscale, mais aussi l’amélioration de l’efficacité de certains impôts et taxes, mais ça c’est du côté des recettes) et la maitrise des dépenses. Au niveau des depenses, il était prévu un certain nombre de mesures, qui vont permettre non seulement de contrôler et de maîtriser l’évolution de toutes les dépenses, mais surtout d’améliorer le rendement, l’efficacité et l’effectivité des dépenses, notamment les dépenses d’investissement. A ce niveau, pour ce qui est des différents types de dépenses courantes, notamment les salaires, les subventions et les transferts accordés aux établissements publics, les dépenses liées au fonctionnement, un certain nombre de mesures sont prévues pour les contrôler, pour réduire les gaspillages dans l’administration publique. C’est notamment le contrôle régulier et profond de la consommation d’eau et d’électricité au niveau de l’administration publique, le suivi des différentes missions effectuées à l’étranger par les différents services administratifs. C’est aussi vraiment la mise en place en ce qui concerne les salaires, d’un certain nombre de contrôles de routine réguliers, que nous sommes en train de remettre en place pour pouvoir effectivement vérifier ou assainir notre fichier de paie. Mais en ce qui concerne les salaires ce ne sont que des mesures intermédiaires qui vont être mises en place en attendant la mise en place du fichier biométrique qui va servir vraiment de base pour un meilleur contrôle et un meilleur assainissement du fichier du solde public. D’un autre côté, il est aussi question de mettre en place un certain nombre de mesures notamment destinées à l’accroissement de l’efficacité de la dépense d’investissement. A ce niveau, il sera question de vraiment regarder la contribution de ces dépenses par rapport à la croissance, et d’assurer une meilleure allocation intra-sectorielle pour les rendre encore plus effectives en termes de complémentarité avec d’autres projets qui sont en cours, et éviter la duplication d’un certain nombre de projets, une source de gaspillage aussi en termes d’investissements. Donc voilà en résumé les différentes mesures que nous sommes en train de mettre en œuvre, et nous sommes encore en train de réfléchir pour voir s’il y a d’autres mesures qui peuvent être prises en concomitance, pour pouvoir davantage réduire les gaspillages comme vous l’avez dit au début.

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