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Burundi (1) : Vue panoramique de la situation du pays Spécial

Retrouvez la situation détaillée (économique, sociale, politique, sécuritaire) des pays africains tous les jours sur Afrique Progrès Magazine, www.afriqueprogres.com . Dans la série : COMPRENDRE LES PAYS AFRICAINS

Situé dans la région des grands lacs, le Burundi a été depuis son ascension à l’indépendance, le théâtre de luttes armées intermittentes. La dernière en date, et qui a bouleversé un calme de plus de 10 ans ainsi qu’une croissance économique soutenue d’une décennie, remonte à la fin du mois d’avril 2015. Depuis le calme est revenu, mais l’économie piétine avec la suspension de l’aide étrangère et une diminution drastique de l’arrivée des investissements étrangers.

Le 27 avril 2015, le pays bascule dans une crise sécuritaire. En cause : l’annonce du président Pierre Nkurunziza de se présenter à la présidentielle. Très vite la situation dans la rue se détériore et cause la perte d’une quarantaine d’individus d’après les autorités. De nombreux départs vers les pays voisins sont recensés. D’après des chiffres communiqués dans un récent rapport de la CEA, qui cite d’autres documents d’organismes onusiens, « 325 000 réfugiés et 110 000 déplacés internes (HCR, 2016, et OCHA, 2016b) » ont été recensés.

Le calme est certes revenu dans le pays, mais la croissance économique a connu un ralentissement fort. Le PIB burundais a fait un recul de son taux de croissance de -3,9 % en 2015. A noter qu’en 2014 le pays connait une croissance de 4,5%. Pendant une décennie Bujumbura avait maintenu le cap de sa croissance économique à 5% et les perspectives à l’horizon 2025 auguraient de beaux jours. Le programme économique suivait alors les lignes directrices établies dans « Vision 2025 » (République du Burundi, 2011). Ce document ambitieux visait à diminuer de moitié les chiffres de la pauvreté estimés à l’époque à 67%. En 2016 la croissance est de nouveau au rendez-vous. On parle de 1%, un chiffre qui est pour le moins surprenant compte tenu des prévisions d’une chute abyssale qui planaient au début de l’exercice.

La cause de cette récession économique est liée à la diminution des investissements étrangers. Concernant les investissements américains, pour évoquer nommément ce pays, ils sont passés de 47 millions de dollars en 2014 à 7 millions de dollars en 2015. Depuis, de nombreux retours d’investisseurs ont été annoncés et le pays a multiplié ses efforts diplomatiques pour restaurer son image au niveau mondial, tandis qu’au niveau national l’appareil économique tourne de nouveau à la vitesse d’avant la crise. 

 

Recul des chiffres de l’inflation à 5,6%

Courant 2015 le Burundi connait une forte régression de son niveau d’inflation. A 18,4% en 2012, il tourne autour de 5,6 % en 2015. Seuls ce sont envolés les prix des denrées alimentaires, un fait lié en partie au départ de plusieurs dizaines de milliers d’individus. Ces gens ont fui leur localité où ils menaient une activité agricole pour rejoindre les pays voisins, diminuant l’assiette de l’offre alimentaire nationale. Cette année 2015, on se souvient que le le climat des affaires est suffisamment adéquat et place le pays au rang de 18e sur 184 dans le classement Doing Business de la banque Mondiale. Pour les créations d’entreprises les facilitations sont telles que le Burundi est une destination concurrente pour le voisin rwandais qui a fait le pari de la bonne gouvernance et celui de l’assainissement du climat des affaires.

Depuis, de nombreux secteurs clés de l’économie attendent le retour des investisseurs. C’est le cas du secteur agricole qui compte pour 36% dans l’économie nationale burundaise et qui est en perte de vitesse. Parlant des investissements dans le secteur des énergies, ils ont connu un recul de 9% tandis que le secteur de la construction a reculé de -35%. Le marché est pourtant porteur et cela bien que la baisse des revenus soit générale. Pour le Royaume du Maroc qui lorgne les opportunités dans le secteur du BTP en Afrique du sud Sahara, le Burundi pourrait bientôt devenir une destination des investissements.

Suite à l’éclatement de la crise socio-politique et au retour du président Nkurunziza au pouvoir pour un nouveau mandat, la suspension de l’aide budgétaire accordée au Burundi par de nombreux pays occidentaux, avait précipité la baisse des salaires. Pour supporter le coup, l’Etat a procédé à la diminution de l’assiette des dépenses de 6%, une marge jugée négligeable mais qui trouve sa justification dans la politique d’investissement dans les infrastructures, question de booster l’économie. Le plus important est certainement lié à la régression de la dette extérieure du pays qui ne compte que pour 15 % du PIB. Sauf que dans le même temps la dette intérieure s’est accrue. A suivre dans la suite de la Série. Afrique Progrès Magazine

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