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Yves Stéphane Groguhe : « la qualité permet de fidéliser et de gagner de nouveaux marchés ». Copyright Afrique Progrès Magazine

Yves Stéphane Groguhe : « la qualité permet de fidéliser et de gagner de nouveaux marchés ». Spécial

Réunis à l’hôtel Royal Tulip de Tanger dans le cadre de la formation sur la démarche qualité et la certification à la norme ISO, une quinzaine de cadres venus de plusieurs ports africains, Sénégal, Bénin, Gabon, Togo, se sont imprégnés des avantages d’une démarche qualité en milieu portuaire. La démarche qualité représente un atout significatif pour booster le chiffre d’affaire et accroître la performance, pourtant elle reste très peu prise en compte dans de nombreuses entreprises du continent.

Pilotée par le groupe Afrique Performances, un centre de formation continue et de consulting dans tous les domaines de l’activité portuaire, la formation qui s’est tenu du 21 au 24 mars dernier dans la ville de Tanger, a permis de se familiariser à la démarche qualité. Au cours de son propos à l’ouverture, Yves Stéphane Groguhe a tenu à rappeler aux différents cadres venus à cette formation que « la qualité permet aujourd’hui de satisfaire les clients, de les fidéliser et de gagner de nouveaux marchés ». Le Directeur Général du Groupe Afrique Performances indique que « lorsque nous arrivons à déployer le management de la qualité au sein de l’entreprise cela permet de réduire les coûts au sein de l’entreprise et de faciliter le travail ».

Même son de cloche chez Fatima Yahya. La Responsable qualité au port de Tanger Med Engineering (TME) assure pour sa part que la certification est un instrument qui permet d’accroître la rentabilité de l’entreprise. C’est un élément qui rassure les clients sur la maitrise des processus par l’entreprise, un atout pour séduire les prospects. Dans un univers portuaire concurrentiel, avec la proximité de certains ports tels que Lomé (Togo), Cotonou (Bénin), Lagos (Nigeria) et compte tenu des exigences de qualité de la clientèle, une certification permet de se démarquer.

Alors que le monde comptait à peine un million d’entreprises certifiées ISO 9001 courant 2008, le nombre d’entreprises africaines ayant obtenu ce Sésame reste négligeable. Fatima Yahya précise toutefois que « la certification n’est pas une fin en soi ». Elle ouvre la voie à un travail continue en vue de maintenir le niveau de qualité et de l’améliorer. La consultante indique qu’une certification permet d’avoir des clients, tant au niveau national qu’à l’international et que certains clients sont exigeants sur ce point.

Problème : de nombreuses entreprises africaines n’ont toujours pas conscience de l’intérêt pour elles d’avoir une certification. Dans plusieurs pays les organismes de certification sont encore absents, témoignage de certains cadres présents à l’appui. 

 

La certification : un projet d’entreprise

Fatima Yahya appellent les institutions portuaires présentes à faire du processus de certification un projet d’entreprise. Dans ce sens tous les acteurs qui concourent au fonctionnement de l’entreprise doivent être formés et sensibilisés aux objectifs de qualité de l’institution. Il s’agit de former tous les corps de métiers, cas d’un port disposant de moyens financiers importants, ou de former les acteurs de premier ordre et de procéder à la sensibilisation des autres corps de métiers.

Selon la consultante il est important de commencer le processus de certification par le corps de métier. Rappelant que sous la certification ISO 2008, le responsable qualité était au cœur du processus, un fait qui plaçait le directeur général en situation d’oublier les objectifs de qualité, la Responsable qualité au sein du Port de Tanger Med Engineering évoque des changements majeurs avec l’avènement de l’ISO 2015. Depuis, le chef d’entreprise est au cœur du processus et sa responsabilité est évoquée en cas de défaillance.

La mise en place d’un véritable management de la qualité selon M. Abdelmajid Elamine, implique des changements majeurs de l’organigramme de l’entreprise. De nombreuses fonctions, prises pour utiles se révèlent obsolètes et inutiles, les services deviennent pour le moins inutiles, seuls comptent les processus. C’est en tout cas l’exigence formulée par Edwards Deming, célèbre théoricien du management de la qualité. Reste à savoir si les entreprises africaines ont la maturité nécessaire pour prendre cette orientation salutaire. Afrique Progrès Magazine.

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