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Nouvelle levée de fonds de l’Etat nigérian en pleine récession économique Spécial

Quatre ans après sa dernière émission d’une obligation financière, le Nigeria vient de lever un milliard de dollars pour une durée de 15 ans au taux de 7,875%. Un pas important bien qu’il en faut plus pour soutenir le programme de relance de l’économie nigériane en pleine récession.

Jeudi dernier le Nigeria est parvenu à émettre une obligation d’un milliard de dollars sur les marchés. L’emprunt court sur une période de 15 ans au taux de 7,875%. Les ordres d’achats de cet emprunt ont quant à eux atteint 4,5 milliards de dollars. L’argent devrait servir à financer le budget déficitaire de l’Etat. Il devrait aussi aider à financer le plan de relance du président de la République basé sur une politique ambitieuse de construction. Fin 2016, le président nigérian avait procédé à la promulgation du budget 2017 dans un contexte de régression des recettes du secteur pétrolier. Un secteur encore indispensable pour l’économie du pays. Alors que le Nigeria connait son niveau de croissance le plus bas depuis 1999, avec 2,8% en 2015, Muhammadu Buhari avait lui-même reconnu que c’est « probablement la période économique la plus dure dans l’histoire de notre nation ». N’empêche, le pays s’était engagé dans ce budget, dans la voie « d’une politique fiscale expansionniste », l’idée étant de donner un coup d’accélérateur à l’activité économique nationale.

Pour financer l’ensemble de son programme, Muhammadu Buhari aura besoin de plusieurs milliards de dollars. On se rappelle qu’en janvier 2016, le ministre des finances nigérian évaluait les besoins en apport financiers étrangers de son pays, entre « 4,5 milliards et 5 milliards de dollars ». Kemi Adeosun, a revu le chiffre à la hausse depuis l’établissement du budget 2017. Cette fois l’option d’un budget déficitaire a été privilégiée. Le ministre nigérian des finances évoquait en fin d’année la possibilité d’un déficit de l’ordre de 9,5 milliards de dollars, un argent qui doit être levé sur les marchés mondiaux.

 

La BAD apporte une enveloppe de 4,1 milliards de dollars

Dans cette enveloppe importante, la Banque Africaine de Développement (BAD), s’était engagée pour sa part à contribuer entre 2016 et 2017 à hauteur de 4,1 milliards de dollars. Objectif : sortir le pays de la récession. Le sort de nombreux pays de la sous-région en dépend, avec en tête des préoccupations le Bénin. L’économie béninoise reste très dépendante de la santé financière du puissant voisin nigérian.

 

Réticence des marchés pour cause d’un naira encore surévalué

Au cours de la semaine dernière, le ministre des finances ainsi que le gouverneur de la banque centrale, Godwin Emefiele, envoyé en émissaires auprès de différents bailleurs de fonds ont traversé tour à tour, Londres, Los Angeles, Boston, New York, pour ne citer que celles-ci. Résultat, rien ou presque, à croire que le pays de Muhammadu Buhari n’a pas suffisamment d’arguments pour convaincre. Pour de nombreux bailleurs de fonds Abuja doit développer une politique plus adéquate pour sa monnaie, dévaluée depuis le début de l’effondrement des recettes du secteur pétrolier. Ils sont nombreux à travers le monde à estimer que la monnaie nigériane doit être dévaluée une nouvelle fois. Mais Abuja ne semble pas disposé à procéder à une nouvelle évaluation.

 

Inflation galopante

En juin 2016 le pays avait procédé à une dévaluation de sa monnaie, faisant passer le change d’un Naira de 197 nairas pour un dollar à 320 nairas pour un dollar. Très vite la première économie africaine a connu une inflation galopante au taux record de +12,8% au mois de mars 2016.

 

Des espoirs après l’annonce du recul de la production pétrolière mondiale

La levée d’un milliard de dollars ouvre la voie à un marchandage entre les autorités nigérianes et les marchés. Certes des difficultés sont à surmonter, mais de grands espoirs sous-tendent cette procédure. Avec l’annonce d’un recul de la production pétrolière sur fond d’entente des pays de l’OPEP. Le prix du baril de brut devrait connaître une remontée dans les mois à venir, et cela au grand bonheur de l’économie nigériane encore dépendante des recettes du secteur pétrolier. Afrique Progrès Magazine

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