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Gabon : Le secteur du bois pris en compte dans la stratégie nationale de diversification de l’économie Spécial

Longtemps vendu en grumes, le bois gabonais connaîtra désormais des transformations avant son exportation. L’idée c’est de générer la plus-value mais aussi de diversifier l’économie en peine depuis la chute des prix du baril au troisième trimestre 2014.

Pour les autorités gabonaises, il est question aujourd’hui d’augmenter les recettes de la vente du bois. Longtemps dans ce pays d’Afrique Centrale, le bois a été une matière première vendue sans aucune transformation en amont. Entre la forêt et le port où les bateaux assurent son transport vers l’occident, il faut dire qu’il n’y avait que le camion de transport. La situation en tout cas est restée telle que des centaines de postes de travail pouvant naître de la transformation ont été lésées faute d’une politique de transformation locale.

Pour cette nouvelle politique nationale, tout a commencé en 2010 avant la concrétisation définitive en juillet dernier. Au cours d’un conseil des ministres, le projet de décret du ministère de la Protection de l’environnement et des ressources naturelles, de la Forêt et de la Mer portant sur le séchage du bois destiné à l’exportation a été adoubé. Objectif de ce séchage : rendre le bois le plus léger possible. Le fait accroît sa résistance de l’avis des experts, et du coup sa valeur marchande connait un bond assez important.

Il est à noter que le décret intervient des années après le début de la mise en place d’entreprises spécialisées dans la transformation. Entre 2012 et 2014, la banque Africaine de développement évoque la création au Gabon d’au moins 33 nouvelles usines. Depuis 2010 l’interdiction de l’exportation de bois en grumes avait favorisé leur avènement. Outre ces nouvelles entreprises, les compagnies forestières avaient elles-mêmes élargi leur activité pour survivre après cette loi. De nombreux emplois dans le secteur de la deuxième transformation sont nés entre temps, au total 8000 postes, soit une augmentation de 160%.

L’industrialisation du secteur du bois en cours

Courant juillet, un autre décret portant création de la Bourse nationale du Bois du Gabon (BNBG) a été porté à la connaissance des professionnels du secteur. L’institution devrait désormais travailler pour l’industrialisation du secteur du bois, ainsi que la régulation du commerce, le contrôle de l’exploitation illégale et l’industrie de transformation. Plus tôt en 2011, les autorités gabonaises avaient mis en place la zone économique spéciale (ZES) de Nkok. Située à 27 kilomètres de la capitale, cette zone s’étend sur 1100 hectares et compte sept entreprises de transformation du bois. Entre autres, Krishna, Shinago, Otim Veneer, Gabon Wood Industries et Wood Tech. Selon Gagan Gupta, directeur général de la filiale gabonaise du groupe Olam, ce chiffre devrait tripler d’ici la fin de l’année.

L’implantation dans cette zone est suivie de nombreux avantages tels que l’exonération de l’impôt sur le revenu pendant les dix premières années de service et un taux payable de 10% durant la dixième et la quinzième année. L’installation du guichet unique dans cette zone permet le traitement des permis, des visas, des autorisations administratives et de toute autre pièce en rapport avec l’activité des entreprises dans ce secteur. Autant de facilités qui sont de nature à favoriser l’avènement de nouvelles entreprises.

La ZES a au cours de ces cinq années d’existence, attiré des capitaux de l’ordre de 192 millions. La presse gabonaise parle de 7000 emplois créés dans cette seule zone.

Les recettes du secteur forestier appelées à tripler

Le gouvernement espère grâce à cette nouvelle politique tripler les recettes du secteur forestier dans le PIB. A 3% aujourd’hui, elles pourraient se situer dans un proche horizon à 10%, un fait qui implique le respect des engagements de transformer avant l’export. Pour rappel, le Gabon dispose de 22 millions d’hectares de forêts, soit 85% de la superficie nationale. L’exploitation peut être menée sur 12,5 millions. Plus important encore, les forêts gabonaises comptent plus de 400 essences d’arbres, recherchés pour la plupart.

A ce jour les recettes issues de l’exportation des grumes de bois représentent 20% des exportations à l’échelle nationale. C’est donc 1,08 milliards de dollars qui en résultaient en 2015 au moment où ces chiffres avaient été donnés par la conférence des nations unies sur le commerce et le développement.

Les exportations au Gabon sont restées depuis la naissance de l’Etat, dominées par l’or noir. Certains parlent de 80% pour la ressource pétrolière, une situation assez défavorable compte tenu de la conjoncture actuelle. A 110 dollars au premier trimestre 2014, le baril a touché la barre des 40 dollars avant de remonter aujourd’hui à 50 dollars. Depuis, tous les pays producteurs sont engagés dans une diversification tous azimuts de leur économie.

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