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La 8e édition de TARAGALTE, le festival de la culture nomade à MHamid el Ghizlane (27-29 octobre 2017). Spécial

  • 09 novembre, 2017
  • Écrit par  Rita Stirn
  • Publié dans CULTURE
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Pour arriver au site du festival Taragalte, on quitte la route pour une piste de sable qui traverse une magnifique palmeraie ; et après avoir passé une porte qui est l’une des rares constructions en pierre dans ce vaste espace, les dunes s’offrent à perte de vue. La scène principale du festival, bien équipée en projecteurs et sono, est visible de partout ; aux alentours, des bivouacs ont été préparés avec des tapis berbères posés sur le sable, un lieu de restauration, un souk d’artisanat local sont prévus, on se retrouve dans une ambiance qui rappelle l’arrivée des caravanes qui traversaient le désert jadis et que les dromadaires présents nous rappellent. Mais ces derniers sont rassemblés, en fait, pour une joyeuse course, le samedi après midi. Dans la journée, les festivaliers occupent peu à peu les crêtes des dunes et modifient l’horizon proche de la scène pendant que les artistes sont en répétition.

Arrive le soir, précédé d’une belle lumière rasante sur les dunes. La soirée du samedi est un des temps forts du festival avec une palette d’artistes venus tout d’abord des environs avec Génération Taragalt, tous originaires de la région du Draa/Tafilalt, qui partageront la scène pour un moment de fusion originale avec un groupe venu du Canada, the Red Tail Spirit Singers, des interprètes du rituel Powwow des nations indiennes d’Amérique du Nord, un chant qu’ils accompagnent d’un grand tambour et d’une flute. Ils seront suivis par les musiciens de Sahel Blues du projet Caravane pour la Paix, puis il y aura le groupe dont tous les festivaliers marocains connaissent les paroles: Aziz Sahmaoui & University of Gnawa dont le bassiste camerounais, Hilaire Penda, est non seulement musicien mais aussi ancien footballeur, Aziz est accompagné du remarquable Rasta pianiste et joueur de kora, Cheikh Diallo qui est sénégalais, et du joueur de congas et trompettiste, Carlito, de Cuba, sans oublier le batteur Sénégalo-marocain, Mokhtar Samba et le soliste marocain à la darbouka, Adhil Mirgani. Cette section rythmique suit les accélérations appelées du regard par le leader Aziz Sahmaoui qui, à intervalles réguliers, fait participer le public, soit par la reprise des paroles des chansons, soit par des rythmes tapés dans les mains. Dans les dunes, autour de la scène, tout le monde danse, chante et personne ne veut que le concert s’arrête, mais il faut se résigner à laisser la place au dernier groupe de la soirée, Ali Farka Touré Band, du Nord du Mali, qui participent également à la Caravane pour la Paix, et qui ont assuré la clôture de la soirée avec un public conquis par leur musique et qui les a applaudis généreusement.

Dimanche 29 octobre, la journée est dédiée aux femmes de l’artisanat du tapis, les « boucharwat », un projet de développement durable pour les jeunes filles des villages, géré par une association créée par Marion et Hendrike Meyvis de Belgique. Une somme de près de 40 000 euros, a pu être collectée et redistribuée à l’ensemble des femmes membres de l’association, grâce à la vente des tapis. Les jeunes filles de quatre villages impliqués dans le projet de développement initié par Hester, l’épouse du directeur artistique, Ibrahim Sbai, bénéficient d’une formation dans le tissage mais sans interrompre leur scolarité. 

Côté musical, cette journée offre également l’occasion de laisser s’éclore de jeunes talents comme la chanteuse maroco-hollandaise, Samira Dainan, accompagnée et conseillée par le talentueux compositeur et multi-instrumentiste marocain, Ayoub El Machatt, dont le premier album sortira prochainement. Lors du concert du soir, la chanteuse OUM vêtue d’une magnifique tenue drapée, jaune d’or, subjugue le public par sa voix et sa complicité avec ses musiciens. Puis, en fin de concert, elle invite les femmes à venir sur scène et à célébrer cette journée dédiée aux femmes qui pratiquent une activité artisanale ou artistique, dans une ambiance de gaîté et de solidarité. La soirée de clôture nous a permis également de découvrir deux instrumentistes et chanteuses du Niger, Les Filles de ILLIGHADAD, la première musicienne est une soliste expérimentée du jeu de guitare avec un son propre aux guitaristes de l’ouest africain, et la seconde l’accompagne par un jeu de percussion très sobre sur une calebasse. La clôture se fait au son de la kora du groupe du Mali et les festivaliers retiennent les musiciens jusqu’à l’aube. Cette 8e édition de TARAGALTE, un festival bien organisé, a tenu sa promesse de nous faire partager un hymne au Sahara dans les belles dunes de MHamid el Ghizlane.

Rita Stirn - Wagner 
Auteure de "Musiciennes du Maroc".

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