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Blick Bassy, le 12 novembre 2015 à Rabat. © Copyright - Afrique Progrès Magazine Blick Bassy, le 12 novembre 2015 à Rabat. © Copyright - Afrique Progrès Magazine

Interview : Blick Bassy Spécial

Présent à Rabat entre le 11 et le 12 novembre dernier, dans le cadre du festival Visa For Music, l’artiste camerounais, Blick Bassy, s’est confié à l’équipe d'Afrique Progrès Magazine. Ses débuts au sein de la chorale familiale dans son village, où il chante avec ses vingt frères et sœurs, ses sources d’inspiration, le style Blick, l’artiste s’est dévoilé complètement.

Afrique Progrès Magazine : Du groupe MACASE à Blick Bassy, la route a été longue ?
Blick Bassy : chaque route peut être longue, ça dépend de la valeur qu’on donne au temps. Mais le temps quand il est mieux exploité et quand on vit chaque instant ne parait pas long. Les choses peuvent paraître très courtes, ça dépend de la notion qu’on a du temps.

Afrique Progrès Magazine : depuis quel âge chantez-vous ?
Blick Bassy : je chante depuis très longtemps, depuis que je suis jeune. Je me suis retrouvé à chanter parce que mon père, ayant construit une église au village, voulait que les fidèles puissent arriver des villages alentours. On était 21 à la maison [fils d’un père polygame, l’artiste a 20 frères et sœurs]. Chaque semaine on apprenait des chansons Gospels traditionnelles en Bassa’a [Dialecte camerounais, parlé dans le département de la Sanaga Maritime et dans le Nyong Ekelle], qu’on chantait tous les dimanches pour faire venir les fidèles. Chez moi tout le monde chante, on chante parce qu’on a toujours chanté, ça faisait parti de notre quotidien, ça faisait partie des tâches quotidiennes.

Afrique Progrès Magazine : certes vous avez un rythme presque particulier, mais quel chanteur vous a inspiré dans vos débuts ?
Blick Bassy : ce qui nous inspire, je pense que c’est tout ce qui nous entoure. C’est tout ce qu’on écoute. Moi j’ai écouté beaucoup de musique, que ce soit de la Soul américaine, la musique traditionnelle, le Makossa, le Bikutsi, l’Assiko [trois rythmes Camerounais fortement prisés] ou la musique qui vient du Congo. Je me rappelle lorsque j’étais jeune, le chanteur Camerounais Emile Kangue, Eboa Lotin, Misse Ngoh, au même moment j’écoutais du Marvin Gaye, du Stevie Wonder, j’écoutais les artistes comme Lokua Kanza, j’écoutais autant les artistes africains que les artistes américains, surtout nord américain. Mais quand on grandit et qu’on commence à avoir une démarche en tant que musicien, on commence à ce moment à écouter d’autres choses, que ce soit, du Flamenco, des chanteurs comme Camaron De La Isla, Salif Keita ou même des James Blake. Ce qui m’inspire c’est tout simplement la vie, c’est mon entourage, c’est tout simplement tout ce que je suis devenu. L’inspiration vient aussi du fait qu’on s’assume comme on est.

Afrique Progrès Magazine : à vous écouter on ressent un style Blick Bassy. Le style Blick Bassy a-t-il été difficile à créer ?
Blick Bassy : Aller plus loin musicalement dans ce qui m’inspire, peut créer pour certains un style. Je suis vraiment dans une démarche où j’essaye tout simplement de mettre ensemble de manière homogène autant que je peux, tout ce qui m’inspire, toutes les musiques qui sont en moi. Maintenant si cela crée un style, tant mieux. Mais bon… comme j’aime travailler chaque Album comme étant un projet, le prochain album on parlera peut-être d’autre chose. J’aime bien m’évader, ne pas complètement être renfermé dans un cocon, j’aime faire de chaque album un véritable projet.

Blick Bassy pendant son interview. © Copyright - Afrique Progrès Magazine
Blick Bassy pendant son interview. © Copyright - Afrique Progrès Magazine

Afrique Progrès Magazine : Finalement pour vous la musique c’est quoi ? Un moment pour raconter votre vie ? Est ce que c’est un moment de divertissement ou plutôt le moment d’enseigner ?
Blick Bassy : pour moi la musique c’est tout ça. C’est un moment pour partager ce que j’ai, mon expérience. C’est aussi un moment de partager mes émotions, de partager mon amour, un moment de transe pour moi, parce qu’il y a des fois où je ne m’appartiens plus, que la musique devient maître, et du coup décide de l’endroit où elle va m’amener. La musique c’est aussi raconter la vie, raconter les choses avec mon point de vue, avec sincérité, en oubliant tous les codes de la société, en essayant tout simplement de dire les choses comme je le sens, de laisser surtout mon âme s’exprimer.

Afrique Progrès Magazine : Depuis un certain temps votre agenda est très chargé, nous savons que demain dans la soirée vous serez sur un autre podium en France. Pensez-vous avoir réussi finalement ?
Blick Bassy : On est toujours à la quête de la réussite. Lorsqu’on est artiste, réussir c’est lorsqu’on commence à gagner sa vie un tout petit peu, à payer son loyer grâce à sa musique. On essaye toujours d’améliorer son travail, on essaye d’aller de l’avant, moi c’est ma façon de faire. Réussir c’est se lever tous les matins, avoir un sourire. Mon père aimait dire que tout est possible, le plus difficile c’est de rester en vie, parce que tant qu’on n’est pas mort, on peut tout faire. Donc le fait de se lever tous les matins c’est une réussite. Le fait de vivre de ma musique, le fait de partager des instants avec des gens, c’est une réussite. En fait la réussite pour moi c’est chaque moment que je suis sur scène, là, je pense avoir réussi.

Afrique Progrès Magazine : nous savons qu’aujourd’hui le Cameroun peut compter sur vous à l’étranger comme diplomate dans le monde artistique, tout comme le Cameroun peut compter sur Richard Bona, est ce que vous avez déjà pensé à faire un duo avec ce dernier ?
Blick Bassy : Dans mon dernier Album, pour mon titre Likanda, j’ai collaboré avec Richard. On s’entend bien ! Les duos que j’ai faits jusqu’aujourd’hui, pour moi c’est la musique qui a décidé ; la rencontre que j’ai faite avec Lénine par exemple, chanteur brésilien, dans mon dernier disque, c’est parce que je me suis retrouvé au Brésil et que je traînais avec lui tous les jours, que finalement on s’est mis à jouer. Mais c’était pas programmé à l’avance. J’aime vraiment que la musique décide les choses. Donc à un moment donné, on va se retrouver [Richard et moi], on va faire des choses. Je vis un peu comme un animal, avec l’instinct, le feeling, je préfère que les choses là se passent de cette manière.

Afrique Progrès Magazine : Quel projet pour l’avenir ? Quel avenir pour vous ?
Blick Bassy : j’aimerais avoir parfois deux ou trois clones, pour que pendant que l’un est en train de répéter la musique, l’autre est en train de… A suivre.

Retrouvez l’interview intégrale dans le N°1 d’Afrique Progrès Magazine, en kiosque prochainement.

Onésiphore NEMBE

Directeur de publication

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