All for Joomla All for Webmasters
 

Afrique : l’enjeu de la transformation structurelle Spécial

Réunis ce mardi 21 novembre à Rabat, experts et universitaires ont débattu sur les principaux défis de la transformation structurelle ainsi que des avantages liés à la réalisation de ce chantier prioritaire dans les multiples agendas, notamment, les agendas 2030 et 2063.

Ce forum organisé par la Commission Economique pour l'Afrique sous le thème de Gouvernance, transformation structurelle et développement durable et inclusif, était le moment d’évaluer l’apport des infrastructures dans la diminution des charges liées au transport. Cadre au sein du département du développement des capacités de la CEA, Rawda Omar Clinton a rappelé au cours de son propos que « le développement des infrastructures est la clé » si l’Afrique veut aujourd’hui parvenir à un minimum de 2% de gain et à 40% de gain en termes de réduction des coûts. Cette amélioration de la qualité des infrastructures d’après Rawda Omar Clinton, va permettre d’atteindre 1% du PNB. 

 

Etat actuel des infrastructures africaines

Le manque criant d’infrastructures en Afrique est un secret de polichinelle. Certes à travers le continent la situation est différente d’un endroit à un autre. Dans ce sens le nord d’Afrique est en tête en termes d’infrastructures. Soulignons toutefois que l’accès à l’infrastructure est un challenge. Seulement 34% d’africains y parviennent selon des chiffres attribués à la BAD. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les infrastructures existantes sont elles-mêmes en piteux état. La BAD évoque le fait que 25% des routes goudronnées sont dégradées. Un fait qui induit des coûts importants en termes de transport. Du coup l’Afrique se place en tête du peloton des continents où le transport est le plus coûteux. L’électricité dans cette situation n’a pas meilleur sort. Il faut préciser qu’en Afrique on est encore loin de la couverture électrique universelle, avec à peine 42% de la population continentale qui a accès. Concernant l’eau potable, 65% de la population urbaine accède à cette manne, contre seulement 33% dans les régions rurales. 

 

Coût estimé des infrastructures africaines

D'après les données communiquées par Rawda Omar Clinton, un investissement de 93 milliards de dollars est à injecter dans les investissements et la maintenance d’ici 2020. Insuffisant toutefois, puisqu'il faut atteindre le cap significatif de 180 milliards de dollars dans la même période et de 360 milliards de dollars à l’horizon 2040 en termes d’investissements.

De l’avis Mme Rawda Omar, ces investissements vont permettre des économies de 850 milliards de dollars à l’horizon 2040. Dans ce cas de figure le continent va arriver à diminuer ses dépenses d’électricité de 30 milliards de dollars, pour évoquer seulement ce secteur. 

 

Privilège aux infrastructures urbaines

La question des infrastructures au cours des discussions aura permis de voir deux aspects importants, avec d’une part les infrastructures à l’intérieur dans les principaux pôles économiques national et d’autre part les infrastructures transfrontalières. S’il est préconisé de créer la vie dans les villes frontalières tout en mettant en place des infrastructures de transport de nature à faciliter les échanges, le Pr Sekkouri Younes a appelé pour sa part à privilégier la transformation structurelle urbaine. D'après cet universitaire marocain « la transformation structurelle se passe dans la ville ». M. Sekkouri rappelle que 70% des ressources liées à la transformation structurelle au Maroc sont déployées dans les seules agglomérations de Rabat et Casablanca. Cette pensée du professeur Sekkouri est d’autant plus vraie que 40% de la population africaine évolue en milieu urbain et produit plus de 55% du PIB continent. Alors que 85% de la richesse mondiale est créée dans les villes, il est clair qu’une infrastructure urbaine qui soit de niveau international peut contribuer effectivement à améliorer les résultats des économies africaines. 

 

Des difficultés cependant

La transformation structurelle est un chantier pour le moins difficile compte tenu de la survivance des niveaux de décisions et des modalités liées à l’octroi des contrats. Outre ce fait, la difficulté sied aussi dans la collégialité au moment de la prise de décision. Plus loin le professeur Sekkouri souligne aussi la question de la nature de la réforme. Politique ou rationnelle ? Selon qu’il s’agit de l’un ou l’autre, la réforme pourra être bien menée ou non.

Nonobstant ces difficultés apparentes, plusieurs pays africains sont engagés à mener de sérieuses transformations structurelles. Le Nigeria va engager 77 milliards de dollars d’ici 2025 tandis que l’Afrique du Sud va investir 60 milliards de dollars. De l’argent qui sera mobilisé grâce à de nombreuses sources telles que les fonds issus des transferts de la diaspora. Onésiphore NEMBE/ Afrique Progrès Magazine

Onésiphore NEMBE

Directeur de publication

Laissez un commentaire

Archives

« Décembre 2017 »
Lun Mar Mer Jeu Mer Sam Dim
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31