All for Joomla All for Webmasters
 
Un panneau signale l'interdiction d'accès à la zone de la centrale nucléaire de Koeberg, près de Cape Town en Afrique du Sud. Un panneau signale l'interdiction d'accès à la zone de la centrale nucléaire de Koeberg, près de Cape Town en Afrique du Sud.

Focus Afrique : Ces pays qui aspirent au nucléaire Spécial

L’Afrique compte certes parmi les pays qui travaillent à mettre en place des centrales énergétiques renouvelables, mais elle n’oublie pas pour autant l’énergie nucléaire. Pour certains pays, la construction de centrales nucléaires est devenue une priorité nationale. L’ambition nucléaire africaine est en passe de devenir une réalité.

Afrique Progrès Magazine confirme la tendance de certains pays africains vers le mix énergétique où, contrairement à ce que l’on pouvait penser, l’énergie nucléaire trône en pole position du programme. En cause : l’énergie nucléaire semble assurer la mise en place une véritable industrie. Tout le contraire des centrales énergétiques renouvelables critiquées pour leur modeste capacité dans la plupart des cas.

L’Afrique du Sud dispose de la seule centrale nucléaire en activité sur le continent. Construite par un consortium d’entreprises françaises à partir de 1976, la centrale de Koeberg est entrée en fonction en 1985. Composée de deux réacteurs d’une capacité de 920 MW, cette centrale produit 6% de l’énergie sud-africaine, soit l’équivalent presque de l’énergie disponible au Nigeria. Depuis, l’Afrique du sud est sur un autre projet de construction d’une nouvelle centrale nucléaire d’une capacité de 9,6 GW. Veut-on remplacer la centrale de Koeberg vieille de 32 ans à ce jour ? Probable, lorsque l’on sait que la durée de vie d’une centrale de cette taille est de 30-40 ans.

Le projet de construction de la nouvelle centrale nucléaire pourrait être confié à l’entreprise russe Rosatom, avec qui le ministère de l'Énergie sud-africain a signé un accord courant septembre 2014. Sa réalisation est attendue d’ici 2030. En Février 2015 le président Jacob Zuma avait évoqué la mise en service du premier réacteur en 2023. 

 

Abdelkader Amara : nous ne sommes pas du tout dans cette logique

Cité en 2014 comme un pays avec une ambition nucléaire, le ministre marocain de l’énergie de l’époque, Abdelkader Amara dément l’engagement du Royaume dans ce sens. « Un projet électronucléaire peut prendre une quinzaine d'années. Mais nous ne sommes pas du tout dans cette logique. Pour clarifier les choses, l'option reste toujours ouverte mais aujourd'hui, je vous assure que je n'ai aucune décision en vue sur ce sujet-là » avait déclaré le ministre. S’agissait-il d’un fake news lancé quelques temps plus tôt par la presse marocaine ? Aucune confirmation dans ce sens.

A cette date Rabat dispose d’un « réacteur de recherche de 2 MW » selon Abdelkader Amara, lequel précisait que « cela nous permet de répondre à des besoins médicaux radiologiques et de santé ». 

 

Nigeria : un engagement prononcé en faveur du nucléaire

Le pays de Muhammadu Buhari ne cache plus son ambition nucléaire. D’après un communiqué de l’entreprise russe Rosatom, le 19 juin 2015, le Nigeria avait choisi deux sites dans l’Etat d’Akwa Ibom, au sud-est et dans l’Etat de Kogi, au Centre-nord, pour abriter les futures centrales nucléaires du pays. Au programme de ce projet porté par le géant russe de l’énergie nucléaire, la construction de quatre réacteurs nucléaires d’une capacité de 9500 MW. De quoi doper l’appareil économique nigérian qui fonctionne à minima grâce à des générateurs de secours. 

 

Quartier résidentiel d'IKOYI, l'un des Etats qui abriteront la centrale nucléaire nigériane.

 

Ce méga projet est retardé par les moyens financiers non disponibles au Nigeria depuis la chute abyssale des cours du pétrole fin 2014. Puisque faut-il le préciser d’après les propos même d’une source chez Rosatom, une centrale nucléaire de cette taille coûterait entre 5 et 8 milliards de dollars. Toutefois l’engagement du Nigeria ne risque pas de faiblir après la signature en avril 2015 du pacte pour la fourniture de quatre centrales nucléaires entre la Commission de l’énergie atomique nigériane et Rosatom. 

 

Ghana : probablement le deuxième pays africain qui disposera de l’énergie nucléaire

Début juillet 2013, Emmanuel Armah-Kofi Buah, déclarait à l’agence Xinhua l’intention de son pays de rentrer dans le nucléaire. « Avec l'élaboration d'un cadre juridique et réglementaire, la réalisation des évaluations pour le choix du site et la finalisation des évaluations technico-économiques et des processus de financement qui doivent débuter cette année, nous nous rapprochons de la construction de la première centrale nucléaire au Ghana » avait déclaré le ministre de l'Energie et du Pétrole du Ghana. Dans ce projet aussi le russe Rosatom est cité pour la construction de cette centrale.

Récemment le Ghana a eu un avis favorable de l’agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour la mise en place d’une centrale nucléaire. Cette décision sanctionne des négociations sur cinq ans. Cette centrale nucléaire ghanéenne devrait avoir une capacité de 700 MW, ce qui viendrait renforcer la capacité nationale actuelle de 1960 MW d’origine hydroélectrique. D’après les prévisions la centrale nucléaire ghanéenne passera dans les années à venir à 1000 MW. Si le projet de loi est validé au parlement au début de l’année 2018 le Ghana rejoindra officiellement l’Afrique du Sud dans le bal des Etats utilisant l’énergie nucléaire. 

 

Congo RDC : le pionnier en matière d’énergie nucléaire en Afrique

Le Congo RDC s’est probablement repenti de cette ambition portée à la veille des indépendances, mais le pays de Joseph Kabila est le premier pays en Afrique à avoir mis au point un réacteur nucléaire. Nous sommes en 1958 lorsque la General Dynamics Corporation, entreprise américaine, cède au Congo alors sous tutelle Belge, un réacteur de type recherche, la Triga Mark I. Ce réacteur d’une puissance avoisinant les 50MW est destiné à la Commission consultative des sciences nucléaires, présidée par Monseigneur Luc Gillon, docteur en physique et recteur de l’université de Lorium. Le réacteur à l’époque sert pour la recherche, l'enseignement et la production d'isotopes à usages médicaux et agricoles. Kinshasa devient très vite le centre régional d’études nucléaires et se dote en 1972 d’un réacteur plus puissant. Depuis 1990 en raison du manque de financement le réacteur est en arrêt mais reste la préoccupation de l’agence internationale de l’énergie atomique. 

 

Centre de recherche nucléaire de Kinshasa, abandonné depuis les années 1990.

 

D’autres pays tels que l’Ouganda, la Tunisie, L’Algérie ou le Niger, réserve mondiale d’uranium, un minerai indispensable pour le fonctionnement d’une centrale nucléaire, murissent l’idée de construire une centrale nucléaire. Au Kenya les autorités ont signé récemment un accord pour la construction d’une centrale nucléaire dans le pays. Ce projet qui fait appel à l’ingéniosité chinoise devrait être opérationnel en 2025.

Décrié, certes, l’énergie nucléaire semble avoir un avenir en Afrique. Puisque selon toute vraisemblance, elle pourra doper l’appareil économique africain qui souffre d’un grave manque d’énergie. Afrique Progrès Magazine

Laissez un commentaire

Archives

« Septembre 2017 »
Lun Mar Mer Jeu Mer Sam Dim
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30