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Burundi : bilan d’une année de crise meurtrière Spécial

Le 26 février 2015, la fragile paix qui sévit au Burundi depuis une quinzaine d’années est mise à l’épreuve. En cause : Pierre Nkurunziza au pouvoir depuis une dizaine d’années, vient d’annoncer en marge d’un congrès de son parti le CNDD-FDD, qu’il se représente à sa propre succession. Pour l’opposition qui estime que les accords d’Arusha sont en train d’être bafoués, c’est le ras-le-bol et le début d’une lutte sans merci pour arrêter le chef d’Etat sortant dans sa course pour un troisième mandat.

Au soir du 26 avril 2015, le Burundi vit les dernières heures d’une paix négociée une décennie plus tôt par Nelson Mandela, la figure emblématique de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. La cause de ce retour des troubles, l’annonce de Pierre Nkurunziza de se représenter à la présidentielle prévue initialement le 26 juin.

Moins d’une semaine après le début des manifestations anti-troisième mandat, la ville de Bujumbura est le théâtre de turbulences politico-sécuritaires généralisées. Départ de hauts dignitaires du régime en exil vers le Rwanda, matraquage des manifestants, réunions d’urgence à l’échelle régionale, tout démontre la gravité de la crise que traverse le Burundi. Dans ce jour une chose est certaine, en l’absence d’un retrait de la candidature de Pierre Nkurunziza le pays est voué à un retour des milices tant à ses frontières qu’à l’’intérieur du pays.

Le 13 mai, une tentative de coup d’Etat menée par l’élite militaire alors que le président est en voyage à Dar Es Salam dans le cadre des négociations pour le retour de la paix au Burundi, donne une nouvelle orientation à la crise. Désormais les forces de sécurité accentuent le matraquage de la manifestation en l’absence de la presse internationale et même nationale privée, interdite pour des raisons non jamais dévoilées. Du reste, le Burundi broie du noir au milieu des appels au retrait de la candidature de Pierre Nkurunziza. La lutte des opposants ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de l’opposition. Agathon Rwasa, tête de proue de cette opposition refuse ainsi que toute sa formation politique de se mêler à la crise, légitimant l’action gouvernementale par sa participation aux législatives et à la présidentielle. Pierre Nkurunziza remporte la présidentielle à une écrasante majorité devant un camp de l’opposition plus que jamais absent.

Yoweri Museveni et Benjamin Mkapa ; deux médiateurs pour ramener la paix

Mais dans la rue les règlements de compte se multiplie avec en fonds la chasse aux dignitaires du régime Nkurunziza. Le général Nshimirimana, numéro deux après le chef d’Etat, est abattu ainsi que plusieurs autres hauts gradés. Yoweri Museveni le président ougandais désigné dès les premières heures de la crise comme médiateur régional tente le tout pour plier le régime et donner une chance au retour de la paix. Peine perdue au milieu du staccato des mitraillettes des forces de sécurité et des coups de manifestants.

La récente nomination du tanzanien Benjamin Mkapa donne un espoir de voir aboutir les négociations en faveur d’un retour de la paix. Cet ancien président de la république, soutien fort de Nelson Mandela lors des négociations d’Arusha en 2000, connait très bien le paysage politique burundais et sa maitrise des acteurs de la crise s’avère un atout dans cette démarche. Mais deux mois après le début de sa mission de médiation, la situation reste toujours tendue dans le pays.

Une année après le début de cette crise qui a fait début novembre dernier 79 morts, la situation est loin d’être revenue à la normale. Au micro de nos confrères de RFI un exilé burundais a avancé qu’ « on ne voit pas l’avenir. On tue les gens au Burundi on ne peut donc pas rentrer là-bas. Tout compte fait Pierre Nkurunziza est parvenu à se remettre en selle au milieu d’une contestation internationale et reste maître du jeu national burundais. Pourtant au début de cette crise le scénario de son départ du pouvoir était le plus plausible. Afrique Progrès Magazine

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